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Sainte Bernadette Soubirous

Prier avec Bernadette

Merci à Jérôme pour son intention de prière

Avec les mots des pèlerins :

Pour mettre dans vos pas mes pas trop hésitants,
s’il vous plaît, Bernadette, prêtez-moi vos sabots.

Ils sont pour moi un symbole, Ă  la fois, de bon sens,
d’esprit de pauvreté et de simplicité.
Vous savez bien, hélas, que tout cela me manque.
S’il vous plaît, Bernadette, prêtez-moi vos sabots.

Vous alliez ramasser le bois qui fait la flamme
et réunit les hommes en les réconfortant.
Pour que je puisse aussi réchauffer ceux qui cherchent
ou sourire, ou parole, ou silence, ou soutien,
s’il vous plaît, Bernadette, prêtez-moi vos sabots.

Et s’ils sont trop petits, qu’ils me rendent modeste.
Que j’avance en sachant que je suis limitée,
avec des petits pas, des chutes, et des « relèves ».
S’il vous plaît, Bernadette, prêtez-moi vos sabots.

Pour suivre de Marie la route de confiance,
pour découvrir l’Eau Vive offerte aux assoiffés,
pour se rendre au repas oĂą JĂ©sus nous invite
afin de partager sa parole et son pain,
s’il vous plaît, Bernadette, prêtez-moi vos sabots.

Pour monter vers le Père qui m’attend et qui m’aime,
pour entrer dans la fĂŞte au bout du chemin,
après avoir marché, portant mes joies, mes peines,
tout en vous demandant de me donner la main,
s’il vous plaît, Bernadette, prêtez-moi vos sabots.

Marie-Louise Pierson

Prier avec Bernadette

Merci à Jérôme pour son intention de prière

Avec les mots de Bernadette :

«O Jésus donnez-moi je vous prie le pain de l’humilité,
le pain d’obéissance,
le pain de charité,
le pain de force pour rompre ma volonté et la fondre à la vôtre…
le pain de patience pour supporter les peines que mon cœur souffre …
le pain de ne voir que vous seul en tout et toujours»

« J’ai espéré en vous Seigneur.
Soyez ma maison de refuge car vous êtes ma force »

«Celui-ci me suffit… Jésus seul pour richesse»

Divines Apparitions

Apparitions, stigmates, lévitations…, les miracles associés
à la religion, en particulier catholique, sont légion.

L’Église n’accepte pas tout, mais entretient la flamme.
Retour sur les multiples visages de  l’« extra-ordinaire »

Au chapitre des apparitions, les plus célèbres sont sans aucun doute celles de :

Marie de Nazareth

La mère de Jésus est apparue dans plus de cent dix lieux répertoriés depuis l’an 850, en incluant les manifestations miraculeuses comme les icônes qui pleurent. En tout, des milliers de mariophanies ont été comptabilisées, mais selon l’historien Joachim Bouflet, seules 2 % auraient été authentifiées. Bien sûr, dans de nombreux cas, il s’agit d’apparitions multiples, parfois sur de longues périodes. Ainsi, celles survenues à

  • Le Laus (Hautes-Alpes), oĂą la Vierge est apparue de mai Ă  aoĂ»t 1664 Ă  BenoĂ®te Rencurel, qui fut dĂ©clarĂ©e vĂ©nĂ©rable en 1872 (reconnaissance officielle par Mgr Di Falco le 4 mai 2008) ;
  • Pocs, en Hongrie, une icĂ´ne « Hodigitria » de Marie se mit Ă  verser des larmes pendant un mois, en 1696, devant les fidèles Ă©bahis rĂ©unis pour la messe. L’icĂ´ne fut transfĂ©rĂ©e, mais une autre pleura Ă  nouveau pendant deux semaines en aoĂ»t 1715. Et le phĂ©nomène se manifesta encore près de deux siècles plus tard, en 1905, pendant plus d’un mois.
  • Lourdes – L’annĂ©e 1858 est bien sĂ»r cĂ©lèbre pour l’apparition de l’ImmaculĂ©e Conception Ă  Bernadette Soubirous dans la grotte de Massabielle, Ă  Lourdes, qui se reproduisit du 11 fĂ©vrier au 16 juillet. Bernadette vĂ©cut jusqu’en 1879 et fut canonisĂ©e en 1933.
  • Fatima – En 1917, c’est la fameuse apparition de Notre-Dame de Fatima au Portugal, du 13 mai au 13 octobre, devant trois jeunes bergers dont deux furent bĂ©atifiĂ©s en 2000 par le pape Jean-Paul II. Ce dernier Ă©tait en effet concernĂ© par la troisième partie du « secret de Fatima », qui annonçait prĂ©tendument l’attentat dont il fut victime en 1981. La 1ère partie Ă©tait une vision de l’enfer, et la 2ème partie expliquait comment mettre fin Ă  la grande guerre. Le 3ème secret parle de la mise Ă  mort d’un pape, mais peut aussi ĂŞtre compris comme une mĂ©taphore de la fin de l’Église catholique. De fait, les secrets ont fait l’objet de lectures et d’interprĂ©tations de toutes sortes. Rappelons que l’ingĂ©nieur Christel Seval a vu dans le cas de Fatima un lien avec le phĂ©nomène ovni (La Vierge et les extraterrestres).
Danse du soleil

Selon Joachim Bouflet, l’apparition de Fatima ne souffre aucune contestation. « C’est un événement unique dans l’histoire de l’Église, une mariophanie capitale de notre temps », explique-t-il. Le miracle sera certifié par l’Église treize ans après.

Le phénomène de la « danse du soleil » accompagnant la vision est bien connu. Plus de 70 000 fidèles et une poignée d’observateurs athés ont vu sur place le soleil tourbillonnant « avec une vitesse impétueuse ».

Marche Ă  reculons

Une autre mariophanie « bien déroutante » selon Joachim Bouflet s’est déroulée à Garabandal, petit hameau perdu des monts Cantabrique en Espagne. En 1961, Marie apparaît là aussi à quatre fillettes. Elle est vêtue de blanc et de bleu, demande pénitence et sacrifices, dénonce « le chemin de perdition » emprunté par certains membres du clergé.

Plus tard, des phénomènes extraordinaires vont se dérouler devant une foule de témoins et même des caméras : lévitation, marche à reculons à toute vitesse, transes, chutes sans plaie aucune.

Les extases des enfants, individuelles ou collectives, se manifesteront plus d’un millier de fois jusqu’au 20 janvier 1963, et seront même souvent annoncées plusieurs jours à l’avance. Le culte s’est lui aussi maintenu à travers le temps, d’autant qu’un grand miracle a été annoncé dans le dernier message de Marie. Il se produira un jeudi soir à 20 h 30 d’une année non précisée, coïncidera avec un événement important pour l’Église, et est destiné à convertir le monde entier.

Notons que les apparitions de Marie se manifestent souvent à des enfants. Question de pureté d’âme sans doute. Ainsi, tout comme à Garabandal, « une belle dame s’inscrivant au coeur d’un cercle d’étoiles » apparaît à six enfants âgés de 4 à 12 ans à Pontmain (Mayenne) en 1871. L’un d’eux décrit « une robe d’un bleu très profond », parsemée « d’étoiles d’or à cinq pointes, de même grandeur », qui « brillent sans émettre aucun rayon… ».

Et le Christ ?

Au final, Marie est apparue aux quatre coins de la planète, avec certes une prédilection pour l’Europe catholique. On l’a vue en Inde, en Amérique du Sud, en Afrique, en Corée, en Océanie.

Mais elle est également apparue à des protestants qui se sont convertis sur le champ, ainsi qu’à des musulmans en Égypte ou au Liban. Elle parle, elle sourit, elle pleure, elle guérit… L’Église accorde son imprimatur avec parcimonie et ses membres se querellent indéfiniment autour de certains cas, jusqu’au schisme.

Pourquoi les apparitions du Christ sont-elles moins « célèbres que celles de Marie ? Dieu fait homme est-il moins « accessible » que la figure de la mère ?

Le Christ est en fait plus connu pour ses miracles, ceux du Nouveau Testament en premier lieu. Aux noces de Cana, il change l’eau en vin, un « nectar » disent les convives. En rompant sept pains, il nourrit une foule de quatre mille personnes. Il apaise une tempête, il ressuscite Lazare d’entre les morts, il marche sur les eaux… Autant de prodiges auxquels s’ajoutent vingt-cinq récits de guérisons miraculeuses.
Le plus grand miracle est sa propre résurrection, trois jours après sa mort. Si les miracles sont au coeur de la tradition chrétienne, seules les traditions catholique et orthodoxe les reconnaissent comme réels, et les considèrent réalisables par des saints.

Visages de BĂ©lmez

Apparitions toujours, mais de visages cette fois avec l’affaire des « visages de Bélmez ». Dans une maison ordinaire de ce village d’Espagne, un visage est spontanément apparu sur le sol de la cuisine le 23 août 1971. Impossible de l’effacer, on décide de changer le plancher, et voilà un nouveau visage qui apparaît. Pendant de nombreux mois, ce sont plusieurs visages qui vont ainsi se dessiner sur le sol de la cuisine et dans d’autres pièces. Certains sont changeants, d’autres apparaissent puis disparaissent.
Aucune enquête n’a pu prouver de supercherie, en revanche il est également apparu… que la maison se situait à l’emplacement de plusieurs cimetières qui s’étaient succédé au fil des siècles !

Stigmates

Les stigmates sont une autre manifestation « paranormale » de la foi. Comme le rappelle Jean-Pierre Girard dans l’Encyclopédie du Paranormal (J’ai Lu, 1963), on utilise le terme de dermographisme pour désigner la stigmatisation en dehors d’un contexte religieux. Robert Tocquet dans Les Mystères du Surnaturel estime que la stigmatisation est le plus souvent un fait religieux, mais qu’il peut aussi être un fait expérimental ou même… diabolique. De fait, il montre qu’il peut être suggéré, par conséquent il peut aussi être autosuggéré.

Ce phénomène illustre-t-il la puissance de l’inconscient, plus que celle de la foi ?

Les mystiques chrétiens stigmatisés célèbres sont :

  • François d’Assise,
  • Catherine de Sienne,
  • ThĂ©rèse d’Avilla,
  • Padre Pio,
  • ThĂ©rèse Neumann…

L’islam mentionne également des cas de stigmatisations qui rappellent les blessures subies par le Prophète. Dans le cas des catholiques, les blessures de la Passion du Christ ne s’infectent pas, mais exsudent légèrement et régulièrement.

Recevoir les stigmates est une grâce, et s’accompagne bien sûr d’autres manifestations.

Un des premiers cas de stigmatisation étudié par la science remonte au début du XIXe siècle, avec Anne-Catherine Emmerich, dite « la nonne de Dülmen ». En 1813, alors que Napoléon tenait l’Europe, une pauvre religieuse de Westphalie subsistait presque sans manger ni boire, avait des visions, lisait dans les pensées, assistait en esprit à des événements lointains ou anciens, lévitait… et portait des stigmates qui saignaient chaque vendredi. Dans un contexte tendu entre protestants et catholiques, la nonne fut au coeur d’intenses querelles, mais l’abbé Manesse rapporte qu’elle fit l’objet d’un suivi médical très rigoureux mandaté par le vicariat.

Selon Jean-Pierre Girard, le cas le mieux étudié à ce jour reste celui de la Belge Louise Lateau, dont les stigmates furent visibles de 1869 à sa mort en 1884. Aucune explication n’a bien sûr été trouvée par la ribambelle de savants qui se sont relayés à son chevet, mais une communication à l’Académie belge de médecine a précisé que tous les contrôles et examens possibles avaient été réalisés.

Cas d’inédie

Le sociologue du CNRS Jacques Maître a consacré des années d’étude à ces cas, et regrette que la science ne soit pas assez souvent convoquée par l’Église pour authentifier le « miracle ».

Un seul cas d’inédie, ou vie sans alimentation a ainsi été étudié par Pierre Janet à la fin du XIXe siècle, et ce dernier a fait part de sa perplexité.

Dans le cas de Marthe Robin, elle aussi stigmatisée et qui ne se nourrissait que d’hosties, Jacques Maître explique qu’il a parlé avec plusieurs membres de sa famille, dont la personne qui veillait quotidiennement sur elle. Il apparaît que Marthe Robin se disait absolument disposée à se soumettre à des examens médicaux si l’Église le lui demandait. Or, aucune autorité ecclésiale n’a pris d’initiative en ce sens.

Miracles dans les autres Religions
Dans l’islam

L’ex-recteur de la Mosquée de Paris Dalil Boubakeur a écrit qu’il n’existe pas de « méthodologie rigoureusement établie sur les guérisons miraculeuses ». La maladie vient de Dieu et toute guérison, même non miraculeuse, est un bienfait de Dieu. Il existe des rites de guérison très anciens, notamment dans le soufisme.
De grands mystiques tels Sohra-Wardi ont bénéficié de faits miraculeux ou de visions. L’islam distingue les faits prodigieux rapportés à des saints (walis) ou mystiques (guérisons, lévitations, bilocations, contrôle des éléments, etc.), et les miracles liés à la mission et la vie des prophètes, qui garantissent l’authenticité même de cette mission. Ainsi, « la résurrection d’un mort est un miracle, mais la guérison d’un lépreux ou d’un paralytique, un prodige (Karamat) lorsqu’elle survient du fait d’un thaumaturge ou d’une invocation adressée à Dieu », précise le Dr Boubakeur.
(Voir aussi www.miraclesducoran.com)

Dans le judaĂŻsme

Le premier miracle est la création du monde. La maladie est un malheur et, selon Maimonide, Dieu donne l’obligation de traiter les maladies. « La prière a une importance capitale », précise le Dr Charles Sulman (dans Les Voies de la guérison, Thouvenin). Tout médecin doit prier, et c’est Dieu qui guérit. « La croyance en l’effet curatif d’un endroit saint ou d’une sainte relique est inconnue du judaïsme », mais il reconnaît, tout comme l’islam, les « guérisons miraculeuses » de l’Ancien Testament. Hanina ben Dossa est célèbre pour ses prières qui guérissaient. De nos jours, certains rabbins cabalistes obtiendraient des guérisons inexpliquées.

Dans l’hindouisme

Le miracle est « quotidien », car l’ascèse du malade produit des phénomènes qui entraînent la guérison, explique Bernard Thouvenin (Les Voies de la guérison). Le malade doit lui-même prier, et offrir des dons. Shiva est invoquée, mais aussi les grandes forces de la nature, avec rituels de guérison et offrandes.

Dans le bouddhisme

Le concept de guĂ©rison est central, car tout le chemin vise Ă  se libĂ©rer de la souffrance. Le Bouddha a soignĂ©, mais fait peu de guĂ©risons « miraculeuses ». Les prodiges ne manquent cependant pas : lĂ©vitation des moines, pouvoirs psychiques. Aujourd’hui encore, « le petit Bouddha » (Ram Bahadur Bomjon) serait en mĂ©ditation depuis des annĂ©es au NĂ©pal. Il n’aurait ni mangĂ© ni bu pendant six mois, soit un cas inĂ©dit d’inĂ©die – a attirĂ© plus de 200 000 pèlerins du monde entier.

Bernadette Soubirous

BERNADETTE SOUBIROUS voit le jour le 7 janvier 1844 Ă  Boly, dans l’avant-dernier des 5 moulins Ă©chelonnĂ©s Ă  quelques pas les uns des autres, au bord du ruisseau de Lapaca, entre le château fort de Lourdes et les collines couvertes de prĂ©s et de bois qui s’Ă©lèvent vers Bartrès.

Bernardette est une enfant dĂ©sirĂ©e, car sa naissance comble un mariage d’amour, dont l’origine a surgi d’un malheur. Le 1er juillet 1841, Justin Casterot, le meunier de Boly, a trouvĂ© la mort dans un accident de charette. Sa veuve, Claire, se retrouve seule avec 4 grandes filles et un moulin. Pour subsister, elle dĂ©cide de marier l’aĂ®nĂ©e, Bernade, âgĂ©e de 19 ans, Ă  un garçon de la corporation : François Soubirous, un gaillard de 34 ans, issu d’une vieille famille lourdaise peu fortunĂ©e. Il se rend avec plaisir au moulin mais prĂ©fère la cadette, Louise, une blonde aux yeux bleus. Bien qu’Ă  cette Ă©poque, les intĂ©rĂŞts dĂ©passent souvent les sentiments, François parvient Ă  convaincre sa future belle-mère de sa prĂ©fĂ©rence pour Louise. Leur mariage est cĂ©lĂ©brĂ©e le 9 janvier 1843.

Le 9 janvier 1844, Bernadette est baptisĂ©e, sous le nom de Bernarde-Marie. Elle est au dĂ©but choyĂ©e par sa mère, une grande-mère, 3 tantes et la marraine, Bernarde, la fiancĂ©e dĂ©laissĂ©e. Un soir de novembre 1844, Louise, qui attend un 2ème enfant, se brĂ»le gravement avec une chandelle de rĂ©sine suspendue Ă  la cheminĂ©e. Ne pouvant plus nourrir Bernadette, elle dĂ©cide de la confier Ă  Marie LagĂĽes qui vient de perdre son aĂ®nĂ©, Jean, 18 jours après l’accouchement. Celle-ci accepte de prendre Bernadette en nourrice pour 5 francs par mois, et ce, pour une durĂ©e d’un an et demi.

L’annĂ©e oĂą le pape Pie IX dĂ©finit l’ImmaculĂ©e Conception de Marie, François Soubirous se retrouve au chĂ´mage et devient ouvrier-manoeuvre pour 1,20 franc par jour.

Alors que le baron Haussmann transforme Paris en citĂ© lumière et que la bourgeoisie du Second Empire s’enrichit. Lourdes connaĂ®t l’Ă©preuve de la disette parmi les pauvres. Les plus dĂ©munis s’entassent dans un quartier insalubre, au pied des vieux remparts. A l’automne 1855, une Ă©pidĂ©mie de cholĂ©ra cause la mort de 30 personnes, dont la grand-mère CastĂ©rot. Bernadette, Ă©galement atteinte, subit le traitement de l’Ă©poque : on lui bouchonne le dos avec de la paille jusqu’au sang. Elle sera asthmatique jusqu’Ă  sa mort.

Avec 900 francs d’hĂ©ritage, les Soubirous louent un moulin Ă  Arcizac, près de Lourdes. Mais ce n’est qu’un court rĂ©pit. La rĂ©colte de 1856 s’avère dĂ©sastreuse. La famine sĂ©vit Ă  nouveau. Le prix du pain fait plus que doubler. Au dĂ©but de l’hiver 1857, les Soubirous sont de nouveau Ă  la rue. AndrĂ© Sajous, cousin germain de Louise Soubirous, leur loue le cachot de l’ancienne prison de Lourdes dĂ©saffectĂ©e pour cause d’insalubritĂ©.

François, sa femme et leurs 3 enfants, Bernadette (15 ans), Toinette (12 ans) et Jean-Marie (7 ans) s’entassent dans ce rez-de-chaussĂ©e malodorant, rue des Petits FossĂ©s, situĂ©e dans la partie haute et centrale de la ville, près du château fort. La pièce ne reçoit le jour que par une petite fenĂŞtre munie de barreaux de fer. Au cachot, on connaĂ®t la faim. Non seulement le pain manque, mais on ne peut mĂŞme pas s’offrir la maigre bouillie de maĂŻs qui “tient le ventre”. Le petit frère est surpris en train de manger la cire des cierges Ă  l’Ă©glise.

Le 27 mars 1857, les gendarmes arrĂŞtent François Soubirous, accusĂ© injustement de vol de farine. Le boulanger Maisongrosse l’a dĂ©noncĂ© pour l’unique motif inscrit dans les actes de la procĂ©dure : “C’est l’Ă©tat de sa misère qui m’a fait croire qu’il pourrait ĂŞtre l’auteur de ce vol”. On mettra 1 semaine pour s’apercevoir qu’il est innocent. Aucun des enfants Soubirous ne reçoit d’instruction. Bernadette doit travailler, tantĂ´t comme chiffonnière, tantĂ´t comme gardienne d’enfant, le plus souvent comme serveuse dans un cabaret tenu par la tante Bernade.

L’asthme chronique de Bernadette la fait tousser au moindre effort. Pour se soigner, elle part en 1857 chez sa nourrice d’enfance Ă  Bartrès, garder les moutons, comme bergère sans gages. La bergerie, c’est une longue solitude, mais tout de mĂŞme un refuge amical. Sa joie, c’est de mener ses moutons dans les pacages au-dessus de Lourdes. Bernadette sait apprĂ©cier cette solitude choisie, cette nature paisible et tendre. Elle respire Ă  pleins poumons l’air pur des pâturages. Elle contemple la vallĂ©e et la Gave Ă  ses pieds, et communie avec la splendeur du paysage. Bernadette est alors une adolescente menue, presque chĂ©tive.

Marie LagĂĽes s’est chargĂ©e de la prĂ©parer pour sa 1ère communion. Le soir, après dĂ®ner, pendant que son mari, le sabotier, travaille Ă  la lueur d’une bougie, la vieille femme fait rĂ©pĂ©ter laborieusement des phrases Ă  Bernadette. C’est une rude Ă©preuve pour la jeune fille, car sa mĂ©moire n’a jamais travaillĂ©, faute d’ĂŞtre allĂ©e Ă  l’Ă©cole. Tout s’enfuit. La nourrice martèle les syllabes, mais Bernadette n’en est que plus bloquĂ©e. Elle ne retient pas les paroles abstraites. Alors, parfois, la nourrice qui est un peu soupe-au-lait, jette le catĂ©chisme Ă  travers la pièce et s’emporte : “Tiens ! tu es trop bĂŞte ! Jamais tu ne pourras faire ta 1ère communion ! Tu ne retiens rien !

Au cachot, on fait chaque jour la prière du soir, et la voix ferme de Bernadette Ă©merge Ă  travers le plafond. Le cousin Sajous, qui loge Ă  l’Ă©tage au-dessus, en tĂ©moignera. Bernadette vit une profonde union Ă  Dieu, sans bagage d’instruction religieuse, dans une grande indigence de langage et de moyens.

C’est finalement Ă  l’Ă©cole gratuite des soeurs de l’Hospice, dans la “classe des indigents”, oĂą elle a Ă©tĂ© admise avec sa soeur Toinette et leur amie Jeanne Baloum, que Bernadette finit par apprendre Ă  lire.

Elle peut faire sa 1ère communion grâce Ă  l’abbĂ© Ader qui tente de lui enseigner le catĂ©chisme. PĂ©dagogue admirable, il a pressenti avant tout le monde quelle profondeur se cache sous l’apparente lenteur d’esprit de cette enfant timide. Il dit un jour Ă  Bernadette : “Tu ne sais rien, mais tu comprends tout…” L’abbĂ© Ader, qui a choisi la vocation monastique, chez les BĂ©nĂ©dictins, la recommande Ă  l’abbĂ© Pomian, l’aumĂ´nier de l’Hospice, qui accepte de l’inscrire au catĂ©chisme prĂ©paratoire.

Après les apparitions et la Commission d’enquĂŞte, Bernadette arrive Ă  Nevers le 7 juillet 1868 et reçoit l’habit des soeurs de la CharitĂ© et de l’Instruction chrĂ©tienne du couvent de Saint Gildard, le 29 du mĂŞme mois. Elle s’appelle dĂ©sormais soeur Marie-Bernard.

Victime de la tuberculose, elle meurt le mercredi de Pâques 1879, Ă  3 heures de l’après-midi, Ă  l’heure mĂŞme oĂą le Christ mourut sur la croix. Bernadette Soubirous est dĂ©clarĂ©e “Bienheureuse” en juin 1925 par le pape Pie XI, et canonisĂ©e le 8 dĂ©cembre 1933, le jour de l’ImmaculĂ©e Conception.

Depuis août 1925, elle repose dans une chasse de la chapelle du couvent Saint Gildard.

Le secret de Lourdes, c’est Bernadette

“Marie est venue chercher Bernadette, la fille de l’homme que les gendarmes avaient jetĂ© en prison, parce qu’il Ă©tait le plus pauvre de Lourdes”

Conférence du Père René Laurentin

Le 2 octobre 2013, le Père RenĂ© Laurentin, prĂŞtre et historien des apparitions de Lourdes, a donnĂ© une confĂ©rence sur le thème des apparitions de la Vierge Marie Ă  Bernadette Soubirous. L’originalitĂ© de son intervention a reposĂ© sur le fait que le Père Laurentin commentait le texte des apparitions Ă©crit par Bernadette elle-mĂŞme, texte lu Ă  haute voix par la comĂ©dienne lourdaise Jeanne Montaigu. Le Père Laurentin a rappelĂ© que “le secret de Lourdes, c’est Bernadette Soubirous.”

“Bernadette n’a jamais acceptĂ© le moindre cadeau, rejetant les offrandes comme si un feu la brĂ»lait”, a soulignĂ© Mgr Laurentin, qui y voit le signe de son intĂ©gritĂ© morale.

Et aussi, peut être, l’expression d’une fidélité de la jeune voyante aux trois secrets qui lui auraient été révélés par Marie.

Cette vidĂ©o propose de larges extraits de cette confĂ©rence Ă  deux voix qui s’est dĂ©roulĂ©e dans une salle de la CitĂ© Saint-Pierre du Secours Catholique en prĂ©sence de plusieurs centaines de personnes. La soirĂ©e Ă©tait organisĂ©e par la CitĂ© Saint-Pierre notamment reprĂ©sentĂ©e ce soir-lĂ  par Gonzague Amyot d’Inville, son directeur, et Jean-François Courtille, son responsable de la communication. Une vidĂ©o de L. Jarneau pour le site internet du sanctuaire http://www.lourdes-france.org

Fatima
Notre Dame de Lourdes
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