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Monthly Archives: April 2017

Lourdes : 150 ans de guérison

Les aveugles voient, les paralytiques se lèvent, les comateux se réveillent.

Lourdes continue de guérir, de fasciner
et surtout d’interroger la médecine qui constate, sans expliquer

Lourdes est bien sûr l’archétype du sanctuaire prodigieux, depuis la découverte de la source de la grotte de Massabielle par Bernadette Soubirous en ce 25 février 1858.

Lourdes est unique, c’est aujourd’hui « une rivière de prières », comme l’écrit Pierre Lunel dans Les Guérisons miraculeuses.

Mais Lourdes est unique aussi et surtout parce qu’un bureau médical y a été ouvert dès 1883 pour étudier des cas de guérisons tous plus spectaculaires les uns que les autres.

Miracles de la prière, prodiges de la foi, ou puissance de l’autosuggestion comme l’affirment des rationalistes qui n’ont plus que cette branche à laquelle se raccrocher ?

À chacun de se faire son opinion, mais il est certain en tout cas que les données ne manquent pas.

Deux tumeurs disparaissent

Trois jours après la découverte de la source par Bernadette, alors qu’il gèle « à pierre fendre », nous raconte Pierre Lunel, Justine Duconte-Bouhort ose plonger dans l’eau glacée son bébé de dix-huit mois, mourant et inerte, en dépit des protestations de son entourage. Le lendemain, l’enfant est en parfaite santé.

La longue série vient de démarrer.

Quelques jours plus tard, Louis Bourriette, ancien tailleur de pierres dont l’oeil a été crevé par un éclat, demande à sa petite fille d’aller lui chercher un peu d’eau de la source. Il souffre encore atrocement de son oeil depuis l’accident, survenu vingt ans auparavant. L’eau est encore boueuse, mais il se l’applique immédiatement sur l’oeil. La commission d’enquête écrira : « À peine eut-il lavé son oeil qu’aussitôt il aperçut la lumière. Deux heures après, il distinguait les objets, quoiqu’avec difficulté. »

Deux, trois, quatre aveugles sont guéris au contact de Bernadette qui se défend : « Je n’ai guéri personne ! »

Dès sa première année d’activité, la commission médicale étudie trente cas de guérison, et en retient sept comme miraculeux. Les guérisons sont spectaculaires, mais surtout, elles sont inexplicables :

  • Comme ces deux grosses tumeurs qui disparaissent en une nuit du corps d’un garçon de 13 ans, Henri Busquet.
  • Comme ces séquelles d’un choléra contracté en 1834 qui ont valu quatre extrêmes-onctions dans l’année à Madeleine Rizan, et s’évanouissent en une heure.

« Toutes ces affections sont lentes à guérir. Cette seule considération, mise en regard de la soudaineté de la guérison, suffit à prouver que ce fait s’écarte de l’ordre de la nature », observe à l’époque le Pr Vergez.

En fait, depuis son ouverture le bureau médical de Lourdes a enregistré près de 7 000 déclarations de guérisons.

Si « seulement » 67 cas ont été reconnus par les autorités vaticanes, c’est que les critères sont extrêmement sévères.

Le diagnostic de maladie incurable doit avoir été posé au préalable. La guérison doit être spontanée, totale et surtout, définitive. C’est pourquoi certains dossiers mettent des années avant d’être validés, car une rechute ferait de l’ombre au miracle. La procédure est un examen par le bureau médical de Lourdes, puis un transfert au Comité médical international, et enfin une investigation par le diocèse d’origine de la personne guérie. C’est lui qui se prononce sur le caractère miraculeux de la guérison. Le critère ultime est simple : il doit s’agir d’un signe de Dieu !

« Le problème ce n’est pas la guérison »

En 2006, Mgr Perrier, évêque du diocèse de Tarbes et Lourdes, s’est demandé si le temps des miracles de Lourdes proclamés en tant que tels par l’Église et les sanctuaires (lieux de pèlerinage) était révolu.

Lors de la reconnaissance officielle de la dernière miraculée de Lourdes, Anna Santaniello, une Italienne de 94 ans, la communication avait été très discrète du côté des sanctuaires, en contraste avec l’écho médiatique qu’avait eu la nouvelle à l’étranger. Certes, cette déclaration intervenait quelques jours à peine après le décès du précédent miraculé, Jean-Pierre Bély, guéri d’une sclérose en plaques en 1987. Mgr Perrier ne voulait pas donner une impression d’opportunisme et les sanctuaires ont estimé que les conditions médicales, légales et administratives n’étaient pas toutes réunies pour qu’ils reprennent à leur compte la décision de l’archevêque de Salerne.

Mgr Perrier indiquait qu’il s’agissait là du coeur du problème : « Jamais plus un médecin ne se risquera à affirmer définitivement et de manière certaine que telle personne a telle maladie irréversible ou mortelle. En revanche, il peut constater les symptômes de telle ou telle maladie et sa guérison, ce qui n’est pas contradictoire médicalement. Le problème, ce n’est pas la guérison, c’est la certitude scientifique qu’un patient donné est porteur d’une maladie précise. De telle manière qu’il manquera toujours une pièce au dossier ou une preuve médicale pour reconnaître un miracle ».

C’est pourquoi il souhaitait mettre au point, « en lien avec le comité médical international et le bureau médical des sanctuaires », un statut spécifique pour les personnes dont la guérison est manifestement liée à Lourdes, mais qui ne seraient pas appelées miraculées. À l’appui de sa proposition, l’évêque soulignait que ce statut pourrait s’appliquer à une « bonne vingtaine de déclarations sérieuses », notamment une dame vouée à une mort certaine et plongée dans un coma artificiel depuis plus de six semaines. On a prié pour elle à la grotte, et elle s’est réveillée subitement guérie. Notons que l’effet placebo ne peut guère être invoqué ici.

Cinq cas remarquables

En décembre 2008, le Comité médical international de Lourdes (Cmil) a de son côté déclaré « remarquables » cinq cas de guérisons non encore reconnues miraculeuses, dont celle évoquée ci-dessus :

  • Madame B., 53 ans, souffrait de myopathie depuis l’enfance et vivait en fauteuil roulant depuis l’âge de 34 ans. Après six pèlerinages à Lourdes en 2004, elle s’est trouvée définitivement guérie après avoir enfin demandé la guérison pour elle-même.
  • Une autre dame, atteinte d’une sclérose en plaques qui la contraignait à se déplacer en fauteuil roulant, a retrouvé une vie normale sans appui médical.
  • Tout comme cet homme souffrant de sévères douleurs dorsales et que la morphine ne parvenait plus à soulager
  • Le cas d’une dame souffrant de séquelles d’un grave accident de la circulation.

« L’arbre des miracles ne doit pas cacher la forêt des guérisons », a estimé le Pr François-Bernard Michel, président du Cmil.

  • En août 2009, une Italienne de 50 ans, Antonietta Raco, immobilisée depuis 2005 par une sclérose latérale amyotrophique, a été guérie de manière inexpliquée et subite après un pèlerinage à Lourdes. Cette déclaration a été faite par son neurologue personnel à l’hôpital de Turin : « Je n’ai jamais vu un cas comme celui-là, car du point de vue de la littérature médicale, il n’y a jamais eu de cas de régression de la maladie », a-t-il affirmé dans les médias transalpins.

La liste n’est pas close, loin s’en faut, car même si ce n’est pas Marie, l’eau de la source, ou la foi profonde,

il y a bel et bien « quelque chose » qui guérit à Lourdes.

Divines Apparitions

Apparitions, stigmates, lévitations…, les miracles associés
à la religion, en particulier catholique, sont légion.

L’Église n’accepte pas tout, mais entretient la flamme.
Retour sur les multiples visages de  l’« extra-ordinaire »

Au chapitre des apparitions, les plus célèbres sont sans aucun doute celles de :

Marie de Nazareth

La mère de Jésus est apparue dans plus de cent dix lieux répertoriés depuis l’an 850, en incluant les manifestations miraculeuses comme les icônes qui pleurent. En tout, des milliers de mariophanies ont été comptabilisées, mais selon l’historien Joachim Bouflet, seules 2 % auraient été authentifiées. Bien sûr, dans de nombreux cas, il s’agit d’apparitions multiples, parfois sur de longues périodes. Ainsi, celles survenues à

  • Le Laus (Hautes-Alpes), où la Vierge est apparue de mai à août 1664 à Benoîte Rencurel, qui fut déclarée vénérable en 1872 (reconnaissance officielle par Mgr Di Falco le 4 mai 2008) ;
  • Pocs, en Hongrie, une icône « Hodigitria » de Marie se mit à verser des larmes pendant un mois, en 1696, devant les fidèles ébahis réunis pour la messe. L’icône fut transférée, mais une autre pleura à nouveau pendant deux semaines en août 1715. Et le phénomène se manifesta encore près de deux siècles plus tard, en 1905, pendant plus d’un mois.
  • Lourdes – L’année 1858 est bien sûr célèbre pour l’apparition de l’Immaculée Conception à Bernadette Soubirous dans la grotte de Massabielle, à Lourdes, qui se reproduisit du 11 février au 16 juillet. Bernadette vécut jusqu’en 1879 et fut canonisée en 1933.
  • Fatima – En 1917, c’est la fameuse apparition de Notre-Dame de Fatima au Portugal, du 13 mai au 13 octobre, devant trois jeunes bergers dont deux furent béatifiés en 2000 par le pape Jean-Paul II. Ce dernier était en effet concerné par la troisième partie du « secret de Fatima », qui annonçait prétendument l’attentat dont il fut victime en 1981. La 1ère partie était une vision de l’enfer, et la 2ème partie expliquait comment mettre fin à la grande guerre. Le 3ème secret parle de la mise à mort d’un pape, mais peut aussi être compris comme une métaphore de la fin de l’Église catholique. De fait, les secrets ont fait l’objet de lectures et d’interprétations de toutes sortes. Rappelons que l’ingénieur Christel Seval a vu dans le cas de Fatima un lien avec le phénomène ovni (La Vierge et les extraterrestres).
Danse du soleil

Selon Joachim Bouflet, l’apparition de Fatima ne souffre aucune contestation. « C’est un événement unique dans l’histoire de l’Église, une mariophanie capitale de notre temps », explique-t-il. Le miracle sera certifié par l’Église treize ans après.

Le phénomène de la « danse du soleil » accompagnant la vision est bien connu. Plus de 70 000 fidèles et une poignée d’observateurs athés ont vu sur place le soleil tourbillonnant « avec une vitesse impétueuse ».

Marche à reculons

Une autre mariophanie « bien déroutante » selon Joachim Bouflet s’est déroulée à Garabandal, petit hameau perdu des monts Cantabrique en Espagne. En 1961, Marie apparaît là aussi à quatre fillettes. Elle est vêtue de blanc et de bleu, demande pénitence et sacrifices, dénonce « le chemin de perdition » emprunté par certains membres du clergé.

Plus tard, des phénomènes extraordinaires vont se dérouler devant une foule de témoins et même des caméras : lévitation, marche à reculons à toute vitesse, transes, chutes sans plaie aucune.

Les extases des enfants, individuelles ou collectives, se manifesteront plus d’un millier de fois jusqu’au 20 janvier 1963, et seront même souvent annoncées plusieurs jours à l’avance. Le culte s’est lui aussi maintenu à travers le temps, d’autant qu’un grand miracle a été annoncé dans le dernier message de Marie. Il se produira un jeudi soir à 20 h 30 d’une année non précisée, coïncidera avec un événement important pour l’Église, et est destiné à convertir le monde entier.

Notons que les apparitions de Marie se manifestent souvent à des enfants. Question de pureté d’âme sans doute. Ainsi, tout comme à Garabandal, « une belle dame s’inscrivant au coeur d’un cercle d’étoiles » apparaît à six enfants âgés de 4 à 12 ans à Pontmain (Mayenne) en 1871. L’un d’eux décrit « une robe d’un bleu très profond », parsemée « d’étoiles d’or à cinq pointes, de même grandeur », qui « brillent sans émettre aucun rayon… ».

Et le Christ ?

Au final, Marie est apparue aux quatre coins de la planète, avec certes une prédilection pour l’Europe catholique. On l’a vue en Inde, en Amérique du Sud, en Afrique, en Corée, en Océanie.

Mais elle est également apparue à des protestants qui se sont convertis sur le champ, ainsi qu’à des musulmans en Égypte ou au Liban. Elle parle, elle sourit, elle pleure, elle guérit… L’Église accorde son imprimatur avec parcimonie et ses membres se querellent indéfiniment autour de certains cas, jusqu’au schisme.

Pourquoi les apparitions du Christ sont-elles moins « célèbres que celles de Marie ? Dieu fait homme est-il moins « accessible » que la figure de la mère ?

Le Christ est en fait plus connu pour ses miracles, ceux du Nouveau Testament en premier lieu. Aux noces de Cana, il change l’eau en vin, un « nectar » disent les convives. En rompant sept pains, il nourrit une foule de quatre mille personnes. Il apaise une tempête, il ressuscite Lazare d’entre les morts, il marche sur les eaux… Autant de prodiges auxquels s’ajoutent vingt-cinq récits de guérisons miraculeuses.
Le plus grand miracle est sa propre résurrection, trois jours après sa mort. Si les miracles sont au coeur de la tradition chrétienne, seules les traditions catholique et orthodoxe les reconnaissent comme réels, et les considèrent réalisables par des saints.

Visages de Bélmez

Apparitions toujours, mais de visages cette fois avec l’affaire des « visages de Bélmez ». Dans une maison ordinaire de ce village d’Espagne, un visage est spontanément apparu sur le sol de la cuisine le 23 août 1971. Impossible de l’effacer, on décide de changer le plancher, et voilà un nouveau visage qui apparaît. Pendant de nombreux mois, ce sont plusieurs visages qui vont ainsi se dessiner sur le sol de la cuisine et dans d’autres pièces. Certains sont changeants, d’autres apparaissent puis disparaissent.
Aucune enquête n’a pu prouver de supercherie, en revanche il est également apparu… que la maison se situait à l’emplacement de plusieurs cimetières qui s’étaient succédé au fil des siècles !

Stigmates

Les stigmates sont une autre manifestation « paranormale » de la foi. Comme le rappelle Jean-Pierre Girard dans l’Encyclopédie du Paranormal (J’ai Lu, 1963), on utilise le terme de dermographisme pour désigner la stigmatisation en dehors d’un contexte religieux. Robert Tocquet dans Les Mystères du Surnaturel estime que la stigmatisation est le plus souvent un fait religieux, mais qu’il peut aussi être un fait expérimental ou même… diabolique. De fait, il montre qu’il peut être suggéré, par conséquent il peut aussi être autosuggéré.

Ce phénomène illustre-t-il la puissance de l’inconscient, plus que celle de la foi ?

Les mystiques chrétiens stigmatisés célèbres sont :

  • François d’Assise,
  • Catherine de Sienne,
  • Thérèse d’Avilla,
  • Padre Pio,
  • Thérèse Neumann…

L’islam mentionne également des cas de stigmatisations qui rappellent les blessures subies par le Prophète. Dans le cas des catholiques, les blessures de la Passion du Christ ne s’infectent pas, mais exsudent légèrement et régulièrement.

Recevoir les stigmates est une grâce, et s’accompagne bien sûr d’autres manifestations.

Un des premiers cas de stigmatisation étudié par la science remonte au début du XIXe siècle, avec Anne-Catherine Emmerich, dite « la nonne de Dülmen ». En 1813, alors que Napoléon tenait l’Europe, une pauvre religieuse de Westphalie subsistait presque sans manger ni boire, avait des visions, lisait dans les pensées, assistait en esprit à des événements lointains ou anciens, lévitait… et portait des stigmates qui saignaient chaque vendredi. Dans un contexte tendu entre protestants et catholiques, la nonne fut au coeur d’intenses querelles, mais l’abbé Manesse rapporte qu’elle fit l’objet d’un suivi médical très rigoureux mandaté par le vicariat.

Selon Jean-Pierre Girard, le cas le mieux étudié à ce jour reste celui de la Belge Louise Lateau, dont les stigmates furent visibles de 1869 à sa mort en 1884. Aucune explication n’a bien sûr été trouvée par la ribambelle de savants qui se sont relayés à son chevet, mais une communication à l’Académie belge de médecine a précisé que tous les contrôles et examens possibles avaient été réalisés.

Cas d’inédie

Le sociologue du CNRS Jacques Maître a consacré des années d’étude à ces cas, et regrette que la science ne soit pas assez souvent convoquée par l’Église pour authentifier le « miracle ».

Un seul cas d’inédie, ou vie sans alimentation a ainsi été étudié par Pierre Janet à la fin du XIXe siècle, et ce dernier a fait part de sa perplexité.

Dans le cas de Marthe Robin, elle aussi stigmatisée et qui ne se nourrissait que d’hosties, Jacques Maître explique qu’il a parlé avec plusieurs membres de sa famille, dont la personne qui veillait quotidiennement sur elle. Il apparaît que Marthe Robin se disait absolument disposée à se soumettre à des examens médicaux si l’Église le lui demandait. Or, aucune autorité ecclésiale n’a pris d’initiative en ce sens.

Miracles dans les autres Religions
Dans l’islam

L’ex-recteur de la Mosquée de Paris Dalil Boubakeur a écrit qu’il n’existe pas de « méthodologie rigoureusement établie sur les guérisons miraculeuses ». La maladie vient de Dieu et toute guérison, même non miraculeuse, est un bienfait de Dieu. Il existe des rites de guérison très anciens, notamment dans le soufisme.
De grands mystiques tels Sohra-Wardi ont bénéficié de faits miraculeux ou de visions. L’islam distingue les faits prodigieux rapportés à des saints (walis) ou mystiques (guérisons, lévitations, bilocations, contrôle des éléments, etc.), et les miracles liés à la mission et la vie des prophètes, qui garantissent l’authenticité même de cette mission. Ainsi, « la résurrection d’un mort est un miracle, mais la guérison d’un lépreux ou d’un paralytique, un prodige (Karamat) lorsqu’elle survient du fait d’un thaumaturge ou d’une invocation adressée à Dieu », précise le Dr Boubakeur.
(Voir aussi www.miraclesducoran.com)

Dans le judaïsme

Le premier miracle est la création du monde. La maladie est un malheur et, selon Maimonide, Dieu donne l’obligation de traiter les maladies. « La prière a une importance capitale », précise le Dr Charles Sulman (dans Les Voies de la guérison, Thouvenin). Tout médecin doit prier, et c’est Dieu qui guérit. « La croyance en l’effet curatif d’un endroit saint ou d’une sainte relique est inconnue du judaïsme », mais il reconnaît, tout comme l’islam, les « guérisons miraculeuses » de l’Ancien Testament. Hanina ben Dossa est célèbre pour ses prières qui guérissaient. De nos jours, certains rabbins cabalistes obtiendraient des guérisons inexpliquées.

Dans l’hindouisme

Le miracle est « quotidien », car l’ascèse du malade produit des phénomènes qui entraînent la guérison, explique Bernard Thouvenin (Les Voies de la guérison). Le malade doit lui-même prier, et offrir des dons. Shiva est invoquée, mais aussi les grandes forces de la nature, avec rituels de guérison et offrandes.

Dans le bouddhisme

Le concept de guérison est central, car tout le chemin vise à se libérer de la souffrance. Le Bouddha a soigné, mais fait peu de guérisons « miraculeuses ». Les prodiges ne manquent cependant pas : lévitation des moines, pouvoirs psychiques. Aujourd’hui encore, « le petit Bouddha » (Ram Bahadur Bomjon) serait en méditation depuis des années au Népal. Il n’aurait ni mangé ni bu pendant six mois, soit un cas inédit d’inédie – a attiré plus de 200 000 pèlerins du monde entier.

de l’autre côté du miracle

Il n’y a que deux façons de vivre sa vie :
l’une en faisant comme si rien n’était un miracle,
l’autre en faisant comme si tout était un miracle. »
Albert Einstein

Phénomène surnaturel ? Intervention divine ? Autosuggestion ?

Les miracles défient la raison : les guérisons inexpliquées narguent la médecine et le scientisme triomphant.
Au-delà de la croyance ou du scepticisme, que nous apprennent ces événements extraordinaires sur nous-même et notre potentiel d’autoguérison ? Le miracle est-il exceptionnel, ou bien sommes-nous exceptionnellement conscients du miracle de la vie ?

Des apparitions mariales aux synchronicités en passant par les guérisons, la notion de miracle couvre un large éventail de phénomènes.

C’est aussi une question de point de vue.

Au sens strict, le miracle est l’irruption de l’extraordinaire, ou du « surnaturel », dans le quotidien. D’aucuns associent ce surnaturel au divin et y voient donc un acte, un signe, un message de Dieu lui-même. Du point de vue ésotériste, le miracle vient d’en haut alors que le prodige vient d’en bas. Pour les religions, le miracle est un fait de Dieu alors que le prodige est celui d’un intermédiaire entre Lui et nous. Mais dans la spiritualité moderne, « laïque », nul besoin d’intermédiaire entre Dieu et nous, puisque nous sommes Lui et qu’Il est nous.

Dès lors, le miracle est à la portée de chacun, ainsi que l’affirmait Jésus. Nos fantastiques capacités d’autoguérison n’en témoignent-elles pas ? Et notre accès possible à l’expérience transpersonnelle, mystique ? Certes, tout un chacun ne se met pas à léviter dès qu’il sort de chez lui, ni ne « reçoit » les stigmates du Christ quand il songe à son martyr. Cet ordinaire tuerait le miraculeux, qui doit rester l’exception.

De plus, nous devons renoncer à comprendre le miracle, car il est inexplicable par définition. Accepter son existence revient donc à accepter un autre ordre de réalité, duquel nous serions « séparés ». Mais ce point de vue est en contradiction avec l’idée qu’il n’y a qu’une seule réalité, dont nous méconnaîtrions cependant maints aspects…

Le miracle serait-il alors une invitation à combler ce qui nous sépare de l’autre ordre de réalité, précisément pour réaliser l’unité ?

Les spiritualités d’Asie et d’Inde nous enjoignent en effet, seulement depuis quelques millénaires, à lever ce voile des illusions.

Dieu ou diable ?

Dans les religions d’Occident, le miracle est surtout associé au catholicisme, et il est jugé à l’aune de son effet sur la foi. L’a-t-il renforcée, et c’est un miracle. Sinon, c’est de la magie, et nécessairement l’oeuvre du diable. Le judaïsme ne s’appuie pas sur des « revendications de miracles » comme bases de la foi. La Bible précise en effet que Dieu accorde parfois à des charlatans le pouvoir de réaliser des miracles, et ce afin de mettre à l’épreuve la loyauté des juifs envers la Torah. Dans le monde musulman, la venue du Coran sur terre est un miracle, de même que le voyage nocturne de Mohamed de La Mecque à Jérusalem. Quant aux protestants, on le sait, ils sont très réservés sur la notion même de miracle, assimilée à des interventions ponctuelles indignes de la sagesse et de la puissance de Dieu.

Authentification

Le problème devient donc l’authentification des miracles. La thématique est piégée parce qu’il nous est impossible de savoir si une apparente violation des lois de la nature provient d’une véritable intervention surnaturelle ou de notre méconnaissance relative de ces mêmes lois. « Ce qui ne peut pas se produire ne s’est jamais produit, et ce qui peut se produire n’est pas un miracle », disait déjà Cicéron. Un catholique contrarié comme Ernest Renan se défiait lui aussi des miracles, comme il l’écrit dans La Vie de Jésus : « S’il est avéré qu’aucun miracle contemporain ne supporte la discussion, n’est-il pas probable que les miracles du passé, qui se sont tous accomplis dans des réunions populaires, nous offriraient également, s’il nous était possible de les critiquer en détail, leur part d’illusion ? ». Et de conclure : « Ce n’est donc pas au nom de telle ou telle philosophie, c’est au nom d’une constante expérience, que nous bannissons le miracle de l’histoire. »

Manipulation

Car en effet, l’être humain est crédule. Si les guérisons de Lourdes, par exemple, font l’objet d’une procédure d’authentification longue et minutieuse, d’autres cas comme Medjugorje, en Bosnie, sont très controversés. Les faux gourous pullulent, jusqu’à des révélations sordides d’abus sexuels de la part de figures spirituelles suivies par des millions de fidèles, comme Sathya Sai Baba. La propension à « croire aux miracles » est largement manipulable par des esprits retors. La traditionnelle statuette qui pleure finit souvent sur un site internet de ventes aux enchères. On y trouve aussi des tranches de pain grillé avec le visage de la Vierge, du Christ, ou même de Michael Jackson ! Le nom d’Allah et ses jolies courbes calligraphiées est vu par de nombreux musulmans dans le moindre groupe de nuages ou une tache sur la nappe. On parle alors de pareidolie. 42 % des Français croyaient aux miracles en 2004, selon un sondage IFOP. Ils n’étaient plus que 35 % en juillet 2006 (TNS Sofres), mais seulement 8 % y voyaient une intervention de Dieu. Il serait bon de dépasser le stade de la croyance pour progresser sur le terrain de la connaissance.

Énergie vitale

À cet égard, l’évolution du regard de la médecine et de la psychologie sur les notions mêmes de maladie et de guérison est notable.

Le concept d’énergie vitale – au coeur des médecines traditionnelles asiatiques, mais aussi de l’action de nos guérisseurs – commence à être pris en considération. Il permet de s’affranchir de la question de Dieu, pour se concentrer sur l’Homme et sa nature profonde. Certes, le guérisseur fait le plus souvent appel à Dieu, mais pas nécessairement dans un contexte religieux, comme en témoignent les cas extraordinaires de :

  • Edgar Cayce aux États-Unis,
  • Bruno Groening en Allemagne,
  • Maître Philippe en France.

Les guérisseurs ont des techniques, des « prières », et Daniel Meurois raconte par exemple que les Esséniens, maîtres de guérison, étaient « fâchés » par la façon dont Jésus guérissait d’un seul mot ou d’un geste. Les guérisons inexpliquées continuent à défier la science et la médecine, qui tiennent là une voie royale d’exploration de la nature humaine.

Si la conscience est bien la clé, c’est notre rapport au monde qu’il faut transformer. Un auteur comme Thierry Salmeron l’a bien compris, qui fait écho à Gurdjieff avec son concept d’homme vrai, présent, vigilant et autoréférent. Lui-même a guéri d’un cancer et vécu une expérience de mort imminente. Cette expérience est d’ailleurs un miracle contemporain. Au beau milieu de l’ultra-modernité d’un service de réanimation, le transcendant se rappelle à notre souvenir.

Le miracle est donc affaire de point de vue, et quiconque est capable de s’émerveiller devant la naissance d’un enfant ou la beauté d’une rose sait voir le miracle dans la vie elle-même.

La cosmologie nous enseigne que le « réglage fin » des constantes et des lois physiques a permis l’apparition de la vie dans des conditions que l’on peut considérer comme miraculeuses. Le miracle est-il que les tailles apparentes du soleil et de la Lune permettent l’éclipse totale, ou simplement que le soleil se lève tous les matins ? Décidément, le « nouveau paradigme » ne conduit pas
à voir différemment le monde, il conduit à voir un monde différent.

Chemin de Croix au Colisée

En 1749, Benoît XIV décida que la politique officielle de l’Église serait de faire du Colisée le lieu sacré où les premiers chrétiens ont été martyrisés. Il interdit l’utilisation du Colisée comme carrière, et consacra l’édifice à la Passion du Christ et fit installer un chemin de croix, le déclarant sanctifié par le sang des martyrs chrétiens qui y périrent.

Comme tous les papes, Jean-Paul II conduisait publiquement un chemin de croix à Rome, au Colisée, chaque année, le soir du vendredi saint. Durant de nombreuses années il a porté personnellement la croix de Station en Station, puis, en raison des problèmes survenus après l’attentat subi et de son âge avancé, il présidait la célébration depuis une estrade sur le mont Palatin, pendant que d’autres portaient la croix.

Colisée

Le Colisée, à l’origine amphithéâtre Flavien (Colosseo en italien), est un immense amphithéâtre ovoïde situé dans le centre de la ville de Rome, entre l’Esquilin et le Cælius, le plus grand jamais construit dans l’empire romain. Il est l’une des plus grandes œuvres de l’architecture et de l’ingénierie romaines.

Sa construction, juste à l’est du Forum Romain, a commencé entre 70 et 72 ap. J.-C., sous l’empereur Vespasien, et s’est achevée en 80 sous Titus. D’autres modifications ont ensuite été apportées au cours du règne de Domitien (81-96). Le nom d’amphithéâtre Flavien dérive du nom de famille (gens Flavii) de l’empereur Vespasien et ses fils Titus et Domitien.

Pouvant accueillir probablement 50 000 spectateurs (les estimations plus anciennes de 80 000 spectateurs, soit un douzième de la population romaine, étant exagérées), le Colisée a été utilisé pour les venationes (combats d’animaux sauvages), les munera (combats de gladiateurs) et autres spectacles publics, tels que des exécutions de condamnés à mort, des reconstitutions de batailles célèbres et des drames basés sur la mythologie romaine.

Le Colisée est actuellement en état de ruine, en raison des dommages causés par les tremblements de terre et la récupération des pierres, mais il continue à donner la mesure de l’ancienne puissance de la Rome Impériale. Aujourd’hui, il est l’un des symboles de la Rome moderne et a encore des liens étroits avec l’Église catholique romaine : chaque Vendredi saint, le pape mène une procession aux flambeaux sur un chemin de croix aboutissant à l’amphithéâtre.

Chemin de Croix du 30 mars 2018

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.
Qui passus es pro nobis,
Domine, miserere nobis.
Il Santo Padre
Nel nome del Padre e del Figlio
e dello Spirito Santo.
Amen.

Première station : Jésus est condamné à mort
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 22-25)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. » Mais ils insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient. Alors Pilate décida de satisfaire leur requête. Il relâcha celui qu’ils réclamaient, le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, et il livra Jésus à leur bon plaisir.

Je te vois, Jésus, devant le Gouverneur, qui par trois fois tente de s’opposer à la volonté du peuple et à la fin, choisit de ne pas choisir, devant la foule qui, interrogée par trois fois, décide toujours contre toi. La foule, c’est-à-dire tout le monde, c’est-à-dire personne. Caché dans la masse, l’homme perd sa personnalité, il est la voix de milliers d’autres voix. Avant de te renier, il se renie lui-même, éparpillant sa propre responsabilité dans celle, fluctuante, de la multitude sans visage. Pourtant il est responsable. Egaré par des meneurs, par le Mal qui se propage avec une voix sournoise et assourdissante, c’est l’homme qui te condamne.

Aujourd’hui, nous sommes horrifiés devant une telle injustice, et nous voudrions nous en démarquer. Mais, en faisant ainsi nous oublions toutes les fois où nous, les premiers, avons choisi de sauver Barabbas au lieu de toi. Quand notre oreille a été sourde à l’appel du Bien, quand nous avons préféré ne pas voir l’injustice devant nous.

Sur cette place bondée, il aurait été suffisant qu’un seul cœur doute, qu’une seule voix s’élève contre les mille voix du mal. Chaque fois que la vie nous placera devant un choix, rappelons-nous cette place et cette erreur. Permettons à nos cœurs de douter et imposons à notre voix de s’élever.

Je te prie, Seigneur, veille sur nos choix,
éclaire-les de ta lumière,
cultive en nous la capacité à nous interroger :
seul le Mal ne doute jamais.
Les arbres qui enfoncent leurs racines dans la terre,
s’ils sont arrosés par le Mal,
se dessèchent,
mais tu as placé nos racines dans le Ciel
et les feuillages sur la terre
pour te reconnaître et te suivre.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenStabat Mater dolorosa
iuxta crucem lacrimosa,
dum pendebat Filius.

Deuxième station : Jésus est chargé de la croix
De l’Evangile selon Marc (Mc 8, 34-35) 

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Appelant la foule avec ses disciples, [Jésus] leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile la sauvera ».

Je te vois, Jésus, couronné d’épines, tandis que tu accueilles ta croix. Tu l’accueilles, comme tu as toujours accueilli tout et tous. Ils te chargent du bois, pesant, rugueux, mais tu ne te rebelles pas, tu ne rejettes pas cet instrument de torture injuste et ignoble. Tu le prends sur toi et tu commences à marcher en le portant sur tes épaules. Combien de fois ne me suis-je pas rebellé et mis en colère contre les tâches que j’ai reçues, que j’ai perçues comme pesantes ou injustes. Tu ne fais pas ainsi. Tu as seulement quelques années de plus que moi, aujourd’hui on dirait que tu es encore jeune, mais tu es docile, et tu prends au sérieux ce que la vie t’offre, chaque occasion qui se présente à toi, comme si tu voulais aller au fond des choses et découvrir qu’il y a toujours quelque chose de plus que ce qui apparaît, un sens caché et surprenant. Grâce à toi, je comprends que c’est une croix de salut et de libération, croix de soutien face à l’obstacle, joug léger, fardeau qui ne surcharge pas.

Du scandale de la mort du Fils de Dieu, mort de pécheur, mort de malfaiteur, naît la grâce de redécouvrir dans la douleur la résurrection, dans la souffrance ta gloire, dans l’angoisse ton salut. La croix elle-même, symbole pour l’homme d’humiliation et de douleur, se révèle maintenant, par la grâce de ton sacrifice, comme une promesse : de chaque mort resurgira la vie et dans toute obscurité resplendira la lumière. Et nous pouvons nous exclamer : “ Salut ô croix, unique espérance !”.

Je te prie, Seigneur, fais qu’à la lumière de la Croix, symbole de notre foi,
nous puissions accepter nos souffrances et, illuminés par ton amour,
embrasser nos croix rendues glorieuses par ta mort et ta résurrection.
Donne-nous la grâce de regarder nos histoires
et de redécouvrir en elles
ton amour pour nous.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenCuius animam genetum,
contristatam et dolentem,
pertransivit gladius.

Troisième station : Jésus tombe pour la première fois
Du livre du prophète Isaïe (Is 53, 4)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié.

Je te vois, Jésus, souffrant tandis que tu parcours le chemin vers le Calvaire, chargé de notre péché. Et je te vois tomber, les mains et les genoux à terre, douloureux. Avec quelle humilité es-tu tombé ! Quelle humiliation subis-tu en ce moment ! Ta nature de vrai homme se voit clairement en ce fragment de ta vie. La croix que tu portes est lourde ; tu aurais besoin d’aide, mais quand tu tombes à terre, personne ne te secourt, bien plus, les hommes se moquent de toi, ils rient devant l’image d’un Dieu qui tombe. Peut-être sont-ils déçus, peut-être se sont-ils fait une fausse idée de toi. Parfois nous pensons qu’avoir foi en toi signifie ne jamais tomber dans la vie. Avec toi, je tombe, moi aussi, et avec moi, mes idées, celles que j’avais sur toi : comme elles étaient fragiles !

Je te vois, Jésus, qui serre les dents et, complètement abandonné à l’amour du Père, tu te relèves et tu reprends ton chemin. Avec ces premiers pas vers la croix, si titubant, Jésus, tu me rappelles un enfant qui fait ses premiers pas vers la vie et perd l’équilibre et tombe et pleure, mais continue ensuite. Il se confie aux mains de ses parents et ne s’arrête pas ; il a peur mais il avance, parce qu’à la peur s’ajoute la confiance.

Avec ton courage, tu nous enseignes que les échecs et les chutes ne doivent jamais arrêter notre chemin et que nous avons toujours un choix : nous rendre ou nous relever avec toi.

Je te prie, Seigneur, réveille en nous, les jeunes,
le courage de nous relever après chaque chute
comme tu l’as fait sur le chemin du Calvaire.
Je te prie, fais que nous sachions toujours apprécier
le don très grand et précieux de la vie
et que les échecs et les chutes
ne soient jamais un motif pour la rejeter,
conscients que si nous nous confions à toi
nous pouvons nous relever
et trouver la force d’avancer,
toujours.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenO quam tristis et afflicta,
fuit illa benedicta,
mater Unigeniti.

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère
De l’Evangile selon Luc (Lc 2, 34-35).

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre ».

Je te vois, Jésus, quand tu rencontres ta mère. Marie est là, elle marche dans la rue pleine de monde, il y a beaucoup de personnes à côté d’elle. L’unique chose qui la distingue des autres est le fait qu’elle est là pour accompagner son fils. Une situation qui se vérifie quotidiennement : les mamans accompagnent leurs enfants à l’école, ou chez le médecin, ou les amènent avec elles au travail. Mais Marie se distingue des autres mamans : elle accompagne son fils qui va mourir. Voir son propre fils mourir est le pire destin que l’on puisse souhaiter à une personne, le plus contre nature ; encore plus atroce si le fils, innocent, va mourir par les mains de la justice. Quelle scène contre nature et injuste devant mes yeux ! Ma mère m’a éduqué au sens de la justice et à avoir confiance en la vie, mais ce que mes yeux voient aujourd’hui n’a rien de cela, est privé de sens et plein de douleur.

Je te vois, Marie, tandis que tu regardes ton pauvre enfant : il a les marques de la flagellation sur le dos et il est contraint de porter le poids de la croix, probablement il tombera bientôt sous elle en raison de la fatigue. Pourtant tu savais que, tôt ou tard, cela arriverait, cela t’avait été prophétisé, mais à présent ce qui est arrivé est tout différent ; et c’est toujours ainsi, nous sommes toujours démunis devant la vie, devant sa cruauté. Marie, à présent tu es triste, comme le serait n’importe quelle femme à ta place, mais tu n’es pas désespérée. Tes yeux ne sont pas éteints, ils ne regardent pas dans le vide, tu ne marches pas la tête basse. Tu es resplendissante, même dans ta tristesse, parce que tu as l’espérance, tu sais que le voyage de ton fils ne sera pas un aller simple et tu sais, tu le sens comme seules les mamans le sentent, que tu le reverras bientôt.

Je te prie, Seigneur : aide-nous
à tenir toujours présent l’exemple de Marie,
qui a accepté la mort de son fils
comme un grand mystère de salut.
Aide-nous à agir avec le regard tourné vers le bien des autres
et à mourir dans l’espérance de la résurrection
et avec la conscience de n’être jamais seuls,
ni abandonnés de Dieu, ni de Marie,
mère bonne qui a toujours à cœur ses enfants.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenQuoe moerebat et dolebat
pia Mater, dum videbat
Nati poenas incliti.

Cinquième station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter la croix
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 26)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus.

Je te vois, Jésus, écrasé sous le poids de la croix. Je vois que tu n’y arrives pas tout seul; en ce moment-même de l’effort le plus grand, tu es resté seul, ceux qui se disaient tes amis ne sont pas là : Judas t’a trahi, Pierre t’a renié, les autres t’ont abandonné. Mais voici une rencontre imprévue, quelqu’un, un homme quelconque, qui peut-être avait entendu parler de toi et pourtant ne t’avait pas suivi, et au contraire à présent est là, à tes côtés, épaule contre épaule, à partager ton joug. Il s’appelle Simon et c’est un étranger qui vient de loin, de Cyrène. Pour lui aujourd’hui un imprévu, qui se révèle une rencontre.

Elles sont infinies les rencontres et les heurts que nous vivons chaque jour, surtout nous les jeunes qui entrons continuellement en contact avec des réalités nouvelles, des personnes nouvelles. Et c’est dans la rencontre inattendue, dans l’incident, dans la surprise qui désoriente qu’est cachée l’opportunité d’aimer, de découvrir le meilleur dans le prochain, même quand il nous semble différent.

Parfois, nous nous sentons comme toi, Jésus, abandonnés de ceux que nous croyions être nos amis, sous un poids qui nous écrase. Mais nous ne devons pas oublier qu’il y a un Simon de Cyrène prêt à prendre notre croix. Nous ne devons pas oublier que nous ne sommes pas seuls, et de cette conscience nous pouvons tirer la force de nous charger de la croix de celui qui est à nos côtés.

Je te vois, Jésus : maintenant il semble que tu éprouves un peu de soulagement, tu réussis un instant à respirer à présent que tu n’es plus seul. Et je vois Simon : qui sait s’il a fait l’exéprience que ton joug est léger, qui sait s’il se rend compte de ce que signifie cet imprévu dans sa vie.

Seigneur, je te prie afin que chacun de nous
puisse trouver le courage d’être comme le Cyrénéen,
qui prend la croix et suit tes pas.
Que chacun de nous soit assez humble et fort
pour se charger de la croix de ceux que nous rencontrons.
Fais que, quand nous nous sentons seuls,
nous puissions reconnaître sur notre route un Simon de Cyrène
qui s’arrête et se charge de notre fardeau.
Donne-nous de savoir chercher le meilleur dans chaque personne,
d’être ouverts à chaque rencontre même dans la différence.
Je te prie afin que chacun de nous
puisse à l’improviste se découvrir à tes côtés.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenQuis est homo qui non fleret
Matrem Christi si videret
in tanto supplicio.

Sixième station : Véronique essuie le visage de Jésus
Du livre du prophète Isaïe (Is 53, 2-3)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.

Je te vois, Jésus, misérable, presque méconnaissable, traité comme le dernier des hommes. Tu marches péniblement vers ta mort le visage ensanglanté et défiguré, et cependant, comme toujours, doux et humble, tourné vers le ciel. Une femme se fraye un chemin à travers la foule pour voir de près ton visage qui, peut-être, avait tant de fois parlé à son âme, et qu’elle avait aimé. Elle le voit souffrant et elle veut le soulager. Ils ne la laissent pas passer, ils sont trop nombreux, et armés. Mais tout cela n’a pas d’importance pour elle ; elle est déterminée à te rejoindre et elle parvient, un moment, à te toucher, à te caresser avec son voile. Sa force est la force de la tendresse. Vos regards se croisent un instant, le visage dans le visage de l’autre.

Cette femme, Véronique, dont nous ne savons rien, dont nous ne connaissons pas l’histoire, gagne le Paradis par un simple geste de charité. Elle s’approche de toi, elle observe ton visage torturé et elle l’aime plus encore qu’avant. Véronique ne s’arrête pas aux apparences qui sont si importantes aujourd’hui dans notre société d’images. Mais elle aime inconditionnellement un visage laid, pas soigné, pas maquillé et imparfait. Ce visage, ton visage, Jésus, montre dans son imperfection même la perfection de ton amour pour nous.

Je te prie, Jésus, donne-moi la force
de m’approcher des autres personnes, de toute personne,
jeune ou âgée, pauvre ou riche, qui m’est chère ou qui m’est inconnue,
et de voir en ces visages ton visage.
Aide-moi à ne pas tarder
à secourir le prochain chez qui tu demeures,
comme Véronique a accouru vers toi sur le chemin du Calvaire.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenQuis non posset contristari,
Christi Matrem contemplari
dolentem cum Filio.

Septième station : Jésus tombe pour la deuxième fois
Du livre du prophète Isaïe (Is 53, 8.10)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Arrêté puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple. […] Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur.

Je te vois, Jésus, tomber de nouveau devant mes yeux. En tombant encore tu me montres que tu es un homme, un homme véritable. Et je vois que tu te relèves de nouveau, plus décidé qu’avant. Tu ne te relèves pas avec orgueil ; il n’y a pas d’orgueil dans ton regard, il y a de l’amour. Et en poursuivant ta marche, en te relevant après chaque chute, tu annonces ta résurrection, tu montres que tu es prêt à charger une fois encore et pour toujours, sur tes épaules sanglantes le poids du péché de l’homme.

En tombant encore tu nous as donné un message clair d’humilité ; tu es tombé à terre, sur cet humus dont nous, les humains, sommes nés. Nous sommes terre, nous sommes boue, nous ne sommes rien comparés à toi. Mais tu as voulu devenir comme nous, et maintenant tu te montres proche de nous, avec nos propres peines, nos propres faiblesses, la même sueur à notre front. Maintenant toi aussi, en ce vendredi, comme il nous arrive à nous aussi, tu es prostré de douleur. Mais tu as la force de continuer, tu n’as pas peur des difficultés que tu peux rencontrer, et tu sais qu’à la fin des peines il y a le Paradis ; tu te relèves, justement, pour t’y rendre, pour nous ouvrir les portes de ton Royaume. Tu es un Roi étrange, un roi dans la poussière.

Je suis pris de vertige : nous ne sommes pas dignes de comparer nos peines et nos chutes aux tiennes. Les tiennes sont un sacrifice, le sacrifice le plus grand que mes yeux et que toute l’histoire ne pourront jamais voir.

Je te prie, Seigneur, fais que nous soyons prêts à nous relever après être tombés,
que nous puissions apprendre quelque chose de nos échecs.
Rappelle-nous que, lorsqu’il nous arrive de nous tromper et de tomber,
si nous sommes avec toi et que nous serrons ta main,
nous pouvons apprendre et nous relever.
Fais que nous, les jeunes, puissions porter à tous ton message d’humilité
et que les générations à venir ouvrent les yeux sur toi
et sachent comprendre ton amour.
Enseigne-nous à aider celui qui souffre et tombe à côté de nous,
à essuyer sa sueur et à tendre la main pour le remettre debout.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenPro peccatis suoe gentis
vidit Iesum in tormentis,
et flagellis subditum.

Huitième station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 27-31).

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se tourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi. Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Voici venir des jours où l’on dira : “Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité !” Alors on dira aux montagnes : “Tombez sur nous”, et aux collines : “Cachez nous”. Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? »

Je te vois et je t’écoute, Jésus, alors que tu parles aux femmes que tu rencontres sur ta route vers la mort. Durant toutes tes journées tu es passé en rencontrant beaucoup de personnes, tu es allé à la rencontre et tu as parlé avec tous. Maintenant tu parles avec les femmes de Jérusalem qui te voient et qui pleurent. Je suis moi aussi l’une de ces femmes. Mais toi, Jésus, dans ton avertissement, tu utilises des mots qui me touchent, ce sont des paroles concrètes et directes. A première vue elles peuvent sembler dures et sévères, parce qu’elles sont franches. Aujourd’hui nous sommes en effet habitués à un monde de paroles tortueuses. Une froide hypocrisie voile et filtre ce que nous voulons réellement dire ; on évite de plus en plus les mises en garde, on préfère laisser l’autre à son destin, ne prenant pas la peine de le solliciter pour son bien.

Alors que toi, Jésus, tu parles aux femmes comme un père, même en les réprimandant ; tes paroles sont des paroles de vérité, elles sont immédiates avec pour seul but la correction, non pas le jugement. C’est un langage différent du nôtre, tu parles toujours avec humilité et tu parviens droit au cœur.

Dans cette rencontre, la dernière avant la croix, une fois encore ton amour apparaît sans mesure envers les derniers et les exclus. En effet, les femmes à cette époque n’étaient pas considérées comme dignes d’être sollicitées, alors que toi, dans ta gentillesse, tu es vraiment révolutionnaire.

Je te prie, Seigneur, fais que moi,
avec les femmes et les hommes de ce monde,
nous puissions devenir toujours plus charitables
vis-à-vis de ceux qui sont dans le besoin, comme toi tu as fait.
Donne-nous la force d’aller à contre-courant
et d’entrer en contact authentique avec les autres,
en jetant des ponts et en évitant de nous enfermer dans l’égoïsme
qui nous conduit à la solitude du péché.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenEia, Mater, fons amoris,
me sentire vim doloris
fac, ut tecum lugeam.

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois
Du livre du prophète Isaïe (Is 53, 5-6)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

C’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.

Je te vois, Jésus, alors que tu tombes pour la troisième fois. Deux fois déjà tu es tombé et deux fois tu t’es relevé. Il n’y a plus de limites à ta fatigue et à ta douleur, tu sembles désormais définitivement vaincu dans cette troisième et dernière chute. Combien de fois, dans la vie de tous les jours, il nous arrive de tomber ! Nous tombons si souvent que nous ne savons plus combien de fois, mais nous espérons toujours que chaque chute sera la dernière, car il faut le courage de l’espérance pour faire face à la souffrance. Quand quelqu’un tombe si souvent, à la fin les forces disparaissent et l’espérance s’évanouit définitivement.

Je m’imagine près de toi, Jésus, sur le parcours qui te conduit à la mort. Il est difficile de penser que tu es le Fils de Dieu en personne. Quelqu’un a déjà essayé de t’aider mais tu es maintenant épuisé, tu es arrêté, paralysé et il semble que tu ne parviendras plus à continuer. Mais voilà que, soudain, je vois que tu te relèves, tu redresses les jambes et le dos, autant qu’il est possible avec une croix sur les épaules, et tu recommences à marcher. Oui, tu marches vers la mort, mais tu veux le faire jusqu’au bout. C’est peut-être ça l’amour. Ce que je comprends c’est que le nombre de nos chutes n’a pas d’importance. Il y aura toujours la dernière, peut-être la pire, l’épreuve la plus terrible dans laquelle nous sommes appelés à trouver la force pour arriver au bout du chemin. Pour Jésus, la fin est la crucifixion, l’absurdité de la mort, mais qui révèle un sens plus profond, un but plus haut, celui de nous sauver tous.

Je te prie, Seigneur, donne-nous chaque jour
le courage pour continuer sur notre chemin.
Fais que nous accueillions jusqu’au bout
l’espérance et l’amour que tu nous a donnés.
Que tous puissent faire face aux défis de la vie
avec la force et la foi avec lesquelles tu as vécu
les derniers moments de ton chemin
vers la mort sur la croix.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenFac ut ardeat cor meum
in amando Christum Deum
ut sibi complaceam.

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements
De l’Evangile selon Jean (Jn 19, 23)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une seule pièce de haut en bas.

Je te vois, Jésus, nu, comme je ne t’ai jamais vu. Ils t’ont privé de tes vêtements, Jésus, et ils se les sont tirés au sort. Aux yeux de ces hommes, tu as perdu le seul lambeau de dignité qui t’était resté, le seul objet que tu avais en ta possession sur ton chemin de souffrance. A l’aube des temps, ton Père avait cousu des vêtements pour les hommes, pour les revêtir de dignité ; maintenant ce sont des hommes qui te les arrachent. Je te vois, Jésus, et je vois un jeune migrant, le corps détruit qui arrive sur une terre trop souvent cruelle, prête à lui prendre son vêtement, son seul bien, et à le vendre ; prête à le laisser comme ça avec sa seule croix, comme la tienne, avec seulement sa peau martyrisée, comme la tienne, avec seulement ses yeux remplis de souffrance, comme les tiens.

Mais il y une chose que les hommes oublient souvent à propos de la dignité : elle se trouve sous ta peau, elle fait partie de toi et sera toujours avec toi, et encore plus en cet instant, dans cette nudité.

La nudité avec laquelle nous naissons est la même avec laquelle la terre nous accueille au soir de la vie. D’une mère à l’autre. Et là, maintenant, sur cette colline, se trouve aussi ta mère qui te voit nu de nouveau.

Je te vois et je comprends la grandeur et la splendeur de ta dignité, de la dignité de tout homme que personne ne pourra jamais supprimer.

Je te prie, Seigneur, fais que tous, nous puissions reconnaître
la dignité propre de notre nature,
même quand nous nous retrouvons nus et seuls devant les autres.
Fais que nous puissions toujours voir la dignité des autres,
l’estimer, et veiller sur elle.
Nous te prions de nous accorder le courage nécessaire
pour nous comprendre nous-mêmes au-delà de notre apparence ;
et d’accepter la nudité qui nous appartient,
et qui nous rappelle notre pauvreté,
que tu as aimée jusqu’à donner ta vie pour nous.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenSancta Mater, istud agas,
Crucifixi fige plagas
cordi meo valide.

Onzième station : Jésus est cloué sur la croix
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 33-34)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Lorsqu’ils furent arrivés au lieu-dit : Le Crâne (ou Calvaire), là ils crucifièrent Jésus, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Je te vois, Jésus, dépouillé de tout. Ils ont voulu te punir, toi innocent, en te clouant sur le bois de la croix. Qu’est-ce que j’aurais fait à leur place, aurais-je eu le courage de reconnaître ta vérité, et la mienne ? Tu as eu la force de supporter le poids d’une croix, de ne pas être cru, d’être condamné pour tes paroles dérangeantes. Aujourd’hui, nous ne parvenons pas à digérer une critique, comme si chaque parole était prononcée pour nous blesser.

Tu ne t’es pas non plus arrêté devant la mort, tu as profondément cru en ta mission et tu as fait confiance à ton Père. Aujourd’hui, dans le monde d’Internet, nous sommes tellement conditionnés par tout ce qui circule sur les réseaux que, parfois, je doute même de mes paroles. Mais, tes paroles sont différentes, elles sont fortes dans ta faiblesse. Tu nous as pardonnés, tu n’as pas gardé de rancune, tu as enseigné à tendre l’autre joue et tu es allé jusqu’au sacrifice total de ta personne.

Je regarde autour de moi et je vois des yeux fixés sur l’écran du téléphone, occupés sur les réseaux sociaux à épingler toutes les erreurs des autres sans possibilité de pardon. Des hommes qui, sous le coup de la colère, crient se détester pour les motifs les plus futiles.

Je regarde tes blessures et je suis conscient, maintenant, que je n’aurais pas eu ta force. Mais je suis assise ici à tes pieds, et je me dépouille moi aussi de toute hésitation, je me lève de terre pour pouvoir être plus proche de toi, ne serait-ce que de quelques centimètres.

Je te prie, Seigneur, fais que devant le bien,
je puisse avoir la promptitude pour le reconnaître ;
Fais que devant une injustice, je puisse avoir
le courage de prendre en main ma vie et d’agir différemment ;
fais que je puisse me libérer de toutes les peurs
qui, comme des clous, me paralysent et me tiennent éloignée
de la vie que tu as espérée et préparée pour nous.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenTui Navi vulnerati
tam dignati pro me pati,
poenas mecum divide.

Douzième station : Jésus meurt sur la croix.
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 44-47)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure, car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. Alors Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit ». Et après avoir dit cela, il expira. A la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : “Celui-ci était réellement un homme juste ».

Je te vois, Jésus, et cette fois je ne voudrais pas te voir. Tu vas mourir. Tu étais beau à regarder quand tu parlais aux foules, mais maintenant tout est fini. Et, je ne veux pas voir la fin ; tant de fois j’ai tourné le regard de l’autre côté, je me suis presqu’habitué à fuir la souffrance et la mort, je me suis anesthésié.

Ton cri sur la croix est fort, déchirant : nous n’étions pas préparés à tant de souffrance, nous ne le sommes pas, nous ne le serons jamais. Nous fuyons d’instinct, en proie à la panique, face à la mort et à la souffrance, nous les refusons, nous préférons regarder ailleurs ou fermer les yeux. Au contraire, toi, tu restes là sur la croix, tu nous attends les bras ouverts, en nous ouvrant les yeux.

C’est un grand mystère, Jésus : tu nous aimes en mourant, en étant abandonné, en donnant ton esprit, en accomplissant la volonté du Père, en te retirant. Tu restes sur la croix tout simplement. Tu n’essaies pas d’expliquer le mystère de la mort ; dans l’accomplissement de toutes choses, tu fais davantage : tu l’as traversé avec tout ton corps et tout ton esprit. Un grand mystère, qui continue à nous interroger et à nous inquiéter ; il nous défie, il nous invite à ouvrir les yeux, à savoir voir ton amour même dans la mort, ou mieux à partir vraiment de la mort. C’est là que tu nous as aimés : dans notre condition la plus vraie, incontournable et inévitable. C’est là que nous saisissons, bien que ce soit encore de manière imparfaite, ta présence vivante et authentique. De cela, toujours, nous aurons soif : de ta proximité, que tu sois Dieu avec nous.

Je te prie, Seigneur, ouvre mes yeux,
que je te voie même dans les souffrances,
dans la mort, dans la fin qui n’est pas la vraie fin.
Dérange mon indifférence avec ta croix, secoue ma torpeur.
Interroge-moi toujours avec ton mystère bouleversant,
qui dépasse la mort et donne la vie.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenVidit suum dulcem Natum
moriendo desolatum
dum emisit spiritum.

Treizième station : Jésus est descendu de la croix
De l’Evangile selon Jean (Jn 19, 38-40)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts.

Je te vois, Jésus, encore, là, sur la croix. Un homme en chair et en os, avec ses fragilités, avec ses peurs. Comme tu as souffert ! C’est une scène insoutenable, peut-être justement parce qu’elle est empreinte d’humanité : c’est cela le mot-clef, la marque de ton chemin, jalonné de souffrance et de fatigue. Précisément cette humanité que nous oublions souvent de reconnaître en toi et de chercher en nous-mêmes et dans les autres, trop absorbés par une vie qui appuie sur l’accélérateur, aveugles et sourds face aux difficultés et aux souffrances des autres.

Je te vois, Jésus : maintenant tu n’es plus là, sur la croix ; tu es retourné là d’où tu es venu, étendu sur le sein de la terre, sur le sein de ta mère. Maintenant, la souffrance est passée, elle a disparu. C’est l’heure de la compassion. Dans ton corps sans vie retentit la force avec laquelle tu as affronté la souffrance ; le sens que tu as réussi à lui donner se reflète dans les yeux de celui qui est encore là et qui est resté à tes côtés et qui toujours le restera dans l’amour, donné et reçu. S’ouvre pour toi, pour nous, une nouvelle vie, celle-là céleste, sous le signe de ce qui résiste et n’est pas brisé par la mort : l’amour. Tu es là, avec nous, à chaque instant, à chaque pas, à chaque hésitation, à chaque obscurité. Alors que l’ombre du sépulcre s’étend sur ton corps gisant entre les bras de ta mère, je te vois et j’ai peur mais je ne désespère pas, j’ai confiance que la lumière, ta lumière, resplendira de nouveau.

Je te prie, Seigneur,
fais que, en nous, soit toujours vive l’espérance,
la foi en ton amour inconditionnel.
Que nous puissions maintenir toujours vivant et ouvert
le regard vers le salut éternel,
et que nous réussissions à trouver repos et paix sur notre chemin.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenFac me tecum pie flere,
Crucifixo condolere,
donec ego vixero.

Quatorzième station : Jésus est déposé dans le sépulcre
De l’Evangile selon Jean (Jn 19, 41-42)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

A l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne. A cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

Je ne te vois plus, Jésus, maintenant il fait nuit. De longues ombres tombent des collines, et les lanternes du Sabbat foisonnent à Jérusalem, hors des maisons et dans les chambres. Elles frappent aux portes du ciel, fermé et impénétrable : pour qui est une telle solitude ? Qui peut dormir dans une telle nuit? La ville résonne des pleurs des enfants, des chants de leurs mères, des patrouilles des soldats : ce jour meurt, et seul tu t’es endormi. Tu dors ? Et sur quel lit ? Quelle couverture te cache au monde ?

De loin, Joseph d’Arimathie a suivi tes pas, et maintenant sur la pointe des pieds, il t’accompagne dans ton sommeil, il te soustrait aux regards des indignés et des méchants. Un linceul enveloppe ton corps froid, éponge le sang et la sueur et les larmes. De la croix tu tombes, mais avec légèreté, Joseph te hisse sur ses épaules, mais tu es léger : tu ne portes pas le poids de la mort, ni de la haine, ni de la rancœur. Tu dors comme lorsque tu étais enveloppé dans la paille tiède et qu’un autre Joseph te tenait dans ses bras. Comme à l’époque il n’y avait pas de place pour toi, maintenant tu n’as rien où poser la tête : mais sur le Calvaire, sur la dure tête du monde, là-bas s’élève un jardin où personne encore n’a été enterré.

Où es-tu allé Jésus ? Où es-tu descendu, si ce n’est dans les profondeurs ? Où, si ce n’est dans cet endroit encore vierge, dans la prison la plus étroite ? Tu es pris dans nos propres pièges, tu es emprisonné dans notre propre tristesse : comme nous tu as cheminé sur la terre, et maintenant sous la terre, comme nous, tu prends place.

Je voudrais courir loin, mais tu es au dedans de moi ; je n’ai pas à sortir à ta recherche, parce que tu frappes à ma porte.

Je te prie, Seigneur, toi qui ne t’es pas manifesté dans la gloire
mais dans le silence d’une nuit obscure.
Toi qui ne regardes pas la surface, mais qui vois dans le secret
et qui entres dans les profondeurs,
des profondeurs écoute notre voix :
fais que, fatigués, nous puissions nous reposer en toi,
reconnaître en toi notre nature,
voir dans l’amour de ton visage endormi
notre beauté perdue.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenQuando corpus morietur,
fac ut animae donetur
Paradisi gloria.
Amen.

 

Il Santo Padre
Il Signore sia con voi
E con il tuo Spirito
Sia benedetto il nome del Signore
Ora e sempre
Il nostro aiuto è nel nome del Signore.
Egli ha fatto cielo e terra.
Vi benedica Dio omnipotente
Padre – e Figlio – e Spirito – Sancto
Amen

Office des Ténèbres

L’Office des Ténèbres est le nom donné dans le rite romain, avant la réforme de Pie XII en 1955, aux matines et aux laudes des trois derniers jours de la Semaine sainte (jeudi, vendredi, samedi), qui selon la coutume de cette période, étaient anticipées le soir précédent. L’office devait «commencer de manière à finir après le coucher du soleil», d’où le nom de «Ténèbres».

Ces offices revêtent un caractère de deuil, de tristesse et de douleur. Toutes les parties ordinaires des matines sont omises (invitatoire, Gloria Patri à la fin des psaumes, hymne, capitule, bénédiction, etc.).

Le choix des psaumes met sous les yeux les douleurs de la Passion de Jésus-Christ :

  • le Jeudi saint, au Jardin des Oliviers
    • Les leçons du 1er nocturne sont tirées des Lamentations de Jérémie où le prophète pleure la ruine et la destruction de Jérusalem et de son temple.Pendant le chant du Benedictus, on éteint progressivement 14 des 15 cierges placés dans un chandelier triangulaire et allumés avant l’office. Après on prend le quinzième cierge, celui qui est placé au sommet du chandelier, et on le cache derrière l’autel jusqu’à la conclusion de l’office, à moins que l’autel ne soit pas dans l’abside mais versus populum, auquel cas on le cache dans une lanterne de boisCet office dure entre une heure trente et deux heures quarante-cinq. Certaines paroisses choisissent alors de ne chanter que le premier nocturne.
      (numérotation des psaumes selon la Vulgate sixto-clémentine)Cet office continue d’être chanté par certaines abbayes bénédictines (à l’instar de Solesmes), la Communauté Saint-Martin, les Fraternités monastiques de Jérusalem, la Communauté Aïn Karem et dans certains couvents dominicains, en latin ou en langue vernaculaire.
  • le Vendredi saint, devant les tribunaux au Calvaire
  • le Samedi saint, au Sépulcre.

Le Jeudi saint
1er nocturne
Psaume 68 (Salvum me fac, Deus)
avec son antienne Zelus domus tuae ;
à la fin du psaume, on éteint un des cierges du chandelier triangulaire ;
Psaume 69 (Deus, in adjutorium meum intende) avec son antienne Avertantur retrorsum ;
à la fin du psaume, on éteint un deuxième cierge du chandelier triangulaire ;
Psaume 70 (In te, Domine, speravi) avec son antienne Deus meus, eripe me ;
on éteint un troisième cierge ;
Versicule Avertantur retrorsum ;
Pater noster en silence ;
1re leçon : Commencement des Lamentations du prophète Jérémie (Lm 1, 1-5) (Livre des lamentations) ;
1er répons : In monte Oliveti ;
2e leçon : suite des Lamentations (Lm 1, 6-9) ;
2e répons : Tristis est anima mea ;
3e leçon : suite des Lamentations (Lm 1, 10-14) ;
3e répons : Ecce vidimus eum.

2e nocturne
Psaume 71 (Deus, judicium tuum regi da) avec son antienne Liberavit Dominus pauperem ; on éteint un quatrième cierge ;
Psaume 72 (Quam bonus Israël Deus) avec son antienne Cogitaverunt impii ; on éteint un cinquième cierge ;
Psaume 73 (Ut quid, Deus, repulisti in finem) avec son antienne Exsurge, Domine ; on éteint un sixième cierge ;
Versicule Deus meus, eripe me ;
Pater noster en silence ;
4e leçon : Tirée des Commentaires de saint Augustin sur le psaume 54 (Ps 54, 1-10 réparti sur les leçons 4 à 6)6 ;
4e répons : Amicus meus ;
5e leçon : suite des Commentaires (Ps 54) ;
5e répons : Judas mercator ;
6e leçon : suite des Commentaires (Ps 54) ;
6e répons : Unus ex discipulis meis.

3e nocturne
Psaume 74 (Confitebimur tibi, Deus) avec son antienne Dixi iniquis ; on éteint un septième cierge ;
Psaume 75 (Notus in Judea Deus) avec son antienne Terra tremuit ; on éteint un huitième cierge ;
Psaume 76 (Voce mea ad Dominum clamavi) avec son antienne In die tribulationis meae ; on éteint un neuvième cierge ;
Versicule Exsurge, Domine ;
Pater noster en silence ;
7e leçon : tirée de la première Épître aux Corinthiens (1 Co 11, 17-22) ;
7e répons : Eram quasi Agnus ;
8e leçon : suite de l’Épître aux Corinthiens (1 Co 11, 23-26) ;
8e répons : Una hora ;
9e leçon : suite de l’Épître aux Corinthiens (1 Co 11, 27-34) ;
9e répons : Seniores populi.

Laudes
Psaume 50 (Miserere) avec son antienne Justificeris, Domine ; on éteint un dixième cierge ;
Psaume 89 (Domine, refugium factus es nobis) avec son antienne Dominus tamquam ovis ; on éteint un onzième cierge ;
Psaume 35 (Dixit injustus) avec son antienne Contritum est cor meum ; on éteint un douzième cierge ;
Cantique de Moïse (Exode 15, 1-19) avec son antienne Exhortatus es ; on éteint un treizième cierge ;
Psaume 146 (Laudate Dominum quoniam bonus est psalmus) avec son antienne Oblatus est ; on éteint un quatorzième cierge ; seul le cierge central du chandelier triangulaire est encore allumé ;
Cantique de Zacharie (Benedictus) avec son antienne Traditor autem ; après chaque paire de versets, on éteint l’un des six cierges de l’autel. Après la répétition de l’antienne, on enlève le cierge supérieur du chandelier triangulaire et on le cache derrière l’autel ;
Première partie du graduel Christus factus est, en terminant à «usque ad mortem» ;
Pater noster en silence ;
Oraison Respice, quaesumus, Domine, super hanc familiam tuam.

Le Vendredi saint
1er nocturne
Psaume 2 (Quare fremuerunt gentes) avec son antienne Astiterunt reges terrae ;
on éteint le premier cierge du chandelier triangulaire, et ainsi de suite, comme au Jeudi saint ;
Psaume 21 (Deus, Deus meus, respice in me) avec son antienne Diviserunt sibi ;
Psaume 26 (Dominus illuminatio mea) avec son antienne Insurrexerunt in me ;
Versicule Diviserunt sibi ;
Pater noster en silence ;
1re leçon : tirée des Lamentations du prophète Jérémie (Lm 2, 8-11) ;
1er répons : Omnes amici mei ;
2e leçon : suite des Lamentations (Lm 2, 12-15) ;
2e répons : Velum templi ;
3e leçon : suite des Lamentations (Lm 3, 1-9) ;
3e répons : Vinea mea electa.

2e nocturne
Psaume 37 (Domine, ne in furore tuo) avec son antienne Vim faciebant ;
Psaume 39 (Expectans expectavi Dominum) avec son antienne Confundantur et revereantur ;
Psaume 53 (Deus, in nomine tuo salvum me fac) avec son antienne Alieni insurrexerunt in me ;
Versicule Insurrexerunt in me ;
Pater noster en silence ;
4e leçon : tirée des Commentaires de saint Augustin sur les psaumes (psaume 63, 2) ;
4e répons : Tamquam ad latronem ;
5e leçon : suite des Commentaires (Ps 63) ;
5e répons : Tenebrae factae sunt ;
6e leçon : suite des Commentaires (Ps 63) ;
6e répons : Animam meam dilectam.

3e nocturne
Psaume 58 (Eripe me de inimicis meis) avec son antienne Ab insurgentibus in me ;
Psaume 87 (Domine Deus, salutis meae) avec son antienne Longe fecisti ;
Psaume 93 (Deus ultionum Dominus) avec son antienne Captabunt in animam justi ;
Versicule Locuti sunt adversum me ;
Pater noster en silence ;
7e leçon : tirée de l’Épître aux Hébreux (He 4, 11-15) ;
7e répons : Tradiderunt me;
8e leçon : suite de l’Épître aux Hébreux (He 4, 16–5, 3) ;
8e répons : Jesum tradidit impius ;
9e leçon : suite de l’Épître aux Hébreux (He 5, 4-10) ;
9e répons : Caligaverunt oculi mei.

Laudes
Psaume 50 (Miserere) avec son antienne Proprio Filio suo ;
Psaume 142 (Domine, exaudi orationem meam) avec son antienne Anxiatus est in me ;
Psaume 84 (Benedixisti, Domine) avec son antienne Ait latro ad latronem ;
Cantique d’Habacuc (3, 2-19) avec son antienne Dum conturbata fuerit ;
Psaume 147 (Lauda, Jerusalem, Dominum) avec son antienne Memento mei, Domine Deus ;
Versicule Collocavit me ;
Cantique de Zacharie (Benedictus) avec son antienne Posuerunt super caput ejus ;
le graduel Christus factus est, en omettant son verset ;
Pater noster en silence ;
Oraison Respice, quaesumus, Domine, super hanc familiam tuam.

Le Samedi saint
1er nocturne
Psaume 4 (Cum invocarem) avec son antienne In pace in idipsum ; on éteint le premier cierge du chandelier triangulaire, et ainsi de suite, comme au Jeudi saint ;
Psaume 14 (Domine, quis habitabit) avec son antienne Habitabit in tabernaculo tuo ;
Psaume 15 (Conserva me, Domine) avec son antienne Caro mea requiescet in spe ;
Versicule In pace in idipsum ;
Pater noster en silence ;
1re leçon : tirée des Lamentations du prophète Jérémie (Lm 3, 22-30) ;
1er répons : Sicut ovis ;
2e leçon : suite des Lamentations (Lm 4, 1-6) ;
2e répons : Jerusalem, surge ;
3e leçon : Commencement de la prière du prophète Jérémie (Lm 5, 1-11) ;
3e répons : Plange quasi virgo.

2e nocturne
Psaume 23 (Domini est terra et plenitudo ejus) avec son antienne Elevamini, portae eternales ;
Psaume 26 (Dominus illuminatio mea) avec son antienne Credo videre bona Domini ;
Psaume 29 (Exaltabo te, Domine) avec son antienne Domine, abstraxisti ab inferis animam meam ;
Versicule Tu autem, Domine ;
Pater noster en silence ;
4e leçon : tirée des Commentaires de saint Augustin sur les psaumes (Ps 63, 7) ;
4e répons : Recessit pastor noster ;
5e leçon : suite des Commentaires (Ps 63) ;
5e répons : O vos omnes ;
6e leçon : suite des Commentaires (Ps 63) ;
6e répons : Ecce quomodo moritur.

3e nocturne
Psaume 53 (Deus, in nomine tuo) avec son antienne Deus, adjuvat me ;
Psaume 75 (Notus in Judea, Deus) avec son antienne In pace, factus est ;
Psaume 87 (Domine, Deus salutis meae) avec son antienne Factus sum sicut homo sine adjutorio ;
Versicule In pace factus est ;
Pater noster en silence ;
7e leçon : tirée de l’Épître aux Hébreux (He 9, 11-14) ;
7e répons : Astiterunt reges terrae ;
8e leçon : suite de l’Épître aux Hébreux (He 9, 15-18) ;
8e répons : Aestimatus sum ;
9e leçon : suite de l’Épître aux Hébreux (He 9, 19-22) ;
9e répons : Sepulto Domino.

Laudes
Psaume 50 (Miserere) avec son antienne O mors, ero mors tua ;
Psaume 91 (Bonum est confiteri Domino) avec son antienne Plangent eum ;
Psaume 63 (Exaudi, Deus, orationem meam) avec son antienne Attendite, universi populi ;
Cantique d’Ezéchias (Is. 38, 10-20) avec son antienne A porta inferi ;
Psaume 150 (Laudate Dominum in sanctis ejus) avec son antienne O vos omnes ;
Versicule Caro mea ;
Cantique de Zacharie (Benedictus) avec son antienne Mulieres sedentes ad monumentum ;
Graduel Christus factus est en entier ;
Oraison Concede, quaesumus, omnipotens Deus, ut qui Filii tui resurrectionem.

Musique de l’Office des Ténèbres

Plusieurs musiciens se sont inspirés de l’office liturgique des Ténèbres pour composer des œuvres originales.

Marc-Antoine Charpentier a écrit plus de cinquante pièces. Il a emprunté le texte au Bréviaire en usage et au nouveau Bréviaire mis en place par l’archevêque de Paris, Mgr de Harlay, en 1680. Les textes sont par conséquent différents de celui du Bréviaire de Pie X, dont l’emploi est encore autorisé par le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. Ces Offices des Ténèbres portent souvent comme nom la veille du jour où ils étaient célébrés (office du mercredi-saint pour jeudi-saint, etc) car ils se déroulaient la veille au soir, et se terminaient après le coucher du soleil.

On possède également des Leçons de Ténèbres de Samuel Capricornus (1628-1665), de Michel-Richard de Lalande (1657-1726), et de François Couperin qui a écrit trois Leçons de Ténèbres (1714).

Le groupe franco-autrichien Elend a également composé un cycle de 3 albums sur l’Office des Ténèbres : Leçons de Ténèbres (1994), Les Ténèbres du Dehors (1996), The Umbersun (1998).

Pèlerinage Maria Brünnlein

La basilique de pèlerinage Maria Brünnlein est située à Wemding dans le diocèse d’Eichstätt . Il a reçu le titre de basilique mineure en 1998 par le pape Jean-Paul II .

En 1680 , le cordonnier Wemdinger Franz Forell a l’ image miraculeuse de Notre – Dame , debout sur l’autel de la grâce, de Rome à Wemding. Après la construction d’ une ancienne chapelle au- dessus du Schillerbrünnl en 1692 était due à l’écoulement pèlerin de plus en plus dans les années 1748-1782 selon les plans de la tête de l’ Ordre teutonique de M. Franz Joseph Roth aujourd’hui Rococo église.

Après une restauration de trois ans, la basilique brille depuis le 1er octobre 2003 dans une nouvelle splendeur. Selon un communiqué de presse du diocèse d’Eichstätt, les travaux de 4,5 millions d’euros étaient «urgemment nécessaires» : «Les défauts statiques et les dégâts dans le grenier ont provoqué des fissures dans les voûtes. Des ornements en stuc étaient tombés, de précieuses fresques s’étaient détachées. Les peintures au plafond ont été attaquées par le champignon, les autels latéraux ont souffert de moisissures. ”

Pour le pèlerinage Maria Brünnlein à consoler depuis le 17ème siècle, en particulier une statue en bois sculpté de Marie adoré. De nombreux pèlerins relient la visite de l’église de pèlerinage avec une boisson du Gnadenbrünnlein. Six pierres de dévotion faites par Ernst Steinacker en 1983 montrent le chemin de l’église. En 2009, 15 stèles d’ un nouveau carrefour ont été aménagées sur le sentier depuis le parking jusqu’au portail principal de la basilique ; le frère jésuite et le peintre de verre Michael Kampik (* 1948, † 6 février 2016) les a créés.

Equipement
  • L’autel de miséricorde dans le style rococo est fourni avec l’image de la grâce et est également appelé fontaine ou source autel. Il a été construit en 1756 par le sculpteur Johann Joseph Meyer du Tyrol. La sous-construction avec la fontaine et les volutes a été complétée en 1953 par Ernst Steinacker.
  • La chaire rococo avec les trois vertus divines Foi, Espoir, Amour vient de F. Anton Anwander de Landsberg am Lech .
  • Il y a des tablettes votives à remercier pour les audiences de prière.
  • Un sanctuaire du martyr romain Theodore Stratelates († 306) est situé sur l’autel Barbara.
  • Sur les entrées latérales sont des figures de St. Anna et Joachim .
Programme Marian

L’église de pèlerinage est décorée d’une peinture au plafond de Johann Baptist Zimmermann et de son fils Michael, qui montre la Mère de Dieu comme une source de vie. Autour de la fresque principale, douze médaillons de fontaine sont regroupés, qui se réfèrent symboliquement à Marie. D’autres symboles de la Vierge peuvent être trouvés sur les côtés et dans la zone d’entrée de l’église.

Aurora consurgens (Aube brillante)
Electa ut sol (Choix comme le soleil)
Domus aurea (Maison d’Or)
Mulier amicta sole (Femme habillée au soleil)
Signum foederis (signe de l’alliance)
Rose mystica (Rose mystérieuse)
Scala Iacob ( l’échelle de Jacob )
Turris Davidica ( Tour de David )
Stella matutina ( étoile du matin )
Pulchra ut luna (Belle comme la lune)
Templum Salomonis ( Temple de Salomon )
Mulier draconis victrix (Femme comme vainqueur du dragon)
Columba ramum ferens (pigeon avec rameau d’olivier)
Lilium inter spinas (lis parmi les épines)
Ianua coeli (porte du ciel)
Arca testamenti (Arche de l’alliance)

Messe Chrismale

La messe chrismale, du grec χρίσμα / khrísma qui veut dire huile ou onction, est la cérémonie au cours de laquelle l’évêque consacre le saint chrême. Cette huile sert pour les baptêmes célébrés lors de la Vigile pascale et tout au long de l’année liturgique pour les sacrements de baptême, confirmation et ordre.

La messe chrismale a lieu durant la Semaine Sainte : dans le rite catholique latin, la messe chrismale n’appartient pas, au sens strict, au Triduum pascal. Si elle a lieu le plus souvent le Jeudi Saint au matin, elle peut être transférée à un autre jour, pourvu qu’elle soit proche de Pâques. Beaucoup d’évêques, pour faciliter la participation des fidèles et des prêtres, choisissent un soir de l’un ou l’autre des jours saints, le lundi, le mardi ou le mercredi.

Durant la messe chrismale, l’évêque bénit les autres huiles saintes et consacre le Saint Chrême. Cette huile servira dès les baptêmes de Pâques puis tout au long de l’année pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre.

Au cours de cette messe qui manifeste l’unité de toute l’Église diocésaine autour de son évêque, les prêtres renouvellent leurs promesses sacerdotales : vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus, chercher à lui ressembler, renoncer à eux-mêmes, être fidèles aux engagements attachés à la charge ministérielle, célébrer les sacrements, annoncer la Parole de Dieu avec désintéressement et charité.

Origine

Le mot grec khrísma signifie onction, et a donné Christ et chrétien. L’onction renvoie à l’huile qui fait elle-même référence au roi ou au prêtre qui était oint dans l’Ancien Testament, c’est-à-dire pénétré de la présence divine. Saül et le Roi David ont tous les deux été oints par Samuel. C’est dans cette perspective que le futur roi de France était oint d’huile lors de la cérémonie de son sacre. L’onction est révélée en plénitude par Jésus dans le Nouveau Testament :  l’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction».

Les Huiles

L’huile parfumée indique la présence de quelqu’un qu’on ne voit, ni n’entend. Elle symbolise également une nourriture, un éclairage, un remède, un fortifiant. Avec le saint chrême qui fait l’objet d’une consécration spéciale, deux autres huiles sont également bénites lors de la célébration :

  • L’huile des catéchumènes qui sert dans les célébrations préparatoires au baptême surtout pour les adultes ou les enfants déjà grands ;
  • L’huile des malades qui sert dans la célébration du sacrement des malades.

 

Fatima