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Apparition mariale

Fête de Notre Dame de Lourdes

La Fête de Lourdes du 11 février a été comme d’habitude un fête de la Foi et de la Ferveur, comme en témoignent les photos.

Cette journée formidable commence par la Messe internationale dans l’immense Basilique Saint Pie X (superficie de 12 000 m²) qui est un moment unique d’union des nations chrétiennes francophones, anglophones, germanophones… avec la présence exceptionnelle du Père René Laurentin (99 ans), grand historien de Lourdes, autobiographe de Sainte Bernadette.

Le point d’orgue est toujours la Procession mariale aux flambeaux du soir, qui est à vivre absolument. La foule de pèlerins se retrouve ensuite au pied de la Vierge Marie à la grotte de Massabielle…

Lourdes est un bain de jouvance pour l’âme
et un océan de grâces !

Venez vous y ressourcer !

Lieu d’éducation par excellence sur le chemin mystique,
où l’Esprit Saint veille à tout et sur tous.

11 Février 2015 – Journée Mondiale des Malades à Lourdes

IMG_1908Chaque 11 février fête la 1ère apparition de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous, à la Grotte de Lourdes.

Près de 20 000 pèlerins étaient rassemblés en choeur pour cet anniversaire.

Quand on songe que l’opiniâtreté spirituelle de Sainte Bernadette, jeune fille pauvre d’entre les pauvres, a donné naissance à un sanctuaire marial d’une telle dimension, d’une telle ferveur.

Ce miracle est un encouragement pour tous ceux qui se battent au quotidien et doutent d’eux-mêmes…IMG_2095

Tout pélerinage à Lourdes est un retour aux sources de l’âme, tellement l’ambiance spirituelle est propice à sa propre conversion, au pansement de nos plaies intérieures…

On va toujours à Lourdes pour les bonnes raisons, même si au départ, nous sommes dubitatifs, une réponse s’opère intérieurement.

Comme coupé du monde, le sanctuaire de Lourdes est une parenthèse dans nos vies agitées et trépidantes.

Prenez le temps d’une immersion d’un minimum de 2 jours, à des moments forts du sanctuaire, pour se baigner dans le flot de la ferveur des pélerins.

C’est le conseil d’une “amie” qui ne vous veut que du bien !

Toutes les photos de notre séjour

Vidéo de la messe internationale du 11 février 2015 http://youtu.be/HPl9v2cxyLU

Saint Michel Garicoïts

Saint Michel Garicoïts

L’INFLUENCE DU SAINT DE BÉTHARRAM

Michel Garicoïts (1797-1863) a joué un rôle dans la vocation de Bernadette. Surnommé ” le voyant de Bétharram ” de son vivant, ceci en raison de ses qualités d’écoute et de discernement spirituel, Michel Garicoïts, proclamé saint en 1947, avait fondé dès 1835, à Bétharram, la congrégation des Pères du Sacré-Cœur, une congrégation missionnaire qui rayonne aujourd’hui dans le monde entier.
Lourdes et Bétharram sont distants de 15 km. Au moment des événements à Massabielle, Bétharram est lieu de pèlerinage marial depuis quatre ou cinq siècles, un lieu où la Vierge prodigue grâces et miracles (entre 1620 et 1642, 82 miracles et faveurs y ont été dénombrés). En 1858, le père Garicoïts a 61 ans, Bernadette 14. Il croit immédiatement à la réalité des Apparitions. Pour preuve ? A un missionnaire de Notre-Dame de Garaison qui s’écriait ” Notre-Dame de Lourdes va faire tomber Bétharram, ” Garicoïts répondit” Cela m’est égal, pourvu que la sainte Vierge soit honorée… Tenez, récitons le chapelet !
Tout laisse à penser que Michel Garicoïts était ami de la famille Soubirous. Ce qui est sûr, c’est qu’entre le 18 et le 25 juillet 1858, l’évêque de Tarbes fit conduire Bernadette à Bétharram en vue de la soumettre au jugement ” éclairé ” de Garicoïts. Ce dernier accueillit Bernadette avec joie, raconte-t-on, mais rien ne filtra de leur entrevue. « Les visages des deux voyants étaient radieux » selon les témoins oculaires. Nous aimerions connaître la teneur de leurs propos : il n’en demeure jusqu’à présent aucun indice. Et du côté des écrits de ces deux saints ? Rien. Ils ne se citent pas une seule fois ! ” Les relations de la jeune dirigée et de son saint directeur d’âme ont relevé elles aussi du secret du Roi “, note le Père jean Oyhénart , ajoutant : ” Et c’est bien ainsi. En effet, l’un et l’autre ont voulu être de simples, humbles et petits serviteurs dont le Seigneur et Notre-Dame ont voulu se servir.”
Quoi qu’il en soit, la spiritualité même de Bernadette interroge aujourd’hui. Pourquoi l’obéissance, le sens de la souffrance et de la croix, le culte de la volonté de Dieu… si proches de la pensée du Père Garicoïts ?
Laurent JARNEAU avec les Pères de Bétharram, à partir de l’article du père Jean OYHENART paru dans Lourdes Magazine n°2, juin 1991
Lourdes Magazine numéro 100 – février 2001

Anniversaire de la 1ère apparition mariale à Lourdes

Galerie Photos
ci-dessous :
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Sainte Vierge de Lourdes
Voici les photos de Lourdes prises le 11 février 2014,
date anniversaire de la 1ère apparition mariale
par Sainte Bernadette Soubirous

Le sanctuaire de Lourdes est un lieu de ferveur,
où chacun a la liberté de pratiquer sa foi sans contrainte, sans a priori.

C’est une grande prière en communion avec tous, frères et soeurs venus des 4 coins du monde, d’une seule voix, d’un seul coeur.

  • Pour tous ceux qui cherchent,
  • Pour ceux qui veulent rallumer la flamme de la foi,
  • Etre en présence de quelque chose de fort,

Il faut se laisser emporter, comme un enfant, hors de la raison qui décortique tout, ne pas s’attacher aux marchands de foi : Tout cela est temporaire mais ce qui se passe dans le sanctuaire est intemporel.

Lourdes délivre un message qui s’adresse à votre âme, de manière indélibile, une empreinte invisible…

Fátima

En 1915, Lucia dos Santos, une petite fille de 8 ans garde souvent le troupeau familial, en compagnie de 3 amies, près du hameau d’Aljustrel, au coeur du Portugal. Cette année-là, d’avril à octobre, elle aperçoit une figure identique à une statue de neige, que les rayons du soleil rendent presque transparente. “C’était comme un nuage plus blanc que la neige, quelque chose de transparent, ayant forme humaine”, écrira-t-elle plus tard. La manifestation reste indistincte et silencieuse. Sa famille, qui est mise au courant, n’y voit que rêveries enfantines.

L’année suivante, un jour de printemps 1916, Lucia garde de nouveau son troupeau avec ses cousins Jacinthe et François Marto, âgés respectivement de 6 à 8 ans, sur la petite colline de Cabeço. Un vent assez fort secoue subitement les arbres et leur fait lever les yeux pour voir ce qui se passe, car la journée s’annonce belle. Les 3 enfants remarquent un jeune homme de 14 ou 15 ans, plus blanc que la neige, que le soleil le rend transparent comme le cristal, et d’une grande beauté. Lucie reconnaît en lui l’étrange et silencieux visiteur de l’année précédente, mais distingue davantage son apparence. Il s’approche des enfants et se met à parler :

 Ne craignez rien ! Je suis l’Ange de la Paix. Priez avec moi !

L’Ange s’agenouille, baisse la tête vers le sol et dit :

 Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime
Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne Vous aiment pas

Après avoir répété cette prière 3 fois, l’Ange se remet debout et dit :

Priez ainsi
Les Coeurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications

Puis, l’Ange disparaît.
Une nouvelle apparition de l’Ange se déroule au coeur de l’été 1916, toujours devant les enfants. L’Ange leur demande de prier davantage, de faire des sacrifices et d’accepter avec soumission les souffrances que le Seigneur leur enverra.
Fin septembre, une 3ème apparition angélique s’accompagne d’une théophanie eucharistique et d’une communion miraculeuse. L’Ange tient dans sa main gauche un calice, sur lequel est suspendue une hostie de laquelle tombent quelques gouttes de Sang dans le calice. Après avoir récité 3 fois une prière, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences qui offensent Jésus présent dans le tabernacle, il fait communier les 3 enfants, répète 3 fois la prière puis disparaît.
L’Ange ne devait plus apparaître.

Les enfants, qui se souviennent des moqueries de l’année précédente, n’en parlent à personne.
Ces manifestations angéliques commencent à être connues qu’à partir de l’année 1917, suite aux apparitions mariales, mais seulement de quelques personnes, comme l’évêque du diocèse.

Les 13 mai, 13 juin, 13 juillet, 19 août et 13 septembre 1917, la Sainte Vierge se manifeste aux 3 enfants, dans la Cova da Iria, en pleine journée. Elle apparaît à chaque fois sous la forme d’une jeune Dame toute vêtue de blanc, plus brillante que le soleil, répandant autour d’elle une lumière plus vive et plus intense qu’un verre de cristal plein d’eau claire, traversé par les rayons du soleil le plus ardent.

Lors de la 1ère apparition, la Vierge commence par rassurer les gamins en leur disant de ne pas avoir peur. Elle déclare ensuite :

Je suis venue pour vous demander de venir ici 6 mois de suite, le 13 de chaque mois, à cette même heure. Plus tard, je vous dirai qui je suis et ce que je veux.
Ensuite, je reviendrai encore ici une 7ème fois

La série des 13 n’est interrompue qu’une seule fois en août. Les autorités civiles, hostiles et inquiètes de la ferveur suscitée par les apparitions mariales, font emprisonner les enfants durant un jour et une nuit. La Vierge n’apparaît pas aux enfants dans leur prison, mais à l’endroit habituel le 19 août.

En revanche les fidèles qui se massent le 13 août sur les lieux des apparitions mariales, sont témoins de faits inoubliables : des coups de tonnerre et des éclairs dans le ciel pur et bleu, ainsi qu’une sorte de nuage blanc qui vient se poser quelques instants sur un chêne vert, tout proche des apparitions.

Lors des apparitions de l’année 1917, les 3 enfants voient bien la Vierge, mais Lucia est la seule à l’entendre. La “Dame de lumière” insiste beaucoup sur les fins dernières : l’Enfer, le Purgatoire, le Paradis. Dès le 1er jour, Elle promet aux 3 enfants qu’ils iront au Ciel et révèle le destin post mortem de 2 jeunes filles, amies de Lucia, mortes peu de temps auparavant.

Le 13 juillet, les 3 enfants ont une vision terrifiante de l’enfer, présentée comme une mer de feu : image identique au Nouveau Testament. Il s’agit du 1er secret de Fatima, suivi de 2 autres. Lucia, devenue soeur Lucie, a rapporté par la suite le contenu du 2nd secret de la Vierge :

Si vous faites ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et vous aurez la paix
La guerre va finir. Mais, si vous ne cessez pas d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, commencera une autre guerre, pire

Quand vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue,
sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’il va punir le monde de ses crimes
par les moyens de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Eglise et le Saint Père

Pour l’empêcher, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Coeur Immaculée
et la Communion réparatrice des premiers samedis.
Si l’on écoute mes demandes,
la Russie se convertira et on aura la paix
Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde,
provoquant des guerres et des persécutions contre l’Eglise

La Vierge annonce la fin de la 1ère Guerre mondiale, l’expansion du communisme et les persécutions contre l’Eglise, le début d’une Seconde Guerre mondiale lors du règne du pape Pie XI. Ce dernier meurt le 10 février 1939.

La 3ème partie du secret, révélé à Lucia le 13 juillet 1979, porterait pour certains sur la fin du communisme en Europe à la veille du XIXème siècle. C’est la version officielle du Vatican.

Les apparitions de Fatima reçoivent leur couronnement en ce que l’on appelle le miracle du 13 octobre 1917, à la Cova di Iria, devant plus de 50 000 personnes. Tous purent voir le “miracle du soleil”, annoncé par la Sainte Vierge le 13 juillet en ces termes :

En octobre, je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire

Même ceux qui ne croyaient pas aux apparitions en furent témoins.
C’est le cas du journaliste Avelino de Almeida, anticlérical convaincu, qui écrit l’article suivant, dans le quotidien libéral de Lisbonne O Seculo du 15 octobre 1917 :

“On voit l’immense multitude se tourner vers le soleil, qui apparaît au zénith, dégagé des nuages. Il ressemble à une plaque d’argent mat, et il est possible de le fixer sans le moindre effort. Il ne brûle pas les yeux. Il n’aveugle pas. On dirait qu’il se produit une éclipse. Mais voici que s’élève une clameur immense et ceux qui sont plus près de la foule l’entendent crier : “Miracle ! Miracle !… Merveille !… Merveille !…” Aux yeux éblouis de ce peuble, dont l’attitude transporte aux temps bibliques, et qui, stupéfait, la tête découverte, contemple l’azur du ciel, le soleil a tremblé, le soleil a eu des mouvements insolites et brusques, en dehors de toutes les lois cosmiques, “le soleil a dansé”, selon l’expression typique des paysans.”

Un autre témoin donne les détails suivants :

“On pouvait regarder le soleil sans être incommodé. On aurait dit qu’il s’éteignait et se rallumait, tantôt d’une manière, tantôt de l’autre. Il lançait des faisceaux de lumière, d’un côté et de l’autre, et peignait tout de différentes couleurs : les arbres, les gens, le sol, l’air. Mais la grande preuve du miracle, c’est que le soleil ne faisait pas mal aux yeux.”
Tout le monde était immobile. Tout le monde se taisait… Tous regardaient le ciel. A un certain moment, le soleil s’arrêta, et puis recommença à danser, à tournoyer ; il s’arrêta encore une fois, et se remit encore une fois à danser, jusqu’au moment, enfin, où il parut se détacher du ciel, s’avancer sur nous. Ce fut un instant terrible.”

Le phénomène dura une quinzaine de minutes, à midi (heure solaire) et put être vu à 5 km à la ronde. La présence de milliers de témoins prouve que quelque chose d’exceptionnel s’est déroulé.

Knock Mhuire

L’apparition à Knock Mhuire, en Irlande, rappelle celles de Pontmain et de Gietrzwalde. Le contexte historique est tout aussi dramatique. A Knock Mhuire, les paysans irlandais ne sont pas propriétaires des terres qu’ils travaillent. L’Irlande de 1879 se trouve encore sous la totale domination de l’Angleterre. La maladie de la pomme de terre a occasionné une grave famine dans le pays, contraignant plus d’un million d’Irlandais à émigrer à l’étranger. L’apparition mariale va être un réconfort spirituel pour tout le pays.

Le 21 août 1879, vers 19 heures, Marguerite Byrne, une jeune fille de 15 ans, rentre chez elle. Devant l’église, elle voit une lumière insolite sur l’un des murs extérieurs. Mais elle n’y prête pas attention. Peu après, Mary Mc Loughlin, une femme de 26 ans, passant elle aussi par là, voit 3 formes lumineuses sur le même mur. Elle pense tout d’abord qu’il s’agit de statues. Au retour, accompagnée par une amie, elle voit toujours les 3 figures de lumières sur le mur. Elle remarque qu’elles se mettent à bouger. Elle comprend qu’il s’agit d’apparitions.

Pendant que d’autres personnes se rendent sur les lieux. Mary va prévenir le curé de la paroisse, qui n’accorde pas d’importance à ce phénomène.  Il pense qu’il ne s’agit que d’un jeu de lumière provoqué par l’une des vitres de l’église. Pourtant une vingtaine de personnes affirment avoir contemplé une scène extraordinaire.

Toutes vont être interrogés en détail par la Commission d’enquête, formée peu après. Elles laissent des témoignages précis, dont celui de Patrick Hill, 14 ans :
“Nous vîmes les figures devant le mur : la Sainte Vierge, Saint Joseph, Saint Jean et un autel, avec un agneau sur l’autel et une croix derrière l’agneau (…).
Je contemplai distinctement la Très Sainte Marie. De grandeur naturelle, elle se tenait à environ 2 pieds (60 cm) au-dessus du sol, en vêtements blancs attachés au cou. Elle tenait ses mains comme si Elle était en prière, levées à la hauteur des épaules et penchant légèrement vers son visage ; les paumes de ses mains face l’une à l’autre. Ses yeux, tels que je les voyais, étaient tournés vers le ciel. Elle portait une couronne brillante sur la tête, et sur le front, à l’endroit où la couronne s’adaptait au front, une belle rose (…). Par moments, elle semblait se déplacer, ainsi que les autres figures, avançant un peu, puis reculant. Je les vis bouger. Mais aucune ne prononça un seul mot. Je les vis de très près (…).
Je vis Saint Joseph, à la droite de la Très Sainte Vierge. Sa tête était en avant, il semblait rendre hommage à Marie. J’ai remarqué ses favoris, ils paraissaient légèrement gris. Je vis aussi les pieds de Saint Joseph. Quant à ses mains, elles étaient jointes comme celles d’une personne en prière.
La 3ème figure debout devant moi était celle de de Saint Jean l’Evangéliste. Il se tenait droit, auprès de l’autel, du côté de l’Evangile, en angle avec la figure de la Très Sainte Vierge, de façon à ne tourner son dos ni à l’autel ni à la Mère de Dieu. Saint Jean était habillé comme un évêque en train de prêcher. Il portait une petite mitre sur sa tête. Il tenait dans sa main gauche un livre de messe ou un livre d’Evangile. Sa main droite était levée à la hauteur de sa tête, avec l’index ouvert et les 3 autres doigts fermés. Il paraissait comme en train de prêcher, mais je n’entendis aucun mot (…).
Sur l’autel se tenait un agneau de 8 semaines, sa face tournée vers l’ouest, regardant dans la direction de la Sainte Vierge et de Saint Joseph. Derrière l’agneau, je voyais des anges flottant tout le temps.”

L’apparition dure 2 heures, sans que les 3 personnages se mettent à parler. Cet évènement fait grand bruit. Les pèlerins ou les curieux se multiplient.

Des guérisons miraculeuses…

Dès le 31 août, une 1ère guérison est signalée : une fillette de 12 ans, sourde de naissance, est guérie immédiatement alors qu’elle s’agenouille devant le mur des apparitions. D’autres guérisons, ainsi que des conversions, ont lieu.

En octobre, l’archevêque de Tuam, dont dépend la paroisse, met en place une Commission d’enquête, composée d’experts ecclésiastiques et de la laïcs. Au printemps 1880, elle se prononce en faveur de la reconnaissance de l’authenticité de faire une déclaration canonique, pour ne pas subir les foudres de l’occupant anglais. Mais il encourage l’organisation de pèlerinages. Le nombre élevé de pèlerins et des guérisons reconnues font de Knock le “Lourdes” de l’Irlande.

L’apparition silencieuse de Knock a donné lieu à diverses interprétations. Le message n’est pas seulement marial, mais également eucharistique du fait de la présence d’un autel et de l’Agneau pascal. Des théologiens ont fait remarquer que le 21 août, le curé de la paroisse venait d’achever une série de 100 messes, commencée le 14 mai, en faveur des âmes du Purgatoire.

Gietrzwalde

Ces apparitions mariales se situent dans un contexte politique douloureux, au sein d’une région polonaise catholique, annexée à la Prusse protestante depuis un siècle. Le bourg de Gietrzwalde (Dietrichswalde à l’époque) compte 2 000 habitants à la fin du XIXème siècle. L’Empire vient de mettre en place un arsenal juridique qui permet de placer l’Eglise catholique sous le boiseau, ainsi que d’interdire ses moyens d’actions.

Justine Szafrinska est une jeune fille de 13 ans en 1877. Orpheline de son père, elle doit travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. Employée à soigner des volailles, elle fréquente rarement l’école.

Le 27 juin, à 21 heures, elle rentre chez elle avec sa mère, par une petite route de campagne. Justine voit une lumière blanche, dans un érable, à une centaine de mètres devant elle. En regardant mieux, elle voit la lumière grandir et prendre forme humaine. Elle veut crier mais ne peut pas. Elle rejoint sa mère, qui a continué son chemin en récitant une prière. Le curé du village passant par là, Justine lui parle aussitôt : “Il y a une belle dame, elle a de longs cheveux très beaux, qui lui tombent sur l’épaule, elle est assise sur un trône.” Sa mère et le curé ne voient rien. Celui-ci demande cependant que l’on récite une prière, puis ordonne à Justine de rentrer chez elle.

Le lendemain, à la même heure et au même endroit, Justine récite le rosaire avec quelques compagnes, lorsque la Vierge apparaît de nouveau, mais portant cette fois l’Enfant-Jésus. Une amie de Justine, Barbara Samulowska, 12 ans, voit également la Vierge. Ce n’est qu’au 4ème jour des apparitions, toujours à la même heure, que la Vierge se met à parler :

Je désire que vous récitiez le rosaire tous les jours

Le 5ème jour, le 1er juillet, l’apparition se présente :

Je suis la très Sainte Vierge Marie immaculée

Le 3 juillet, elle indique la durée de ses apparitions quotidiennes :

Je serai avec vous encore deux mois

Le 6 juillet, la Vierge indique comment elle va guérir les malades qui, de jour en jour, commencent à affluer :

Sous cet arbre, construisez un reposoir avec la statue de l’Immaculée Conception
Mettez des tissus au pied de ce reposoir puis donnez-les aux malades

La 1ère guérison attestée se passe dès juillet. Plusieurs autres suivent.
Fait incroyable, les apparitions sont très nombreuses, dépassant le nombre de 160.
La Vierge répond de manière brève et précise et, parfois, se contente de sourire, voire de disparaître sans donner de réponse.

La dernière apparition se déroule le 16 septembre, devant une foule de 15 000 personnes.
Ce jour-là, elle laisse comme ultime recommandation :

Dites toujours le rosaire

Les autorités prussiennes jugent ces rassemblements dangereux et subversifs. Les 2 jeunes voyantes sont éloignées pour un temps du village, le curé se trouve emprisonné durant 5 jours, les pèlerins subissent diverses menaces. Les autorités ecclésiastiques se montrent prudentes. L’évêque parvient cependant à créer une commission d’enquête, qui remet par la suite un rapport favorable. L’évêque fait envoyer sur place divers théologiens, puis se rend lui-même sur les lieux. Il rencontre les 2 voyantes, les questionne longuement et les fait examiner par 3 médecins, dont 2 sont catholiques, le 3ème protestant. Les 3 experts médecins concluent à la bonne santé physique et mentale des 2 jeunes filles.

Les 2 voyantes devinrent toutes deux religieuses, chez les Soeurs de la Charité.

De très nombreuses cas de guérison ont été signalés au sanctuaire jusqu’à aujourd’hui.
Ce n’est qu’en 1945 que Gietrzwalde retrouve la mère patrie polonaise.
En 1977, l’évêque local a lu solennellement le décret canonique de reconnaissance des apparitions. Le futur pape Jean-Paul II, le cardinal Wojtyla, était présent.

Pellevoisin

Estelle Faguette et sa famille n’ont cessé d’accumuler les malheurs.

Le père possède des carrières de craie et une auberge, près de Châlons-sur-Marne. A la suite d’une mauvaise gestion, dont il n’est pas directement responsable, il se trouve ruiné. Pour faire vivre sa famille, il accepte un emploi de concierge puis, avec sa famille, il tente sa chance à Paris, où il ne trouve du travail qu’au jour le jour.

C’est à Paris, à l’âge de 15 ans, qu’Estelle commence à tomber malade. Elle entre néanmoins comme novice chez les Augustines Hospitalières, qui occupent l’Hôtel-Dieu. Une chute la laisse handicapée du genou et la rend inapte aux tâches hospitalières. Elle doit quitter le couvent, en 1863, avant d’avoir prononcé ses voeux. La comtesse de La Rochefoucauld l’accepte chez elle comme couturière pour l’aider. Estelle s’installe alors au château de Pouriers (aujourd’hui de Montbel), à Pellevoisin, en plein coeur du Berry. C’est là qu’elle est atteinte d’une péritonite aigüe, qui mal soignée, s’ajoute aux douleurs liées au genou déformé.

La comtesse de La Rochefoucauld la garde tout de même chez elle, les gages servant à faire vivre ses parents, également installés à Pellevoisin. “Tout en faisant mon service, racontera Estelle, je souffrais énormément. Je disais mon chapelet chaque jour, je lisais un peu l’Imitation de Jésus-Christ, c’était ma seule lecture. J’avais conservé l’habitude d’aller à la messe autant que je le pouvais, ce qui était pour moi une consolation.”

Son état ne cesse d’empirer. En 1875, le docteur Bucquoy, membre de l’Académie de médécine, médecin de l’Archevêque de Paris, constate que la péritonite n’est pas guérie et diagnostique une tumeur abdominale, grosse comme une orange, ainsi qu’une tuberculose pulmonaire. Il lui interdit de continuer à travailler et ne laisse guère d’espoir de guérison. Après avoir été soignée à Paris, grâce à la bienveillance de la comtesse de La Rochefoucauld, Estelle est de retour au château de Pouriers. Le docteur Bernard, médecin de Buzançais, lui rend alors visite en septembre 1875 et se montre très pessimiste.

Le soir même de ce mois de septembre 1875, écrira Estelle, étant toute seule, je sentais que j’étais abandonnée de tous, parce que tout le monde était fatigué de moi et de mes maladies. Alors, dans la nuit, je me suis recommandée de la Sainte Vierge et je pris la résolution de faire une demande à la Sainte Vierge, ce que je fis cette nuit même.”

Estelle prend un papier et un crayon pour écrire à la Vierge Marie. Le lendemain, elle la fait déposer dans une petite grotte, reproduisant celle des apparitions à Lourdes, qui se trouve dans le parc du château. Estelle y implore le secours de la Vierge, demandant à être guérie : “Accordez-moi donc, de votre divin Fils, la santé de mon pauvre corps pour sa gloire. Regardez donc la douleur de mes parents : vous savez bien qu’ils n’ont que moi pour ressources. Ne pourrai-je pas achever l’oeuvre que j’ai commencée ? Si vous ne pouvez, à cause de mes péchés, m’obtenir une entière guérison, vous pourrez du moins m’obtenir un peu de force pour pouvoir gagner ma vie et celle des parents (…). J’ai confiance en vous, ma bonne Mère ; si vous voulez, votre Fils peut me guérir.” Son état de santé s’aggrave.

En décembre 1875, on lui administre l’extrême-onction.
Le 20 janvier 1876, la comtesse de la Rochefoucauld la fait transporter dans une maison qu’elle a dans le bourg de Pellevoisin, et les parents d’Estelle y emménagent également. On la tient pour mourante.

Le 14 février, au soir, le docteur Hubert, un nouveau médecin appelé à son chevet, estime qu’il n’y a plus de soins à donner. Elle n’en a plus que pour quelques heures. C’est cette nuit-là, alors qu’elle est veillée par son père et une femme de la région, qu’elle bénéficie d’une 1ère apparition.

5 apparitions vont se dérouler 5 nuits de suite.
Fait à remarquer, le diable “horrible et grimaçant” est d’abord présent avant les 1ères apparitions mariales, mais recule et disparaît définitivement lors de la 5ème nuit. Il prend la fuite lors de chaque manifestation de la Vierge. Le message commun de ces 5 premières apparitions porte sur la promesse de guérison de la malade.  La description est indiquée, comme suit : “La Vierge avait un voile de laine bien blanc qui formait 3 plis. Je ne pourrais jamais assez ce qu’elle était belle ! Ses traits étaient réguliers, son teint blanc et rose, plutôt un peu pâle.”

La 1ère nuit, la Vierge déclare :

Courage, prends patience : mon Fils va se laisser toucher.
Tu souffriras encore 5 jours, en l’honneur des 5 plaies de mon Fils.
Samedi, tu seras morte ou guérie

Le sort d’Estelle demeure donc incertain.
La 2nde nuit, l’annonce est cependant plus précise :

Cette fois, mon Fils s’est laissé attendrir,
il te laisse la vie ; tu seras guérie samedi

Lors de la 3ème nuit, la Vierge exhorte au courage.
Lors de la 4ème , elle rassure :

Ne crains rien, tu es ma fille ;
mon Fils est touché de ta résignation

Peu après la 5ème apparition, à la première heure du samedi 19 février 1876, la guérison miraculeuse a lieu alors qu’Estelle dit le chapelet.
Elle ressent d’ultimes douleurs, portées à leur maximum, puis un soudain soulagement : “A ce moment, après que la Vierge eut disparu, je souffrais horriblement ; mon coeur battait si fort que je croyais qu’il voulait sortir de la poitrine. L’estomac et le ventre me faisaient aussi beaucoup souffrir. Je me souviens très bien que je tenais mon chapelet à la main gauche ; il m’était impossible de soulever la droite. J’offris mes souffrances au bon Dieu ; je ne savais pas que c’étaient les dernières de cette maladie-là. Après un moment de repos, je me sentais bien. Je demandais l’heure, il était minuit et demi. Je me sentais guérie, excepté mon bras droit, dont je n’ai pu me servir qu’après avoir reçu le bon Dieu.”

Le matin, lorsque le curé du village lui apporte la communion. Estelle se déclare guérie. Elle se lève et mange avec appétit. Peu après, le médecin constate qu’elle ne porte plus aucune trace des maux l’ayant atteinte. Les autres médecins, qui l’avaient traitée auparavant, arrivent à la même conclusion.

De nouvelles apparitions se manifestent les 1er, 2 et 3 juillet, en fin de soirée. La Vierge apparaît les bras tendus, faisant tomber de ses mains une pluie de bénédictions. Dans le fond clair, on distingue nettement une guirlande de roses.
Le 2 juillet, elle dit à Estelle :

Tu as déjà publié ma gloire.
Continue.
Mon Fils a aussi quelques âmes plus attachées.
Son coeur a tant d’amour pour le mien qu’il ne peut refuser mes demandes.
Par moi, il touchera les coeurs les plus durs.

Je suis venue particulièrement pour la conversion des pècheurs

Une 3ème et dernière phase est constituée de 7 apparitions, sur 3 mois : 9, 10 et 15 septembre, 1, 5 et 11 novembre, 8 décembre.
L’élément central porte sur la révélation du scapulaire du Sacré-Coeur, qui intervient le 9 septembre, lors de la neuvième apparition. La Vierge, à la fin de cette apparition, montre un scapulaire du Sacré-Coeur et dit à Estelle :

J’aime cette dévotion.
Je t’ai choisie pour publier ma gloire et répandre cette dévotion, lui confie la Vierge le 8 décembre

Description du scapulaire : il y avait aux 4 coins, des boutons de rose d’or ; dans le haut, il y avait un coeur d’or enflammé avec une couronne de roses, transpercé d’un glaive. Voici ce qu’il y avait d’écrit : “J’ai invoqué Marie au plus fort de ma misère. Elle m’a obtenu de son Fils ma guérison entière.”

La Vierge Marie se penche vers elle et lui donne à baiser le scapulaire et les moyens de le répandre :

Tu iras toi-même trouver le Prélat, et tu lui présenteras le modèle que tu as fait.
Dis-lui qu’il t’aide de tout son pouvoir, et que rien ne me sera plus agréable que de voir cette livrée sur chacun de mes enfants, et qu’ils s’appliqueront tous à réparer les outrages que mon Fils reçoit dans le sacrement de son amour.

Elle montre la portée de la dévotion du scapulaire :

Voici les grâces que je répands sur ceux qui le porteront avec confiance

Estelle écrira de son côté : “En disant ceci, la Sainte Vierge étendit ses mains ; il en tombait une pluie abondante, et dans chacune de ces gouttes, il me semblait voir des grâces écrites telles que : pitié, salut, confiance, conversion, santé ; en un mot toutes sortes de grâces plus ou moins fortes”. La Sainte Vierge ajoute :

Ces grâces sont de mon Fils ; je les prends dans son Coeur ; il ne peut me les refuser

Le scapulaire que montre la Vierge ne porte qu’un Sacré-Coeur sur une face. Estelle demande ce qu’il faut mettre sur l’autre côté. La Vierge lui répond :

Je le réserve pour moi ; tu soumettras ta pensée, et l’Eglise décidera

Lors de la 11ème apparition, le 15 septembre, la Vierge parle de l’Eglise et de la France :

Dans l’Eglise, il n’y a pas ce calme que je désire. Et la France ! Que n’ai-je fait pour elle !  Que d’avertissement, et pourtant elle refuse de m’entendre ! Je ne peux plus retenir mon Fils. La France souffrira…

Suite à la guérison miraculeuse du 19 février 1876, le curé de Pellevoisin adresse un récit détaillé de l’affaire à l’archevêque de Bourges. Monseigneur de la Tour d’Auvergne. Il reçoit même Estelle Faguette le 8 décembre et institue, le 13 janvier 1877, une Commission d’enquête. Les médecins et les personnes, ayant soigné Estelle, sont interrogés. La Commission rend des conclusions favorables au caractère miraculeux de la guérison. Monseigneur de la Touche se rend à Rome et soumet au pape Pie IX le projet d’une confrérie. Pie IX bénit le projet. Monseigneur de la Tour d’Auvergne autorise, le 28 juillet suivant :

la création d’une “Confrérie en l’honneur de Notre Dame de Pellevoisin, sous le titre de Mère toute Miséricordieuse ainsi que le port du scapulaire du Sacré-Coeur, dont Estelle a eu la révélation lors de la 9ème apparition

Le 5 décembre 1878, Monseigneur de la Tour d’Auvergne ordonne une seconde enquête portant cette fois sur les apparitions. Si, encore aujourd’hui, ces dernières ne sont pas officiellement reconnues par l’Eglise, sans être pour cela rejetées, on remarquera que la guérison est désormais canoniquement définie comme miraculeuse. Monseigneur Vignancourt, archevêque de Bourges en 1983, a soin de préciser que “ce miracle” a été obtenu par l’intercession de Marie, Mère de Miséricorde”. La Commission médicale a conclu que la guérison avait bien été “soudaine, totale et durable”.

Saint Bauzille de la Sylve

Ce petit village, situé à 45 km au sud de Béziers, se trouve en Languedoc. L’arrivée du chemin de fer a favorisé l’essor de la viticulture, en facilitant l’exportation des productions. Le pays s’est enrichi, mais cette prospérité matérielle a également provoqué un relâchement de la pratique religieuse et une augmentation de l’alcoolisme. Puis le phylloxéra, cette grave maladie de la vigne, menace le Languedoc en 1873.

Le dimanche 8 juin 1873, vers 7 heures, alors qu’Auguste Arnaud, ouvrier vigneron, s’occupe de ses vignes, il voit apparaître à 1,50 m du sol, un personnage dans une nuée lumineuse. C’est une femme de taille moyenne, toute de blanc vêtue. Elle porte une ceinture frangée, sa tête est surmontée d’une couronne haute, semblable à la mitre d’un évêque. Un grand voile blanc, partant du sommet de la couronne l’enveloppe de toutes parts jusqu’aux pieds, couvrant même les mains, croisées sur la poitrine. Tous ces divers ornements sont d’une éclatante blancheur. Sa figure est belle, calme, sans exprimer ni joie ni tristesse. Elle se retrouve noyée dans une atmosphère lumineuse. N’en croyant pas ses yeux, Auguste questionne l’apparition : “Qui êtes-vous ?”

Je suis la Sainte Vierge. N’ayez pas peur.
Vous avez la maladie de la vigne.
Vous avez abandonné Saint Bauzille. Il faut faire sa fête le jour où elle tombe. Jeudi, il faudra aller à Saint Antoine, la chapelle d’un ancien ermitage sur la colline qui domine le village, en procession et y dire la messe. D’aujourd’hui en quinze, il faut aller en procession à Notre-Dame, tout le canton de Gignac, Montpellier et Lodève en ville.
Il vous faut placer une nouvelle croix et changer l’autre. Vous placerez une croix chargée d’une Vierge au fond de votre vigne, et y ferez procession chaque année.
Allez dire cela à votre père et au curé de suite.
Dans un mois, je viendrai vous remercier.

La Vierge disparaît ensuite. Auguste va raconter l’évènement à son père et, ensemble, ils se rendent chez le curé du village, qui les écoute mais n’y accorde pas foi. Il lui semble impossible que la Vierge apparaisse à un homme qui profane le jour du Seigneur en ne respectant pas le repos dominical. Auguste désire cependant accomplir les demandes de la Vierge. Le lendemain même de l’apparition, il dresse une croix de bois provisoire dans sa vigne, que le curé refuse de bénir.

Le jeudi 12 juin, accompagné de membres de sa famille, il accomplit le pélerinage à l’ermitage Saint Antoine.
Le dimanche suivant, il fait de même au sanctuaire Notre Dame de Grâce, à Gignac.
Rassemblant ses économies, il participe à l’édification d’une croix de fer, dorée et argentée, pour remplacer celle en bois.

Tous ces faits ne passent pas inaperçus dans le village. Auguste Arnaud ne cache pas avoir eu une apparition de la Vierge. Excepté une minorité de sceptiques, libres penseurs ou anticléricaux, la majorité des braves gens croit au récit d’Auguste. On écarte la possibilité d’une hallucination : l’homme est trop calme et pondéré pour être la victime de ses sens. La vie passée  du vigneron plaide en faveur de la réalité des faits.

A la date prescrite, le 8 juin, Auguste va à a vigne à 4 h 30 du matin et se met au travail. Plusieurs centaines de personnes des environs se trouvent également sur les lieux, dans l’attente de l’apparition promise. Vers 7 h 30, tout à coup, Auguste laisse échapper sa pioche. Il est droit, la tête levée, les yeux ouverts, fixés vers le ciel, sa main droite saisit énergiquement son chapeau et le jette à terre. Ses 2 bras s’élèvent en l’air, son visage est devenu pâle, très pâle, ses mains semblent démesurément allongées, ses yeux n’éprouvent aucun mouvement des paupières, comme fixés par l’apparition qui l’attire.

Auguste fera la déposition suivante : “Tout à coup, à 2 m devant moi, j’aperçus de nouveau la même personne de la 1ère apparition. A peine l’eus-je vue que, rapide comme l’éclair, elle fut sur la Croix. Je me trouvais toujours devant elle à la même distance de 2 m. Je ne sais, je ne puis comprendre comment je me suis trouvé là, ni comment j’ai parcouru la distance qui me séparait du lieu où j’étais d’abord, de la Croix au pied de laquelle je me suis ensuite trouvé.”

Si les témoins n’ont rien vu de l’apparition, en revanche ils ont tous constaté ce déplacement prodigieux, inexplicable. L’un d’eux fera la déposition suivante : “Il est emporté avec une rapidité effrayante vers la Croix… directement en ligne droite, à travers les souches et les ceps qui étaient alors dans toute leur vigueur, enlacés les uns dans les autres.”

Auguste Arnaud ajoute : “La Sainte Vierge avait les mêmes traits et la même expression que la 1ère fois ; ses vêtements étaient de même forme, mais de couleur d’or, et paraissaient encadrés, dans une atmosphère lumineuse de quelques centimètres de large. Sa figure était pleine de clarté. Les mains, croisées sur la poitrine et sous le voile, étaient entourées d’une chapelet toujours de couleur d’or.”

D’après les témoins, Auguste est plongé dans une profonde contemplation durant une dizaine de minutes. Puis la Vierge délivre un ultime message :

Il ne faut pas travailler le dimanche.
Heureux celui qui croira, malheureux celui qui ne croira pas.
Il faut aller à Notre-Dame-de-Gignac en procession.
Vous serez heureux avec toute la famille.

Puis, la Sainte Vierge fait glisser le chapelet sur la main gauche et de la droite elle donne la bénédiction à la foule comme font les prêtres à la fin de la messe en disant :

Que l’on chante des cantiques.

Et elle disparait de la même manière que la 1ère fois.
L’évènement fait grand bruit dans toute la région. La vigne d’Auguste devient un lieu de pèlerinage. Des guérisons miraculeuses de malades s’y produisent. Le curé du village, l’abbé Coste, reste cependant réservé. Il n’ose pas communiquer à l’évêque du diocèse, Monseigneur Le Courtier, un rapport de l’évènement. Il sait que ce dernier s’exprime parfois en “vrai voltairien” et ne croit pas aux apparitions de La Salette. L’abbé Coste se contente d’organiser, l’année suivante, de grands pèlerinages à Saint-Antoine et à Notre-Dame-de-Grâce à Gignac. Il fait ériger les croix demandées.

Un nouvel évêque, Monseigneur de Cabrières, prend les choses en mains. En février 1875, il se rend à Saint Bauzille, s’entretient longuement avec Auguste Arnaud, visite les lieux de l’apparition et décide de nommer une commission d’enquête, afin d’étudier l’évènement. En 1879, il autorise finalement la construction d’une chapelle. Il vient lui-même célébrer la messe dans le nouveau sanctuaire, où la Vierge est invoquée sous le vocable “Notre Dame du Dimanche”.

Pontmain

En 1871, Pontmain est un important village de 500 âmes, juché dans le bocage mayennais. La maison de la famille Barbedette donne sur la place principale, non loin de l’église, face à une imposante maison, occupée par le buraliste, Augustin Guidecoq.

Le mardi 17 janvier, vers 17 h 30, le père Barbedette, ainsi que 2 de ses fils (Eugène 12 ans et Joseph 10 ans) pénètrent dans la grange attenante à leur habitation, afin de pilier des ajoncs destinés à la nourriture des chevaux. Un quart d’heure plus tard, Jeannette Détais entre dans la grange pour parler au père Barbedette. Eugène en profite pour interrompre son travail et se mettre sur le pas de la porte. Dehors il fait un froid glacial, la neige recouvre le sol et les toits. La nuit est tombée depuis un bon moment et le ciel, très pur, s’illumine d’étoiles.

Soudain, non loin de la maison Guidecoq, mais bien au-dessus du toit, Eugène voit une belle grande Dame, vêtue d’une robe bleue, parsemée d’étoiles d’or, sans ceinture et sans taille, identique à un sarrau d’enfant : une robe d’une seule pièce, allant du cou jusqu’aux pieds. “Elle avait des chaussons, racontera-t-il plus tard, bleus comme la robe, et au milieu, un ruban d’or formait un noeud en forme de rosette. Un voile noir, cachant entièrement les cheveux et les oreilles, et couvrant le tiers du front, retombait sur les épaules jusqu’à la moitié du dos. Immédiatement rejeté en arrière, il ne cachait pas la figure. Sur la tête, elle portait une couronne d’or, sans autre ornement qu’un petit liseré rouge, situé à peu près au milieu. Posée sur le voile, haute à peu près de 20 centimètres, elle ne montait pas tout droit, mais en s’élargissant comme un cône renversé. Un grand cercle ovale, du même bleu que la robe, entoure la Dame. 4 bougies sont à l’intérieur du cercle bleu, 2 à la hauteur des genoux de la Dame, 2 à la hauteur de ses épaules. Sur la poitrine, est située une petite croix rouge.”

Cette tenue pour le moins étonnante, tranche avec celles des autres apparitions. Il faut certainement y voir une interprétation symbolique.

La Vierge reste silencieuse. Seules les expressions de son visage et un texte qui va s’inscrire dans le ciel permettent de comprendre son message.

Lors de la 1ère étape de l’apparition, Eugène voit la Dame avec les bras baissés, les mains ouvertes, le visage, d’une beauté incomparable, demeure souriant. Lorsque Jeannette Détais sort de la grange, Eugène lui demande : “Jeannette, regarde donc sur la maison du buraliste si tu ne vois rien ?” Jeannette ne voit rien. Le père Barbedette et son second fils, Joseph, sortent à leur tour et regardent le ciel. L’adulte ne voit rien, mais en revanche, Joseph parle à son tour : “Oui, je vois une belle grande Dame.” Sachant ses enfants incapables d’inventer des histoires pour se moquer de la religion, le père Barbedette fait chercher son épouse, qui ne voit rien. On va alors chercher la domestique de la famille, Louis, qui ne distingue rien non plus.

Puis la famille va souper. En sortant à nouveau, les 2 garçons voient toujours la belle Dame. Leur mère, très troublée, leur recommande de réciter 5 Pater et 5 Ave. L’apparition se prolonge. On va chercher une des religieuses qui s’occupent de l’école. Elle ne voit rien, mais fait venir 3 de ses pensionnaires. 2 des 3 enfants, Françoise Richer, 11 ans, et Jeanne-Marie Lebossé, 9 ans, voient également “la belle Dame”. Leur description coïncide exactement avec celle des garçons. L’abbé Richard et 2 enfants se rendent également sur les lieux. Les allées et venues sont remarquées. Des curieux, malgré la nuit glaciale, viennent grossir le groupe. Au total, 7 enfants voient la Vierge dans le ciel : outre les 2 frères Barbedette et les 2 élèves des soeurs, il faut ajouter Eugène Friteau, 6 ans, Augustine Boitin (25 mois) et Auguste Avice (4 ans).

Le curé demande que l’on prie. L’une des religieuses dirige la récitation du chapelet. Lors de cette récitation, la Vierge et l’ovale bleu grandissent de moitié. Lorsqu’une soeur entonne le Magnificat, un grand écriteau blanc apparaît au-dessous des pieds de la Vierge. Des lettres se forment lentement une à une que les enfants voyants lisent :

Mais priez mes enfants

L’abbé Richard décide alors de faire chanter les litanies de la Vierge. A la 1ère invocation, une nouvelle lettre se forme, suivie par d’autres. A la fin des litanies, une nouvelle phrase est écrite :

Dieu vous exaucera en peu de temps.
Mon Fils se laisse toucher.

Un nouveau cantique à la Vierge est chanté. “Alors, raconte l’abbé Richard, la Sainte Vierge éleva, à la hauteur de ses épaules, les mains qu’elle tenait abaissées et étendues, et agitant les doigts lentement, comme si elle eût accompagné le chant du cantique, elle regardait les enfants avec un sourire d’une douceur infinie : “Voilà qu’elle rit, voilà qu’elle rit, s’écriaient-ils”

Après 10 minutes, alors que la foule entame un chant de pénitence, l’inscription disparaît. Puis le visage de la Vierge s’assombrit, une grande croix rouge, avec un Christ de même couleur, apparaît devant la Vierge, qui prend ce crucifix, entre ses mains et l’incline légèrement vers la foule. “Pendant tout ce cantique, dira Joseph Barbedette lors de l’une de ses dépositions au procès canonique, le regard de la très Sainte Vierge ne se dirigeait plus vers nous, mais vers le crucifix. Dès le commencement de ce cantique, une des étoiles qui s’étaient groupées au-dessous des pieds vint allumer la bougie du genou droit, remonta à celle de l’épaule droite et alla se placer au-dessus de la tête… Pendant tout le temps que la très Sainte Vierge garda le crucifix dans ses mains, son visage était empreint d’une tristesse indicible. Cependant elle n’a pas pleuré : nous n’avons pas vu les larmes rouler dans ses yeux ; mais, spécialement au coin de la bouche, le tremblement des lèvres qui manifeste une vive émotion. Les lèvres remuaient, semblant prononcer les paroles du cantique de pénitence que l’on chantait à ses pieds, spécialement au refrain, qui est le Parce”.

Lorsque la foule commence à chanter l’Ave Maria Stella, le crucifix rouge disparait. Sur chacune des épaules de la Vierge, apparaît une petite croix blanche. Son visage s’illumine à nouveau d’un sourire. Le curé ordonne de faire la prière du soir. Lors de cette prière, l’apparition disparait peu à peu. Un grand voile blanc, partant des pieds, couvre le corps de la Vierge. Puis son visage se voile, l’ovale bleu et les 4 bougies allumées disparaissent. Il est près de 21 heures lorsque se termine l’apparition. Elle a duré environ 3 heures.

Vers une reconnaissance officielle…

L’abbé Richard, persuadé de la véracité des affirmations des enfants, écrit le lendemain même à son supérieur immédiat, le curé-doyen de Landivy, François Guérin. Ce dernier, assez sceptique, se rend à Pontmain le 19. Il interroge séparément les enfants, avec parfois une certaine brusquerie, cherchant des failles éventuelles ou des contradictions. Il doit finalement s’incliner devant la bonne foi évidente des enfants.  Il rédige un rapport favorable à l’évêque de Laval, Monseigneur Wicart ordonne une enquête officielle. Le 14 mai, il se rend lui-même à Pontmain et en repart bouleversé et convaincu : “Rien de plus calme, rien de plus modeste, rien de plus net et de plus ferme que les déclarations faites.”

Les enfants sont soumis à l’examen de 3 médecins : un professeur de l’école de médecine de Rennes et 2 sommités médicales du département. Leur rapport conclut à la bonne santé physique et psychique des enfants, excluant ainsi que la vision soit la conséquence d’une affection ophtalmologique, d’une illusion d’optique ou d’une hallucination. Le 2 février 1872, l’évêque prononce un jugement définitif qui conclut que la Vierge Marie est bien apparue le 17 janvier 1871 dans le hameau de Pontmain.

L’annonce de la fin de la guerre franco-prussienne

Cette apparition, placée sous le signe de l’espérance, annonce la fin de la guerre franco-prussienne, comme l’indique la blanche banderole : “Dieu vous exaucera en peu de temps”. En effet, les 2 parties belligérantes concluent un armistice et signent les préliminaires de la paix le 28 janvier 1871, 11 jours après l’apparition. Le contexte historique de l’apparition est évident quand on sait que l’invasion prussienne touche à cette époque la Mayenne, et que c’est dans cette région que se font entendre les derniers coups de canons.

Fatima