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Monthly Archives: December 1948

La Bible

Le mot « bible » vient du grec ancien τὰ βιβλία (ta biblia), un substantif au pluriel qui signifie « les livres », soulignant son caractère multiple.

La Bible est un ensemble de textes considérés comme sacrés chez les juifs et les chrétiens.

La Bible hébraïque est dite en hébreu TaNaKh, acronyme formé à partir des titres de ses trois parties constitutives : la Torah (la Loi), les Nevi’im (les Prophètes) et les Ketouvim (les autres écrits). Elle fut traduite en grec ancien à Alexandrie. Cette version, dite de la Septante, fut utilisée plus tard par Jérôme de Stridon pour compléter sa traduction latine de la Bible à partir de l’hébreu (la Vulgate) et par les « apôtres des Slaves » Cyrille et Méthode pour traduire la Bible en vieux-slave.

Les chrétiens nomment “Ancien Testament“, la partie qui reprend le Tanakh. Depuis le Concile de Trente, les catholiques romains y insèrent d’autres textes antiques non repris par la tradition juive.

La Bible chrétienne contient en outre le “Nouveau Testament” qui regroupe les écrits relatifs à Jésus-Christ et à ses disciples. Il s’agit des quatre Évangiles, des Actes des Apôtres, des Épîtres et de l’Apocalypse.

La Bible rassemble une collection d’écrits très variés (récits des origines, textes législatifs, récits historiques, textes sapientiaux, prophétiques, poétiques, hagiographies, épîtres) dont la rédaction s’est échelonnée entre le VIIIe siècle av. J.-C. et le IIe siècle av. J.-C. pour l’Ancien Testament, et la deuxième moitié du Ier siècle, voire le début du IIe siècle pour le Nouveau Testament.

Les canons bibliques primitifs

Le mot canon (en grec ancien, κανών signifie règle) est utilisé dès le IVe siècle pour désigner la liste des livres reconnus par une communauté (ou Église).

Les « canons » primitifs les plus importants sont :

  • ceux de la Bible hébraïque (canon massorétique) de la fin du Ier siècle- appelée Tanakh – qui est reconnu par le judaïsme rabbinique, se compose de trois parties :
    • la Loi (Torah) – Vè siècle av JC,
    • les Prophètes (Nevi’im) – IVè siècle av JC,
    • les Écrits (Ketouvim) – Ier siècle av JC
  • celui de la Bible grecque (Septante) qui est reconnu par la plupart des Églises d’Orient et d’Occident, se compose de quatre parties – Ancien Testament :
    • le Pentateuque,
    • les Livres historiques,
    • les Hagiographes,
    • les Prophètes ;
    • + des livres supplémentaires, dits « deutérocanoniques ».

Les textes du Nouveau Testament, quant à eux, sont rédigés entre le milieu du Ier et le début du IIe siècle, mais leur canonisation n’a lieu qu’au cours des IIIe et IVe siècles.

Canon de la Bible hébraïque (canon massorétique)

Le Tanakh – La Bible hébraïque est écrite en hébreu avec quelques passages en araméen.
Le canon massorétique, c’est-à-dire celui de la Bible hébraïque, se compose des parties suivantes :

  • La Torah ou Loi (Le Pentateuque) : Bereshit (Genèse), Shemot (Exode), Vayiqra (Lévitique), Bamidbar (Nombres), Devarim (Deutéronome)
  • Les Nevi’im ou « Prophètes » (Les livres prophétiques) :
    • Prophètes « antérieurs » (Les « Livres historiques ») : Josué, Juges, I-II Samuel et I-II Rois.
    • Prophètes « postérieurs » (Les « Prophètes ») : Isaïe, Jérémie et Ézéchiel.
    • Les « douze petits prophètes » ou XII (idem) : Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie.
  • Les Ketouvim (Les autres Écrits) :
    • Les livres poétiques : Psaumes, Proverbes, Job
    • Les cinq rouleaux : Cantique des Cantiques, Ruth, Lamentations, Ecclésiaste, Esther
    • Prophétie : Daniel
    • Histoire : Esdras, Néhémie, I-II Chroniques.
Canon de la « Septante » christianisée

Le Pentateuque (ou le recueil des cinq livres de la Torah) fut traduit en grec à Alexandrie au IIIe siècle av JC. Selon une légende rapportée par la Lettre d’Aristée et amplifiée depuis, la traduction en grec de la Torah, dite « des Septante » ou « alexandrine », serait l’œuvre de soixante-douze savants juifs, six par tribu, qui, à la demande des autorités grecques d’Égypte (et isolés pendant soixante-douze jours, selon certaines versions), aboutirent à un texte commun. Les autres livres de la Bible hébraïque ont été traduits en grec au fil des siècles suivants. Certains livres ou passages ont été écrits directement en grec.

Ce corpus, largement répandu dans la diaspora juive hellénophone du Ier siècle, sera adopté tel quel par les apôtres et par les premiers chrétiens, et constitue l’Ancien Testament de l’époque.

Le canon de la Septante, tel qu’accepté par les chrétiens, se compose de quatre parties :

  • Le Pentateuque (les cinq livres de Moïse) : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome.
  • Les Livres historiques : Josué, Juges, Ruth, I-II Samuel (I-II Règnes), I-II Rois (III-IV Règnes), I-II Chroniques (I-II Paralipomènes), Esdras, Néhémie, Esther#, Tobit*, Judith*, I-II Maccabées*.
  • Les « Hagiographes » : Job, Psaumes, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des Cantiques, Sagesse de Salomon*, Siracide*.
  • Les Prophètes : Isaïe, Jérémie, Lamentations, Baruch*, Ézéchiel, Daniel#, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie.

* Les livres dit “deutérocanoniques”, présents dans le canon de la Septante et absents du canon Massorétique

Canon chrétien – Livres deutérocanoniques (ou apocryphes)

Les Livres deutérocanoniques sont des textes écrits avant l’ère chrétienne qui ont été incorporés dans le canon de la Septante. Toutes les confessions chrétiennes dites « traditionnelles », c’est-à-dire existant avant la Réforme – comme les catholiques, les orthodoxes, les coptes, les chaldéens et les maronites – les ont toujours considérés comme faisant partie de la Bible.

Cependant, ils n’ont pas été acceptés dans le canon par Luther, puisque lui-même se fonde sur le texte massorétique de la Bible hébraïque. Luther juge néanmoins ces livres utiles. Il suggère aussi de retirer l’épître de Jacques et la troisième lettre de Jean, qui pourtant font partie du Nouveau Testament.

Ces livres de l’Ancien Testament, rédigés en grec, sont nommés « apocryphes » (du grec αποκρυφος, caché) par les protestants. Les catholiques les nomment « deutérocanoniques », c’est-à-dire « livres secondaires » dans le canon (du grec δευτερος, deuxième), ce qui est définitivement confirmé au concile de Trente en 1546.

Livres « apocryphes » ou « pseudépigraphes » (écrits sous une fausse signature) ou « écrits intertestamentaires » – ni admis comme deutérocanoniques, ni reconnus par aucune église :

  • Livre du Pasteur d’Hermas, présent dans le Nouveau Testament, puis retiré du canon biblique au IIIe siècle.
  • L’Épître de Barnabé, présente un temps dans le Nouveau Testament, est retirée par décision conciliaire.
Nouveau Testament

Divisé en plusieurs groupes de livres :

  • les évangiles synoptiques (Matthieu, Marc, Luc), ainsi que les Actes des Apôtres, qui sont construits comme une suite de l’évangile selon Luc ;
  • la littérature paulinienne, qui comprend les épitres de Paul de Tarse lui-même (Romains, 1 et 2 Corinthiens, Galates, Philippiens, 1 Thessaloniciens, Philémon), les épitres deutéro-pauliniens qui sont attribués à Paul mais ne semblent pas être de sa plume (2 Thessaloniciens, Éphésiens et Colossiens), les épitres pastorales (1 et 2 Timothée, Tite), et l’épître aux Hébreux ;
  • la tradition johanique (l’évangile selon Jean, 1, 2 et 3 Jean, et l’Apocalypse) ;
  • les épitres catholiques d’autres disciples Simon-Pierre, Jacques le Juste, Jean et Jude.
Autres versions et traductions
La Vulgate

À l’origine, la Bible chrétienne est disponible en grec, la Septante et le Nouveau Testament étant tous deux rédigés dans cette langue. Les chrétiens du monde latin ont cependant très tôt utilisés des traductions latines de ces livres. Ces traductions sont appelées Vetus Latina. Au IVe siècle, ces Bibles sont considérée comme imparfaites. Jérôme entreprend donc de faire une nouvelle traduction en latin : la Vulgate.

La Bible samaritaine

Les Samaritains (autoethnonyme : Shamerim, qui signifie « les observants » ou « ceux qui gardent » ; en hébreu moderne : Shomronim – שומרונים, c’est-à-dire « de Shomron », la Samarie ; ou « Israélites-Samaritains ») sont un peuple peu nombreux se définissant comme descendant des anciens Israélites, et vivant en Israël et en Cisjordanie. On appelle parfois leur religion le « samaritanisme ». À l’inverse, les Juifs orthodoxes les considèrent comme des descendants de populations étrangères (des colons assyriens de l’Antiquité) ayant adopté une version illégitime de la religion hébraïque.

Leur religion repose sur une version particulière du Pentateuque, la Bible samaritaine. Ils n’adoptent pas les autres livres de la Bible hébraïque, et sont donc des « observants » de la seule Torah.

Leur Pentateuque diffère de la Torah hébraïque par des différences de fond, à propos : Le mont Garizim, comme le principal lieu saint en lieu et place de Jérusalem ; Les Dix Commandements de la Torah samaritaine…

 

Fatima