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Lourdes

Lourdes : 150 ans de guérison

Les aveugles voient, les paralytiques se lèvent, les comateux se réveillent.

Lourdes continue de guérir, de fasciner
et surtout d’interroger la médecine qui constate, sans expliquer

Lourdes est bien sûr l’archétype du sanctuaire prodigieux, depuis la découverte de la source de la grotte de Massabielle par Bernadette Soubirous en ce 25 février 1858.

Lourdes est unique, c’est aujourd’hui « une rivière de prières », comme l’écrit Pierre Lunel dans Les Guérisons miraculeuses.

Mais Lourdes est unique aussi et surtout parce qu’un bureau médical y a été ouvert dès 1883 pour étudier des cas de guérisons tous plus spectaculaires les uns que les autres.

Miracles de la prière, prodiges de la foi, ou puissance de l’autosuggestion comme l’affirment des rationalistes qui n’ont plus que cette branche à laquelle se raccrocher ?

À chacun de se faire son opinion, mais il est certain en tout cas que les données ne manquent pas.

Deux tumeurs disparaissent

Trois jours après la découverte de la source par Bernadette, alors qu’il gèle « à pierre fendre », nous raconte Pierre Lunel, Justine Duconte-Bouhort ose plonger dans l’eau glacée son bébé de dix-huit mois, mourant et inerte, en dépit des protestations de son entourage. Le lendemain, l’enfant est en parfaite santé.

La longue série vient de démarrer.

Quelques jours plus tard, Louis Bourriette, ancien tailleur de pierres dont l’oeil a été crevé par un éclat, demande à sa petite fille d’aller lui chercher un peu d’eau de la source. Il souffre encore atrocement de son oeil depuis l’accident, survenu vingt ans auparavant. L’eau est encore boueuse, mais il se l’applique immédiatement sur l’oeil. La commission d’enquête écrira : « À peine eut-il lavé son oeil qu’aussitôt il aperçut la lumière. Deux heures après, il distinguait les objets, quoiqu’avec difficulté. »

Deux, trois, quatre aveugles sont guéris au contact de Bernadette qui se défend : « Je n’ai guéri personne ! »

Dès sa première année d’activité, la commission médicale étudie trente cas de guérison, et en retient sept comme miraculeux. Les guérisons sont spectaculaires, mais surtout, elles sont inexplicables :

  • Comme ces deux grosses tumeurs qui disparaissent en une nuit du corps d’un garçon de 13 ans, Henri Busquet.
  • Comme ces séquelles d’un choléra contracté en 1834 qui ont valu quatre extrêmes-onctions dans l’année à Madeleine Rizan, et s’évanouissent en une heure.

« Toutes ces affections sont lentes à guérir. Cette seule considération, mise en regard de la soudaineté de la guérison, suffit à prouver que ce fait s’écarte de l’ordre de la nature », observe à l’époque le Pr Vergez.

En fait, depuis son ouverture le bureau médical de Lourdes a enregistré près de 7 000 déclarations de guérisons.

Si « seulement » 67 cas ont été reconnus par les autorités vaticanes, c’est que les critères sont extrêmement sévères.

Le diagnostic de maladie incurable doit avoir été posé au préalable. La guérison doit être spontanée, totale et surtout, définitive. C’est pourquoi certains dossiers mettent des années avant d’être validés, car une rechute ferait de l’ombre au miracle. La procédure est un examen par le bureau médical de Lourdes, puis un transfert au Comité médical international, et enfin une investigation par le diocèse d’origine de la personne guérie. C’est lui qui se prononce sur le caractère miraculeux de la guérison. Le critère ultime est simple : il doit s’agir d’un signe de Dieu !

« Le problème ce n’est pas la guérison »

En 2006, Mgr Perrier, évêque du diocèse de Tarbes et Lourdes, s’est demandé si le temps des miracles de Lourdes proclamés en tant que tels par l’Église et les sanctuaires (lieux de pèlerinage) était révolu.

Lors de la reconnaissance officielle de la dernière miraculée de Lourdes, Anna Santaniello, une Italienne de 94 ans, la communication avait été très discrète du côté des sanctuaires, en contraste avec l’écho médiatique qu’avait eu la nouvelle à l’étranger. Certes, cette déclaration intervenait quelques jours à peine après le décès du précédent miraculé, Jean-Pierre Bély, guéri d’une sclérose en plaques en 1987. Mgr Perrier ne voulait pas donner une impression d’opportunisme et les sanctuaires ont estimé que les conditions médicales, légales et administratives n’étaient pas toutes réunies pour qu’ils reprennent à leur compte la décision de l’archevêque de Salerne.

Mgr Perrier indiquait qu’il s’agissait là du coeur du problème : « Jamais plus un médecin ne se risquera à affirmer définitivement et de manière certaine que telle personne a telle maladie irréversible ou mortelle. En revanche, il peut constater les symptômes de telle ou telle maladie et sa guérison, ce qui n’est pas contradictoire médicalement. Le problème, ce n’est pas la guérison, c’est la certitude scientifique qu’un patient donné est porteur d’une maladie précise. De telle manière qu’il manquera toujours une pièce au dossier ou une preuve médicale pour reconnaître un miracle ».

C’est pourquoi il souhaitait mettre au point, « en lien avec le comité médical international et le bureau médical des sanctuaires », un statut spécifique pour les personnes dont la guérison est manifestement liée à Lourdes, mais qui ne seraient pas appelées miraculées. À l’appui de sa proposition, l’évêque soulignait que ce statut pourrait s’appliquer à une « bonne vingtaine de déclarations sérieuses », notamment une dame vouée à une mort certaine et plongée dans un coma artificiel depuis plus de six semaines. On a prié pour elle à la grotte, et elle s’est réveillée subitement guérie. Notons que l’effet placebo ne peut guère être invoqué ici.

Cinq cas remarquables

En décembre 2008, le Comité médical international de Lourdes (Cmil) a de son côté déclaré « remarquables » cinq cas de guérisons non encore reconnues miraculeuses, dont celle évoquée ci-dessus :

  • Madame B., 53 ans, souffrait de myopathie depuis l’enfance et vivait en fauteuil roulant depuis l’âge de 34 ans. Après six pèlerinages à Lourdes en 2004, elle s’est trouvée définitivement guérie après avoir enfin demandé la guérison pour elle-même.
  • Une autre dame, atteinte d’une sclérose en plaques qui la contraignait à se déplacer en fauteuil roulant, a retrouvé une vie normale sans appui médical.
  • Tout comme cet homme souffrant de sévères douleurs dorsales et que la morphine ne parvenait plus à soulager
  • Le cas d’une dame souffrant de séquelles d’un grave accident de la circulation.

« L’arbre des miracles ne doit pas cacher la forêt des guérisons », a estimé le Pr François-Bernard Michel, président du Cmil.

  • En août 2009, une Italienne de 50 ans, Antonietta Raco, immobilisée depuis 2005 par une sclérose latérale amyotrophique, a été guérie de manière inexpliquée et subite après un pèlerinage à Lourdes. Cette déclaration a été faite par son neurologue personnel à l’hôpital de Turin : « Je n’ai jamais vu un cas comme celui-là, car du point de vue de la littérature médicale, il n’y a jamais eu de cas de régression de la maladie », a-t-il affirmé dans les médias transalpins.

La liste n’est pas close, loin s’en faut, car même si ce n’est pas Marie, l’eau de la source, ou la foi profonde,

il y a bel et bien « quelque chose » qui guérit à Lourdes.

Divines Apparitions

Apparitions, stigmates, lévitations…, les miracles associés
à la religion, en particulier catholique, sont légion.

L’Église n’accepte pas tout, mais entretient la flamme.
Retour sur les multiples visages de  l’« extra-ordinaire »

Au chapitre des apparitions, les plus célèbres sont sans aucun doute celles de :

Marie de Nazareth

La mère de Jésus est apparue dans plus de cent dix lieux répertoriés depuis l’an 850, en incluant les manifestations miraculeuses comme les icônes qui pleurent. En tout, des milliers de mariophanies ont été comptabilisées, mais selon l’historien Joachim Bouflet, seules 2 % auraient été authentifiées. Bien sûr, dans de nombreux cas, il s’agit d’apparitions multiples, parfois sur de longues périodes. Ainsi, celles survenues à

  • Le Laus (Hautes-Alpes), où la Vierge est apparue de mai à août 1664 à Benoîte Rencurel, qui fut déclarée vénérable en 1872 (reconnaissance officielle par Mgr Di Falco le 4 mai 2008) ;
  • Pocs, en Hongrie, une icône « Hodigitria » de Marie se mit à verser des larmes pendant un mois, en 1696, devant les fidèles ébahis réunis pour la messe. L’icône fut transférée, mais une autre pleura à nouveau pendant deux semaines en août 1715. Et le phénomène se manifesta encore près de deux siècles plus tard, en 1905, pendant plus d’un mois.
  • Lourdes – L’année 1858 est bien sûr célèbre pour l’apparition de l’Immaculée Conception à Bernadette Soubirous dans la grotte de Massabielle, à Lourdes, qui se reproduisit du 11 février au 16 juillet. Bernadette vécut jusqu’en 1879 et fut canonisée en 1933.
  • Fatima – En 1917, c’est la fameuse apparition de Notre-Dame de Fatima au Portugal, du 13 mai au 13 octobre, devant trois jeunes bergers dont deux furent béatifiés en 2000 par le pape Jean-Paul II. Ce dernier était en effet concerné par la troisième partie du « secret de Fatima », qui annonçait prétendument l’attentat dont il fut victime en 1981. La 1ère partie était une vision de l’enfer, et la 2ème partie expliquait comment mettre fin à la grande guerre. Le 3ème secret parle de la mise à mort d’un pape, mais peut aussi être compris comme une métaphore de la fin de l’Église catholique. De fait, les secrets ont fait l’objet de lectures et d’interprétations de toutes sortes. Rappelons que l’ingénieur Christel Seval a vu dans le cas de Fatima un lien avec le phénomène ovni (La Vierge et les extraterrestres).
Danse du soleil

Selon Joachim Bouflet, l’apparition de Fatima ne souffre aucune contestation. « C’est un événement unique dans l’histoire de l’Église, une mariophanie capitale de notre temps », explique-t-il. Le miracle sera certifié par l’Église treize ans après.

Le phénomène de la « danse du soleil » accompagnant la vision est bien connu. Plus de 70 000 fidèles et une poignée d’observateurs athés ont vu sur place le soleil tourbillonnant « avec une vitesse impétueuse ».

Marche à reculons

Une autre mariophanie « bien déroutante » selon Joachim Bouflet s’est déroulée à Garabandal, petit hameau perdu des monts Cantabrique en Espagne. En 1961, Marie apparaît là aussi à quatre fillettes. Elle est vêtue de blanc et de bleu, demande pénitence et sacrifices, dénonce « le chemin de perdition » emprunté par certains membres du clergé.

Plus tard, des phénomènes extraordinaires vont se dérouler devant une foule de témoins et même des caméras : lévitation, marche à reculons à toute vitesse, transes, chutes sans plaie aucune.

Les extases des enfants, individuelles ou collectives, se manifesteront plus d’un millier de fois jusqu’au 20 janvier 1963, et seront même souvent annoncées plusieurs jours à l’avance. Le culte s’est lui aussi maintenu à travers le temps, d’autant qu’un grand miracle a été annoncé dans le dernier message de Marie. Il se produira un jeudi soir à 20 h 30 d’une année non précisée, coïncidera avec un événement important pour l’Église, et est destiné à convertir le monde entier.

Notons que les apparitions de Marie se manifestent souvent à des enfants. Question de pureté d’âme sans doute. Ainsi, tout comme à Garabandal, « une belle dame s’inscrivant au coeur d’un cercle d’étoiles » apparaît à six enfants âgés de 4 à 12 ans à Pontmain (Mayenne) en 1871. L’un d’eux décrit « une robe d’un bleu très profond », parsemée « d’étoiles d’or à cinq pointes, de même grandeur », qui « brillent sans émettre aucun rayon… ».

Et le Christ ?

Au final, Marie est apparue aux quatre coins de la planète, avec certes une prédilection pour l’Europe catholique. On l’a vue en Inde, en Amérique du Sud, en Afrique, en Corée, en Océanie.

Mais elle est également apparue à des protestants qui se sont convertis sur le champ, ainsi qu’à des musulmans en Égypte ou au Liban. Elle parle, elle sourit, elle pleure, elle guérit… L’Église accorde son imprimatur avec parcimonie et ses membres se querellent indéfiniment autour de certains cas, jusqu’au schisme.

Pourquoi les apparitions du Christ sont-elles moins « célèbres que celles de Marie ? Dieu fait homme est-il moins « accessible » que la figure de la mère ?

Le Christ est en fait plus connu pour ses miracles, ceux du Nouveau Testament en premier lieu. Aux noces de Cana, il change l’eau en vin, un « nectar » disent les convives. En rompant sept pains, il nourrit une foule de quatre mille personnes. Il apaise une tempête, il ressuscite Lazare d’entre les morts, il marche sur les eaux… Autant de prodiges auxquels s’ajoutent vingt-cinq récits de guérisons miraculeuses.
Le plus grand miracle est sa propre résurrection, trois jours après sa mort. Si les miracles sont au coeur de la tradition chrétienne, seules les traditions catholique et orthodoxe les reconnaissent comme réels, et les considèrent réalisables par des saints.

Visages de Bélmez

Apparitions toujours, mais de visages cette fois avec l’affaire des « visages de Bélmez ». Dans une maison ordinaire de ce village d’Espagne, un visage est spontanément apparu sur le sol de la cuisine le 23 août 1971. Impossible de l’effacer, on décide de changer le plancher, et voilà un nouveau visage qui apparaît. Pendant de nombreux mois, ce sont plusieurs visages qui vont ainsi se dessiner sur le sol de la cuisine et dans d’autres pièces. Certains sont changeants, d’autres apparaissent puis disparaissent.
Aucune enquête n’a pu prouver de supercherie, en revanche il est également apparu… que la maison se situait à l’emplacement de plusieurs cimetières qui s’étaient succédé au fil des siècles !

Stigmates

Les stigmates sont une autre manifestation « paranormale » de la foi. Comme le rappelle Jean-Pierre Girard dans l’Encyclopédie du Paranormal (J’ai Lu, 1963), on utilise le terme de dermographisme pour désigner la stigmatisation en dehors d’un contexte religieux. Robert Tocquet dans Les Mystères du Surnaturel estime que la stigmatisation est le plus souvent un fait religieux, mais qu’il peut aussi être un fait expérimental ou même… diabolique. De fait, il montre qu’il peut être suggéré, par conséquent il peut aussi être autosuggéré.

Ce phénomène illustre-t-il la puissance de l’inconscient, plus que celle de la foi ?

Les mystiques chrétiens stigmatisés célèbres sont :

  • François d’Assise,
  • Catherine de Sienne,
  • Thérèse d’Avilla,
  • Padre Pio,
  • Thérèse Neumann…

L’islam mentionne également des cas de stigmatisations qui rappellent les blessures subies par le Prophète. Dans le cas des catholiques, les blessures de la Passion du Christ ne s’infectent pas, mais exsudent légèrement et régulièrement.

Recevoir les stigmates est une grâce, et s’accompagne bien sûr d’autres manifestations.

Un des premiers cas de stigmatisation étudié par la science remonte au début du XIXe siècle, avec Anne-Catherine Emmerich, dite « la nonne de Dülmen ». En 1813, alors que Napoléon tenait l’Europe, une pauvre religieuse de Westphalie subsistait presque sans manger ni boire, avait des visions, lisait dans les pensées, assistait en esprit à des événements lointains ou anciens, lévitait… et portait des stigmates qui saignaient chaque vendredi. Dans un contexte tendu entre protestants et catholiques, la nonne fut au coeur d’intenses querelles, mais l’abbé Manesse rapporte qu’elle fit l’objet d’un suivi médical très rigoureux mandaté par le vicariat.

Selon Jean-Pierre Girard, le cas le mieux étudié à ce jour reste celui de la Belge Louise Lateau, dont les stigmates furent visibles de 1869 à sa mort en 1884. Aucune explication n’a bien sûr été trouvée par la ribambelle de savants qui se sont relayés à son chevet, mais une communication à l’Académie belge de médecine a précisé que tous les contrôles et examens possibles avaient été réalisés.

Cas d’inédie

Le sociologue du CNRS Jacques Maître a consacré des années d’étude à ces cas, et regrette que la science ne soit pas assez souvent convoquée par l’Église pour authentifier le « miracle ».

Un seul cas d’inédie, ou vie sans alimentation a ainsi été étudié par Pierre Janet à la fin du XIXe siècle, et ce dernier a fait part de sa perplexité.

Dans le cas de Marthe Robin, elle aussi stigmatisée et qui ne se nourrissait que d’hosties, Jacques Maître explique qu’il a parlé avec plusieurs membres de sa famille, dont la personne qui veillait quotidiennement sur elle. Il apparaît que Marthe Robin se disait absolument disposée à se soumettre à des examens médicaux si l’Église le lui demandait. Or, aucune autorité ecclésiale n’a pris d’initiative en ce sens.

Miracles dans les autres Religions
Dans l’islam

L’ex-recteur de la Mosquée de Paris Dalil Boubakeur a écrit qu’il n’existe pas de « méthodologie rigoureusement établie sur les guérisons miraculeuses ». La maladie vient de Dieu et toute guérison, même non miraculeuse, est un bienfait de Dieu. Il existe des rites de guérison très anciens, notamment dans le soufisme.
De grands mystiques tels Sohra-Wardi ont bénéficié de faits miraculeux ou de visions. L’islam distingue les faits prodigieux rapportés à des saints (walis) ou mystiques (guérisons, lévitations, bilocations, contrôle des éléments, etc.), et les miracles liés à la mission et la vie des prophètes, qui garantissent l’authenticité même de cette mission. Ainsi, « la résurrection d’un mort est un miracle, mais la guérison d’un lépreux ou d’un paralytique, un prodige (Karamat) lorsqu’elle survient du fait d’un thaumaturge ou d’une invocation adressée à Dieu », précise le Dr Boubakeur.
(Voir aussi www.miraclesducoran.com)

Dans le judaïsme

Le premier miracle est la création du monde. La maladie est un malheur et, selon Maimonide, Dieu donne l’obligation de traiter les maladies. « La prière a une importance capitale », précise le Dr Charles Sulman (dans Les Voies de la guérison, Thouvenin). Tout médecin doit prier, et c’est Dieu qui guérit. « La croyance en l’effet curatif d’un endroit saint ou d’une sainte relique est inconnue du judaïsme », mais il reconnaît, tout comme l’islam, les « guérisons miraculeuses » de l’Ancien Testament. Hanina ben Dossa est célèbre pour ses prières qui guérissaient. De nos jours, certains rabbins cabalistes obtiendraient des guérisons inexpliquées.

Dans l’hindouisme

Le miracle est « quotidien », car l’ascèse du malade produit des phénomènes qui entraînent la guérison, explique Bernard Thouvenin (Les Voies de la guérison). Le malade doit lui-même prier, et offrir des dons. Shiva est invoquée, mais aussi les grandes forces de la nature, avec rituels de guérison et offrandes.

Dans le bouddhisme

Le concept de guérison est central, car tout le chemin vise à se libérer de la souffrance. Le Bouddha a soigné, mais fait peu de guérisons « miraculeuses ». Les prodiges ne manquent cependant pas : lévitation des moines, pouvoirs psychiques. Aujourd’hui encore, « le petit Bouddha » (Ram Bahadur Bomjon) serait en méditation depuis des années au Népal. Il n’aurait ni mangé ni bu pendant six mois, soit un cas inédit d’inédie – a attiré plus de 200 000 pèlerins du monde entier.

de l’autre côté du miracle

Il n’y a que deux façons de vivre sa vie :
l’une en faisant comme si rien n’était un miracle,
l’autre en faisant comme si tout était un miracle. »
Albert Einstein

Phénomène surnaturel ? Intervention divine ? Autosuggestion ?

Les miracles défient la raison : les guérisons inexpliquées narguent la médecine et le scientisme triomphant.
Au-delà de la croyance ou du scepticisme, que nous apprennent ces événements extraordinaires sur nous-même et notre potentiel d’autoguérison ? Le miracle est-il exceptionnel, ou bien sommes-nous exceptionnellement conscients du miracle de la vie ?

Des apparitions mariales aux synchronicités en passant par les guérisons, la notion de miracle couvre un large éventail de phénomènes.

C’est aussi une question de point de vue.

Au sens strict, le miracle est l’irruption de l’extraordinaire, ou du « surnaturel », dans le quotidien. D’aucuns associent ce surnaturel au divin et y voient donc un acte, un signe, un message de Dieu lui-même. Du point de vue ésotériste, le miracle vient d’en haut alors que le prodige vient d’en bas. Pour les religions, le miracle est un fait de Dieu alors que le prodige est celui d’un intermédiaire entre Lui et nous. Mais dans la spiritualité moderne, « laïque », nul besoin d’intermédiaire entre Dieu et nous, puisque nous sommes Lui et qu’Il est nous.

Dès lors, le miracle est à la portée de chacun, ainsi que l’affirmait Jésus. Nos fantastiques capacités d’autoguérison n’en témoignent-elles pas ? Et notre accès possible à l’expérience transpersonnelle, mystique ? Certes, tout un chacun ne se met pas à léviter dès qu’il sort de chez lui, ni ne « reçoit » les stigmates du Christ quand il songe à son martyr. Cet ordinaire tuerait le miraculeux, qui doit rester l’exception.

De plus, nous devons renoncer à comprendre le miracle, car il est inexplicable par définition. Accepter son existence revient donc à accepter un autre ordre de réalité, duquel nous serions « séparés ». Mais ce point de vue est en contradiction avec l’idée qu’il n’y a qu’une seule réalité, dont nous méconnaîtrions cependant maints aspects…

Le miracle serait-il alors une invitation à combler ce qui nous sépare de l’autre ordre de réalité, précisément pour réaliser l’unité ?

Les spiritualités d’Asie et d’Inde nous enjoignent en effet, seulement depuis quelques millénaires, à lever ce voile des illusions.

Dieu ou diable ?

Dans les religions d’Occident, le miracle est surtout associé au catholicisme, et il est jugé à l’aune de son effet sur la foi. L’a-t-il renforcée, et c’est un miracle. Sinon, c’est de la magie, et nécessairement l’oeuvre du diable. Le judaïsme ne s’appuie pas sur des « revendications de miracles » comme bases de la foi. La Bible précise en effet que Dieu accorde parfois à des charlatans le pouvoir de réaliser des miracles, et ce afin de mettre à l’épreuve la loyauté des juifs envers la Torah. Dans le monde musulman, la venue du Coran sur terre est un miracle, de même que le voyage nocturne de Mohamed de La Mecque à Jérusalem. Quant aux protestants, on le sait, ils sont très réservés sur la notion même de miracle, assimilée à des interventions ponctuelles indignes de la sagesse et de la puissance de Dieu.

Authentification

Le problème devient donc l’authentification des miracles. La thématique est piégée parce qu’il nous est impossible de savoir si une apparente violation des lois de la nature provient d’une véritable intervention surnaturelle ou de notre méconnaissance relative de ces mêmes lois. « Ce qui ne peut pas se produire ne s’est jamais produit, et ce qui peut se produire n’est pas un miracle », disait déjà Cicéron. Un catholique contrarié comme Ernest Renan se défiait lui aussi des miracles, comme il l’écrit dans La Vie de Jésus : « S’il est avéré qu’aucun miracle contemporain ne supporte la discussion, n’est-il pas probable que les miracles du passé, qui se sont tous accomplis dans des réunions populaires, nous offriraient également, s’il nous était possible de les critiquer en détail, leur part d’illusion ? ». Et de conclure : « Ce n’est donc pas au nom de telle ou telle philosophie, c’est au nom d’une constante expérience, que nous bannissons le miracle de l’histoire. »

Manipulation

Car en effet, l’être humain est crédule. Si les guérisons de Lourdes, par exemple, font l’objet d’une procédure d’authentification longue et minutieuse, d’autres cas comme Medjugorje, en Bosnie, sont très controversés. Les faux gourous pullulent, jusqu’à des révélations sordides d’abus sexuels de la part de figures spirituelles suivies par des millions de fidèles, comme Sathya Sai Baba. La propension à « croire aux miracles » est largement manipulable par des esprits retors. La traditionnelle statuette qui pleure finit souvent sur un site internet de ventes aux enchères. On y trouve aussi des tranches de pain grillé avec le visage de la Vierge, du Christ, ou même de Michael Jackson ! Le nom d’Allah et ses jolies courbes calligraphiées est vu par de nombreux musulmans dans le moindre groupe de nuages ou une tache sur la nappe. On parle alors de pareidolie. 42 % des Français croyaient aux miracles en 2004, selon un sondage IFOP. Ils n’étaient plus que 35 % en juillet 2006 (TNS Sofres), mais seulement 8 % y voyaient une intervention de Dieu. Il serait bon de dépasser le stade de la croyance pour progresser sur le terrain de la connaissance.

Énergie vitale

À cet égard, l’évolution du regard de la médecine et de la psychologie sur les notions mêmes de maladie et de guérison est notable.

Le concept d’énergie vitale – au coeur des médecines traditionnelles asiatiques, mais aussi de l’action de nos guérisseurs – commence à être pris en considération. Il permet de s’affranchir de la question de Dieu, pour se concentrer sur l’Homme et sa nature profonde. Certes, le guérisseur fait le plus souvent appel à Dieu, mais pas nécessairement dans un contexte religieux, comme en témoignent les cas extraordinaires de :

  • Edgar Cayce aux États-Unis,
  • Bruno Groening en Allemagne,
  • Maître Philippe en France.

Les guérisseurs ont des techniques, des « prières », et Daniel Meurois raconte par exemple que les Esséniens, maîtres de guérison, étaient « fâchés » par la façon dont Jésus guérissait d’un seul mot ou d’un geste. Les guérisons inexpliquées continuent à défier la science et la médecine, qui tiennent là une voie royale d’exploration de la nature humaine.

Si la conscience est bien la clé, c’est notre rapport au monde qu’il faut transformer. Un auteur comme Thierry Salmeron l’a bien compris, qui fait écho à Gurdjieff avec son concept d’homme vrai, présent, vigilant et autoréférent. Lui-même a guéri d’un cancer et vécu une expérience de mort imminente. Cette expérience est d’ailleurs un miracle contemporain. Au beau milieu de l’ultra-modernité d’un service de réanimation, le transcendant se rappelle à notre souvenir.

Le miracle est donc affaire de point de vue, et quiconque est capable de s’émerveiller devant la naissance d’un enfant ou la beauté d’une rose sait voir le miracle dans la vie elle-même.

La cosmologie nous enseigne que le « réglage fin » des constantes et des lois physiques a permis l’apparition de la vie dans des conditions que l’on peut considérer comme miraculeuses. Le miracle est-il que les tailles apparentes du soleil et de la Lune permettent l’éclipse totale, ou simplement que le soleil se lève tous les matins ? Décidément, le « nouveau paradigme » ne conduit pas
à voir différemment le monde, il conduit à voir un monde différent.

Pèlerinage à Lourdes du 11 février 2017

Quel pélerinage, 17 0210 Grotte Massabielle (modifié)un moment unique et mémorable…

Cette année a été particulièrement « extraordinaire » en termes de haute spiritualité, un ressourcement pour l’âme…

Cette nuit du 10 au 11 février 2017 (à partir d’1 h du matin) a donné lieu à une rare éclipse lunaire en Lion, qui a la particularité de se nommer « Snow Moon » (ou Lune des neiges), qui pourrait impliquer des modifications énergétiques en termes de nouveaux commencements… (cf article “Pleine Lune du 11 février 2017“)

Notre programme est chargé :

  • Confession à la Chapelle de Réconciliation (ven 10/02)
  • Piscines (ven 10/02)
  • Chapelet aux flambeaux à la Grotte de Massabielle (ven 10/02)
  • Messe internationale à la Basilique St Pie X (sam 11/02)
  • Sacrement des malades (sam 11/02)
  • Procession mariale (sam 11/02)
  • Messe à l’Immaculée Conception (dim 12/02)

Bien sûr, nous passons à de nombreuses reprises à la crypte où se situent la châsse reliquaire de Ste Bernadette et la chapelle de l’Adoration ainsi qu’à la grotte de Massabielle, où nous égrenons, avec les autres pèlerins venus en nombre, nos « Je vous salue, Marie ».

Se confesser

A Lourdes, la Vierge Marie a lancé un appel à la conversion du cœur. C’est pourquoi la chapelle de la Réconciliation est fréquentée par tant de personnes qui retrouvent la paix. A Lourdes, des prêtres célèbrent ce sacrement, tous les jours, à la chapelle de la Réconciliation.

Ce qui est communiqué par le sanctuaire de Lourdes à ce sujet : 

Le pardon est difficile : aimer, pardonner, repartir avec celui-là même qui nous a trahis, blessés, trompés. L’aveu de notre faiblesse n’est jamais facile. Mais une fois nos fragilités, nos faiblesses, déposées, Dieu offre un but à chacun de nous. La confession donne paix et tranquillité de conscience ; elle est souvent suivie d’une intense consolation spirituelle. Dieu nous demande de faire la démarche de Lui confier nos fardeaux. Il s’engage en retour à nous consoler, à nous réconforter. Sans jugement, ni critique. Et le prêtre ne fait que prolonger cette démarche initiée par Jésus-Christ.

Se baigner aux piscines

Le 25 février 1858, la Vierge dit à Bernadette Soubirous : «Allez boire à la fontaine et vous y laver». Chaque année, 350 000 pèlerins accomplissent cette démarche dans les piscines des Sanctuaires.

Les piscines, ce sont en fait 17 baignoires de marbre contenant de l’eau de Lourdes. Les pèlerins y sont baignés, avec l’aide d’hospitaliers.

C’est une expérience très étrange, comme un changement de peau, un renouveau…

Sacrement des Malades

Moment fort d’une intense spiritualité – à vivre pour sentir des choses exceptionnelles.

« Dans l’Onction des malades, la matière sacramentelle de l’huile nous est offerte, pourrait-on dire, « comme un remède de Dieu… qui à ce moment nous assure de sa bonté, nous offre force et consolation, mais qui, en même temps, au-delà du temps de la maladie, nous renvoie à la guérison définitive, à la résurrection » – Message du Pape Benoît XVI à l’occasion de la XXe journée mondiale du malade (11 février 2012)

Mon Dieu, par cette onction, rassure-moi, soulage-moi
En lui, je me confie avec amour et dans la paix – extrait du Chant liturgique

Procession mariale
Aux origines de la procession des lumières

La prière du rosaire constitue l’élément central de la procession mariale avec le chant de l’Ave Maria de Lourdes. La procession aux flambeaux remonte, semble-t-il, aux origines mêmes du pèlerinage, lorsque les enfants de Marie venaient le samedi après les vêpres, un cierge à la main, réciter le chapelet à la grotte. Mais la première procession aux flambeaux fut vraiment organisée le 28 août 1872 sous l’inspiration du père Marie-Antoine, capucin et célèbre prédicateur toulousain. Après le repas du soir, les pèlerins viennent à la grotte, un cierge à la main avec sa célèbre collerette de papier.

La procession mariale est un moment magique où nous chantons, prions tous ensemble en communion avec plus de 15 000 pèlerins…

Au cours de la procession, il est médité sur la vie du Christ. Sont priés les mystères joyeux, le samedi ; les mystères douloureux, le mardi et le vendredi ; les mystères glorieux, le dimanche et le mercredi ; les mystères lumineux, le lundi et jeudi.

Fête de Notre Dame de Lourdes

La Fête de Lourdes du 11 février a été comme d’habitude un fête de la Foi et de la Ferveur, comme en témoignent les photos.

Cette journée formidable commence par la Messe internationale dans l’immense Basilique Saint Pie X (superficie de 12 000 m²) qui est un moment unique d’union des nations chrétiennes francophones, anglophones, germanophones… avec la présence exceptionnelle du Père René Laurentin (99 ans), grand historien de Lourdes, autobiographe de Sainte Bernadette.

Le point d’orgue est toujours la Procession mariale aux flambeaux du soir, qui est à vivre absolument. La foule de pèlerins se retrouve ensuite au pied de la Vierge Marie à la grotte de Massabielle…

Lourdes est un bain de jouvance pour l’âme
et un océan de grâces !

Venez vous y ressourcer !

Lieu d’éducation par excellence sur le chemin mystique,
où l’Esprit Saint veille à tout et sur tous.

11 Février 2015 – Journée Mondiale des Malades à Lourdes

IMG_1908Chaque 11 février fête la 1ère apparition de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous, à la Grotte de Lourdes.

Près de 20 000 pèlerins étaient rassemblés en choeur pour cet anniversaire.

Quand on songe que l’opiniâtreté spirituelle de Sainte Bernadette, jeune fille pauvre d’entre les pauvres, a donné naissance à un sanctuaire marial d’une telle dimension, d’une telle ferveur.

Ce miracle est un encouragement pour tous ceux qui se battent au quotidien et doutent d’eux-mêmes…IMG_2095

Tout pélerinage à Lourdes est un retour aux sources de l’âme, tellement l’ambiance spirituelle est propice à sa propre conversion, au pansement de nos plaies intérieures…

On va toujours à Lourdes pour les bonnes raisons, même si au départ, nous sommes dubitatifs, une réponse s’opère intérieurement.

Comme coupé du monde, le sanctuaire de Lourdes est une parenthèse dans nos vies agitées et trépidantes.

Prenez le temps d’une immersion d’un minimum de 2 jours, à des moments forts du sanctuaire, pour se baigner dans le flot de la ferveur des pélerins.

C’est le conseil d’une “amie” qui ne vous veut que du bien !

Toutes les photos de notre séjour

Vidéo de la messe internationale du 11 février 2015 http://youtu.be/HPl9v2cxyLU

Saint Michel Garicoïts

Saint Michel Garicoïts

L’INFLUENCE DU SAINT DE BÉTHARRAM

Michel Garicoïts (1797-1863) a joué un rôle dans la vocation de Bernadette. Surnommé ” le voyant de Bétharram ” de son vivant, ceci en raison de ses qualités d’écoute et de discernement spirituel, Michel Garicoïts, proclamé saint en 1947, avait fondé dès 1835, à Bétharram, la congrégation des Pères du Sacré-Cœur, une congrégation missionnaire qui rayonne aujourd’hui dans le monde entier.
Lourdes et Bétharram sont distants de 15 km. Au moment des événements à Massabielle, Bétharram est lieu de pèlerinage marial depuis quatre ou cinq siècles, un lieu où la Vierge prodigue grâces et miracles (entre 1620 et 1642, 82 miracles et faveurs y ont été dénombrés). En 1858, le père Garicoïts a 61 ans, Bernadette 14. Il croit immédiatement à la réalité des Apparitions. Pour preuve ? A un missionnaire de Notre-Dame de Garaison qui s’écriait ” Notre-Dame de Lourdes va faire tomber Bétharram, ” Garicoïts répondit” Cela m’est égal, pourvu que la sainte Vierge soit honorée… Tenez, récitons le chapelet !
Tout laisse à penser que Michel Garicoïts était ami de la famille Soubirous. Ce qui est sûr, c’est qu’entre le 18 et le 25 juillet 1858, l’évêque de Tarbes fit conduire Bernadette à Bétharram en vue de la soumettre au jugement ” éclairé ” de Garicoïts. Ce dernier accueillit Bernadette avec joie, raconte-t-on, mais rien ne filtra de leur entrevue. « Les visages des deux voyants étaient radieux » selon les témoins oculaires. Nous aimerions connaître la teneur de leurs propos : il n’en demeure jusqu’à présent aucun indice. Et du côté des écrits de ces deux saints ? Rien. Ils ne se citent pas une seule fois ! ” Les relations de la jeune dirigée et de son saint directeur d’âme ont relevé elles aussi du secret du Roi “, note le Père jean Oyhénart , ajoutant : ” Et c’est bien ainsi. En effet, l’un et l’autre ont voulu être de simples, humbles et petits serviteurs dont le Seigneur et Notre-Dame ont voulu se servir.”
Quoi qu’il en soit, la spiritualité même de Bernadette interroge aujourd’hui. Pourquoi l’obéissance, le sens de la souffrance et de la croix, le culte de la volonté de Dieu… si proches de la pensée du Père Garicoïts ?
Laurent JARNEAU avec les Pères de Bétharram, à partir de l’article du père Jean OYHENART paru dans Lourdes Magazine n°2, juin 1991
Lourdes Magazine numéro 100 – février 2001

Anniversaire de la 1ère apparition mariale à Lourdes

Galerie Photos
ci-dessous :
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Sainte Vierge de Lourdes
Voici les photos de Lourdes prises le 11 février 2014,
date anniversaire de la 1ère apparition mariale
par Sainte Bernadette Soubirous

Le sanctuaire de Lourdes est un lieu de ferveur,
où chacun a la liberté de pratiquer sa foi sans contrainte, sans a priori.

C’est une grande prière en communion avec tous, frères et soeurs venus des 4 coins du monde, d’une seule voix, d’un seul coeur.

  • Pour tous ceux qui cherchent,
  • Pour ceux qui veulent rallumer la flamme de la foi,
  • Etre en présence de quelque chose de fort,

Il faut se laisser emporter, comme un enfant, hors de la raison qui décortique tout, ne pas s’attacher aux marchands de foi : Tout cela est temporaire mais ce qui se passe dans le sanctuaire est intemporel.

Lourdes délivre un message qui s’adresse à votre âme, de manière indélibile, une empreinte invisible…

11 fév 2014 : 22ème Journée mondiale des Malades (Sanctuaire de Lourdes)

Avec le Christ, la souffrance n’a plus le dernier mot”

La 22ème Journée mondiale des Malades sera célébrée le 11 février 2014, comme chaque année en la fête de Notre Dame de Lourdes. Le pape François vient d’en délivrer le message. Il a pour thème: “Foi et charité : « Nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3,16)”.

Le message du Pape François pour la Journée mondiale du malade du 11 février 2014

Chers frères et sœurs,

1. À l’occasion de la 22ème Journée mondiale des Malades, qui aura cette année pour thème « Foi et charité : ‘Nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères’ » (1 Jn 3,16), je m’adresse tout particulièrement aux personnes malades et à toutes celles qui les assistent et qui les soignent. L’Église reconnaît en vous, chers malades, une présence spéciale du Christ souffrant. C’est ainsi : à côté, ou plutôt dans notre souffrance, il y a celle de Jésus, qui en porte le poids avec nous et qui en révèle le sens. Quand le Fils de Dieu est monté sur la croix, il a détruit la solitude de la souffrance et il en a illuminé l’obscurité. De cette façon, nous sommes placés devant le mystère de l’amour de Dieu pour nous, qui nous donne de l’espérance et du courage ; de l’espérance, parce que dans le dessein d’amour de Dieu, même la nuit de la douleur s’ouvre à la lumière de Pâques, et du courage, pour affronter toute adversité en sa compagnie, unis à lui.

2. Le Fils de Dieu fait homme n’a pas supprimé de l’expérience humaine la maladie et la souffrance, mais en les assumant lui-même, il les a transformées et leur a donné une nouvelle dimension. Une nouvelle dimension, parce qu’elles n’ont plus le dernier mot qui est, au contraire, la vie nouvelle en plénitude ; transformées parce que, en union avec le Christ, elles peuvent, de négatives, devenir positives. Jésus est le chemin et nous pouvons le suivre avec son Esprit. Comme le Père a donné son Fils par amour, et que le Fils s’est donné lui-même avec le même amour, nous pouvons nous aussi aimer les autres comme Dieu nous a aimés, en donnant notre vie pour nos frères. La foi dans le Dieu bon devient bonté, la foi dans le Christ crucifié devient force d’aimer jusqu’au bout, y compris nos ennemis. La preuve d’une foi authentique dans le Christ est le don de soi qui s’exprime dans l’amour du prochain, en particulier de celui qui ne le mérite pas, de celui qui souffre, de celui qui est marginalisé.

3. Par le baptême et la Confirmation, nous sommes appelés à nous conformer au Christ, le Bon samaritain de tous ceux qui souffrent. « A ceci nous avons connu l’Amour : celui-là a donné sa vie pour nous. Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3,16). Lorsque nous nous approchons avec tendresse de ceux qui ont besoin de soins, nous apportons l’espérance et le sourire de Dieu dans les contradictions du monde. Quand le dévouement généreux envers les autres devient le style de nos actions, nous donnons de la place au Cœur du Christ et nous sommes réchauffés, offrant ainsi notre contribution à l’avènement du Royaume de Dieu.

4. Pour grandir dans la tendresse et dans la charité respectueuse et délicate, nous avons un modèle chrétien vers qui diriger notre regard en toute assurance. C’est la Mère de Jésus et notre Mère, attentive à la voix de Dieu et aux besoins et difficultés de ses enfants. Marie, poussée par la miséricorde divine qui s’est faite chair en elle, s’oublie elle-même et se met rapidement en route, de la Galilée vers la Judée, pour rencontrer et aider sa cousine Elisabeth ; elle intercède auprès de son Fils aux noces de Cana, quand elle voit que le vin de la fête vient à manquer ; elle porte en son cœur, tout au long du pèlerinage de sa vie, les paroles du vieillard Siméon qui l’avertissent qu’une épée transpercera son âme et elle demeure forte au pied de la Croix de Jésus. Elle sait, elle, comment marcher sur ce chemin et c’est pour cela qu’elle est la Mère de tous les malades et souffrants. Nous pouvons nous adresser à elle avec confiance et dévotion filiale, certains qu’elle nous assistera, qu’elle nous soutiendra et ne nous abandonnera pas. Elle est la mère du Crucifié ressuscité ; elle reste auprès de nos croix et nous accompagne sur le chemin qui mène à la résurrection et à la vie en plénitude.

5. Saint Jean, le disciple qui se tenait avec Marie au pied de la Croix, nous ramène aux sources de la foi et de la charité, au cœur de Dieu qui « est amour » (1 Jn 4,8.16) et nous rappelle que nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous n’aimons pas nos frères. Celui qui se tient sous la Croix avec Marie apprend à aimer comme Jésus. La Croix « est la certitude de l’amour fidèle de Dieu pour nous. Un amour si grand qu’il entre dans notre péché et le pardonne, qu’il entre dans notre souffrance et nous donne la force de la porter, qu’il entre aussi dans la mort pour la vaincre et nous sauver… La Croix du Christ invite aussi à se laisser contaminer par cet amour, elle nous enseigne à regarder toujours l’autre avec miséricorde et amour, surtout celui qui souffre, qui a besoin d’aide » (Chemin de Croix avec les jeunes, Rio de Janeiro, 26 juillet 2013).

Je confie cette 22ème Journée mondiale des malades à l’intercession de Marie, afin qu’elle aide les personnes malades à vivre leur souffrance en communion avec Jésus-Christ, et qu’elle soutienne ceux qui les soigne. À tous, aux malades, aux professionnels de la santé et aux volontaires, je donne de grand cœur la bénédiction apostolique.

Au Vatican, le 6 décembre 2013

Ave, Ave, Ave Maria

Chaque 18 février à Lourdes, quand la procession descend de l’église paroissiale jusqu’à la Grotte : c’est le temps nécessaire pour chanter les 60 couplets. Il vaut la peine de connaître les 60 couplets car ils racontent l’histoire et chantent la spiritualité de Lourdes.

(couplets 1 et 2)

Ô Vierge Marie
Le peuple chrétien
A Lourdes vous prie
Chez vous il revient

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Chantons votre histoire
Dans votre Cité :
Du haut de la gloire
Daignez l’écouter

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

(couplets 3 à 11) 11 février 1858 : la première apparition

Un jour Bernadette
Ramasse du bois
Avec deux fillettes
Qui pleurent de froid

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Jusqu’à Massabielle
L’enfant veut passer
Mais elle est si frêle
Comment traverser ?

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Un froid l’a saisie
Un bruit la surprend
Mais sur la prairie
Ne souffle aucun vent

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Le fond de la roche
S’éclaire l’instant
La Dame s’approche
Fait signe à l’enfant

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

La blanche apparence
Paraît à ses yeux
Comme une présence
Qui parle de Dieu

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Avec la parure
D’un lys immortel
Elle a pour ceinture
Un ruban du ciel

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Au pied de sa Mère
L’enfant qui la voit
Apprend à bien faire
Le signe de croix

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Les grains d’un rosaire
Courraient dans sa main
Et de la prière
Traçaient le chemin

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Longtemps Bernadette
Devant le rocher
Joyeuse, répète
Le chant de l’Ave

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Commentaire de Mgr Jacques Perrier (évêque de Tarbes et Lourdes) : La première apparition est celle qui est décrite avec le plus de précision. Effectivement, Bernadette était partie avec deux filles de son âge ramasser du bois. Pour atteindre l’endroit désiré, il fallait traverser, non pas le Gave, mais un canal qui alimentait le moulin de Savy. Le premier signe, c’est le bruit d’un coup de vent, alors que les arbres sont immobiles. Un bruit de vent : comme à la Pentecôte. Dans le creux du rocher apparaît une jeune fille, toute blanche, lumineuse, souriante. Bernadette prend son chapelet et veut faire le signe de croix. « Le bras m’est tombé », dira-t-elle. La jeune fille fait alors elle-même le signe de croix et Bernadette l’imite. Ceux qui, plus tard, verront Bernadette faire le signe de croix en resteront toujours saisis. Marie a donc appris à Bernadette à faire du signe de croix une vraie prière. Il est vrai que, dans le geste et les paroles qui l’accompagnent, tout est dit de la foi chrétienne. Les grains du chapelet que tient la jeune fille défilent entre ses doigts mais ses lèvres ne remuent pas. La Vierge ne va dire : « Je vous salue, Marie ! » Elle semble prononcer seulement le Gloria Patri. Marie est une créature : elle rend gloire à Dieu.

(couplets 12 à 14) 14 février : 2ème apparition

Elle était si belle
Comment la revoir ?
De moi que veut-elle ?
Comment le savoir ?

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Elle est revenue
Sans dire son nom
L’enfant tout émue
A peur du démon

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

D’un geste rapide
L’eau sainte a jailli
A l’enfant timide
La Dame a souri

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Commentaire de Mgr Jacques Perrier (évêque de Tarbes et Lourdes) : Dès le premier jour, Bernadette veut revenir à la grotte alors que la jeune fille ne lui a rien dit. Elle est si belle : si seulement, Bernadette pouvait la revoir ! Mais le diable sait se déguiser en ange de lumière. Quand elle retourne à la grotte le 14, Bernadette se munit d’eau bénite.

(couplets 15 à 17) 18 février : 3ème apparition

«Vous êtes venue
à Lourdes chez nous
Pauvresse inconnue
Qui suis-je pour vous ?»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

«Venez je vous prie
Ici quinze fois
Avec vos amies
Entendre ma voix»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

«Enfant généreuse
Un jour, je promets
De vous rendre heureuse
Au ciel, à jamais»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Commentaire de Mgr Jacques Perrier (évêque de Tarbes et Lourdes) : Pour la première fois, la jeune fille parle. Il n’est pas «nécessaire» qu’elle dise son nom mais elle s’adresse à Bernadette avec un grand respect : «Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours ?». Elle dit «vous» à Bernadette. Elle lui demande une grâce, à elle, la pauvresse inconnue : c’est le monde à l’envers. C’est l’Evangile. La jeune fille, toujours anonyme, fait entrevoir à Bernadette un autre monde où elle sera heureuse. C’est le monde des Béatitudes.

(couplet 18 à 21) 19 au 23 février : de la 4ème à la 7ème apparition

La foule croyante
Revient chaque jour
De l’humble voyante
Guettant le retour

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Ses yeux s’illuminent
Son front a pâli
Car elle devine
Un monde infini

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Le peuple fidèle
Pressent qu’aujourd’hui
Une ère nouvelle
Commence pour lui

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

La Dame est partie
Comment la revoir ?
L’enfant éblouie
Conserve l’espoir

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Commentaire de Mgr Jacques Perrier (évêque de Tarbes et Lourdes) : La première strophe du cantique parlait du «peuple chrétien» qui vient à Lourdes pour prier. A la Grotte, Bernadette n’a jamais été seule. Mais, aux quelques personnes des premiers jours a succédé un vrai groupe puis une petite foule. On y voit même des notables. Personne ne prétend voir ou entendre l’apparition. Bernadette s’en étonne, car la jeune fille lui parle comme une personne parle à une personne. A défaut de voir l’apparition, ils voient Bernadette et cela leur suffit : la beauté de l’apparition se reflète sur le visage de la fillette. Bernadette les entraîne dans sa prière. C’est la première mission de Lourdes : être une école de prière.

(couplets 22 et 23) 22 et 26 février : jours sans apparition

Deux fois la Bergère
Revient pour prier :
Aucune lumière
Au roc n’a brillé

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

«On dit qu’à la Grotte
J’ai tout inventé
Ma mère sanglote
On veut m’arrêter»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Commentaire de Mgr Jacques Perrier (évêque de Tarbes et Lourdes) : A deux reprises, durant la quinzaine, l’apparition ne se manifeste pas. Bernadette est troublée. Les uns y voient la preuve que tout cela n’est qu’illusion. Les autres rétorquent que, si Bernadette jouait la comédie, elle pourrait bien la jouer chaque jour. Les parents Soubirous sont déchirés. Ils ont toute confiance dans leur fille mais, dès le premier jour, ils ont compris que cette histoire leur attirerait des ennuis, alors qu’ils sont déjà dans une situation que nous dirions aujourd’hui de grande précarité. Le dernier vers de la strophe 23 passe rapidement sur un fait bien réel : les 21, 25 et 28 février, Bernadette comparaît devant le commissaire de police, puis le procureur, puis le juge du lieu. L’enjeu n’est pas la mort comme pour Jésus mais c’est quand même la prison : de quoi normalement faire peur à une fillette de 14 ans. Le préfet, lui, l’aurait bien envoyée à l’asile.

(couplets 24 à 28) 24 février : 8ème apparition

La Dame inconnue
Bientôt réapparaît
L’enfant à sa vue
Retrouve la paix

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

«Sachez que l’orage
Un jour passera
Que votre courage
Plus fort reviendra»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

L’enfant la supplie :
«Que dit votre cœur ?
– Je veux que l’on prie
Pour tous les pécheurs»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Avec insistance
La Dame trois fois
A dit : «Pénitence»
Chrétien, c’est pour toi !

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

«Mangez l’herbe amère
Qui sort du limon
Et dans la poussière
Courbez votre front»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Commentaire de Mgr Jacques Perrier (évêque de Tarbes et Lourdes) : Cette apparition est la première d’une nouvelle phase : celle de la pénitence. L’apparition demande à Bernadette de faire certains gestes «pour les pécheurs». Bernadette répond qu’elle obéira «de tout cœur». Bernadette pleure. Elle se courbe à terre ; elle marche à genoux ; elle tombe, comme le Christ sur le chemin du Calvaire. Elle mange un peu de l’herbe sauvage qui pousse en cet endroit. Plus tard, elle répondra avec humour : «Vous mangez bien de la salade !». Mais, pour l’instant, c’est la déception dans l’entourage : pourquoi fait-elle cela ? Elle répond : «Pour les pécheurs». Qui pensait alors aux herbes amères qui font partie du repas pascal juif, commémorant la libération de l’esclavage en Egypte, terre d’idolâtrie ?

(couplets 29 à 32) 25, 27, 28 février, 1er mars : de la 9ème à la 12ème apparition

«A cette fontaine
Venez et buvez ;
Dans l’eau pure et saine
Allez vous laver»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Le gave est tout proche
L’attire un instant
Un signe à la roche
Ramène l’enfant

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Tandis qu’elle creuse
Bientôt elle voit
Jaillir l’eau bourbeuse
Du sol dans ses doigts

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Ô source de vie
Qui rend la santé
Fontaine bénie
Comment te chanter ?

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Commentaire de Mgr Jacques Perrier (évêque de Tarbes et Lourdes) : L’appel à la pénitence et à la prière pour les pécheurs se répète. Mais un signe nouveau est donné : celui de la source, le 25 février. L’épisode est assez bien raconté par le cantique. L’eau est tellement boueuse au départ que Bernadette ne peut en boire qu’au quatrième essai. Mais, très vite, l’eau devient claire et abondante. Elle coule ainsi depuis 150 ans. C’est un beau symbole de la pénitence : la boue du péché se change dans l’eau pure de la miséricorde.

(couplets 33 à 38) 2 au 4 mars : de la 13ème à la 15ème apparition

«Je veux qu’ici même
Au pied de ces monts
Le peuple que j’aime
Vienne en procession»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

«Et qu’une chapelle
Bâtie en ce lieu
Aux hommes rappelle
Qu’il faut prier Dieu»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

«Allez dire aux prêtres
Le vœu de mon cœur
Allez le soumettre
A votre pasteur»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Le prêtre réclame
Un signe parlant :
«Quelle est cette Dame ?
Son nom, je l’attends»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

«Demande pour gage
A dit le pasteur
Qu’au rosier sauvage
Il pousse une fleur»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Avec un sourire
Accueillant ce vœu
La Dame veut dire :
«Je donnerai mieux»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Commentaire de Mgr Jacques Perrier (évêque de Tarbes et Lourdes) : Jusqu’ici, Bernadette n’avait reçu aucune mission. Elle avait consulté l’aumônier de l’Hospice et elle fréquentait la paroisse mais elle refusait de se donner un rôle dans l’Eglise. L’apparition lui demande d’aller trouver « les prêtres » pour qu’ils bâtissent une chapelle et organisent des processions. Comme ce sont des décisions d’importance, Bernadette va tout droit chez le curé. Le cantique adoucit la réaction du curé mais, effectivement, il demande que l’apparition dise qui elle est et qu’elle donne un signe. Ces journées sont rythmées d’allers et retours entre la grotte et le presbytère. Mais la dame reste muette et le rosier ne fleurit pas. La quinzaine s’achève dans la plus grande incertitude. Trois semaines passeront ainsi. C’est un temps d’épreuve. Bernadette comparaît encore une fois devant les autorités, le 18 mars. C’est le Carême.

(couplets 39 à 43) 25 mars : 16ème apparition

La terre est en fête
Dieu vivant vient nous sauver ;
L’Eglise répète
Le chant de l’ «Ave»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Ô vous dont la terre
Admire le don
Quel est ce mystère
De votre saint nom ?

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Trois fois la Bergère
Refait humblement
La même prière :
La Dame l’entend

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Marie à la terre
Livra son secret
Par cette bergère
Que tous ignoraient

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Vierge Immaculée
En vous nous croyons
Enfin révélée
Par votre vrai nom

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Commentaire de Mgr Jacques Perrier (évêque de Tarbes et Lourdes) : Le jour de l’Annonciation, Bernadette revient à la Grotte. Par trois fois, elle demande, de nouveau, à l’apparition, de se nommer. Comme pour l’eau, c’est seulement à la quatrième fois que sa démarche aboutit. «Je suis l’Immaculée Conception».Curieusement, le cantique ne reprend pas les mots mêmes de Marie. Il donne des paroles surprenantes de Marie une version banale : «Vierge immaculée». Or Marie a bien dit : «Je suis l’Immaculée Conception». Le curé répond logiquement : «Une dame ne peut pas porter ce nom-là». Et pourtant, c’est bien ainsi qu’elle s’est nommée.

(couplet 44) 7 avril : 17ème apparition

Le cierge qui brûle
Epargne ses doigts
Survient l’incrédule
Qui doute et qui croit

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Commentaire de Mgr Jacques Perrier (évêque de Tarbes et Lourdes) : Nous sommes au temps de Pâques. Bernadette tient un gros cierge dont la flamme lèche ses mains plusieurs minutes. Aucune brûlure. Un médecin, plutôt sceptique au départ, repart convaincu. La lumière du Christ ressuscité qui transparaît à travers nos humanités : c’est l’Eglise.

(couplet 45) 16 juillet : 18ème apparition

La Vierge fidèle
Revient mais se tait
Elle est bien plus belle
Alors que jamais

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Commentaire de Mgr Jacques Perrier (évêque de Tarbes et Lourdes) : Dans les deux dernières apparitions, la Vierge est redevenue silencieuse. Avant de dire son nom, Marie a fait suivre à Bernadette un chemin de foi. Après avoir dit son nom, elle se tait de nouveau : retour à la prière et au service quotidien.Le jour de la fête de Notre-Dame du Mont Carmel, 16 juillet, Bernadette se sent attirée vers la Grotte. Elle reste à distance, car la grotte a été barricadée par les autorités civiles mais elle voit la Vierge «plus belle que jamais».

(couplets 46 à 47) 18 janvier 1862

Fidèle au message
L’Eglise a parlé
Rendant témoignage
A la vérité

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

«Marie est venue
chez nous 18 fois
L’enfant qui l’a vue
Est digne de foi»

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Commentaire de Mgr Jacques Perrier (évêque de Tarbes et Lourdes) : Le 18 janvier 1862, l’évêque du lieu, Mgr Laurence, déclare l’authenticité des apparitions. Le cantique a raison de ne pas en faire un article de foi. Les apparitions restent des grâces privées auxquelles le catholique n’est pas tenu de croire. Il aurait pourtant bien tort de ne pas en tirer profit : c’est ce que développent les treize derniers couplets.

(couplets 48 à 60) Lourdes depuis 150 ans

La foule innombrable
Depuis ce grand jour
Revient inlassable
Chanter son amour

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

La Grotte où l’on prie
Dispense la paix
C’est là que Marie
Répand ses bienfaits

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

On voit la fontaine
Couler sans tarir
Et la foule humaine
Passer sans finir

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Aux grâces nouvelles
Sachons obéir
Car Dieu nous appelle
A nous convertir

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

On dit son rosaire
On vit dans la foi
Avec vous ô Mère
On porte sa croix

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Le Dieu qui pardonne
Absout le pécheur
La grâce rayonne
Au nom du Sauveur

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Sans cesse ô Marie
Au Christ menez-nous
Le Dieu de l’Hostie
Triomphe chez vous

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Nos croix sont bien lourdes
Quand Dieu est lointain
La grâce de Lourdes
Est notre soutien

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Avec tous les nôtres
Dans notre cité
Soyons les apôtres
De paix, d’unité

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Salut ô Marie
Le fils du Dieu Saint
Qui vous a choisie
Bénit votre sein

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

A l’heure dernière
Pour nous les pécheurs
Veuillez Sainte Mère
Prier le Sauveur

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Ô Vierge Marie
Vivons dans l’espoir
Après cette vie
Au ciel de vous voir

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Que votre louange
Redise sans fin
Le chant que l’Archange
Apprit aux humains

Ave, Ave, Ave Maria ! Ave, Ave, Ave Maria !

Fatima