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Monthly Archives: July 2004

Saint Jacques de Compostelle : 2 millions de pèlerins

Pèlerinage, un acte volontaire
Un pèlerinage est un acte volontaire et dĂ©sintĂ©ressĂ© par lequel un homme abandonne ses lieux coutumiers, ses habitudes et mĂŞme son entourage pour se rendre dans un esprit religieux, jusqu’au sanctuaire qu’il a dĂ©libĂ©rĂ©ment choisi ou qui lui a Ă©tĂ© imposĂ©.
Guide du pélerin

Saint Jacques, patron d’Espagne

L’apĂ´tre, compagnon du Christ, fut choisi dès le VIIIème siècle comme patron de l’Espagne catholique alors sous le joug sarrasin. La naissance de Compostelle s’inscrit dans le contexte de la Reconquista, la reconquĂŞte chrĂ©tienne de la pĂ©ninsule ibĂ©rique occupĂ©e par les arables. Au XIIème siècle, Saint Jacques, “le Matamore” eut besoin d’un compagnon d’arme capable d’amener en renfort la chevalerie europĂ©enne. Ce fut Charlemagne dont la lĂ©gende en fit le 1er pèlerin.

Le Porche de la Gloire

Ceux qui ont eu souci de la tradition sont allĂ©s toucher la colonne du Porche de la Gloire que domine Saint Jacques Ă  l’entrĂ©e de la cathĂ©drale, comme l’ont fait des millions de pèlerins, laissant dans le marbre la forme de leurs doigts Ă  force de rĂ©pĂ©ter le geste ; ou bien toucher la Porte sainte, ouverte seulement aux annĂ©es jacquaires ; ou encre se frapper la tĂŞte Ă  3 reprises contre celle du maĂ®tre Mateo, l’architecte du Moyen Ă‚ge qui s’est sculptĂ© avec humour au pied d’une colonne.

Les grandes époques de ce pèlerinage :
  • les XIIè et XIIIème siècles, les XVIIè et XVIIIème siècles ont Ă©tĂ© freinĂ©s, l’un par les guerres de religion, l’autre par la RĂ©volution française
  • La fin du XXème siècle – En 1884, après bien des polĂ©miques, le papre LĂ©on XIII reconnaĂ®t officiellement que Compostelle est bien le tombeau de l’apĂ´tre Saint Jacques.
  • Le 9 novembre 1982, le pape Jean-Paul II lançait un appel depuis Compostelle : “Moi, depuis Saint Jacques, je te lance, Ă´ vieille Europe, un cri plein d’amour. Retrouve-toi, ravive tes racines…”
Années Jacquaires

Quand la Saint Jacques tombe un dimanche, l’annĂ©e est dĂ©clarĂ©e “annĂ©e jacquaire” et donne lieu Ă  des festivitĂ©s particulières en l’honneur du saint. L’une des portes de la cathĂ©drale de Saint Jacques de Compostelle, habituellement scellĂ©e, est ouverte.

La 1ère année jacquaire date historiquement de 1428.
Tombée en désuétude, la tradition fut relancée en 1965. Les prochaines années jacquaires se dérouleront en 2010,2021, 2027, 2032, 2038, 2049.

La coquille est le symbole du jacquet, pèlerin de Compostelle.

Une dĂ©marche spirituelle autant qu’un exploit physique

Le pèlerin doit ĂŞtre bien sĂ»r attentif Ă  ses pieds, mais c’est d’abord dans la tĂŞte que cela se passe.

Avoir de l’entĂŞtement est indispensable. Il faut une bonne dose d’humour et un consentement journalier pour refaire le lendemain la mĂŞme chose que la veille, remettre le sac, les chaussures et marcher, les pieds sur terre, la tĂŞte dans le ciel. Je conseille de ne jamais aller au-delĂ  de ses forces, de ne pas avoir d’objectifs Ă  tout prix. Le pèlerinage est une Ă©cole de la mesure, pas de la dĂ©mesure ; de l’ordinaire, pas de l’extraordinaire, avec quelque chose de l’ordre du rituel qui laisse disponible pour autre chose. Le pèlerinage, c’est aussi la rencontre de l’autre, souvent inattendue, toujours riche. On y apprend beaucoup de soi-mĂŞme et des autres.

Les itinéraires de Saint Jacques de Compostelle

L’idĂ©al est de construire soi-mĂŞme son parcours en partant de son domicile. Sans passage obligĂ©. En France, il y a 4 voies historiques :

  • la voie qui part du Puy via Conques par le GR 65, la plus connue, la plus courue
  • la voie de VĂ©zelay-Limoges-PĂ©rigueux
  • les voies de l’Ouest, de Normandie et de Bretagne
  • le chemin de Tours qui passent par Bordeaux et les Landes
  • la voie d’Arles qui, Ă  la diffĂ©rence des autres, ne passe pas par Saint Jean-Pied-de-Port mais par le col de Somport
  • En Espagne, “el camino frances” est beaucoup plus frĂ©quentĂ© et mieux organisĂ© avec des hĂ©bergements mis en place par les rĂ©gions, comme en Galice
Les raisons du renouveau du pélerinage

Un besoin de rupture avec la monotonie et l’abrutissement de la vie quotidienne
Les gens partent pour souffler, retrouver du temps.

La plupart des pèlerins d’aujourd’hui ne savent pas trop ce qu’ils cherchent, mais ils ont besoin de faire un point, souvent Ă  la cinquantaine.
La question de la foi existe mais elle n’est pas prioritaire, elle s’installe pas après pas sur le chemin.

Ce renouveau du pèlerinage touche en 1er lieu les professions intellectuelles, qui n’ont plus dans la sociĂ©tĂ© de l’argent qui est la nĂ´tre, la place qu’elles avaient. Ce matĂ©riau offert Ă  soi-mĂŞme aide Ă  se ressourcer.

Pour ma 1ère annĂ©e de retraite, j’ai marchĂ© sur l’un des plus vieux chemins du monde, la route de Compostelle. 2 300 km Ă  pied, sac au dos comme un baudet
Chemin merveilleux, chargĂ© d’histoire et d’histoires. J’ai, matin après matin, usĂ© mes semelles sur la poussière de la route qui, depuis 12 siècles, a guidĂ© des millions de pèlerins portĂ©s par leur foi.
76 jours durant, je me suis fondu dans les paysages qui les avaient vu passer, j’ai suĂ© sur les mĂŞmes pentes, flairĂ© les mĂŞmes odeurs, foulĂ© dans les Ă©glises les mĂŞmes pavĂ©s lustrĂ©s par les clous de leurs godillots.
Si je n’ai pas trouvĂ© la foi sur la route de Compostelle, je suis rentrĂ© jubilant et plus proche des hommes qui l’ont marquĂ©e de leur empreinte.
Extrait de “Longue marche” – Carnet de route de Bernard Ollivier

Le dernier jour du pèlerinage

Pendant des jours et des jours, tous les pèlerins ont fait le mĂŞme rĂŞve : un lit, des draps frais et de l’eau chaude.
Au bout du chemin, Santiago comble ce rĂŞve. La ville s’impose Ă  celui qu’elle accueille et protège. Santiago est une immense caisse de rĂ©sonance oĂą s’entrechoquent les piĂ©tinements, les voix, les cris, les rires, les chants de Galice, les cordes et les cuivres, les cloches des Ă©glises, les Ă©clats des feux d’artifice.

Fatima
Notre Dame de Lourdes
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