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Sainte Marie-Madeleine

Basilique Sainte Marie Madeleine

La basilique de Sainte Marie Madeleine de Saint Maximin la Sainte Baume, achevée en 1532 est le plus important édifice religieux de style gothique bâti en Provence.

Origine de l’implantation

Selon la tradition, Marie Madeleine (ou Marie de Béthanie, soeur de Marthe et de Lazare) fuyant les persécutions d’Hérode, aurait trouvé refuge en Provence en compagnie de son frère et de sa soeur . Après avoir débarqué aux Saintes Maries de la Mer, elle aurait occupé pendant trente ans une grotte du massif de la Sainte Baume pendant qu’elle évangélisait la Provence. À
sa mort, elle aurait été ensevelie à Saint Maximin la Sainte Baume.

Devenu célèbre son tombeau qui se serait trouvé dans la crypte actuelle de la basilique, sera gardé par des moines cassianites (disciples de saint Cassien) venus de l’abbaye de Saint Victor
à Marseille. Au VIIIème siècle, les invasions sarrasines obligent les religieux à combler la crypte qui abritait le tombeau afin de mettre à l’abri les précieuses reliques . Le culte de la sainte reste cependant vivace.

Historique de la construction de la Basilique

En 1295 Charles II d’Anjou, devenu Comte de Provence et Roi de Sicile, décide de faire construire sur les lieux mêmes de la découverte du tombeau, une basilique et un couvent de dominicains ; il confie l’établissement des plans de l’ensemble de la construction au « Magister Petrus Gallicus, protomagister operum curiæ » : ce serait donc Pierre d’Agincourt, mais il n’est pas certain qu’il ait effectivement réalisé le début de la construction . Après quelques années d’arrêt, la reprise des travaux avec l’architecte du palais des comtes de Provence, Jean Baudici , s’effectue avec une grande ampleur à partir de 1305 . Ce renouveau a été possible grâce à la nomination à la tête du couvent de Saint Maximin, de Jean Gobi qui en sera le prieur de 1304 à 1328 . En 1320 le chevet et la dernière travée sont terminés. Les quatre travées suivantes sont réalisées de 1330 à 1345. L’entrée de la crypte se situe alors en dehors de l’église. En 1404 on sait que l’abside et les cinq dernières travées de la nef étaient terminées. Jean II Le Meingre dit Boucicaut, maréchal de France, décide pour couvrir la crypte de faire édifier la partie nord de la quatrième travée ; la crypte est alors nivelée à hauteur du sol de la nouvelle basilique.

La crypte

Elle se présente sous la forme d’une salle rectangulaire voûtée orientée nord sud, donc perpendiculaire à l’axe de la basilique. Elle mesure 4,25 m du nord au sud et 4,48 m de l’est à l’ouest. Il s’agit probablement d’un caveau paléochrétien du IVème siècle primitivement revêtu d’un revêtement décoratif soit tout en marbre, soit en marbre et en enduits peints . Elle constitue le coeur de la basilique. Le double escalier qui y conduit a été réalisé au XVIème siècle mais n’a fait que remplacer l’escalier primitif . La voûte actuelle n’est pas d’origine mais a été refaite à l’époque de la construction de la quatrième travée au XVème siècle. Au fond de la crypte, dans la paroi sud, est creusée un alvéole dans lequel est placé le reliquaire de sainte Marie Madeleine.

Le reliquaire contient un crâne qui selon la tradition serait celui de Marie Madeleine. Un tube de cristal scellé à ses deux extrémités est attaché au reliquaire ; il contient le « Noli me tangere » (Ne me touche pas) lambeau de chair ou de tissu osseux adhérant à l’os frontal de la sainte où Jésus aurait posé ses doigts le jour de la résurrection. Ces ossements font partie de ceux découverts au cours des fouilles réalisées par Charles II. Ils étaient contenus dans un reliquaire d’or et d’argent avec une couronne d’or et de pierreries. Ce reliquaire et tous les autres de la basilique ont disparu à la Révolution. Le reliquaire actuel a été sculpté en 1860 par Didron suivant un dessin de l’architecte Henri Révoil.

La crypte renferme également quatre très beaux sarcophages ; un au fond (paroi sud) celui de MarieMadeleine, deux à gauche (paroi est) ceux de sainte Marcelle et des saints innocents et un à droite (paroi ouest) celui de saint Sidoine.

Sainte Marie-Madeleine

Marie-Madeleine fut un de ces premiers évangélisateurs dont nous parle la tradition de Provence. Elle trouva à la sainte grotte une solitude pour adorer le Sauveur.
Son corps retrouvé dans la crypte de Saint Maximin est vénéré comme étant celui de Marie- Madeleine. Les reliques des saints sont vénérables, car à travers elles c’est l’oeuvre de Dieu que recherchent et admirent les chrétiens.
Marie-Madeleine reste ainsi vivante ; et c’est là le sens de ce pèlerinage qui lui est dédié.
Les origines du pèlerinage de la Sainte- Baume sont obscures ; on pense que dès le Ve siècle, des moines vinrent chercher la solitude dans la forêt et les grottes de la Sainte Baume. Nul doute qu’ils étaient attirés là par l’antique tradition de Marie-Madeleine. En 1254, au retour de la septième Croisade, saint Louis, roi de France, entendant parler de la Sainte Baume, tint à y venir lui-même avec ses chevaliers ; ce pèlerinage royal eut un très grand retentissement.
En 1279, Charles II de Provence rechercha les reliques de sainte Marie-Madeleine. Il les trouva dans la crypte de Saint-Maximin. Les reliques furent authentifiées auprès du pape. En 1295, les Dominicains sont installés à Saint-Maximin et à la Sainte-Baume. Leur tâche est d’accueillir les nombreux pèlerins qui viennent se réfugier auprès de sainte Marie-Madeleine. En 1793, un incendie, accompagné de pillages et de profanations par les révolutionnaires, détruisit jusqu’à l’anéantissement la Sainte-Baume.
En 1851, les Dominicains reprennent la garde du sanctuaire grâce au P. Lacordaire. Ce dernier cherche à rendre témoignage à l’Évangile : « Quand le Fils de Dieu, écrit-il dans son étude sur sainte Marie-Madeleine, vient pour sauver les hommes, nul d’eux ne s’étonne que l’Évangile soit un livre d’amour et l’amour le livre du salut ». Il veut que ce lieu parle des amitiés les plus belles : « Ce fut là, dit-il, en ce monde, le sommet des affections humaines et divines » : « Jésus-Christ a aimé les âmes, et il nous a transmis cet amour qui fut le fond même du christianisme… C’est l’amitié, telle que Dieu fait homme et mort pour ses amis, pouvait la concevoir. » Les grands de la terre vinrent en pèlerinage à la Sainte Baume ; mais le souvenir le plus vivant est celui des saints nombreux qui vinrent prier ici. De nos jours, ce courant apparaît toujours bien vivant : pèlerins anonymes ou groupés viennent à la Sainte-Baume.
Fatima