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Monthly Archives: February 1951

Mère Yvonne-Aimée de Jésus

La Grande Mystique de France

Yvonne Beauvais Écouter, en religion Mère Yvonne-Aimée de Jésus, également appelée Yvonne-Aimée de Malestroit, née le 16 juillet 1901 à Cossé-en-Champagne (Mayenne) et morte le 3 février 1951, est une religieuse augustine française.

Yvonne Beauvais naît le 16 juillet 1901 à Cossé-en-Champagne. Elle est la fille d’Alfred Beauvais, négociant en vin, et de Lucie Brulé. Elle est baptisée trois mois plus tard. Son père meurt le 17 octobre 1904. À la mort du père, qui a fait de mauvaises affaires, la mère se trouve financièrement contrainte de vendre la maison familiale. La mère confie Yvonne à ses parents, qui vivent au Mans. Les grands-parents élèvent Yvonne, de l’âge de 3 ans à l’âge de 6 ans. Ils la sensibilisent à la condition des pauvres, qui frappent à leur porte. Sa grand-mère lui lit l’Histoire d’une âme de Thérèse de Lisieux, ouvrage qui la marque au point qu’elle souhaite ardemment « devenir une sainte »1. Puis elle rejoint sa mère à l’âge de six ans, la suivant dans différents pensionnats dont elle a la direction. À l’âge de 9 ans, le 1er janvier 1911, Yvonne voue sa vie au Christ, dans une lettre qu’elle lui écrit avec son sang : « Ô mon petit Jésus. Je me donne à toi entièrement et pour toujours. Je voudrai toujours ce que tu voudras. Je ferai tout ce que tu me diras de faire. Je ne vivrai que pour toi. Je travaillerai en silence. Et, si tu veux, je souffrirai beaucoup en silence. Je te supplie de me faire devenir sainte, une très grande sainte, une martyre. Fais-moi être fidèle, toujours. Je veux sauver beaucoup d’âmes et t’aimer plus que tout le monde, mais je veux aussi être toute petite afin de te donner plus de gloire. Je veux te posséder mon petit Jésus, et te rayonner, je veux n’être qu’à toi, mais je veux surtout ta volonté. Ta petite Yvonne ». En 1914, elle part pour l’Angleterre, voulant entrer dans les Filles de Jésus de Kermaria où elle est pensionnaire.

À l’âge de 18 ans, à Paris, ayant terminé ses études, elle fait plusieurs métiers pour venir en aide aux personnes défavorisées. Ainsi, elle travaille comme bonne à tout faire, vend des dessins, écrit des romans et donne des récitals de pianos. Plus tard, l’abbé de la Chevalerie relatera cet épisode de la vie d’Yvonne dans le livre Monette et ses pauvres. En 1922, elle est atteinte de la fièvre paratyphoïde. Elle part, pour la première fois, en convalescence dans la clinique des Sœurs Augustines de la Miséricorde à Malestroit (Morbihan) où elle se remet de cette fièvre. Le 5 juillet 1922 dans sa chambre à Malestroit, elle a une crise mystique au cours de laquelle Jésus lui apparaît et lui parle.

En 1925, Yvonne Beauvais entre en religion sous le nom de sœur Yvonne-Aimée. En 1927, elle gagne le couvent des Augustines dont elle devient la supérieure en 1935. Elle y œuvre de 1927 à 1951. Grande organisatrice, elle réforme la communauté des Augustines hospitalières et lance en 1928 le projet d’une clinique moderne qui ouvrira ses portes en 1929. En 1935, elle conçoit le projet novateur d’une Fédération des Augustines hospitalières de la miséricorde de Jésus, projet qu’elle mène jusqu’au bout malgré les réticences des autorités ecclésiastiques.

yvonne-aimee Paul LabutteEn décembre 1940, elle développe la dévotion du « petit Roi d’Amour », qui unit celle à l’Enfant-Jésus et celle au Sacré-Cœur. Cette dévotion est étendue à l’Église universelle par le pape Jean XXIII en 19584. Durant l’Occupation, elle soigne dans la clinique de Malestroit aussi bien des blessés allemands que des résistants (spécialement ceux du maquis de Saint-Marcel), sauvant notamment la vie du général Louis-Alexandre Audibert (commandant de la région Ouest de l’Armée Secrète), tout en réalisant des prodiges (stigmatisation, xénoglossie, bilocation). En janvier 1943, un prêtre, la soupçonnant d’imposture, l’accuse d’être une « fausse mystique » et prépare un procès pour la déposer. Le 16 février 1943, comme elle en aurait eu la prémonition, elle est arrêtée par la Gestapo au prieuré Notre-Dame de la Consolation et amenée à la prison du Cherche-midi. Torturée, elle s’évade «miraculeusement», après avoir demandé par la bilocation des prières au Père Paul Labutte, son fils spirituel.

  • Une soeur évoque l’anneau mystique d’Yvonne -Aimée, vu seulement par certaines soeurs ;
  • Une soeur raconte qu’ayant fait, certain mois d’août, une robe pour mère Yvonne-Aimée appelée parfois à intervenir en civil hors du monastère de Malestroit, cette soeur est accueillie par un nuage d’encens en allant porter la robe ;
  • Une autre soeur, soeur Lucie, rapporte que le 9 septembre 1927, la veille de sa prise d’habit le même jour qu’Yvonne-Aimée, soeur Lucie est témoin avec d’autres – dont monseigneur Picaud évêque – d’une extase d’Yvonne-Aimée qui dure 1h30 à 2h00. Les témoins observent plusieurs bilocations successives de par le monde d’Yvonne-Aimée qui parle plusieurs langues étrangères, semble endormie et est très belle. Sa sortie d’extase est décrite par soeur Lucie qui témoigne d’une certaine manière de revenir.

Le 24 juin 1945, elle reçoit la croix de guerre avec palme, à Saint-Marcel. Le 22 juillet 1945, le général de Gaulle en personne lui remet la Légion d’honneur, à Vannes, pour avoir caché et soigné à la clinique soldats alliés et résistants bretons. Le 3 janvier 1946, les autorités lui décernent la médaille de la Résistance et la médaille de la Reconnaissance française. En 1946, elle fonde la Fédération des monastères d’Augustines et est élue première supérieure générale. Le 7 août 1949, la clinique de Malestroit reçoit la croix de Guerre. Sa notoriété est telle qu’elle est reçue par Pie XII.

Le soir du 3 février 1951, elle meurt d’une hémorragie cérébrale foudroyante, conséquence de son hypertension artérielle, alors qu’elle s’apprêtait à partir pour l’Afrique du Sud.

Postérité

Yvonne Beauvais a laissé de nombreux carnets intimes ainsi qu’une abondante correspondance depuis 1924, date à laquelle son confesseur, le père Crété, lui demande de mettre par écrit ses souvenirs et ses rêves.

Le 1er juin 1960, à la veille de Vatican II, craignant que son cas ne suscite « une vague d’illuminisme », le cardinal Alfredo Ottaviani, alors pro-secrétaire du Saint-Office, décrète la fin du procès de béatification (commencé à la suite de son exhumation qui a lieu le 25 mars 1957 et à la reconnaissance de sa mort en odeur de sainteté) et interdit la publication d’ouvrages sur Yvonne-Aimée de Malestroit. Le Saint-Office était en effet circonspect devant le nombre élevé de ses miracles après sa mort et les faits extraordinaires qui auraient jalonné la vie de la mystique : dons de prophétie, de guérison, de langue, de bilocation (151 cas recensés), stigmatisation, prémonitions, xénoglossie et matérialisations (de fleurs, le plus souvent des lys ou des roses, de bagues d’or et de diamants, de parfums, etc.).

Cependant, en réponse à une demande de sœur Nicole Legars, prieure de Malestroit, le cardinal Franjo Šeper, préfet de la Congrégation pour la Foi au Vatican, autorisa, dans une lettre du 28 avril 1980, la publication d’une biographie sur Yvonne Beauvais, et suggéra même le nom du chanoine René Laurentin pour ce faire. Cette biographie devint le livre Un Amour extraordinaire : Yvonne-Aimée de Malestroit de l’abbé Laurentin, auquel l’évêque de Vannes, Mgr Boussard, accorda l’imprimatur en ces termes, le 3 février 1985 :

« Par sa lettre datée du 10 décembre 1984, le cardinal Ratzinger [futur pape Benoît XVI], Préfet de la Congrégation pour la foi, ayant levé l’interdiction portée par son prédécesseur, le cardinal Ottaviani, le 16 juin 1960, de donner l’imprimatur « à toute éventuelle future publication sur mère Marie-Yvonne », j’ai estimé que je pouvais autoriser la parution de l’ouvrage de monsieur le chanoine René Laurentin, après en avoir pris connaissance. […] La personnalité de cette religieuse, les circonstances qui ont mis en valeur ses qualités exceptionnelles ne peuvent être exclues des recherches historiques. C’est pourquoi l’avis favorable du Cardinal Préfet de la Congrégation pour la foi, a été accueilli avec satisfaction et gratitude. »

Le travail est aujourd’hui poursuivi par une équipe interdisciplinaire, le dossier contenant 4 000 pages et soixante mille pièces.

En 2009, monseigneur Raymond Centène, évêque de Vannes, a de nouveau demandé, très officiellement, que les autorités vaticanes examinent attentivement le dossier.

Fatima