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Monthly Archives: April 2017

Lourdes : 150 ans de guérison

Les aveugles voient, les paralytiques se lÚvent, les comateux se réveillent.

Lourdes continue de guérir, de fasciner
et surtout d’interroger la mĂ©decine qui constate, sans expliquer

Lourdes est bien sĂ»r l’archĂ©type du sanctuaire prodigieux, depuis la dĂ©couverte de la source de la grotte de Massabielle par Bernadette Soubirous en ce 25 fĂ©vrier 1858.

Lourdes est unique, c’est aujourd’hui « une riviĂšre de priĂšres », comme l’écrit Pierre Lunel dans Les GuĂ©risons miraculeuses.

Mais Lourdes est unique aussi et surtout parce qu’un bureau mĂ©dical y a Ă©tĂ© ouvert dĂšs 1883 pour Ă©tudier des cas de guĂ©risons tous plus spectaculaires les uns que les autres.

Miracles de la priùre, prodiges de la foi, ou puissance de l’autosuggestion comme l’affirment des rationalistes qui n’ont plus que cette branche à laquelle se raccrocher ?

À chacun de se faire son opinion, mais il est certain en tout cas que les donnĂ©es ne manquent pas.

Deux tumeurs disparaissent

Trois jours aprĂšs la dĂ©couverte de la source par Bernadette, alors qu’il gĂšle « Ă  pierre fendre », nous raconte Pierre Lunel, Justine Duconte-Bouhort ose plonger dans l’eau glacĂ©e son bĂ©bĂ© de dix-huit mois, mourant et inerte, en dĂ©pit des protestations de son entourage. Le lendemain, l’enfant est en parfaite santĂ©.

La longue série vient de démarrer.

Quelques jours plus tard, Louis Bourriette, ancien tailleur de pierres dont l’oeil a Ă©tĂ© crevĂ© par un Ă©clat, demande Ă  sa petite fille d’aller lui chercher un peu d’eau de la source. Il souffre encore atrocement de son oeil depuis l’accident, survenu vingt ans auparavant. L’eau est encore boueuse, mais il se l’applique immĂ©diatement sur l’oeil. La commission d’enquĂȘte Ă©crira : « À peine eut-il lavĂ© son oeil qu’aussitĂŽt il aperçut la lumiĂšre. Deux heures aprĂšs, il distinguait les objets, quoiqu’avec difficultĂ©. »

Deux, trois, quatre aveugles sont guĂ©ris au contact de Bernadette qui se dĂ©fend : « Je n’ai guĂ©ri personne ! »

DĂšs sa premiĂšre annĂ©e d’activitĂ©, la commission mĂ©dicale Ă©tudie trente cas de guĂ©rison, et en retient sept comme miraculeux. Les guĂ©risons sont spectaculaires, mais surtout, elles sont inexplicables :

  • Comme ces deux grosses tumeurs qui disparaissent en une nuit du corps d’un garçon de 13 ans, Henri Busquet.
  • Comme ces sĂ©quelles d’un cholĂ©ra contractĂ© en 1834 qui ont valu quatre extrĂȘmes-onctions dans l’annĂ©e Ă  Madeleine Rizan, et s’évanouissent en une heure.

« Toutes ces affections sont lentes Ă  guĂ©rir. Cette seule considĂ©ration, mise en regard de la soudainetĂ© de la guĂ©rison, suffit Ă  prouver que ce fait s’écarte de l’ordre de la nature », observe Ă  l’époque le Pr Vergez.

En fait, depuis son ouverture le bureau médical de Lourdes a enregistré prÚs de 7 000 déclarations de guérisons.

Si « seulement » 67 cas ont Ă©tĂ© reconnus par les autoritĂ©s vaticanes, c’est que les critĂšres sont extrĂȘmement sĂ©vĂšres.

Le diagnostic de maladie incurable doit avoir Ă©tĂ© posĂ© au prĂ©alable. La guĂ©rison doit ĂȘtre spontanĂ©e, totale et surtout, dĂ©finitive. C’est pourquoi certains dossiers mettent des annĂ©es avant d’ĂȘtre validĂ©s, car une rechute ferait de l’ombre au miracle. La procĂ©dure est un examen par le bureau mĂ©dical de Lourdes, puis un transfert au ComitĂ© mĂ©dical international, et enfin une investigation par le diocĂšse d’origine de la personne guĂ©rie. C’est lui qui se prononce sur le caractĂšre miraculeux de la guĂ©rison. Le critĂšre ultime est simple : il doit s’agir d’un signe de Dieu !

« Le problĂšme ce n’est pas la guĂ©rison »

En 2006, Mgr Perrier, Ă©vĂȘque du diocĂšse de Tarbes et Lourdes, s’est demandĂ© si le temps des miracles de Lourdes proclamĂ©s en tant que tels par l’Église et les sanctuaires (lieux de pĂšlerinage) Ă©tait rĂ©volu.

Lors de la reconnaissance officielle de la derniĂšre miraculĂ©e de Lourdes, Anna Santaniello, une Italienne de 94 ans, la communication avait Ă©tĂ© trĂšs discrĂšte du cĂŽtĂ© des sanctuaires, en contraste avec l’écho mĂ©diatique qu’avait eu la nouvelle Ă  l’étranger. Certes, cette dĂ©claration intervenait quelques jours Ă  peine aprĂšs le dĂ©cĂšs du prĂ©cĂ©dent miraculĂ©, Jean-Pierre BĂ©ly, guĂ©ri d’une sclĂ©rose en plaques en 1987. Mgr Perrier ne voulait pas donner une impression d’opportunisme et les sanctuaires ont estimĂ© que les conditions mĂ©dicales, lĂ©gales et administratives n’étaient pas toutes rĂ©unies pour qu’ils reprennent Ă  leur compte la dĂ©cision de l’archevĂȘque de Salerne.

Mgr Perrier indiquait qu’il s’agissait lĂ  du coeur du problĂšme : « Jamais plus un mĂ©decin ne se risquera Ă  affirmer dĂ©finitivement et de maniĂšre certaine que telle personne a telle maladie irrĂ©versible ou mortelle. En revanche, il peut constater les symptĂŽmes de telle ou telle maladie et sa guĂ©rison, ce qui n’est pas contradictoire mĂ©dicalement. Le problĂšme, ce n’est pas la guĂ©rison, c’est la certitude scientifique qu’un patient donnĂ© est porteur d’une maladie prĂ©cise. De telle maniĂšre qu’il manquera toujours une piĂšce au dossier ou une preuve mĂ©dicale pour reconnaĂźtre un miracle ».

C’est pourquoi il souhaitait mettre au point, « en lien avec le comitĂ© mĂ©dical international et le bureau mĂ©dical des sanctuaires », un statut spĂ©cifique pour les personnes dont la guĂ©rison est manifestement liĂ©e Ă  Lourdes, mais qui ne seraient pas appelĂ©es miraculĂ©es. À l’appui de sa proposition, l’évĂȘque soulignait que ce statut pourrait s’appliquer Ă  une « bonne vingtaine de dĂ©clarations sĂ©rieuses », notamment une dame vouĂ©e Ă  une mort certaine et plongĂ©e dans un coma artificiel depuis plus de six semaines. On a priĂ© pour elle Ă  la grotte, et elle s’est rĂ©veillĂ©e subitement guĂ©rie. Notons que l’effet placebo ne peut guĂšre ĂȘtre invoquĂ© ici.

Cinq cas remarquables

En décembre 2008, le Comité médical international de Lourdes (Cmil) a de son cÎté déclaré « remarquables » cinq cas de guérisons non encore reconnues miraculeuses, dont celle évoquée ci-dessus :

  • Madame B., 53 ans, souffrait de myopathie depuis l’enfance et vivait en fauteuil roulant depuis l’ñge de 34 ans. AprĂšs six pĂšlerinages Ă  Lourdes en 2004, elle s’est trouvĂ©e dĂ©finitivement guĂ©rie aprĂšs avoir enfin demandĂ© la guĂ©rison pour elle-mĂȘme.
  • Une autre dame, atteinte d’une sclĂ©rose en plaques qui la contraignait Ă  se dĂ©placer en fauteuil roulant, a retrouvĂ© une vie normale sans appui mĂ©dical.
  • Tout comme cet homme souffrant de sĂ©vĂšres douleurs dorsales et que la morphine ne parvenait plus Ă  soulager
  • Le cas d’une dame souffrant de sĂ©quelles d’un grave accident de la circulation.

« L’arbre des miracles ne doit pas cacher la forĂȘt des guĂ©risons », a estimĂ© le Pr François-Bernard Michel, prĂ©sident du Cmil.

  • En aoĂ»t 2009, une Italienne de 50 ans, Antonietta Raco, immobilisĂ©e depuis 2005 par une sclĂ©rose latĂ©rale amyotrophique, a Ă©tĂ© guĂ©rie de maniĂšre inexpliquĂ©e et subite aprĂšs un pĂšlerinage Ă  Lourdes. Cette dĂ©claration a Ă©tĂ© faite par son neurologue personnel Ă  l’hĂŽpital de Turin : « Je n’ai jamais vu un cas comme celui-lĂ , car du point de vue de la littĂ©rature mĂ©dicale, il n’y a jamais eu de cas de rĂ©gression de la maladie », a-t-il affirmĂ© dans les mĂ©dias transalpins.

La liste n’est pas close, loin s’en faut, car mĂȘme si ce n’est pas Marie, l’eau de la source, ou la foi profonde,

il y a bel et bien « quelque chose » qui guérit à Lourdes.

Divines Apparitions

Apparitions, stigmates, lévitations
, les miracles associés
à la religion, en particulier catholique, sont légion.

L’Église n’accepte pas tout, mais entretient la flamme.
Retour sur les multiples visages de  l’« extra-ordinaire »

Au chapitre des apparitions, les plus célÚbres sont sans aucun doute celles de :

Marie de Nazareth

La mĂšre de JĂ©sus est apparue dans plus de cent dix lieux rĂ©pertoriĂ©s depuis l’an 850, en incluant les manifestations miraculeuses comme les icĂŽnes qui pleurent. En tout, des milliers de mariophanies ont Ă©tĂ© comptabilisĂ©es, mais selon l’historien Joachim Bouflet, seules 2 % auraient Ă©tĂ© authentifiĂ©es. Bien sĂ»r, dans de nombreux cas, il s’agit d’apparitions multiples, parfois sur de longues pĂ©riodes. Ainsi, celles survenues Ă 

  • Le Laus (Hautes-Alpes), oĂč la Vierge est apparue de mai Ă  aoĂ»t 1664 Ă  BenoĂźte Rencurel, qui fut dĂ©clarĂ©e vĂ©nĂ©rable en 1872 (reconnaissance officielle par Mgr Di Falco le 4 mai 2008) ;
  • Pocs, en Hongrie, une icĂŽne « Hodigitria » de Marie se mit Ă  verser des larmes pendant un mois, en 1696, devant les fidĂšles Ă©bahis rĂ©unis pour la messe. L’icĂŽne fut transfĂ©rĂ©e, mais une autre pleura Ă  nouveau pendant deux semaines en aoĂ»t 1715. Et le phĂ©nomĂšne se manifesta encore prĂšs de deux siĂšcles plus tard, en 1905, pendant plus d’un mois.
  • Lourdes – L’annĂ©e 1858 est bien sĂ»r cĂ©lĂšbre pour l’apparition de l’ImmaculĂ©e Conception Ă  Bernadette Soubirous dans la grotte de Massabielle, Ă  Lourdes, qui se reproduisit du 11 fĂ©vrier au 16 juillet. Bernadette vĂ©cut jusqu’en 1879 et fut canonisĂ©e en 1933.
  • Fatima – En 1917, c’est la fameuse apparition de Notre-Dame de Fatima au Portugal, du 13 mai au 13 octobre, devant trois jeunes bergers dont deux furent bĂ©atifiĂ©s en 2000 par le pape Jean-Paul II. Ce dernier Ă©tait en effet concernĂ© par la troisiĂšme partie du « secret de Fatima », qui annonçait prĂ©tendument l’attentat dont il fut victime en 1981. La 1Ăšre partie Ă©tait une vision de l’enfer, et la 2Ăšme partie expliquait comment mettre fin Ă  la grande guerre. Le 3Ăšme secret parle de la mise Ă  mort d’un pape, mais peut aussi ĂȘtre compris comme une mĂ©taphore de la fin de l’Église catholique. De fait, les secrets ont fait l’objet de lectures et d’interprĂ©tations de toutes sortes. Rappelons que l’ingĂ©nieur Christel Seval a vu dans le cas de Fatima un lien avec le phĂ©nomĂšne ovni (La Vierge et les extraterrestres).
Danse du soleil

Selon Joachim Bouflet, l’apparition de Fatima ne souffre aucune contestation. « C’est un Ă©vĂ©nement unique dans l’histoire de l’Église, une mariophanie capitale de notre temps », explique-t-il. Le miracle sera certifiĂ© par l’Église treize ans aprĂšs.

Le phĂ©nomĂšne de la « danse du soleil » accompagnant la vision est bien connu. Plus de 70 000 fidĂšles et une poignĂ©e d’observateurs athĂ©s ont vu sur place le soleil tourbillonnant « avec une vitesse impĂ©tueuse ».

Marche Ă  reculons

Une autre mariophanie « bien dĂ©routante » selon Joachim Bouflet s’est dĂ©roulĂ©e Ă  Garabandal, petit hameau perdu des monts Cantabrique en Espagne. En 1961, Marie apparaĂźt lĂ  aussi Ă  quatre fillettes. Elle est vĂȘtue de blanc et de bleu, demande pĂ©nitence et sacrifices, dĂ©nonce « le chemin de perdition » empruntĂ© par certains membres du clergĂ©.

Plus tard, des phĂ©nomĂšnes extraordinaires vont se dĂ©rouler devant une foule de tĂ©moins et mĂȘme des camĂ©ras : lĂ©vitation, marche Ă  reculons Ă  toute vitesse, transes, chutes sans plaie aucune.

Les extases des enfants, individuelles ou collectives, se manifesteront plus d’un millier de fois jusqu’au 20 janvier 1963, et seront mĂȘme souvent annoncĂ©es plusieurs jours Ă  l’avance. Le culte s’est lui aussi maintenu Ă  travers le temps, d’autant qu’un grand miracle a Ă©tĂ© annoncĂ© dans le dernier message de Marie. Il se produira un jeudi soir Ă  20 h 30 d’une annĂ©e non prĂ©cisĂ©e, coĂŻncidera avec un Ă©vĂ©nement important pour l’Église, et est destinĂ© Ă  convertir le monde entier.

Notons que les apparitions de Marie se manifestent souvent Ă  des enfants. Question de puretĂ© d’ñme sans doute. Ainsi, tout comme Ă  Garabandal, « une belle dame s’inscrivant au coeur d’un cercle d’étoiles » apparaĂźt Ă  six enfants ĂągĂ©s de 4 Ă  12 ans Ă  Pontmain (Mayenne) en 1871. L’un d’eux dĂ©crit « une robe d’un bleu trĂšs profond », parsemĂ©e « d’étoiles d’or Ă  cinq pointes, de mĂȘme grandeur », qui « brillent sans Ă©mettre aucun rayon
 ».

Et le Christ ?

Au final, Marie est apparue aux quatre coins de la planĂšte, avec certes une prĂ©dilection pour l’Europe catholique. On l’a vue en Inde, en AmĂ©rique du Sud, en Afrique, en CorĂ©e, en OcĂ©anie.

Mais elle est Ă©galement apparue Ă  des protestants qui se sont convertis sur le champ, ainsi qu’à des musulmans en Égypte ou au Liban. Elle parle, elle sourit, elle pleure, elle guĂ©rit
 L’Église accorde son imprimatur avec parcimonie et ses membres se querellent indĂ©finiment autour de certains cas, jusqu’au schisme.

Pourquoi les apparitions du Christ sont-elles moins « célÚbres que celles de Marie ? Dieu fait homme est-il moins « accessible » que la figure de la mÚre ?

Le Christ est en fait plus connu pour ses miracles, ceux du Nouveau Testament en premier lieu. Aux noces de Cana, il change l’eau en vin, un « nectar » disent les convives. En rompant sept pains, il nourrit une foule de quatre mille personnes. Il apaise une tempĂȘte, il ressuscite Lazare d’entre les morts, il marche sur les eaux
 Autant de prodiges auxquels s’ajoutent vingt-cinq rĂ©cits de guĂ©risons miraculeuses.
Le plus grand miracle est sa propre résurrection, trois jours aprÚs sa mort. Si les miracles sont au coeur de la tradition chrétienne, seules les traditions catholique et orthodoxe les reconnaissent comme réels, et les considÚrent réalisables par des saints.

Visages de BĂ©lmez

Apparitions toujours, mais de visages cette fois avec l’affaire des « visages de BĂ©lmez ». Dans une maison ordinaire de ce village d’Espagne, un visage est spontanĂ©ment apparu sur le sol de la cuisine le 23 aoĂ»t 1971. Impossible de l’effacer, on dĂ©cide de changer le plancher, et voilĂ  un nouveau visage qui apparaĂźt. Pendant de nombreux mois, ce sont plusieurs visages qui vont ainsi se dessiner sur le sol de la cuisine et dans d’autres piĂšces. Certains sont changeants, d’autres apparaissent puis disparaissent.
Aucune enquĂȘte n’a pu prouver de supercherie, en revanche il est Ă©galement apparu
 que la maison se situait Ă  l’emplacement de plusieurs cimetiĂšres qui s’étaient succĂ©dĂ© au fil des siĂšcles !

Stigmates

Les stigmates sont une autre manifestation « paranormale » de la foi. Comme le rappelle Jean-Pierre Girard dans l’EncyclopĂ©die du Paranormal (J’ai Lu, 1963), on utilise le terme de dermographisme pour dĂ©signer la stigmatisation en dehors d’un contexte religieux. Robert Tocquet dans Les MystĂšres du Surnaturel estime que la stigmatisation est le plus souvent un fait religieux, mais qu’il peut aussi ĂȘtre un fait expĂ©rimental ou mĂȘme
 diabolique. De fait, il montre qu’il peut ĂȘtre suggĂ©rĂ©, par consĂ©quent il peut aussi ĂȘtre autosuggĂ©rĂ©.

Ce phĂ©nomĂšne illustre-t-il la puissance de l’inconscient, plus que celle de la foi ?

Les mystiques chrétiens stigmatisés célÚbres sont :

  • François d’Assise,
  • Catherine de Sienne,
  • ThĂ©rĂšse d’Avilla,
  • Padre Pio,
  • ThĂ©rĂšse Neumann


L’islam mentionne Ă©galement des cas de stigmatisations qui rappellent les blessures subies par le ProphĂšte. Dans le cas des catholiques, les blessures de la Passion du Christ ne s’infectent pas, mais exsudent lĂ©gĂšrement et rĂ©guliĂšrement.

Recevoir les stigmates est une grĂące, et s’accompagne bien sĂ»r d’autres manifestations.

Un des premiers cas de stigmatisation Ă©tudiĂ© par la science remonte au dĂ©but du XIXe siĂšcle, avec Anne-Catherine Emmerich, dite « la nonne de DĂŒlmen ». En 1813, alors que NapolĂ©on tenait l’Europe, une pauvre religieuse de Westphalie subsistait presque sans manger ni boire, avait des visions, lisait dans les pensĂ©es, assistait en esprit Ă  des Ă©vĂ©nements lointains ou anciens, lĂ©vitait
 et portait des stigmates qui saignaient chaque vendredi. Dans un contexte tendu entre protestants et catholiques, la nonne fut au coeur d’intenses querelles, mais l’abbĂ© Manesse rapporte qu’elle fit l’objet d’un suivi mĂ©dical trĂšs rigoureux mandatĂ© par le vicariat.

Selon Jean-Pierre Girard, le cas le mieux Ă©tudiĂ© Ă  ce jour reste celui de la Belge Louise Lateau, dont les stigmates furent visibles de 1869 Ă  sa mort en 1884. Aucune explication n’a bien sĂ»r Ă©tĂ© trouvĂ©e par la ribambelle de savants qui se sont relayĂ©s Ă  son chevet, mais une communication Ă  l’AcadĂ©mie belge de mĂ©decine a prĂ©cisĂ© que tous les contrĂŽles et examens possibles avaient Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s.

Cas d’inĂ©die

Le sociologue du CNRS Jacques MaĂźtre a consacrĂ© des annĂ©es d’étude Ă  ces cas, et regrette que la science ne soit pas assez souvent convoquĂ©e par l’Église pour authentifier le « miracle ».

Un seul cas d’inĂ©die, ou vie sans alimentation a ainsi Ă©tĂ© Ă©tudiĂ© par Pierre Janet Ă  la fin du XIXe siĂšcle, et ce dernier a fait part de sa perplexitĂ©.

Dans le cas de Marthe Robin, elle aussi stigmatisĂ©e et qui ne se nourrissait que d’hosties, Jacques MaĂźtre explique qu’il a parlĂ© avec plusieurs membres de sa famille, dont la personne qui veillait quotidiennement sur elle. Il apparaĂźt que Marthe Robin se disait absolument disposĂ©e Ă  se soumettre Ă  des examens mĂ©dicaux si l’Église le lui demandait. Or, aucune autoritĂ© ecclĂ©siale n’a pris d’initiative en ce sens.

Miracles dans les autres Religions
Dans l’islam

L’ex-recteur de la MosquĂ©e de Paris Dalil Boubakeur a Ă©crit qu’il n’existe pas de « mĂ©thodologie rigoureusement Ă©tablie sur les guĂ©risons miraculeuses ». La maladie vient de Dieu et toute guĂ©rison, mĂȘme non miraculeuse, est un bienfait de Dieu. Il existe des rites de guĂ©rison trĂšs anciens, notamment dans le soufisme.
De grands mystiques tels Sohra-Wardi ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de faits miraculeux ou de visions. L’islam distingue les faits prodigieux rapportĂ©s Ă  des saints (walis) ou mystiques (guĂ©risons, lĂ©vitations, bilocations, contrĂŽle des Ă©lĂ©ments, etc.), et les miracles liĂ©s Ă  la mission et la vie des prophĂštes, qui garantissent l’authenticitĂ© mĂȘme de cette mission. Ainsi, « la rĂ©surrection d’un mort est un miracle, mais la guĂ©rison d’un lĂ©preux ou d’un paralytique, un prodige (Karamat) lorsqu’elle survient du fait d’un thaumaturge ou d’une invocation adressĂ©e Ă  Dieu », prĂ©cise le Dr Boubakeur.
(Voir aussi www.miraclesducoran.com)

Dans le judaĂŻsme

Le premier miracle est la crĂ©ation du monde. La maladie est un malheur et, selon Maimonide, Dieu donne l’obligation de traiter les maladies. « La priĂšre a une importance capitale », prĂ©cise le Dr Charles Sulman (dans Les Voies de la guĂ©rison, Thouvenin). Tout mĂ©decin doit prier, et c’est Dieu qui guĂ©rit. « La croyance en l’effet curatif d’un endroit saint ou d’une sainte relique est inconnue du judaĂŻsme », mais il reconnaĂźt, tout comme l’islam, les « guĂ©risons miraculeuses » de l’Ancien Testament. Hanina ben Dossa est cĂ©lĂšbre pour ses priĂšres qui guĂ©rissaient. De nos jours, certains rabbins cabalistes obtiendraient des guĂ©risons inexpliquĂ©es.

Dans l’hindouisme

Le miracle est « quotidien », car l’ascĂšse du malade produit des phĂ©nomĂšnes qui entraĂźnent la guĂ©rison, explique Bernard Thouvenin (Les Voies de la guĂ©rison). Le malade doit lui-mĂȘme prier, et offrir des dons. Shiva est invoquĂ©e, mais aussi les grandes forces de la nature, avec rituels de guĂ©rison et offrandes.

Dans le bouddhisme

Le concept de guĂ©rison est central, car tout le chemin vise Ă  se libĂ©rer de la souffrance. Le Bouddha a soignĂ©, mais fait peu de guĂ©risons « miraculeuses ». Les prodiges ne manquent cependant pas : lĂ©vitation des moines, pouvoirs psychiques. Aujourd’hui encore, « le petit Bouddha » (Ram Bahadur Bomjon) serait en mĂ©ditation depuis des annĂ©es au NĂ©pal. Il n’aurait ni mangĂ© ni bu pendant six mois, soit un cas inĂ©dit d’inĂ©die – a attirĂ© plus de 200 000 pĂšlerins du monde entier.

de l’autre cĂŽtĂ© du miracle

Il n’y a que deux façons de vivre sa vie :
l’une en faisant comme si rien n’était un miracle,
l’autre en faisant comme si tout Ă©tait un miracle. »
Albert Einstein

PhénomÚne surnaturel ? Intervention divine ? Autosuggestion ?

Les miracles défient la raison : les guérisons inexpliquées narguent la médecine et le scientisme triomphant.
Au-delĂ  de la croyance ou du scepticisme, que nous apprennent ces Ă©vĂ©nements extraordinaires sur nous-mĂȘme et notre potentiel d’autoguĂ©rison ? Le miracle est-il exceptionnel, ou bien sommes-nous exceptionnellement conscients du miracle de la vie ?

Des apparitions mariales aux synchronicités en passant par les guérisons, la notion de miracle couvre un large éventail de phénomÚnes.

C’est aussi une question de point de vue.

Au sens strict, le miracle est l’irruption de l’extraordinaire, ou du « surnaturel », dans le quotidien. D’aucuns associent ce surnaturel au divin et y voient donc un acte, un signe, un message de Dieu lui-mĂȘme. Du point de vue Ă©sotĂ©riste, le miracle vient d’en haut alors que le prodige vient d’en bas. Pour les religions, le miracle est un fait de Dieu alors que le prodige est celui d’un intermĂ©diaire entre Lui et nous. Mais dans la spiritualitĂ© moderne, « laĂŻque », nul besoin d’intermĂ©diaire entre Dieu et nous, puisque nous sommes Lui et qu’Il est nous.

DĂšs lors, le miracle est Ă  la portĂ©e de chacun, ainsi que l’affirmait JĂ©sus. Nos fantastiques capacitĂ©s d’autoguĂ©rison n’en tĂ©moignent-elles pas ? Et notre accĂšs possible Ă  l’expĂ©rience transpersonnelle, mystique ? Certes, tout un chacun ne se met pas Ă  lĂ©viter dĂšs qu’il sort de chez lui, ni ne « reçoit » les stigmates du Christ quand il songe Ă  son martyr. Cet ordinaire tuerait le miraculeux, qui doit rester l’exception.

De plus, nous devons renoncer Ă  comprendre le miracle, car il est inexplicable par dĂ©finition. Accepter son existence revient donc Ă  accepter un autre ordre de rĂ©alitĂ©, duquel nous serions « sĂ©parĂ©s ». Mais ce point de vue est en contradiction avec l’idĂ©e qu’il n’y a qu’une seule rĂ©alitĂ©, dont nous mĂ©connaĂźtrions cependant maints aspects


Le miracle serait-il alors une invitation Ă  combler ce qui nous sĂ©pare de l’autre ordre de rĂ©alitĂ©, prĂ©cisĂ©ment pour rĂ©aliser l’unitĂ© ?

Les spiritualitĂ©s d’Asie et d’Inde nous enjoignent en effet, seulement depuis quelques millĂ©naires, Ă  lever ce voile des illusions.

Dieu ou diable ?

Dans les religions d’Occident, le miracle est surtout associĂ© au catholicisme, et il est jugĂ© Ă  l’aune de son effet sur la foi. L’a-t-il renforcĂ©e, et c’est un miracle. Sinon, c’est de la magie, et nĂ©cessairement l’oeuvre du diable. Le judaĂŻsme ne s’appuie pas sur des « revendications de miracles » comme bases de la foi. La Bible prĂ©cise en effet que Dieu accorde parfois Ă  des charlatans le pouvoir de rĂ©aliser des miracles, et ce afin de mettre Ă  l’épreuve la loyautĂ© des juifs envers la Torah. Dans le monde musulman, la venue du Coran sur terre est un miracle, de mĂȘme que le voyage nocturne de Mohamed de La Mecque Ă  JĂ©rusalem. Quant aux protestants, on le sait, ils sont trĂšs rĂ©servĂ©s sur la notion mĂȘme de miracle, assimilĂ©e Ă  des interventions ponctuelles indignes de la sagesse et de la puissance de Dieu.

Authentification

Le problĂšme devient donc l’authentification des miracles. La thĂ©matique est piĂ©gĂ©e parce qu’il nous est impossible de savoir si une apparente violation des lois de la nature provient d’une vĂ©ritable intervention surnaturelle ou de notre mĂ©connaissance relative de ces mĂȘmes lois. « Ce qui ne peut pas se produire ne s’est jamais produit, et ce qui peut se produire n’est pas un miracle », disait dĂ©jĂ  CicĂ©ron. Un catholique contrariĂ© comme Ernest Renan se dĂ©fiait lui aussi des miracles, comme il l’écrit dans La Vie de JĂ©sus : « S’il est avĂ©rĂ© qu’aucun miracle contemporain ne supporte la discussion, n’est-il pas probable que les miracles du passĂ©, qui se sont tous accomplis dans des rĂ©unions populaires, nous offriraient Ă©galement, s’il nous Ă©tait possible de les critiquer en dĂ©tail, leur part d’illusion ? ». Et de conclure : « Ce n’est donc pas au nom de telle ou telle philosophie, c’est au nom d’une constante expĂ©rience, que nous bannissons le miracle de l’histoire. »

Manipulation

Car en effet, l’ĂȘtre humain est crĂ©dule. Si les guĂ©risons de Lourdes, par exemple, font l’objet d’une procĂ©dure d’authentification longue et minutieuse, d’autres cas comme Medjugorje, en Bosnie, sont trĂšs controversĂ©s. Les faux gourous pullulent, jusqu’à des rĂ©vĂ©lations sordides d’abus sexuels de la part de figures spirituelles suivies par des millions de fidĂšles, comme Sathya Sai Baba. La propension Ă  « croire aux miracles » est largement manipulable par des esprits retors. La traditionnelle statuette qui pleure finit souvent sur un site internet de ventes aux enchĂšres. On y trouve aussi des tranches de pain grillĂ© avec le visage de la Vierge, du Christ, ou mĂȘme de Michael Jackson ! Le nom d’Allah et ses jolies courbes calligraphiĂ©es est vu par de nombreux musulmans dans le moindre groupe de nuages ou une tache sur la nappe. On parle alors de pareidolie. 42 % des Français croyaient aux miracles en 2004, selon un sondage IFOP. Ils n’étaient plus que 35 % en juillet 2006 (TNS Sofres), mais seulement 8 % y voyaient une intervention de Dieu. Il serait bon de dĂ©passer le stade de la croyance pour progresser sur le terrain de la connaissance.

Énergie vitale

À cet Ă©gard, l’évolution du regard de la mĂ©decine et de la psychologie sur les notions mĂȘmes de maladie et de guĂ©rison est notable.

Le concept d’énergie vitale – au coeur des mĂ©decines traditionnelles asiatiques, mais aussi de l’action de nos guĂ©risseurs – commence Ă  ĂȘtre pris en considĂ©ration. Il permet de s’affranchir de la question de Dieu, pour se concentrer sur l’Homme et sa nature profonde. Certes, le guĂ©risseur fait le plus souvent appel Ă  Dieu, mais pas nĂ©cessairement dans un contexte religieux, comme en tĂ©moignent les cas extraordinaires de :

  • Edgar Cayce aux États-Unis,
  • Bruno Groening en Allemagne,
  • MaĂźtre Philippe en France.

Les guĂ©risseurs ont des techniques, des « priĂšres », et Daniel Meurois raconte par exemple que les EssĂ©niens, maĂźtres de guĂ©rison, Ă©taient « fĂąchĂ©s » par la façon dont JĂ©sus guĂ©rissait d’un seul mot ou d’un geste. Les guĂ©risons inexpliquĂ©es continuent Ă  dĂ©fier la science et la mĂ©decine, qui tiennent lĂ  une voie royale d’exploration de la nature humaine.

Si la conscience est bien la clĂ©, c’est notre rapport au monde qu’il faut transformer. Un auteur comme Thierry Salmeron l’a bien compris, qui fait Ă©cho Ă  Gurdjieff avec son concept d’homme vrai, prĂ©sent, vigilant et autorĂ©fĂ©rent. Lui-mĂȘme a guĂ©ri d’un cancer et vĂ©cu une expĂ©rience de mort imminente. Cette expĂ©rience est d’ailleurs un miracle contemporain. Au beau milieu de l’ultra-modernitĂ© d’un service de rĂ©animation, le transcendant se rappelle Ă  notre souvenir.

Le miracle est donc affaire de point de vue, et quiconque est capable de s’émerveiller devant la naissance d’un enfant ou la beautĂ© d’une rose sait voir le miracle dans la vie elle-mĂȘme.

La cosmologie nous enseigne que le « rĂ©glage fin » des constantes et des lois physiques a permis l’apparition de la vie dans des conditions que l’on peut considĂ©rer comme miraculeuses. Le miracle est-il que les tailles apparentes du soleil et de la Lune permettent l’éclipse totale, ou simplement que le soleil se lĂšve tous les matins ? DĂ©cidĂ©ment, le « nouveau paradigme » ne conduit pas
à voir différemment le monde, il conduit à voir un monde différent.

Chemin de Croix au Colisée

En 1749, BenoĂźt XIV dĂ©cida que la politique officielle de l’Église serait de faire du ColisĂ©e le lieu sacrĂ© oĂč les premiers chrĂ©tiens ont Ă©tĂ© martyrisĂ©s. Il interdit l’utilisation du ColisĂ©e comme carriĂšre, et consacra l’Ă©difice Ă  la Passion du Christ et fit installer un chemin de croix, le dĂ©clarant sanctifiĂ© par le sang des martyrs chrĂ©tiens qui y pĂ©rirent.

Comme tous les papes, Jean-Paul II conduisait publiquement un chemin de croix Ă  Rome, au ColisĂ©e, chaque annĂ©e, le soir du vendredi saint. Durant de nombreuses annĂ©es il a portĂ© personnellement la croix de Station en Station, puis, en raison des problĂšmes survenus aprĂšs l’attentat subi et de son Ăąge avancĂ©, il prĂ©sidait la cĂ©lĂ©bration depuis une estrade sur le mont Palatin, pendant que d’autres portaient la croix.

Colisée

Le ColisĂ©e, Ă  l’origine amphithĂ©Ăątre Flavien (Colosseo en italien), est un immense amphithĂ©Ăątre ovoĂŻde situĂ© dans le centre de la ville de Rome, entre l’Esquilin et le CĂŠlius, le plus grand jamais construit dans l’empire romain. Il est l’une des plus grandes Ɠuvres de l’architecture et de l’ingĂ©nierie romaines.

Sa construction, juste Ă  l’est du Forum Romain, a commencĂ© entre 70 et 72 ap. J.-C., sous l’empereur Vespasien, et s’est achevĂ©e en 80 sous Titus. D’autres modifications ont ensuite Ă©tĂ© apportĂ©es au cours du rĂšgne de Domitien (81-96). Le nom d’amphithĂ©Ăątre Flavien dĂ©rive du nom de famille (gens Flavii) de l’empereur Vespasien et ses fils Titus et Domitien.

Pouvant accueillir probablement 50 000 spectateurs (les estimations plus anciennes de 80 000 spectateurs, soit un douziĂšme de la population romaine, Ă©tant exagĂ©rĂ©es), le ColisĂ©e a Ă©tĂ© utilisĂ© pour les venationes (combats d’animaux sauvages), les munera (combats de gladiateurs) et autres spectacles publics, tels que des exĂ©cutions de condamnĂ©s Ă  mort, des reconstitutions de batailles cĂ©lĂšbres et des drames basĂ©s sur la mythologie romaine.

Le ColisĂ©e est actuellement en Ă©tat de ruine, en raison des dommages causĂ©s par les tremblements de terre et la rĂ©cupĂ©ration des pierres, mais il continue Ă  donner la mesure de l’ancienne puissance de la Rome ImpĂ©riale. Aujourd’hui, il est l’un des symboles de la Rome moderne et a encore des liens Ă©troits avec l’Église catholique romaine : chaque Vendredi saint, le pape mĂšne une procession aux flambeaux sur un chemin de croix aboutissant Ă  l’amphithĂ©Ăątre.

Chemin de Croix du 30 mars 2018

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.
Qui passus es pro nobis,
Domine, miserere nobis.
Il Santo Padre
Nel nome del Padre e del Figlio
e dello Spirito Santo.
Amen.

PremiÚre station : Jésus est condamné à mort
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 22-25)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Pour la troisiĂšme fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvĂ© en lui aucun motif de condamnation Ă  mort. Je vais donc le relĂącher aprĂšs lui avoir fait donner une correction. » Mais ils insistaient Ă  grands cris, rĂ©clamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient. Alors Pilate dĂ©cida de satisfaire leur requĂȘte. Il relĂącha celui qu’ils rĂ©clamaient, le prisonnier condamnĂ© pour Ă©meute et pour meurtre, et il livra JĂ©sus Ă  leur bon plaisir.

Je te vois, JĂ©sus, devant le Gouverneur, qui par trois fois tente de s’opposer Ă  la volontĂ© du peuple et Ă  la fin, choisit de ne pas choisir, devant la foule qui, interrogĂ©e par trois fois, dĂ©cide toujours contre toi. La foule, c’est-Ă -dire tout le monde, c’est-Ă -dire personne. CachĂ© dans la masse, l’homme perd sa personnalitĂ©, il est la voix de milliers d’autres voix. Avant de te renier, il se renie lui-mĂȘme, Ă©parpillant sa propre responsabilitĂ© dans celle, fluctuante, de la multitude sans visage. Pourtant il est responsable. EgarĂ© par des meneurs, par le Mal qui se propage avec une voix sournoise et assourdissante, c’est l’homme qui te condamne.

Aujourd’hui, nous sommes horrifiĂ©s devant une telle injustice, et nous voudrions nous en dĂ©marquer. Mais, en faisant ainsi nous oublions toutes les fois oĂč nous, les premiers, avons choisi de sauver Barabbas au lieu de toi. Quand notre oreille a Ă©tĂ© sourde Ă  l’appel du Bien, quand nous avons prĂ©fĂ©rĂ© ne pas voir l’injustice devant nous.

Sur cette place bondĂ©e, il aurait Ă©tĂ© suffisant qu’un seul cƓur doute, qu’une seule voix s’élĂšve contre les mille voix du mal. Chaque fois que la vie nous placera devant un choix, rappelons-nous cette place et cette erreur. Permettons Ă  nos cƓurs de douter et imposons Ă  notre voix de s’élever.

Je te prie, Seigneur, veille sur nos choix,
Ă©claire-les de ta lumiĂšre,
cultive en nous la capacité à nous interroger :
seul le Mal ne doute jamais.
Les arbres qui enfoncent leurs racines dans la terre,
s’ils sont arrosĂ©s par le Mal,
se dessĂšchent,
mais tu as placé nos racines dans le Ciel
et les feuillages sur la terre
pour te reconnaĂźtre et te suivre.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenStabat Mater dolorosa
iuxta crucem lacrimosa,
dum pendebat Filius.

DeuxiÚme station : Jésus est chargé de la croix
De l’Evangile selon Marc (Mc 8, 34-35) 

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Appelant la foule avec ses disciples, [JĂ©sus] leur dit : « Si quelqu’un veut marcher Ă  ma suite, qu’il renonce Ă  lui-mĂȘme, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie Ă  cause de moi et de l’Evangile la sauvera ».

Je te vois, JĂ©sus, couronnĂ© d’épines, tandis que tu accueilles ta croix. Tu l’accueilles, comme tu as toujours accueilli tout et tous. Ils te chargent du bois, pesant, rugueux, mais tu ne te rebelles pas, tu ne rejettes pas cet instrument de torture injuste et ignoble. Tu le prends sur toi et tu commences Ă  marcher en le portant sur tes Ă©paules. Combien de fois ne me suis-je pas rebellĂ© et mis en colĂšre contre les tĂąches que j’ai reçues, que j’ai perçues comme pesantes ou injustes. Tu ne fais pas ainsi. Tu as seulement quelques annĂ©es de plus que moi, aujourd’hui on dirait que tu es encore jeune, mais tu es docile, et tu prends au sĂ©rieux ce que la vie t’offre, chaque occasion qui se prĂ©sente Ă  toi, comme si tu voulais aller au fond des choses et dĂ©couvrir qu’il y a toujours quelque chose de plus que ce qui apparaĂźt, un sens cachĂ© et surprenant. GrĂące Ă  toi, je comprends que c’est une croix de salut et de libĂ©ration, croix de soutien face Ă  l’obstacle, joug lĂ©ger, fardeau qui ne surcharge pas.

Du scandale de la mort du Fils de Dieu, mort de pĂ©cheur, mort de malfaiteur, naĂźt la grĂące de redĂ©couvrir dans la douleur la rĂ©surrection, dans la souffrance ta gloire, dans l’angoisse ton salut. La croix elle-mĂȘme, symbole pour l’homme d’humiliation et de douleur, se rĂ©vĂšle maintenant, par la grĂące de ton sacrifice, comme une promesse : de chaque mort resurgira la vie et dans toute obscuritĂ© resplendira la lumiĂšre. Et nous pouvons nous exclamer : “ Salut ĂŽ croix, unique espĂ©rance !”.

Je te prie, Seigneur, fais qu’à la lumiùre de la Croix, symbole de notre foi,
nous puissions accepter nos souffrances et, illuminés par ton amour,
embrasser nos croix rendues glorieuses par ta mort et ta résurrection.
Donne-nous la grĂące de regarder nos histoires
et de redécouvrir en elles
ton amour pour nous.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenCuius animam genetum,
contristatam et dolentem,
pertransivit gladius.

TroisiĂšme station : JĂ©sus tombe pour la premiĂšre fois
Du livre du prophÚte Isaïe (Is 53, 4)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il Ă©tait chargĂ©. Et nous, nous pensions qu’il Ă©tait frappĂ©, meurtri par Dieu, humiliĂ©.

Je te vois, JĂ©sus, souffrant tandis que tu parcours le chemin vers le Calvaire, chargĂ© de notre pĂ©chĂ©. Et je te vois tomber, les mains et les genoux Ă  terre, douloureux. Avec quelle humilitĂ© es-tu tombé ! Quelle humiliation subis-tu en ce moment ! Ta nature de vrai homme se voit clairement en ce fragment de ta vie. La croix que tu portes est lourde ; tu aurais besoin d’aide, mais quand tu tombes Ă  terre, personne ne te secourt, bien plus, les hommes se moquent de toi, ils rient devant l’image d’un Dieu qui tombe. Peut-ĂȘtre sont-ils déçus, peut-ĂȘtre se sont-ils fait une fausse idĂ©e de toi. Parfois nous pensons qu’avoir foi en toi signifie ne jamais tomber dans la vie. Avec toi, je tombe, moi aussi, et avec moi, mes idĂ©es, celles que j’avais sur toi : comme elles Ă©taient fragiles !

Je te vois, JĂ©sus, qui serre les dents et, complĂštement abandonnĂ© Ă  l’amour du PĂšre, tu te relĂšves et tu reprends ton chemin. Avec ces premiers pas vers la croix, si titubant, JĂ©sus, tu me rappelles un enfant qui fait ses premiers pas vers la vie et perd l’équilibre et tombe et pleure, mais continue ensuite. Il se confie aux mains de ses parents et ne s’arrĂȘte pas ; il a peur mais il avance, parce qu’à la peur s’ajoute la confiance.

Avec ton courage, tu nous enseignes que les Ă©checs et les chutes ne doivent jamais arrĂȘter notre chemin et que nous avons toujours un choix : nous rendre ou nous relever avec toi.

Je te prie, Seigneur, réveille en nous, les jeunes,
le courage de nous relever aprĂšs chaque chute
comme tu l’as fait sur le chemin du Calvaire.
Je te prie, fais que nous sachions toujours apprécier
le don trÚs grand et précieux de la vie
et que les Ă©checs et les chutes
ne soient jamais un motif pour la rejeter,
conscients que si nous nous confions Ă  toi
nous pouvons nous relever
et trouver la force d’avancer,
toujours.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenO quam tristis et afflicta,
fuit illa benedicta,
mater Unigeniti.

QuatriÚme station : Jésus rencontre sa mÚre
De l’Evangile selon Luc (Lc 2, 34-35).

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

SymĂ©on les bĂ©nit, puis il dit Ă  Marie sa mĂšre : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relĂšvement de beaucoup en IsraĂ«l. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton Ăąme sera traversĂ©e d’un glaive – : ainsi seront dĂ©voilĂ©es les pensĂ©es qui viennent du cƓur d’un grand nombre ».

Je te vois, JĂ©sus, quand tu rencontres ta mĂšre. Marie est lĂ , elle marche dans la rue pleine de monde, il y a beaucoup de personnes Ă  cĂŽtĂ© d’elle. L’unique chose qui la distingue des autres est le fait qu’elle est lĂ  pour accompagner son fils. Une situation qui se vĂ©rifie quotidiennement : les mamans accompagnent leurs enfants Ă  l’école, ou chez le mĂ©decin, ou les amĂšnent avec elles au travail. Mais Marie se distingue des autres mamans : elle accompagne son fils qui va mourir. Voir son propre fils mourir est le pire destin que l’on puisse souhaiter Ă  une personne, le plus contre nature ; encore plus atroce si le fils, innocent, va mourir par les mains de la justice. Quelle scĂšne contre nature et injuste devant mes yeux ! Ma mĂšre m’a Ă©duquĂ© au sens de la justice et Ă  avoir confiance en la vie, mais ce que mes yeux voient aujourd’hui n’a rien de cela, est privĂ© de sens et plein de douleur.

Je te vois, Marie, tandis que tu regardes ton pauvre enfant : il a les marques de la flagellation sur le dos et il est contraint de porter le poids de la croix, probablement il tombera bientĂŽt sous elle en raison de la fatigue. Pourtant tu savais que, tĂŽt ou tard, cela arriverait, cela t’avait Ă©tĂ© prophĂ©tisĂ©, mais Ă  prĂ©sent ce qui est arrivĂ© est tout diffĂ©rent ; et c’est toujours ainsi, nous sommes toujours dĂ©munis devant la vie, devant sa cruautĂ©. Marie, Ă  prĂ©sent tu es triste, comme le serait n’importe quelle femme Ă  ta place, mais tu n’es pas dĂ©sespĂ©rĂ©e. Tes yeux ne sont pas Ă©teints, ils ne regardent pas dans le vide, tu ne marches pas la tĂȘte basse. Tu es resplendissante, mĂȘme dans ta tristesse, parce que tu as l’espĂ©rance, tu sais que le voyage de ton fils ne sera pas un aller simple et tu sais, tu le sens comme seules les mamans le sentent, que tu le reverras bientĂŽt.

Je te prie, Seigneur : aide-nous
Ă  tenir toujours prĂ©sent l’exemple de Marie,
qui a accepté la mort de son fils
comme un grand mystĂšre de salut.
Aide-nous à agir avec le regard tourné vers le bien des autres
et Ă  mourir dans l’espĂ©rance de la rĂ©surrection
et avec la conscience de n’ĂȘtre jamais seuls,
ni abandonnés de Dieu, ni de Marie,
mùre bonne qui a toujours à cƓur ses enfants.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenQuoe moerebat et dolebat
pia Mater, dum videbat
Nati poenas incliti.

CinquiÚme station : Simon de CyrÚne aide Jésus à porter la croix
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 26)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de CyrĂšne, qui revenait des champs, et ils le chargĂšrent de la croix pour qu’il la porte derriĂšre JĂ©sus.

Je te vois, JĂ©sus, Ă©crasĂ© sous le poids de la croix. Je vois que tu n’y arrives pas tout seul; en ce moment-mĂȘme de l’effort le plus grand, tu es restĂ© seul, ceux qui se disaient tes amis ne sont pas là : Judas t’a trahi, Pierre t’a reniĂ©, les autres t’ont abandonnĂ©. Mais voici une rencontre imprĂ©vue, quelqu’un, un homme quelconque, qui peut-ĂȘtre avait entendu parler de toi et pourtant ne t’avait pas suivi, et au contraire Ă  prĂ©sent est lĂ , Ă  tes cĂŽtĂ©s, Ă©paule contre Ă©paule, Ă  partager ton joug. Il s’appelle Simon et c’est un Ă©tranger qui vient de loin, de CyrĂšne. Pour lui aujourd’hui un imprĂ©vu, qui se rĂ©vĂšle une rencontre.

Elles sont infinies les rencontres et les heurts que nous vivons chaque jour, surtout nous les jeunes qui entrons continuellement en contact avec des rĂ©alitĂ©s nouvelles, des personnes nouvelles. Et c’est dans la rencontre inattendue, dans l’incident, dans la surprise qui dĂ©soriente qu’est cachĂ©e l’opportunitĂ© d’aimer, de dĂ©couvrir le meilleur dans le prochain, mĂȘme quand il nous semble diffĂ©rent.

Parfois, nous nous sentons comme toi, JĂ©sus, abandonnĂ©s de ceux que nous croyions ĂȘtre nos amis, sous un poids qui nous Ă©crase. Mais nous ne devons pas oublier qu’il y a un Simon de CyrĂšne prĂȘt Ă  prendre notre croix. Nous ne devons pas oublier que nous ne sommes pas seuls, et de cette conscience nous pouvons tirer la force de nous charger de la croix de celui qui est Ă  nos cĂŽtĂ©s.

Je te vois, JĂ©sus : maintenant il semble que tu Ă©prouves un peu de soulagement, tu rĂ©ussis un instant Ă  respirer Ă  prĂ©sent que tu n’es plus seul. Et je vois Simon : qui sait s’il a fait l’exĂ©prience que ton joug est lĂ©ger, qui sait s’il se rend compte de ce que signifie cet imprĂ©vu dans sa vie.

Seigneur, je te prie afin que chacun de nous
puisse trouver le courage d’ĂȘtre comme le CyrĂ©nĂ©en,
qui prend la croix et suit tes pas.
Que chacun de nous soit assez humble et fort
pour se charger de la croix de ceux que nous rencontrons.
Fais que, quand nous nous sentons seuls,
nous puissions reconnaĂźtre sur notre route un Simon de CyrĂšne
qui s’arrĂȘte et se charge de notre fardeau.
Donne-nous de savoir chercher le meilleur dans chaque personne,
d’ĂȘtre ouverts Ă  chaque rencontre mĂȘme dans la diffĂ©rence.
Je te prie afin que chacun de nous
puisse Ă  l’improviste se dĂ©couvrir Ă  tes cĂŽtĂ©s.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenQuis est homo qui non fleret
Matrem Christi si videret
in tanto supplicio.

SixiÚme station : Véronique essuie le visage de Jésus
Du livre du prophÚte Isaïe (Is 53, 2-3)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Il Ă©tait sans apparence ni beautĂ© qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. MĂ©prisĂ©, abandonnĂ© des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il Ă©tait pareil Ă  celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons mĂ©prisĂ©, comptĂ© pour rien.

Je te vois, JĂ©sus, misĂ©rable, presque mĂ©connaissable, traitĂ© comme le dernier des hommes. Tu marches pĂ©niblement vers ta mort le visage ensanglantĂ© et dĂ©figurĂ©, et cependant, comme toujours, doux et humble, tournĂ© vers le ciel. Une femme se fraye un chemin Ă  travers la foule pour voir de prĂšs ton visage qui, peut-ĂȘtre, avait tant de fois parlĂ© Ă  son Ăąme, et qu’elle avait aimĂ©. Elle le voit souffrant et elle veut le soulager. Ils ne la laissent pas passer, ils sont trop nombreux, et armĂ©s. Mais tout cela n’a pas d’importance pour elle ; elle est dĂ©terminĂ©e Ă  te rejoindre et elle parvient, un moment, Ă  te toucher, Ă  te caresser avec son voile. Sa force est la force de la tendresse. Vos regards se croisent un instant, le visage dans le visage de l’autre.

Cette femme, VĂ©ronique, dont nous ne savons rien, dont nous ne connaissons pas l’histoire, gagne le Paradis par un simple geste de charitĂ©. Elle s’approche de toi, elle observe ton visage torturĂ© et elle l’aime plus encore qu’avant. VĂ©ronique ne s’arrĂȘte pas aux apparences qui sont si importantes aujourd’hui dans notre sociĂ©tĂ© d’images. Mais elle aime inconditionnellement un visage laid, pas soignĂ©, pas maquillĂ© et imparfait. Ce visage, ton visage, JĂ©sus, montre dans son imperfection mĂȘme la perfection de ton amour pour nous.

Je te prie, JĂ©sus, donne-moi la force
de m’approcher des autres personnes, de toute personne,
jeune ou ĂągĂ©e, pauvre ou riche, qui m’est chĂšre ou qui m’est inconnue,
et de voir en ces visages ton visage.
Aide-moi Ă  ne pas tarder
Ă  secourir le prochain chez qui tu demeures,
comme VĂ©ronique a accouru vers toi sur le chemin du Calvaire.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenQuis non posset contristari,
Christi Matrem contemplari
dolentem cum Filio.

SeptiÚme station : Jésus tombe pour la deuxiÚme fois
Du livre du prophĂšte IsaĂŻe (Is 53, 8.10)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

ArrĂȘtĂ© puis jugĂ©, il a Ă©tĂ© supprimĂ©. Qui donc s’est inquiĂ©tĂ© de son sort ? Il a Ă©tĂ© retranchĂ© de la terre des vivants, frappĂ© Ă  mort pour les rĂ©voltes de son peuple. [
] BroyĂ© par la souffrance, il a plu au Seigneur.

Je te vois, JĂ©sus, tomber de nouveau devant mes yeux. En tombant encore tu me montres que tu es un homme, un homme vĂ©ritable. Et je vois que tu te relĂšves de nouveau, plus dĂ©cidĂ© qu’avant. Tu ne te relĂšves pas avec orgueil ; il n’y a pas d’orgueil dans ton regard, il y a de l’amour. Et en poursuivant ta marche, en te relevant aprĂšs chaque chute, tu annonces ta rĂ©surrection, tu montres que tu es prĂȘt Ă  charger une fois encore et pour toujours, sur tes Ă©paules sanglantes le poids du pĂ©chĂ© de l’homme.

En tombant encore tu nous as donnĂ© un message clair d’humilité ; tu es tombĂ© Ă  terre, sur cet humus dont nous, les humains, sommes nĂ©s. Nous sommes terre, nous sommes boue, nous ne sommes rien comparĂ©s Ă  toi. Mais tu as voulu devenir comme nous, et maintenant tu te montres proche de nous, avec nos propres peines, nos propres faiblesses, la mĂȘme sueur Ă  notre front. Maintenant toi aussi, en ce vendredi, comme il nous arrive Ă  nous aussi, tu es prostrĂ© de douleur. Mais tu as la force de continuer, tu n’as pas peur des difficultĂ©s que tu peux rencontrer, et tu sais qu’à la fin des peines il y a le Paradis ; tu te relĂšves, justement, pour t’y rendre, pour nous ouvrir les portes de ton Royaume. Tu es un Roi Ă©trange, un roi dans la poussiĂšre.

Je suis pris de vertige : nous ne sommes pas dignes de comparer nos peines et nos chutes aux tiennes. Les tiennes sont un sacrifice, le sacrifice le plus grand que mes yeux et que toute l’histoire ne pourront jamais voir.

Je te prie, Seigneur, fais que nous soyons prĂȘts Ă  nous relever aprĂšs ĂȘtre tombĂ©s,
que nous puissions apprendre quelque chose de nos Ă©checs.
Rappelle-nous que, lorsqu’il nous arrive de nous tromper et de tomber,
si nous sommes avec toi et que nous serrons ta main,
nous pouvons apprendre et nous relever.
Fais que nous, les jeunes, puissions porter Ă  tous ton message d’humilitĂ©
et que les générations à venir ouvrent les yeux sur toi
et sachent comprendre ton amour.
Enseigne-nous à aider celui qui souffre et tombe à cÎté de nous,
Ă  essuyer sa sueur et Ă  tendre la main pour le remettre debout.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenPro peccatis suoe gentis
vidit Iesum in tormentis,
et flagellis subditum.

HuitiÚme station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 27-31).

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur JĂ©sus. Il se tourna et leur dit : « Filles de JĂ©rusalem, ne pleurez pas sur moi. Pleurez plutĂŽt sur vous-mĂȘmes et sur vos enfants ! Voici venir des jours oĂč l’on dira : “Heureuses les femmes stĂ©riles, celles qui n’ont pas enfantĂ©, celles qui n’ont pas allaité !” Alors on dira aux montagnes : “Tombez sur nous”, et aux collines : “Cachez nous”. Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? »

Je te vois et je t’écoute, JĂ©sus, alors que tu parles aux femmes que tu rencontres sur ta route vers la mort. Durant toutes tes journĂ©es tu es passĂ© en rencontrant beaucoup de personnes, tu es allĂ© Ă  la rencontre et tu as parlĂ© avec tous. Maintenant tu parles avec les femmes de JĂ©rusalem qui te voient et qui pleurent. Je suis moi aussi l’une de ces femmes. Mais toi, JĂ©sus, dans ton avertissement, tu utilises des mots qui me touchent, ce sont des paroles concrĂštes et directes. A premiĂšre vue elles peuvent sembler dures et sĂ©vĂšres, parce qu’elles sont franches. Aujourd’hui nous sommes en effet habituĂ©s Ă  un monde de paroles tortueuses. Une froide hypocrisie voile et filtre ce que nous voulons rĂ©ellement dire ; on Ă©vite de plus en plus les mises en garde, on prĂ©fĂšre laisser l’autre Ă  son destin, ne prenant pas la peine de le solliciter pour son bien.

Alors que toi, JĂ©sus, tu parles aux femmes comme un pĂšre, mĂȘme en les rĂ©primandant ; tes paroles sont des paroles de vĂ©ritĂ©, elles sont immĂ©diates avec pour seul but la correction, non pas le jugement. C’est un langage diffĂ©rent du nĂŽtre, tu parles toujours avec humilitĂ© et tu parviens droit au cƓur.

Dans cette rencontre, la derniĂšre avant la croix, une fois encore ton amour apparaĂźt sans mesure envers les derniers et les exclus. En effet, les femmes Ă  cette Ă©poque n’étaient pas considĂ©rĂ©es comme dignes d’ĂȘtre sollicitĂ©es, alors que toi, dans ta gentillesse, tu es vraiment rĂ©volutionnaire.

Je te prie, Seigneur, fais que moi,
avec les femmes et les hommes de ce monde,
nous puissions devenir toujours plus charitables
vis-Ă -vis de ceux qui sont dans le besoin, comme toi tu as fait.
Donne-nous la force d’aller à contre-courant
et d’entrer en contact authentique avec les autres,
en jetant des ponts et en Ă©vitant de nous enfermer dans l’égoĂŻsme
qui nous conduit à la solitude du péché.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenEia, Mater, fons amoris,
me sentire vim doloris
fac, ut tecum lugeam.

NeuviÚme station : Jésus tombe pour la troisiÚme fois
Du livre du prophÚte Isaïe (Is 53, 5-6)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

C’est Ă  cause de nos rĂ©voltes qu’il a Ă©tĂ© transpercĂ©, Ă  cause de nos fautes qu’il a Ă©tĂ© broyĂ©. Le chĂątiment qui nous donne la paix a pesĂ© sur lui : par ses blessures nous sommes guĂ©ris. Nous Ă©tions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes Ă  nous tous.

Je te vois, JĂ©sus, alors que tu tombes pour la troisiĂšme fois. Deux fois dĂ©jĂ  tu es tombĂ© et deux fois tu t’es relevĂ©. Il n’y a plus de limites Ă  ta fatigue et Ă  ta douleur, tu sembles dĂ©sormais dĂ©finitivement vaincu dans cette troisiĂšme et derniĂšre chute. Combien de fois, dans la vie de tous les jours, il nous arrive de tomber ! Nous tombons si souvent que nous ne savons plus combien de fois, mais nous espĂ©rons toujours que chaque chute sera la derniĂšre, car il faut le courage de l’espĂ©rance pour faire face Ă  la souffrance. Quand quelqu’un tombe si souvent, Ă  la fin les forces disparaissent et l’espĂ©rance s’évanouit dĂ©finitivement.

Je m’imagine prĂšs de toi, JĂ©sus, sur le parcours qui te conduit Ă  la mort. Il est difficile de penser que tu es le Fils de Dieu en personne. Quelqu’un a dĂ©jĂ  essayĂ© de t’aider mais tu es maintenant Ă©puisĂ©, tu es arrĂȘtĂ©, paralysĂ© et il semble que tu ne parviendras plus Ă  continuer. Mais voilĂ  que, soudain, je vois que tu te relĂšves, tu redresses les jambes et le dos, autant qu’il est possible avec une croix sur les Ă©paules, et tu recommences Ă  marcher. Oui, tu marches vers la mort, mais tu veux le faire jusqu’au bout. C’est peut-ĂȘtre ça l’amour. Ce que je comprends c’est que le nombre de nos chutes n’a pas d’importance. Il y aura toujours la derniĂšre, peut-ĂȘtre la pire, l’épreuve la plus terrible dans laquelle nous sommes appelĂ©s Ă  trouver la force pour arriver au bout du chemin. Pour JĂ©sus, la fin est la crucifixion, l’absurditĂ© de la mort, mais qui rĂ©vĂšle un sens plus profond, un but plus haut, celui de nous sauver tous.

Je te prie, Seigneur, donne-nous chaque jour
le courage pour continuer sur notre chemin.
Fais que nous accueillions jusqu’au bout
l’espĂ©rance et l’amour que tu nous a donnĂ©s.
Que tous puissent faire face aux défis de la vie
avec la force et la foi avec lesquelles tu as vécu
les derniers moments de ton chemin
vers la mort sur la croix.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenFac ut ardeat cor meum
in amando Christum Deum
ut sibi complaceam.

DixiĂšme station : JĂ©sus est dĂ©pouillĂ© de ses vĂȘtements
De l’Evangile selon Jean (Jn 19, 23)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Quand les soldats eurent crucifiĂ© JĂ©sus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissĂ©e tout d’une seule piĂšce de haut en bas.

Je te vois, JĂ©sus, nu, comme je ne t’ai jamais vu. Ils t’ont privĂ© de tes vĂȘtements, JĂ©sus, et ils se les sont tirĂ©s au sort. Aux yeux de ces hommes, tu as perdu le seul lambeau de dignitĂ© qui t’était restĂ©, le seul objet que tu avais en ta possession sur ton chemin de souffrance. A l’aube des temps, ton PĂšre avait cousu des vĂȘtements pour les hommes, pour les revĂȘtir de dignité ; maintenant ce sont des hommes qui te les arrachent. Je te vois, JĂ©sus, et je vois un jeune migrant, le corps dĂ©truit qui arrive sur une terre trop souvent cruelle, prĂȘte Ă  lui prendre son vĂȘtement, son seul bien, et Ă  le vendre ; prĂȘte Ă  le laisser comme ça avec sa seule croix, comme la tienne, avec seulement sa peau martyrisĂ©e, comme la tienne, avec seulement ses yeux remplis de souffrance, comme les tiens.

Mais il y une chose que les hommes oublient souvent à propos de la dignité : elle se trouve sous ta peau, elle fait partie de toi et sera toujours avec toi, et encore plus en cet instant, dans cette nudité.

La nuditĂ© avec laquelle nous naissons est la mĂȘme avec laquelle la terre nous accueille au soir de la vie. D’une mĂšre Ă  l’autre. Et lĂ , maintenant, sur cette colline, se trouve aussi ta mĂšre qui te voit nu de nouveau.

Je te vois et je comprends la grandeur et la splendeur de ta dignité, de la dignité de tout homme que personne ne pourra jamais supprimer.

Je te prie, Seigneur, fais que tous, nous puissions reconnaĂźtre
la dignité propre de notre nature,
mĂȘme quand nous nous retrouvons nus et seuls devant les autres.
Fais que nous puissions toujours voir la dignité des autres,
l’estimer, et veiller sur elle.
Nous te prions de nous accorder le courage nécessaire
pour nous comprendre nous-mĂȘmes au-delĂ  de notre apparence ;
et d’accepter la nuditĂ© qui nous appartient,
et qui nous rappelle notre pauvreté,
que tu as aimĂ©e jusqu’à donner ta vie pour nous.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenSancta Mater, istud agas,
Crucifixi fige plagas
cordi meo valide.

OnziÚme station : Jésus est cloué sur la croix
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 33-34)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Lorsqu’ils furent arrivĂ©s au lieu-dit : Le CrĂąne (ou Calvaire), lĂ  ils crucifiĂšrent JĂ©sus, avec les deux malfaiteurs, l’un Ă  droite et l’autre Ă  gauche. JĂ©sus disait : « PĂšre, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Je te vois, JĂ©sus, dĂ©pouillĂ© de tout. Ils ont voulu te punir, toi innocent, en te clouant sur le bois de la croix. Qu’est-ce que j’aurais fait Ă  leur place, aurais-je eu le courage de reconnaĂźtre ta vĂ©ritĂ©, et la mienne ? Tu as eu la force de supporter le poids d’une croix, de ne pas ĂȘtre cru, d’ĂȘtre condamnĂ© pour tes paroles dĂ©rangeantes. Aujourd’hui, nous ne parvenons pas Ă  digĂ©rer une critique, comme si chaque parole Ă©tait prononcĂ©e pour nous blesser.

Tu ne t’es pas non plus arrĂȘtĂ© devant la mort, tu as profondĂ©ment cru en ta mission et tu as fait confiance Ă  ton PĂšre. Aujourd’hui, dans le monde d’Internet, nous sommes tellement conditionnĂ©s par tout ce qui circule sur les rĂ©seaux que, parfois, je doute mĂȘme de mes paroles. Mais, tes paroles sont diffĂ©rentes, elles sont fortes dans ta faiblesse. Tu nous as pardonnĂ©s, tu n’as pas gardĂ© de rancune, tu as enseignĂ© Ă  tendre l’autre joue et tu es allĂ© jusqu’au sacrifice total de ta personne.

Je regarde autour de moi et je vois des yeux fixĂ©s sur l’écran du tĂ©lĂ©phone, occupĂ©s sur les rĂ©seaux sociaux Ă  Ă©pingler toutes les erreurs des autres sans possibilitĂ© de pardon. Des hommes qui, sous le coup de la colĂšre, crient se dĂ©tester pour les motifs les plus futiles.

Je regarde tes blessures et je suis conscient, maintenant, que je n’aurais pas eu ta force. Mais je suis assise ici Ă  tes pieds, et je me dĂ©pouille moi aussi de toute hĂ©sitation, je me lĂšve de terre pour pouvoir ĂȘtre plus proche de toi, ne serait-ce que de quelques centimĂštres.

Je te prie, Seigneur, fais que devant le bien,
je puisse avoir la promptitude pour le reconnaßtre ;
Fais que devant une injustice, je puisse avoir
le courage de prendre en main ma vie et d’agir diffĂ©remment ;
fais que je puisse me libérer de toutes les peurs
qui, comme des clous, me paralysent et me tiennent éloignée
de la vie que tu as espérée et préparée pour nous.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenTui Navi vulnerati
tam dignati pro me pati,
poenas mecum divide.

DouziÚme station : Jésus meurt sur la croix.
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 44-47)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

C’était dĂ©jĂ  environ la sixiĂšme heure (c’est-Ă -dire : midi) ; l’obscuritĂ© se fit sur toute la terre jusqu’à la neuviĂšme heure, car le soleil s’était cachĂ©. Le rideau du Sanctuaire se dĂ©chira par le milieu. Alors JĂ©sus poussa un grand cri : « PĂšre, entre tes mains je remets mon esprit ». Et aprĂšs avoir dit cela, il expira. A la vue de ce qui s’était passĂ©, le centurion rendit gloire Ă  Dieu : “Celui-ci Ă©tait rĂ©ellement un homme juste ».

Je te vois, JĂ©sus, et cette fois je ne voudrais pas te voir. Tu vas mourir. Tu Ă©tais beau Ă  regarder quand tu parlais aux foules, mais maintenant tout est fini. Et, je ne veux pas voir la fin ; tant de fois j’ai tournĂ© le regard de l’autre cĂŽtĂ©, je me suis presqu’habituĂ© Ă  fuir la souffrance et la mort, je me suis anesthĂ©siĂ©.

Ton cri sur la croix est fort, dĂ©chirant : nous n’étions pas prĂ©parĂ©s Ă  tant de souffrance, nous ne le sommes pas, nous ne le serons jamais. Nous fuyons d’instinct, en proie Ă  la panique, face Ă  la mort et Ă  la souffrance, nous les refusons, nous prĂ©fĂ©rons regarder ailleurs ou fermer les yeux. Au contraire, toi, tu restes lĂ  sur la croix, tu nous attends les bras ouverts, en nous ouvrant les yeux.

C’est un grand mystĂšre, JĂ©sus : tu nous aimes en mourant, en Ă©tant abandonnĂ©, en donnant ton esprit, en accomplissant la volontĂ© du PĂšre, en te retirant. Tu restes sur la croix tout simplement. Tu n’essaies pas d’expliquer le mystĂšre de la mort ; dans l’accomplissement de toutes choses, tu fais davantage : tu l’as traversĂ© avec tout ton corps et tout ton esprit. Un grand mystĂšre, qui continue Ă  nous interroger et Ă  nous inquiĂ©ter ; il nous dĂ©fie, il nous invite Ă  ouvrir les yeux, Ă  savoir voir ton amour mĂȘme dans la mort, ou mieux Ă  partir vraiment de la mort. C’est lĂ  que tu nous as aimĂ©s : dans notre condition la plus vraie, incontournable et inĂ©vitable. C’est lĂ  que nous saisissons, bien que ce soit encore de maniĂšre imparfaite, ta prĂ©sence vivante et authentique. De cela, toujours, nous aurons soif : de ta proximitĂ©, que tu sois Dieu avec nous.

Je te prie, Seigneur, ouvre mes yeux,
que je te voie mĂȘme dans les souffrances,
dans la mort, dans la fin qui n’est pas la vraie fin.
Dérange mon indifférence avec ta croix, secoue ma torpeur.
Interroge-moi toujours avec ton mystĂšre bouleversant,
qui dépasse la mort et donne la vie.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenVidit suum dulcem Natum
moriendo desolatum
dum emisit spiritum.

TreiziÚme station : Jésus est descendu de la croix
De l’Evangile selon Jean (Jn 19, 38-40)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

AprĂšs cela, Joseph d’Arimathie, qui Ă©tait disciple de JĂ©sus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda Ă  Pilate de pouvoir enlever le corps de JĂ©sus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de JĂ©sus. NicodĂšme – celui qui, au dĂ©but, Ă©tait venu trouver JĂ©sus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mĂ©lange de myrrhe et d’aloĂšs pesant environ cent livres. Ils prirent donc le corps de JĂ©sus, qu’ils liĂšrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts.

Je te vois, JĂ©sus, encore, lĂ , sur la croix. Un homme en chair et en os, avec ses fragilitĂ©s, avec ses peurs. Comme tu as souffert ! C’est une scĂšne insoutenable, peut-ĂȘtre justement parce qu’elle est empreinte d’humanité : c’est cela le mot-clef, la marque de ton chemin, jalonnĂ© de souffrance et de fatigue. PrĂ©cisĂ©ment cette humanitĂ© que nous oublions souvent de reconnaĂźtre en toi et de chercher en nous-mĂȘmes et dans les autres, trop absorbĂ©s par une vie qui appuie sur l’accĂ©lĂ©rateur, aveugles et sourds face aux difficultĂ©s et aux souffrances des autres.

Je te vois, JĂ©sus : maintenant tu n’es plus lĂ , sur la croix ; tu es retournĂ© lĂ  d’oĂč tu es venu, Ă©tendu sur le sein de la terre, sur le sein de ta mĂšre. Maintenant, la souffrance est passĂ©e, elle a disparu. C’est l’heure de la compassion. Dans ton corps sans vie retentit la force avec laquelle tu as affrontĂ© la souffrance ; le sens que tu as rĂ©ussi Ă  lui donner se reflĂšte dans les yeux de celui qui est encore lĂ  et qui est restĂ© Ă  tes cĂŽtĂ©s et qui toujours le restera dans l’amour, donnĂ© et reçu. S’ouvre pour toi, pour nous, une nouvelle vie, celle-lĂ  cĂ©leste, sous le signe de ce qui rĂ©siste et n’est pas brisĂ© par la mort : l’amour. Tu es lĂ , avec nous, Ă  chaque instant, Ă  chaque pas, Ă  chaque hĂ©sitation, Ă  chaque obscuritĂ©. Alors que l’ombre du sĂ©pulcre s’étend sur ton corps gisant entre les bras de ta mĂšre, je te vois et j’ai peur mais je ne dĂ©sespĂšre pas, j’ai confiance que la lumiĂšre, ta lumiĂšre, resplendira de nouveau.

Je te prie, Seigneur,
fais que, en nous, soit toujours vive l’espĂ©rance,
la foi en ton amour inconditionnel.
Que nous puissions maintenir toujours vivant et ouvert
le regard vers le salut Ă©ternel,
et que nous réussissions à trouver repos et paix sur notre chemin.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenFac me tecum pie flere,
Crucifixo condolere,
donec ego vixero.

QuatorziÚme station : Jésus est déposé dans le sépulcre
De l’Evangile selon Jean (Jn 19, 41-42)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

A l’endroit oĂč JĂ©sus avait Ă©tĂ© crucifiĂ©, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore dĂ©posĂ© personne. A cause de la PrĂ©paration de la PĂąque juive, et comme ce tombeau Ă©tait proche, c’est lĂ  qu’ils dĂ©posĂšrent JĂ©sus.

Je ne te vois plus, JĂ©sus, maintenant il fait nuit. De longues ombres tombent des collines, et les lanternes du Sabbat foisonnent Ă  JĂ©rusalem, hors des maisons et dans les chambres. Elles frappent aux portes du ciel, fermĂ© et impĂ©nĂ©trable : pour qui est une telle solitude ? Qui peut dormir dans une telle nuit? La ville rĂ©sonne des pleurs des enfants, des chants de leurs mĂšres, des patrouilles des soldats : ce jour meurt, et seul tu t’es endormi. Tu dors ? Et sur quel lit ? Quelle couverture te cache au monde ?

De loin, Joseph d’Arimathie a suivi tes pas, et maintenant sur la pointe des pieds, il t’accompagne dans ton sommeil, il te soustrait aux regards des indignĂ©s et des mĂ©chants. Un linceul enveloppe ton corps froid, Ă©ponge le sang et la sueur et les larmes. De la croix tu tombes, mais avec lĂ©gĂšretĂ©, Joseph te hisse sur ses Ă©paules, mais tu es lĂ©ger : tu ne portes pas le poids de la mort, ni de la haine, ni de la rancƓur. Tu dors comme lorsque tu Ă©tais enveloppĂ© dans la paille tiĂšde et qu’un autre Joseph te tenait dans ses bras. Comme Ă  l’époque il n’y avait pas de place pour toi, maintenant tu n’as rien oĂč poser la tĂȘte : mais sur le Calvaire, sur la dure tĂȘte du monde, lĂ -bas s’élĂšve un jardin oĂč personne encore n’a Ă©tĂ© enterrĂ©.

OĂč es-tu allĂ© JĂ©sus ? OĂč es-tu descendu, si ce n’est dans les profondeurs ? OĂč, si ce n’est dans cet endroit encore vierge, dans la prison la plus Ă©troite ? Tu es pris dans nos propres piĂšges, tu es emprisonnĂ© dans notre propre tristesse : comme nous tu as cheminĂ© sur la terre, et maintenant sous la terre, comme nous, tu prends place.

Je voudrais courir loin, mais tu es au dedans de moi ; je n’ai pas à sortir à ta recherche, parce que tu frappes à ma porte.

Je te prie, Seigneur, toi qui ne t’es pas manifestĂ© dans la gloire
mais dans le silence d’une nuit obscure.
Toi qui ne regardes pas la surface, mais qui vois dans le secret
et qui entres dans les profondeurs,
des profondeurs écoute notre voix :
fais que, fatigués, nous puissions nous reposer en toi,
reconnaĂźtre en toi notre nature,
voir dans l’amour de ton visage endormi
notre beauté perdue.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenQuando corpus morietur,
fac ut animae donetur
Paradisi gloria.
Amen.

 

Il Santo Padre
Il Signore sia con voi
E con il tuo Spirito
Sia benedetto il nome del Signore
Ora e sempre
Il nostro aiuto Ăš nel nome del Signore.
Egli ha fatto cielo e terra.
Vi benedica Dio omnipotente
Padre – e Figlio – e Spirito – Sancto
Amen

Office des TĂ©nĂšbres

L’Office des TĂ©nĂšbres est le nom donnĂ© dans le rite romain, avant la rĂ©forme de Pie XII en 1955, aux matines et aux laudes des trois derniers jours de la Semaine sainte (jeudi, vendredi, samedi), qui selon la coutume de cette pĂ©riode, Ă©taient anticipĂ©es le soir prĂ©cĂ©dent. L’office devait «commencer de maniĂšre Ă  finir aprĂšs le coucher du soleil», d’oĂč le nom de «TĂ©nĂšbres».

Ces offices revĂȘtent un caractĂšre de deuil, de tristesse et de douleur. Toutes les parties ordinaires des matines sont omises (invitatoire, Gloria Patri Ă  la fin des psaumes, hymne, capitule, bĂ©nĂ©diction, etc.).

Le choix des psaumes met sous les yeux les douleurs de la Passion de JĂ©sus-Christ :

  • le Jeudi saint, au Jardin des Oliviers
    • Les leçons du 1er nocturne sont tirĂ©es des Lamentations de JĂ©rĂ©mie oĂč le prophĂšte pleure la ruine et la destruction de JĂ©rusalem et de son temple.Pendant le chant du Benedictus, on Ă©teint progressivement 14 des 15 cierges placĂ©s dans un chandelier triangulaire et allumĂ©s avant l’office. AprĂšs on prend le quinziĂšme cierge, celui qui est placĂ© au sommet du chandelier, et on le cache derriĂšre l’autel jusqu’Ă  la conclusion de l’office, Ă  moins que l’autel ne soit pas dans l’abside mais versus populum, auquel cas on le cache dans une lanterne de boisCet office dure entre une heure trente et deux heures quarante-cinq. Certaines paroisses choisissent alors de ne chanter que le premier nocturne.
      (numĂ©rotation des psaumes selon la Vulgate sixto-clĂ©mentine)Cet office continue d’ĂȘtre chantĂ© par certaines abbayes bĂ©nĂ©dictines (Ă  l’instar de Solesmes), la CommunautĂ© Saint-Martin, les FraternitĂ©s monastiques de JĂ©rusalem, la CommunautĂ© AĂŻn Karem et dans certains couvents dominicains, en latin ou en langue vernaculaire.
  • le Vendredi saint, devant les tribunaux au Calvaire
  • le Samedi saint, au SĂ©pulcre.

Le Jeudi saint
1er nocturne
Psaume 68 (Salvum me fac, Deus)
avec son antienne Zelus domus tuae ;
Ă  la fin du psaume, on Ă©teint un des cierges du chandelier triangulaire ;
Psaume 69 (Deus, in adjutorium meum intende) avec son antienne Avertantur retrorsum ;
Ă  la fin du psaume, on Ă©teint un deuxiĂšme cierge du chandelier triangulaire ;
Psaume 70 (In te, Domine, speravi) avec son antienne Deus meus, eripe me ;
on Ă©teint un troisiĂšme cierge ;
Versicule Avertantur retrorsum ;
Pater noster en silence ;
1re leçon : Commencement des Lamentations du prophÚte Jérémie (Lm 1, 1-5) (Livre des lamentations) ;
1er répons : In monte Oliveti ;
2e leçon : suite des Lamentations (Lm 1, 6-9) ;
2e répons : Tristis est anima mea ;
3e leçon : suite des Lamentations (Lm 1, 10-14) ;
3e répons : Ecce vidimus eum.

2e nocturne
Psaume 71 (Deus, judicium tuum regi da) avec son antienne Liberavit Dominus pauperem ; on Ă©teint un quatriĂšme cierge ;
Psaume 72 (Quam bonus Israël Deus) avec son antienne Cogitaverunt impii ; on éteint un cinquiÚme cierge ;
Psaume 73 (Ut quid, Deus, repulisti in finem) avec son antienne Exsurge, Domine ; on Ă©teint un sixiĂšme cierge ;
Versicule Deus meus, eripe me ;
Pater noster en silence ;
4e leçon : Tirée des Commentaires de saint Augustin sur le psaume 54 (Ps 54, 1-10 réparti sur les leçons 4 à 6)6 ;
4e répons : Amicus meus ;
5e leçon : suite des Commentaires (Ps 54) ;
5e répons : Judas mercator ;
6e leçon : suite des Commentaires (Ps 54) ;
6e répons : Unus ex discipulis meis.

3e nocturne
Psaume 74 (Confitebimur tibi, Deus) avec son antienne Dixi iniquis ; on Ă©teint un septiĂšme cierge ;
Psaume 75 (Notus in Judea Deus) avec son antienne Terra tremuit ; on Ă©teint un huitiĂšme cierge ;
Psaume 76 (Voce mea ad Dominum clamavi) avec son antienne In die tribulationis meae ; on Ă©teint un neuviĂšme cierge ;
Versicule Exsurge, Domine ;
Pater noster en silence ;
7e leçon : tirĂ©e de la premiĂšre ÉpĂźtre aux Corinthiens (1 Co 11, 17-22) ;
7e répons : Eram quasi Agnus ;
8e leçon : suite de l’ÉpĂźtre aux Corinthiens (1 Co 11, 23-26) ;
8e répons : Una hora ;
9e leçon : suite de l’Épütre aux Corinthiens (1 Co 11, 27-34) ;
9e répons : Seniores populi.

Laudes
Psaume 50 (Miserere) avec son antienne Justificeris, Domine ; on Ă©teint un dixiĂšme cierge ;
Psaume 89 (Domine, refugium factus es nobis) avec son antienne Dominus tamquam ovis ; on Ă©teint un onziĂšme cierge ;
Psaume 35 (Dixit injustus) avec son antienne Contritum est cor meum ; on Ă©teint un douziĂšme cierge ;
Cantique de MoĂŻse (Exode 15, 1-19) avec son antienne Exhortatus es ; on Ă©teint un treiziĂšme cierge ;
Psaume 146 (Laudate Dominum quoniam bonus est psalmus) avec son antienne Oblatus est ; on éteint un quatorziÚme cierge ; seul le cierge central du chandelier triangulaire est encore allumé ;
Cantique de Zacharie (Benedictus) avec son antienne Traditor autem ; aprĂšs chaque paire de versets, on Ă©teint l’un des six cierges de l’autel. AprĂšs la rĂ©pĂ©tition de l’antienne, on enlĂšve le cierge supĂ©rieur du chandelier triangulaire et on le cache derriĂšre l’autel ;
PremiÚre partie du graduel Christus factus est, en terminant à «usque ad mortem» ;
Pater noster en silence ;
Oraison Respice, quaesumus, Domine, super hanc familiam tuam.

Le Vendredi saint
1er nocturne
Psaume 2 (Quare fremuerunt gentes) avec son antienne Astiterunt reges terrae ;
on Ă©teint le premier cierge du chandelier triangulaire, et ainsi de suite, comme au Jeudi saint ;
Psaume 21 (Deus, Deus meus, respice in me) avec son antienne Diviserunt sibi ;
Psaume 26 (Dominus illuminatio mea) avec son antienne Insurrexerunt in me ;
Versicule Diviserunt sibi ;
Pater noster en silence ;
1re leçon : tirée des Lamentations du prophÚte Jérémie (Lm 2, 8-11) ;
1er répons : Omnes amici mei ;
2e leçon : suite des Lamentations (Lm 2, 12-15) ;
2e répons : Velum templi ;
3e leçon : suite des Lamentations (Lm 3, 1-9) ;
3e répons : Vinea mea electa.

2e nocturne
Psaume 37 (Domine, ne in furore tuo) avec son antienne Vim faciebant ;
Psaume 39 (Expectans expectavi Dominum) avec son antienne Confundantur et revereantur ;
Psaume 53 (Deus, in nomine tuo salvum me fac) avec son antienne Alieni insurrexerunt in me ;
Versicule Insurrexerunt in me ;
Pater noster en silence ;
4e leçon : tirée des Commentaires de saint Augustin sur les psaumes (psaume 63, 2) ;
4e répons : Tamquam ad latronem ;
5e leçon : suite des Commentaires (Ps 63) ;
5e répons : Tenebrae factae sunt ;
6e leçon : suite des Commentaires (Ps 63) ;
6e répons : Animam meam dilectam.

3e nocturne
Psaume 58 (Eripe me de inimicis meis) avec son antienne Ab insurgentibus in me ;
Psaume 87 (Domine Deus, salutis meae) avec son antienne Longe fecisti ;
Psaume 93 (Deus ultionum Dominus) avec son antienne Captabunt in animam justi ;
Versicule Locuti sunt adversum me ;
Pater noster en silence ;
7e leçon : tirĂ©e de l’ÉpĂźtre aux HĂ©breux (He 4, 11-15) ;
7e répons : Tradiderunt me;
8e leçon : suite de l’ÉpĂźtre aux HĂ©breux (He 4, 16–5, 3) ;
8e répons : Jesum tradidit impius ;
9e leçon : suite de l’ÉpĂźtre aux HĂ©breux (He 5, 4-10) ;
9e répons : Caligaverunt oculi mei.

Laudes
Psaume 50 (Miserere) avec son antienne Proprio Filio suo ;
Psaume 142 (Domine, exaudi orationem meam) avec son antienne Anxiatus est in me ;
Psaume 84 (Benedixisti, Domine) avec son antienne Ait latro ad latronem ;
Cantique d’Habacuc (3, 2-19) avec son antienne Dum conturbata fuerit ;
Psaume 147 (Lauda, Jerusalem, Dominum) avec son antienne Memento mei, Domine Deus ;
Versicule Collocavit me ;
Cantique de Zacharie (Benedictus) avec son antienne Posuerunt super caput ejus ;
le graduel Christus factus est, en omettant son verset ;
Pater noster en silence ;
Oraison Respice, quaesumus, Domine, super hanc familiam tuam.

Le Samedi saint
1er nocturne
Psaume 4 (Cum invocarem) avec son antienne In pace in idipsum ; on Ă©teint le premier cierge du chandelier triangulaire, et ainsi de suite, comme au Jeudi saint ;
Psaume 14 (Domine, quis habitabit) avec son antienne Habitabit in tabernaculo tuo ;
Psaume 15 (Conserva me, Domine) avec son antienne Caro mea requiescet in spe ;
Versicule In pace in idipsum ;
Pater noster en silence ;
1re leçon : tirée des Lamentations du prophÚte Jérémie (Lm 3, 22-30) ;
1er répons : Sicut ovis ;
2e leçon : suite des Lamentations (Lm 4, 1-6) ;
2e répons : Jerusalem, surge ;
3e leçon : Commencement de la priÚre du prophÚte Jérémie (Lm 5, 1-11) ;
3e répons : Plange quasi virgo.

2e nocturne
Psaume 23 (Domini est terra et plenitudo ejus) avec son antienne Elevamini, portae eternales ;
Psaume 26 (Dominus illuminatio mea) avec son antienne Credo videre bona Domini ;
Psaume 29 (Exaltabo te, Domine) avec son antienne Domine, abstraxisti ab inferis animam meam ;
Versicule Tu autem, Domine ;
Pater noster en silence ;
4e leçon : tirée des Commentaires de saint Augustin sur les psaumes (Ps 63, 7) ;
4e répons : Recessit pastor noster ;
5e leçon : suite des Commentaires (Ps 63) ;
5e répons : O vos omnes ;
6e leçon : suite des Commentaires (Ps 63) ;
6e répons : Ecce quomodo moritur.

3e nocturne
Psaume 53 (Deus, in nomine tuo) avec son antienne Deus, adjuvat me ;
Psaume 75 (Notus in Judea, Deus) avec son antienne In pace, factus est ;
Psaume 87 (Domine, Deus salutis meae) avec son antienne Factus sum sicut homo sine adjutorio ;
Versicule In pace factus est ;
Pater noster en silence ;
7e leçon : tirĂ©e de l’ÉpĂźtre aux HĂ©breux (He 9, 11-14) ;
7e répons : Astiterunt reges terrae ;
8e leçon : suite de l’ÉpĂźtre aux HĂ©breux (He 9, 15-18) ;
8e répons : Aestimatus sum ;
9e leçon : suite de l’ÉpĂźtre aux HĂ©breux (He 9, 19-22) ;
9e répons : Sepulto Domino.

Laudes
Psaume 50 (Miserere) avec son antienne O mors, ero mors tua ;
Psaume 91 (Bonum est confiteri Domino) avec son antienne Plangent eum ;
Psaume 63 (Exaudi, Deus, orationem meam) avec son antienne Attendite, universi populi ;
Cantique d’EzĂ©chias (Is. 38, 10-20) avec son antienne A porta inferi ;
Psaume 150 (Laudate Dominum in sanctis ejus) avec son antienne O vos omnes ;
Versicule Caro mea ;
Cantique de Zacharie (Benedictus) avec son antienne Mulieres sedentes ad monumentum ;
Graduel Christus factus est en entier ;
Oraison Concede, quaesumus, omnipotens Deus, ut qui Filii tui resurrectionem.

Musique de l’Office des TĂ©nĂšbres

Plusieurs musiciens se sont inspirĂ©s de l’office liturgique des TĂ©nĂšbres pour composer des Ɠuvres originales.

Marc-Antoine Charpentier a Ă©crit plus de cinquante piĂšces. Il a empruntĂ© le texte au BrĂ©viaire en usage et au nouveau BrĂ©viaire mis en place par l’archevĂȘque de Paris, Mgr de Harlay, en 1680. Les textes sont par consĂ©quent diffĂ©rents de celui du BrĂ©viaire de Pie X, dont l’emploi est encore autorisĂ© par le motu proprio Summorum Pontificum de BenoĂźt XVI. Ces Offices des TĂ©nĂšbres portent souvent comme nom la veille du jour oĂč ils Ă©taient cĂ©lĂ©brĂ©s (office du mercredi-saint pour jeudi-saint, etc) car ils se dĂ©roulaient la veille au soir, et se terminaient aprĂšs le coucher du soleil.

On possÚde également des Leçons de TénÚbres de Samuel Capricornus (1628-1665), de Michel-Richard de Lalande (1657-1726), et de François Couperin qui a écrit trois Leçons de TénÚbres (1714).

Le groupe franco-autrichien Elend a Ă©galement composĂ© un cycle de 3 albums sur l’Office des TĂ©nĂšbres : Leçons de TĂ©nĂšbres (1994), Les TĂ©nĂšbres du Dehors (1996), The Umbersun (1998).

PĂšlerinage Maria BrĂŒnnlein

La basilique de pĂšlerinage Maria BrĂŒnnlein est situĂ©e Ă  Wemding dans le diocĂšse d’EichstĂ€tt . Il a reçu le titre de basilique mineure en 1998 par le pape Jean-Paul II .

En 1680 , le cordonnier Wemdinger Franz Forell a l’ image miraculeuse de Notre – Dame , debout sur l’autel de la grĂące, de Rome Ă  Wemding. AprĂšs la construction d’ une ancienne chapelle au- dessus du SchillerbrĂŒnnl en 1692 Ă©tait due Ă  l’Ă©coulement pĂšlerin de plus en plus dans les annĂ©es 1748-1782 selon les plans de la tĂȘte de l’ Ordre teutonique de M. Franz Joseph Roth aujourd’hui Rococo Ă©glise.

AprĂšs une restauration de trois ans, la basilique brille depuis le 1er octobre 2003 dans une nouvelle splendeur. Selon un communiquĂ© de presse du diocĂšse d’EichstĂ€tt, les travaux de 4,5 millions d’euros Ă©taient «urgemment nĂ©cessaires» : «Les dĂ©fauts statiques et les dĂ©gĂąts dans le grenier ont provoquĂ© des fissures dans les voĂ»tes. Des ornements en stuc Ă©taient tombĂ©s, de prĂ©cieuses fresques s’Ă©taient dĂ©tachĂ©es. Les peintures au plafond ont Ă©tĂ© attaquĂ©es par le champignon, les autels latĂ©raux ont souffert de moisissures. ”

Pour le pĂšlerinage Maria BrĂŒnnlein Ă  consoler depuis le 17Ăšme siĂšcle, en particulier une statue en bois sculptĂ© de Marie adorĂ©. De nombreux pĂšlerins relient la visite de l’Ă©glise de pĂšlerinage avec une boisson du GnadenbrĂŒnnlein. Six pierres de dĂ©votion faites par Ernst Steinacker en 1983 montrent le chemin de l’Ă©glise. En 2009, 15 stĂšles d’ un nouveau carrefour ont Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©es sur le sentier depuis le parking jusqu’au portail principal de la basilique ; le frĂšre jĂ©suite et le peintre de verre Michael Kampik (* 1948, † 6 fĂ©vrier 2016) les a crĂ©Ă©s.

Equipement
  • L’autel de misĂ©ricorde dans le style rococo est fourni avec l’image de la grĂące et est Ă©galement appelĂ© fontaine ou source autel. Il a Ă©tĂ© construit en 1756 par le sculpteur Johann Joseph Meyer du Tyrol. La sous-construction avec la fontaine et les volutes a Ă©tĂ© complĂ©tĂ©e en 1953 par Ernst Steinacker.
  • La chaire rococo avec les trois vertus divines Foi, Espoir, Amour vient de F. Anton Anwander de Landsberg am Lech .
  • Il y a des tablettes votives Ă  remercier pour les audiences de priĂšre.
  • Un sanctuaire du martyr romain Theodore Stratelates († 306) est situĂ© sur l’autel Barbara.
  • Sur les entrĂ©es latĂ©rales sont des figures de St. Anna et Joachim .
Programme Marian

L’Ă©glise de pĂšlerinage est dĂ©corĂ©e d’une peinture au plafond de Johann Baptist Zimmermann et de son fils Michael, qui montre la MĂšre de Dieu comme une source de vie. Autour de la fresque principale, douze mĂ©daillons de fontaine sont regroupĂ©s, qui se rĂ©fĂšrent symboliquement Ă  Marie. D’autres symboles de la Vierge peuvent ĂȘtre trouvĂ©s sur les cĂŽtĂ©s et dans la zone d’entrĂ©e de l’Ă©glise.

Aurora consurgens (Aube brillante)
Electa ut sol (Choix comme le soleil)
Domus aurea (Maison d’Or)
Mulier amicta sole (Femme habillée au soleil)
Signum foederis (signe de l’alliance)
Rose mystica (Rose mystérieuse)
Scala Iacob ( l’Ă©chelle de Jacob )
Turris Davidica ( Tour de David )
Stella matutina ( Ă©toile du matin )
Pulchra ut luna (Belle comme la lune)
Templum Salomonis ( Temple de Salomon )
Mulier draconis victrix (Femme comme vainqueur du dragon)
Columba ramum ferens (pigeon avec rameau d’olivier)
Lilium inter spinas (lis parmi les Ă©pines)
Ianua coeli (porte du ciel)
Arca testamenti (Arche de l’alliance)

Messe Chrismale

La messe chrismale, du grec Ï‡ÏÎŻÏƒÎŒÎ± / khrĂ­sma qui veut dire huile ou onction, est la cĂ©rĂ©monie au cours de laquelle l’Ă©vĂȘque consacre le saint chrĂȘme. Cette huile sert pour les baptĂȘmes cĂ©lĂ©brĂ©s lors de la Vigile pascale et tout au long de l’annĂ©e liturgique pour les sacrements de baptĂȘme, confirmation et ordre.

La messe chrismale a lieu durant la Semaine Sainte : dans le rite catholique latin, la messe chrismale n’appartient pas, au sens strict, au Triduum pascal. Si elle a lieu le plus souvent le Jeudi Saint au matin, elle peut ĂȘtre transfĂ©rĂ©e Ă  un autre jour, pourvu qu’elle soit proche de PĂąques. Beaucoup d’évĂȘques, pour faciliter la participation des fidĂšles et des prĂȘtres, choisissent un soir de l’un ou l’autre des jours saints, le lundi, le mardi ou le mercredi.

Durant la messe chrismale, l’évĂȘque bĂ©nit les autres huiles saintes et consacre le Saint ChrĂȘme. Cette huile servira dĂšs les baptĂȘmes de PĂąques puis tout au long de l’annĂ©e pour les sacrements du baptĂȘme, de la confirmation et de l’ordre.

Au cours de cette messe qui manifeste l’unitĂ© de toute l’Église diocĂ©saine autour de son Ă©vĂȘque, les prĂȘtres renouvellent leurs promesses sacerdotales : vivre toujours plus unis au Seigneur JĂ©sus, chercher Ă  lui ressembler, renoncer Ă  eux-mĂȘmes, ĂȘtre fidĂšles aux engagements attachĂ©s Ă  la charge ministĂ©rielle, cĂ©lĂ©brer les sacrements, annoncer la Parole de Dieu avec dĂ©sintĂ©ressement et charitĂ©.

Origine

Le mot grec khrĂ­sma signifie onction, et a donnĂ© Christ et chrĂ©tien. L’onction renvoie Ă  l’huile qui fait elle-mĂȘme rĂ©fĂ©rence au roi ou au prĂȘtre qui Ă©tait oint dans l’Ancien Testament, c’est-Ă -dire pĂ©nĂ©trĂ© de la prĂ©sence divine. SaĂŒl et le Roi David ont tous les deux Ă©tĂ© oints par Samuel. C’est dans cette perspective que le futur roi de France Ă©tait oint d’huile lors de la cĂ©rĂ©monie de son sacre. L’onction est rĂ©vĂ©lĂ©e en plĂ©nitude par JĂ©sus dans le Nouveau Testament :  l’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacrĂ© par l’onction».

Les Huiles

L’huile parfumĂ©e indique la prĂ©sence de quelqu’un qu’on ne voit, ni n’entend. Elle symbolise Ă©galement une nourriture, un Ă©clairage, un remĂšde, un fortifiant. Avec le saint chrĂȘme qui fait l’objet d’une consĂ©cration spĂ©ciale, deux autres huiles sont Ă©galement bĂ©nites lors de la cĂ©lĂ©bration :

  • L’huile des catĂ©chumĂšnes qui sert dans les cĂ©lĂ©brations prĂ©paratoires au baptĂȘme surtout pour les adultes ou les enfants dĂ©jĂ  grands ;
  • L’huile des malades qui sert dans la cĂ©lĂ©bration du sacrement des malades.

 

Fatima
Notre Dame de Lourdes
Sauvons plus de forĂȘt !
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