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Monthly Archives: April 2016

Chartres

Le plateau chartrain est, à lui seul, un immense mégalithe lancé à l’assaut du ciel. Cet état de fait, plus les courants telluriques puissants le parcourant, ne pouvaient laisser nos ancêtres indifférents, et c’est probablement à cette époque que fit son apparition le premier enclos sacré.

La première occupation du pays chartrain remonte au Paléolithique, mais c’est du Néolithique que nous provient le plus de vestiges : les fouilles du quartier d’Aboville, situé dans la plaine et séparé du plateau rocheux par l’Eure, ont mis à jour une abondance d’objets d’une période appelée Campignienne, qui se situe aux environs de – 4 800.

L’époque celtique nous montre Chartres, Autrikon, comme une importante cité des Carnutes (peuple de la Gaule établi entre la Loire et la Seine). La principale cité, selon les fouilles archéologiques, restant Cenabum, ou Orléans, qualifiée d’« emporium des Carnutes » par Strabon. Le nom pré-gaulois de l’Eure, Autura, nous a probablement donné Aut(u)rikon, où le «pont sur l’Eure». Romanisée en Autricum, la cité devint plus importante. Protégée par des buttes de terre, elle était alimentée en eau par deux aqueducs, on y trouvait également un important amphithéâtre, au moins un forum ainsi que des temples, le principal étant parait-il dédié à Coré, la Perséphone des grecs.

Cathédrale de Chartres

img_9047Les légendes nous parlent d’une grotte naturelle du plateau chartrain, dans laquelle les anciens créèrent un sanctuaire dédié à la grande déesse, représentée par une statue, celle-là même qui devint la vierge noire. Des mégalithes furent érigés, un puits fut creusé, proposant ses eaux curatives, activées par les courants telluriques du lieu. Culte des eaux, culte rendu à Anna, la Terre Mère.

Aux premiers siècles de notre ère, le christianisme tenta de remplacer les anciens cultes. Plus puissants ils étaient, plus forte fut la pression. Le Locus Fortis de Chartres fut évangélisé rapidement, dès le milieu du IIIème siècle. La légende du X ème siècle nous parle de saint Altin (donné comme premier évêque d’Orléans et de Chartres, mais inconnu des listes épiscopales de ces diocèses) et de saint Eodald, envoyés de Sens par saint Savinien et saint Potentien (du groupe des 72 disciples du Christ, recherche d’un “certificat d’ancienneté” oblige), de Quirinus, magistrat romain, qui aurait fait massacrer ces premiers chrétiens, dont sainte Modeste. Ce sont leurs corps que l’on aurait jeté dans le puits de la crypte, appelé des Saints-Forts, auquel je consacrerai un post à part entière.

La légende évolua, et à la fin du XIVème siècle, Altin et Eloald reconnurent dans l’antique statue la vierge Marie et fondèrent la première église sur l’ancienne grotte de la virgina pariturae. Au XVIème siècle, on parla pour la première fois d’une grotte druidique. Passation des pouvoirs. Il est généralement admis, bien que nous n’en ayons pas de trace archéologique, qu’une première église fut érigée dans la ville au milieu du IVème siècle, sous le nom de « cathédrale d’Aventin », du nom du premier évêque. C’est l’abside de l’église d’Aventin, construite sur le dévers du mur d’enceinte, qui servira de centre au chœur des édifices ultérieurs. Saint Martin aurait visité la ville, et l’on sait que Martin, grand pourfendeur de mégalithe devant l’éternel, n’apparaît pas au hasard. À la chute de l’Empire Romain, Chartres, avec la construction probable d’un groupe cathédral sous l’évêque Lubin (il semblerait qu’il ait eu pour prénom Arsène, mais nous n’en sommes pas surs), devint l’un des plus grands évêchés de la Gaule.

Puis vint la période des destructions et reconstructions :

  • En 743, mise à sac de la ville et incendie de la cathédrale d’Aventin par Hunald, duc d’Aquitaine. De cette période seulement provient la première mention du vocable ‘Notre-Dame’. Reconstruction.
  • En 858, raid des normands et destruction de la cathédrale par les vikings. Reconstruction par l’évêque Gislebert, qui profita de la brèche ouverte dans l’enceinte pour établir une nouvelle abside sur le dévers haut de 8 mètres. C’est l’origine de la crypte Saint-Lubin.
  • En 962, incendie de la façade et des toitures de la cathédrale par les troupes de Richard Ier, duc de Normandie, lors de sa guerre contre le comte de Chartres, Thibault le Tricheur. Réparations.
  • En 1020, incendie accidentel et destruction de l’édifice. Reconstruction par l’évêque Fulbert. Cette nouvelle cathédrale romane sera, pour un temps, la plus grande de l’Occident septentrional. De cette période date la crypte actuelle.
  • En 1194, incendie accidentel, destruction partielle. Les cryptes, la façade et les tours sont préservées. Reconstruction de la cathédrale actuelle.

Crypte dolménique

Monseigneur Pie, évêque de Poitiers et ancien vicaire de Chartres (1840), disait : « L’important à Chartres n’est pas ce qui est au-dessus, mais ce qu’il y a au-dessous ».

A l’origine du sanctuaire, l’enceinte sacrée primitive pré-celtique et la grotte. Il serait étonnant que nos ancêtres ne se soient pas servi de la puissance tellurique du lieu pour y implanter le premier « appareil » (voir la citation de Robert Graffin), donc ce que nous appelons un mégalithe. Nulle preuve tangible de son existence, si ce n’est plusieurs témoignages consignés dans des archives difficiles à consulter, ou issus d’auteurs plus ou moins « allumés », comme Pierre de la Crau. Maurice Erwin Guignard lui, dans la revue Atlantis en 1982, parle d’une ancienne crypte située dans les fondations de la cathédrale. Il raconte qu’il a pu y pénétrer en 1957, partant des sous-sols de l’ancien immeuble des Contributions Directes, et qu’il a vu 12 menhirs correspondant à un calendrier mégalithique solaire, formant une courbe elliptique de faible excentricité. Un de ses soi-disant ancêtres, l’architecte Jon Guygnard, put pénétrer lui aussi dans l’ancienne crypte où se trouvaient les menhirs. « Des runes corniques étaient gravées sur les faces tournées vers le centre de la crypte, accompagnées de figures géométriques ciselées avec finesse. » Quoi qu’il en soit, il se pourrait qu’il y ait correspondance entre la grotte de la Vierge de la légende et un dolmen, représentant l’athanor, le lieu où toutes les transformations sont possibles.

La grotte, ou la crypte, est un amplificateur des énergies du lieu. Et à Chartres, les énergies sont puissantes…

Comme sa sœur Vellave, la cathédrale du Puy, Chartes a probablement eu son dolmen. Comme au Puy, autre sanctuaire marial, il devait être placé près de l’eau sacrée, le puits des Saints-Forts. Les fouilles entreprises par René Merlet ont permis de reconnaitre la place occupée jadis dans la crypte de Chartres par le sanctuaire de Notre-Dame- Sous-Terre, désigné depuis le XVIème siècle sous le nom de grotte druidique. Ce sanctuaire, si l’on s’en rapporte au témoignage des écrivains du XVIIème siècle, devait former dans le mur latéral de la crypte un renfoncement, une sorte de niche où l’on accédait par un escalier de quelques marches. C’est sous la voussure de cette grotte, d’après les anciennes gravures et les descriptions de témoins oculaires, que se trouvaient le puits et la statue de la Vierge. Quand on détruisit le puits des Saints-Forts vers 1650, on maçonna en même temps la grotte que d’anciennes gravures gardent en souvenir.

Cryptes chrétiennes

L’église basse, que l’on appelle actuellement la crypte, construite sur les vestiges des constructions antérieures. De forme semi-circulaire, elle se compose de deux galeries parallèles reliées par un déambulatoire, l’espace central, remblayé, est encore inexploré.

Elle est en fait composée de deux cryptes concentriques :

  • La première, la crypte ou caveau de Saint-Lubin, date du IXème siècle. C’est une partie de l’église carolingienne de Gislebertus, dans laquelle se trouve une partie d’un ancien mur gallo-romain, peut-être les restes de la muraille d’enceinte du sanctuaire primitif.  Elle est située sous le chœur de la cathédrale actuelle, juste sous le maitre-autel. C’est ici que le trésor de la cathédrale fut mis à l’abri en période de troubles, et lors de l’incendie de 1194.  Ce n’est qu’en 1857, date de réaffectation de la crypte au culte, que ce lieu prit le nom de Saint-Lubin.
    Adossé au mur antique, une colonne s’élance. Faite de matériaux de récupération d’anciens bâtiments, probablement de l’ancien temple gallo-romain, elle est posée sur une dalle calcaire, mise à jour lors des fouilles de René Merlet. Le sol était préparé pour recevoir un dallage, qui fut certainement récupéré lors de la construction de l’église carolingienne. Face à cette colonne, on se sent tout petit. L’ambiance est au recueillement, voir plus… Le pilier vibre de toute son énergie.
    La crypte Saint-Lubin représente à mes yeux l’endroit le plus spécial de Chartres, avec le labyrinthe et la vierge du pilier.
  • La deuxième, appelée crypte Saint-Fulbert, date du XIème siècle. Elle enveloppe Saint- Lubin, fait le tour de la cathédrale.
    La visite, qui ne se fait qu’avec un guide, commence par la chapelle Saint-Martin, qui servait de soubassement au croisillon sud de la cathédrale romane. Y sont conservées 6 statues-colonnes originales du portail Royal, datant du XIIème siècle, retirées entre 1971 et 1975 à cause de leur état de dégradation et remplacées par des copies.  Nous y retrouvons l’original de l’ange au cadran solaire. La chapelle Saint-Clément, simple renforcement de consolidation de la construction, a conservé sa décoration peinte du XIIème siècle.
    Sont représentés, de droite à gauche :

    • le pape saint Clément,
    • Saint Nicolas évêque de Myre,
    • Saint Jacques le Majeur (reconnaissable aux coquilles sur son manteau),
    • Saint Pierre,
    • Saint Martin,un roi “Karolus”, peut-être Charles Martel,  agenouillé, qui assiste à une messe célébrée par  saint Gilles.

    Au-dessus, garnissant le haut de l’arc en plein  cintre, une représentation stylisée de la cathédrale  de Fulbert.
    Dans la galerie, une stèle funéraire gallo-romaine.

img_9022Côté nord se trouve le puits des Saints-Forts, puis  la chapelle de Notre-Dame-de-sous-Terre. Ce n’est  qu’en 1975 que l’on rétablit l’architecture de cette  partie de la crypte dans son état primitif, en  supprimant le cloisonnement de la galerie et en le  remplaçant par une grille de bois.  

Le plafond amenant à la chapelle est peint  d’étoiles, et la main de Dieu sortant de nuées fait  un signe de bénédiction, comme au portail Royal  de la cathédrale au-dessus de la tête de la Vierge.  (Et au dessus de l’entrée de la chapelle Saint-  Michel d’Aiguilhe au Puy en Velay).

Derrière la grille se trouve la statue de la vierge  noire, reproduction récente posée devant une  tapisserie tissée aux Gobelins en 1975 qui peut  laisser rêveur. Personnellement  elle me fait vomir,  mais des goûts et des couleurs…


Dans une niche du mur, un fragment du voile de la Vierge.   Cette partie de la crypte est le centre du plus ancien sanctuaire de  Chartres. 

Puits des Saints Forts

A l’origine du sanctuaire, l’enceinte sacrée primitive se dota d’un puits. Il est purificateur et harmonisateur, et joue son rôle de régulateur par la mise à la terre des énergies cosmiques et telluriques.

De grandes similitudes avec le Puy-en-velay : « Ces blocs datent du Ier siècle et ornaient le premier temple qui enserrait le dolmen. C’est là aussi que se trouve le puits. Il est aujourd’hui condamné, mais eut autrefois la renommée d’une eau miraculeuse, ainsi qu’en fait foi l’inscription située sur le mur au dessus des blocs sculptés: “Fons ope divina languentibus est medicina subveniens gratis ubi deficit ars Ypocratis”, ” par œuvre divine, cette fontaine est une médecine qui subvient gratuitement aux malades là où l’art d’Hippocrate fait défaut”. »

Au Puy, la grande déesse est représentée par Isis et son voile : « Au dessus du tympan, une frise de “S”, que l’on retrouve dans les fondations de la cathédrale au niveau des vestiges romains.  Les “S” sont séparés les uns des autres par une barre verticale. Il ne reste plus qu’à lire: -ISISISIS-.»

Le puits fut creusé sans revêtement de maçonnerie dans le tuf très résistant formé par la couche supérieure du calcaire de Beauce et se termine au fond par une sorte de cuvette ovoïde creusée dans un lit de silex. Sa profondeur totale, mesurée à partir du niveau du sol de la crypte, est de 33 mètres 55, 37 mètres au-dessous du dallage du chœur. La voûte se tient à 37 mètres au-dessus de ce dallage… ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, l’appareil cosmo-tellurique est fonctionnel. Il fut tout d’abord foré sur plan carré de 1 mètre 20, comme le faisaient les celtes, puis fut repris par les romains en rond.

C’est au cours des XIème et XIIème siècles que les malades affluèrent en ce lieu pour s’y guérir du Mal des Ardents.  Dans le « Cartulaire de Saint-Père », rédigé en 1080, il est dit que le puits était, depuis l’année 858, l’objet d’un pèlerinage très fréquenté et qu’il s’y opérait beaucoup de miracles.

Dans les sanctuaires dédiés aux cultes  des eaux se trouvaient fréquemment des images de divinités protectrices que  l’on appelait les Mères, représentées assises avec un enfant sur les genoux.

Vierges

Notre-Dame-de-Sous-Terre

Devant la vierge noire, les chartrains, tous les ans, déposaient une « chandelle de deux cent livres dont la longueur correspondait à celle des remparts de la ville », mettant ainsi toute l’enceinte de la cité sous la protection mariale.

En 1790 fut promulguée l’interdiction d’accès à la crypte, le lendemain de Noël.  Celle qui devait être vénérée dans l’obscurité, au ventre de la Terre, fut déplacée en 1791 par l’évêque constitutionnel Bonnet, qui la mit sur un pilier de la nef à la place d’une autre statue de la Vierge. C’est lui qui fit aussi disparaître le puits de la crypte.

En 1793, elle fut brûlée par les révolutionnaires. Celle que nous pouvons voir actuellement est assise sur un trône dont le socle porte l’inscription Virgini parituræ. Elle n’est qu’une copie. Mais elle garde le souvenir de sa sœur, de par sa position et de par la vénération des fidèles dont elle est encore l’objet.

Notre-Dame-du-Pilier

Cette statue fut sculptée dans du bois de poirier en 1497 et placée devant le jubé. Elle ne doit son existence qu’à la volonté du clergé de l’époque d’empêcher les fidèles de descendre dans la crypte. Marrant comme ceux qui tirent les ficelles des religions n’aiment pas que le commun des mortels profite des cadeaux que nous ont légué les anciens, et font tout pour que l’on ne puisse accéder aux antiques traditions. Elle fut posée au nord-ouest du transept, sur l’un des piliers du jubé détruit au XVIIIème siècle.

En face d’elle se trouvait une vierge en albâtre, blanche. Le pilier unit le ciel et la terre. La vierge repris quand même symboliquement l’une de ses fonctions. Il est dit que le pilier était en résonnance avec un pilier de la crypte, et que les pèlerins le touchaient afin d’en prendre les énergies.

Elle fut descendue dans la crypte en 1791 et mise à la place de Notre- Dame-de-sous-Terre.  Elle ne dut sa survie à la vindicte des révolutionnaires qu’à cette translation, puisque ce fut la vraie vierge noire qui fut brûlée à sa place. Elle fut remise sur un pilier en 1855, lors de la cérémonie de son couronnement.

Notre-Dame-de-la-Belle-Verrière

La troisième vierge s’appelle Notre-Dame de la Belle Verrière.  Entourée de deux autres panneaux, elle faisait partie d’un vitrail réalisé en 1180. Le vitrail devait se trouver dans l’abside de la cathédrale romane de Fulbert, derrière l’autel majeur, et ainsi, par sa position, fut sauvé de l’incendie de 1194.

Lors de la reconstruction de la cathédrale, ce panneau fut enchâssé dans une composition du XIIIème siècle qui prit place à l’entrée sud du déambulatoire. Elle fut dès le départ l’objet d’une grande vénération.

  • Est-ce dû au mystère du voile de la Vierge qu’elle semble porter sur sa tête, comme sa couronne qui ressemble à celle de Charles le Chauve qui fit don du voile à Gislebert ?
  • Est-ce dû aux secrets alchimiques de la composition du bleu (le bleu de Chartres, riche en composés sodiques et en silice, transmet des radiations situées dans la gamme des rouges et la lumière du soleil couchant l’exalte) ?
  • Est-ce dû à sa position, face à la vierge du Pilier, entre la deuxième et la troisième travée du chœur, chœur qui contient le point de croisement des courants telluriques de la cathédrale, entouré uniquement à cet endroit de quatre piliers ronds et nus, sans colonnettes ?
  • Est-ce dû aux secrets qu’elle porte en elle, au tapis en losange à ses pieds, aux couleurs du Grand-Œuvre qui transmute matière et esprit ?
  • Est-ce dû à la signature des druides, les trois rayons de lumière du Triban, tenue au-dessus de sa tête par une colombe représentant le Saint-Esprit, ou bien l’Esprit saint ?
  • Est-ce dû à sa forme en mandorle entourant l’enfant, telle la représentation du creuset qui donne naissance à l’homme nouveau ?

Une restauration malencontreuse en 1906 a laissé sa tête inclinée vers la droite…  Haute de 2 mètre 25, elle porte l’enfant. Il tient un livre ouvert, sur lequel est écrit un passage du livre du prophète Ésaïe : “omnis vallis implebitur”, “toute vallée sera comblée”. La suite : « Toute montagne et toute colline seront abaissées; ce qui est tortueux sera redressé, et les chemins raboteux seront aplanis ». C’est la voie du droit chemin.

La peinture murale

Dans la crypte, première travée du mur sud de la galerie de Notre-Dame-de- Sous-Terre, fut trouvée et restaurée en 1976 une peinture murale associant la fresque et la détrempe.

Il s’agit d’une vierge en majesté au centre, avec peut-être l’adoration des mages, large d’environ 5 mètres et haute de 4. Elle est datée de l’an 1200. La vierge est représentée assise sur une cathèdre, l’enfant sur les genoux. Elle porte elle aussi les couleurs du Grand-Œuvre, de la transmutation.

La Vierge du tympan

Sculptée sur le portail Royal vers 1150, au-dessus de la porte de droite, dit de la Vierge ou de l’Incarnation, elle est l’une des premières représentations de la Vierge en majesté au tympan du portail d’une cathédrale.

Il est dit que l’imagier qui la sculpta prit pour modèle la vierge noire de la crypte. Elle aurait inspiré la Vierge du portail Sainte-Anne à Notre- Dame de Paris.

Le voile de la Vierge

Ce n’est qu’en 876 que le pèlerinage de Chartres prit de l’importance dans le monde chrétien, à la suite d’un don du roi de France : le ‘Voile de la Vierge’, qui devint la relique majeure de la cathédrale (et non pas la vierge noire).

Ce pèlerinage fit la richesse de la cité et des institutions religieuses.

Autrefois connue sous le nom de ‘Sainte-Chemise’, elle était censée avoir été portée par Marie lors de la naissance de son fils, ou lors de l’annonciation, au moment où le verbe fut conçu.  La relique, enfermée dans un coffre en cèdre de 20 kg, appartenait à l’empereur romain de Byzance, Constantin V, qui l’envoya à Charlemagne en 792.

Il fut confié à l’abbé d’Aix-la-Chapelle, puis le petit fils de Charlemagne, Charles II le Chauve, l’offrit à Gislebert, évêque de Chartres.

Il fut enfermé dans une châsse exécutée peu après l’an mil par l’orfèvre Teudon et ne fut jamais ouverte jusqu’à la révolution.

Le culte de Notre-Dame prit des proportions telles que les pèlerins se virent obligés de dormir par terre dans la cathédrale, le sol devant alors être lavé à grande eau. C’est la raison pour laquelle le dallage fut aménagé afin que l’eau puisse s’écouler du bas-côté nord au bas-côté sud.  La “Sainte-Châsse” fut mise devant le retable du maître-autel, et les pèlerins rapportaient de Chartres, comme objets de dévotion, soit de véritables chemises, destinées surtout aux gens de guerre ou aux futures mères, soit de petits insignes en forme de “chemisette”, encore en usage aujourd’hui.

L’épisode le plus connu, sans parler des miracles divers et variés obtenus grâce au voile, fut sans doute celui de son sauv