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Guérisons miraculeuses

F√°tima

En 1915, Lucia dos Santos, une petite fille de 8 ans garde souvent le troupeau familial, en compagnie de 3 amies, pr√®s du hameau d’Aljustrel, au coeur du Portugal. Cette ann√©e-l√†, d’avril √† octobre, elle aper√ßoit une figure identique √† une statue de neige, que les rayons du soleil rendent presque transparente. “C’√©tait comme un nuage plus blanc que la neige, quelque chose de transparent, ayant forme humaine”, √©crira-t-elle plus tard. La manifestation reste indistincte et silencieuse. Sa famille, qui est mise au courant, n’y voit que r√™veries enfantines.

L’ann√©e suivante, un jour de printemps 1916, Lucia garde de nouveau son troupeau avec ses cousins Jacinthe et Fran√ßois Marto, √Ęg√©s respectivement de 6 √† 8 ans, sur la petite colline de Cabe√ßo. Un vent assez fort secoue subitement les arbres et leur fait lever les yeux pour voir ce qui se passe, car la journ√©e s’annonce belle. Les 3 enfants remarquent un jeune homme de 14 ou 15 ans, plus blanc que la neige, que le soleil le rend transparent comme le cristal, et d’une grande beaut√©. Lucie reconna√ģt en lui l’√©trange et silencieux visiteur de l’ann√©e pr√©c√©dente, mais distingue davantage son apparence. Il s’approche des enfants et se met √† parler :

¬†Ne craignez rien ! Je suis l’Ange de la Paix. Priez avec moi !

L’Ange s’agenouille, baisse la t√™te vers le sol et dit :

¬†Mon Dieu, je crois, j’adore, j’esp√®re et je Vous aime
Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’esp√®rent pas, qui ne Vous aiment pas

Apr√®s avoir r√©p√©t√© cette pri√®re 3 fois, l’Ange se remet debout et dit :

Priez ainsi
Les Coeurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications

Puis, l’Ange dispara√ģt.
Une nouvelle apparition de l’Ange se d√©roule au coeur de l’√©t√© 1916, toujours devant les enfants. L’Ange leur demande de prier davantage, de faire des sacrifices et d’accepter avec soumission les souffrances que le Seigneur leur enverra.
Fin septembre, une 3√®me apparition ang√©lique s’accompagne d’une th√©ophanie eucharistique et d’une communion miraculeuse. L’Ange tient dans sa main gauche un calice, sur lequel est suspendue une hostie de laquelle tombent quelques gouttes de Sang dans le calice. Apr√®s avoir r√©cit√© 3 fois une pri√®re, en r√©paration des outrages, sacril√®ges et indiff√©rences qui offensent J√©sus pr√©sent dans le tabernacle, il fait communier les 3 enfants, r√©p√®te 3 fois la pri√®re puis dispara√ģt.
L’Ange ne devait plus appara√ģtre.

Les enfants, qui se souviennent des moqueries de l’ann√©e pr√©c√©dente, n’en parlent √† personne.
Ces manifestations ang√©liques commencent √† √™tre connues qu’√† partir de l’ann√©e 1917, suite aux apparitions mariales, mais seulement de quelques personnes, comme l’√©v√™que du dioc√®se.

Les 13 mai, 13 juin, 13 juillet, 19 ao√Ľt et 13 septembre 1917, la Sainte Vierge se manifeste aux 3 enfants, dans la Cova da Iria, en pleine journ√©e. Elle appara√ģt √† chaque fois sous la forme d’une jeune Dame toute v√™tue de blanc, plus brillante que le soleil, r√©pandant autour d’elle une lumi√®re plus vive et plus intense qu’un verre de cristal plein d’eau claire, travers√© par les rayons du soleil le plus ardent.

Lors de la 1ère apparition, la Vierge commence par rassurer les gamins en leur disant de ne pas avoir peur. Elle déclare ensuite :

Je suis venue pour vous demander de venir ici 6 mois de suite, le 13 de chaque mois, à cette même heure. Plus tard, je vous dirai qui je suis et ce que je veux.
Ensuite, je reviendrai encore ici une 7ème fois

La s√©rie des 13 n’est interrompue qu’une seule fois en ao√Ľt. Les autorit√©s civiles, hostiles et inqui√®tes de la ferveur suscit√©e par les apparitions mariales, font emprisonner les enfants durant un jour et une nuit. La Vierge n’appara√ģt pas aux enfants dans leur prison, mais √† l’endroit habituel le 19 ao√Ľt.

En revanche les fid√®les qui se massent le 13 ao√Ľt sur les lieux des apparitions mariales, sont t√©moins de faits inoubliables : des coups de tonnerre et des √©clairs dans le ciel pur et bleu, ainsi qu’une sorte de nuage blanc qui vient se poser quelques instants sur un ch√™ne vert, tout proche des apparitions.

Lors des apparitions de l’ann√©e 1917, les 3 enfants voient bien la Vierge, mais Lucia est la seule √† l’entendre. La “Dame de lumi√®re” insiste beaucoup sur les fins derni√®res : l’Enfer, le Purgatoire, le Paradis. D√®s le 1er jour, Elle promet aux 3 enfants qu’ils iront au Ciel et r√©v√®le le destin post mortem de 2 jeunes filles, amies de Lucia, mortes peu de temps auparavant.

Le 13 juillet, les 3 enfants ont une vision terrifiante de l’enfer, pr√©sent√©e comme une mer de feu : image identique au Nouveau Testament. Il s’agit du 1er secret de Fatima, suivi de 2 autres. Lucia, devenue soeur Lucie, a rapport√© par la suite le contenu du 2nd secret de la Vierge :

Si vous faites ce que je vais vous dire, beaucoup d’√Ęmes se sauveront et vous aurez la paix
La guerre va finir. Mais, si vous ne cessez pas d’offenser Dieu, sous le r√®gne de Pie XI, commencera une autre guerre, pire

Quand vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue,
sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’il va punir le monde de ses crimes
par les moyens de la guerre, de la famine et des pers√©cutions contre l’Eglise et le Saint P√®re

Pour l’emp√™cher, je viendrai demander la cons√©cration de la Russie √† mon Coeur Immacul√©e
et la Communion réparatrice des premiers samedis.
Si l’on √©coute mes demandes,
la Russie se convertira et on aura la paix
Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde,
provoquant des guerres et des pers√©cutions contre l’Eglise

La Vierge annonce la fin de la 1√®re Guerre mondiale, l’expansion du communisme et les pers√©cutions contre l’Eglise, le d√©but d’une Seconde Guerre mondiale lors du r√®gne du pape Pie XI. Ce dernier meurt le 10 f√©vrier 1939.

La 3√®me partie du secret, r√©v√©l√© √† Lucia le 13 juillet 1979, porterait pour certains sur la fin du communisme en Europe √† la veille du XIX√®me si√®cle. C’est la version officielle du Vatican.

Les apparitions de Fatima re√ßoivent leur couronnement en ce que l’on appelle le miracle du 13 octobre 1917, √† la Cova di Iria, devant plus de 50 000 personnes. Tous purent voir le “miracle du soleil”, annonc√© par la Sainte Vierge le 13 juillet en ces termes :

En octobre, je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire

Même ceux qui ne croyaient pas aux apparitions en furent témoins.
C’est le cas du journaliste Avelino de Almeida, anticl√©rical convaincu, qui √©crit l’article suivant, dans le quotidien lib√©ral de Lisbonne O Seculo du 15 octobre 1917 :

“On voit l’immense multitude se tourner vers le soleil, qui appara√ģt au z√©nith, d√©gag√© des nuages. Il ressemble √† une plaque d’argent mat, et il est possible de le fixer sans le moindre effort. Il ne br√Ľle pas les yeux. Il n’aveugle pas. On dirait qu’il se produit une √©clipse. Mais voici que s’√©l√®ve une clameur immense et ceux qui sont plus pr√®s de la foule l’entendent crier : “Miracle ! Miracle !… Merveille !… Merveille !…” Aux yeux √©blouis de ce peuble, dont l’attitude transporte aux temps bibliques, et qui, stup√©fait, la t√™te d√©couverte, contemple l’azur du ciel, le soleil a trembl√©, le soleil a eu des mouvements insolites et brusques, en dehors de toutes les lois cosmiques, “le soleil a dans√©”, selon l’expression typique des paysans.”

Un autre témoin donne les détails suivants :

“On pouvait regarder le soleil sans √™tre incommod√©. On aurait dit qu’il s’√©teignait et se rallumait, tant√īt d’une mani√®re, tant√īt de l’autre. Il lan√ßait des faisceaux de lumi√®re, d’un c√īt√© et de l’autre, et peignait tout de diff√©rentes couleurs : les arbres, les gens, le sol, l’air. Mais la grande preuve du miracle, c’est que le soleil ne faisait pas mal aux yeux.”
Tout le monde √©tait immobile. Tout le monde se taisait… Tous regardaient le ciel. A un certain moment, le soleil s’arr√™ta, et puis recommen√ßa √† danser, √† tournoyer ; il s’arr√™ta encore une fois, et se remit encore une fois √† danser, jusqu’au moment, enfin, o√Ļ il parut se d√©tacher du ciel, s’avancer sur nous. Ce fut un instant terrible.”

Le ph√©nom√®ne dura une quinzaine de minutes, √† midi (heure solaire) et put √™tre vu √† 5 km √† la ronde. La pr√©sence de milliers de t√©moins prouve que quelque chose d’exceptionnel s’est d√©roul√©.

Knock Mhuire

L’apparition √† Knock Mhuire, en Irlande, rappelle celles de Pontmain et de Gietrzwalde. Le contexte historique est tout aussi dramatique. A Knock Mhuire, les paysans irlandais ne sont pas propri√©taires des terres qu’ils travaillent. L’Irlande de 1879 se trouve encore sous la totale domination de l’Angleterre. La maladie de la pomme de terre a occasionn√© une grave famine dans le pays, contraignant plus d’un million d’Irlandais √† √©migrer √† l’√©tranger. L’apparition mariale va √™tre un r√©confort spirituel pour tout le pays.

Le 21 ao√Ľt 1879, vers 19 heures, Marguerite Byrne, une jeune fille de 15 ans, rentre chez elle. Devant l’√©glise, elle voit une lumi√®re insolite sur l’un des murs ext√©rieurs. Mais elle n’y pr√™te pas attention. Peu apr√®s, Mary Mc Loughlin, une femme de 26 ans, passant elle aussi par l√†, voit 3 formes lumineuses sur le m√™me mur. Elle pense tout d’abord qu’il s’agit de statues. Au retour, accompagn√©e par une amie, elle voit toujours les 3 figures de lumi√®res sur le mur. Elle remarque qu’elles se mettent √† bouger. Elle comprend qu’il s’agit d’apparitions.

Pendant que d’autres personnes se rendent sur les lieux. Mary va pr√©venir le cur√© de la paroisse, qui n’accorde pas d’importance √† ce ph√©nom√®ne.¬† Il pense qu’il ne s’agit que d’un jeu de lumi√®re provoqu√© par l’une des vitres de l’√©glise. Pourtant une vingtaine de personnes affirment avoir contempl√© une sc√®ne extraordinaire.

Toutes vont √™tre interrog√©s en d√©tail par la Commission d’enqu√™te, form√©e peu apr√®s. Elles laissent des t√©moignages pr√©cis, dont celui de Patrick Hill, 14 ans :
“Nous v√ģmes les figures devant le mur : la Sainte Vierge, Saint Joseph, Saint Jean et un autel, avec un agneau sur l’autel et une croix derri√®re l’agneau (…).
Je contemplai distinctement la Tr√®s Sainte Marie. De grandeur naturelle, elle se tenait √† environ 2 pieds (60 cm) au-dessus du sol, en v√™tements blancs attach√©s au cou. Elle tenait ses mains comme si Elle √©tait en pri√®re, lev√©es √† la hauteur des √©paules et penchant l√©g√®rement vers son visage ; les paumes de ses mains face l’une √† l’autre. Ses yeux, tels que je les voyais, √©taient tourn√©s vers le ciel. Elle portait une couronne brillante sur la t√™te, et sur le front, √† l’endroit o√Ļ la couronne s’adaptait au front, une belle rose (…). Par moments, elle semblait se d√©placer, ainsi que les autres figures, avan√ßant un peu, puis reculant. Je les vis bouger. Mais aucune ne pronon√ßa un seul mot. Je les vis de tr√®s pr√®s (…).
Je vis Saint Joseph, √† la droite de la Tr√®s Sainte Vierge. Sa t√™te √©tait en avant, il semblait rendre hommage √† Marie. J’ai remarqu√© ses favoris, ils paraissaient l√©g√®rement gris. Je vis aussi les pieds de Saint Joseph. Quant √† ses mains, elles √©taient jointes comme celles d’une personne en pri√®re.
La 3√®me figure debout devant moi √©tait celle de de Saint Jean l’Evang√©liste. Il se tenait droit, aupr√®s de l’autel, du c√īt√© de l’Evangile, en angle avec la figure de la Tr√®s Sainte Vierge, de fa√ßon √† ne tourner son dos ni √† l’autel ni √† la M√®re de Dieu. Saint Jean √©tait habill√© comme un √©v√™que en train de pr√™cher. Il portait une petite mitre sur sa t√™te. Il tenait dans sa main gauche un livre de messe ou un livre d’Evangile. Sa main droite √©tait lev√©e √† la hauteur de sa t√™te, avec l’index ouvert et les 3 autres doigts ferm√©s. Il paraissait comme en train de pr√™cher, mais je n’entendis aucun mot (…).
Sur l’autel se tenait un agneau de 8 semaines, sa face tourn√©e vers l’ouest, regardant dans la direction de la Sainte Vierge et de Saint Joseph. Derri√®re l’agneau, je voyais des anges flottant tout le temps.”

L’apparition dure 2 heures, sans que les 3 personnages se mettent √† parler. Cet √©v√®nement fait grand bruit. Les p√®lerins ou les curieux se multiplient.

Des gu√©risons miraculeuses…

D√®s le 31 ao√Ľt, une 1√®re gu√©rison est signal√©e : une fillette de 12 ans, sourde de naissance, est gu√©rie imm√©diatement alors qu’elle s’agenouille devant le mur des apparitions. D’autres gu√©risons, ainsi que des conversions, ont lieu.

En octobre, l’archev√™que de Tuam, dont d√©pend la paroisse, met en place une Commission d’enqu√™te, compos√©e d’experts eccl√©siastiques et de la la√Įcs. Au printemps 1880, elle se prononce en faveur de la reconnaissance de l’authenticit√© de faire une d√©claration canonique, pour ne pas subir les foudres de l’occupant anglais. Mais il encourage l’organisation de p√®lerinages. Le nombre √©lev√© de p√®lerins et des gu√©risons reconnues font de Knock le “Lourdes” de l’Irlande.

L’apparition silencieuse de Knock a donn√© lieu √† diverses interpr√©tations. Le message n’est pas seulement marial, mais √©galement eucharistique du fait de la pr√©sence d’un autel et de l’Agneau pascal. Des th√©ologiens ont fait remarquer que le 21 ao√Ľt, le cur√© de la paroisse venait d’achever une s√©rie de 100 messes, commenc√©e le 14 mai, en faveur des √Ęmes du Purgatoire.

Gietrzwalde

Ces apparitions mariales se situent dans un contexte politique douloureux, au sein d’une r√©gion polonaise catholique, annex√©e √† la Prusse protestante depuis un si√®cle. Le bourg de Gietrzwalde (Dietrichswalde √† l’√©poque) compte 2 000 habitants √† la fin du XIX√®me si√®cle. L’Empire vient de mettre en place un arsenal juridique qui permet de placer l’Eglise catholique sous le boiseau, ainsi que d’interdire ses moyens d’actions.

Justine Szafrinska est une jeune fille de 13 ans en 1877. Orpheline de son p√®re, elle doit travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. Employ√©e √† soigner des volailles, elle fr√©quente rarement l’√©cole.

Le 27 juin, √† 21 heures, elle rentre chez elle avec sa m√®re, par une petite route de campagne. Justine voit une lumi√®re blanche, dans un √©rable, √† une centaine de m√®tres devant elle. En regardant mieux, elle voit la lumi√®re grandir et prendre forme humaine. Elle veut crier mais ne peut pas. Elle rejoint sa m√®re, qui a continu√© son chemin en r√©citant une pri√®re. Le cur√© du village passant par l√†, Justine lui parle aussit√īt : “Il y a une belle dame, elle a de longs cheveux tr√®s beaux, qui lui tombent sur l’√©paule, elle est assise sur un tr√īne.” Sa m√®re et le cur√© ne voient rien. Celui-ci demande cependant que l’on r√©cite une pri√®re, puis ordonne √† Justine de rentrer chez elle.

Le lendemain, √† la m√™me heure et au m√™me endroit, Justine r√©cite le rosaire avec quelques compagnes, lorsque la Vierge appara√ģt de nouveau, mais portant cette fois l’Enfant-J√©sus. Une amie de Justine, Barbara Samulowska, 12 ans, voit √©galement la Vierge. Ce n’est qu’au 4√®me jour des apparitions, toujours √† la m√™me heure, que la Vierge se met √† parler :

Je désire que vous récitiez le rosaire tous les jours

Le 5√®me jour, le 1er juillet, l’apparition se pr√©sente :

Je suis la très Sainte Vierge Marie immaculée

Le 3 juillet, elle indique la durée de ses apparitions quotidiennes :

Je serai avec vous encore deux mois

Le 6 juillet, la Vierge indique comment elle va guérir les malades qui, de jour en jour, commencent à affluer :

Sous cet arbre, construisez un reposoir avec la statue de l’Immacul√©e Conception
Mettez des tissus au pied de ce reposoir puis donnez-les aux malades

La 1ère guérison attestée se passe dès juillet. Plusieurs autres suivent.
Fait incroyable, les apparitions sont très nombreuses, dépassant le nombre de 160.
La Vierge r√©pond de mani√®re br√®ve et pr√©cise et, parfois, se contente de sourire, voire de dispara√ģtre sans donner de r√©ponse.

La dernière apparition se déroule le 16 septembre, devant une foule de 15 000 personnes.
Ce jour-là, elle laisse comme ultime recommandation :

Dites toujours le rosaire

Les autorit√©s prussiennes jugent ces rassemblements dangereux et subversifs. Les 2 jeunes voyantes sont √©loign√©es pour un temps du village, le cur√© se trouve emprisonn√© durant 5 jours, les p√®lerins subissent diverses menaces. Les autorit√©s eccl√©siastiques se montrent prudentes. L’√©v√™que parvient cependant √† cr√©er une commission d’enqu√™te, qui remet par la suite un rapport favorable. L’√©v√™que fait envoyer sur place divers th√©ologiens, puis se rend lui-m√™me sur les lieux. Il rencontre les 2 voyantes, les questionne longuement et les fait examiner par 3 m√©decins, dont 2 sont catholiques, le 3√®me protestant. Les 3 experts m√©decins concluent √† la bonne sant√© physique et mentale des 2 jeunes filles.

Les 2 voyantes devinrent toutes deux religieuses, chez les Soeurs de la Charité.

De tr√®s nombreuses cas de gu√©rison ont √©t√© signal√©s au sanctuaire jusqu’√† aujourd’hui.
Ce n’est qu’en 1945 que Gietrzwalde retrouve la m√®re patrie polonaise.
En 1977, l’√©v√™que local a lu solennellement le d√©cret canonique de reconnaissance des apparitions. Le futur pape Jean-Paul II, le cardinal Wojtyla, √©tait pr√©sent.

Philippsdorf

Philippsdorf √©tait au XIX√®me si√®cle un village de Boh√™me, peupl√© en majorit√© d’Allemands. Cette localit√© se trouve aujourd’hui en R√©publique tch√®que sous le nom de Filippov.

Madeleine Kade voit le jour dans une famille de tisserands. Par malheur, elle perd √† l’√Ęge de 13 ans son p√®re, puis sa m√®re √† 26 ans. Elle s’installe chez son fr√®re, Joseph, mari√© et p√®re de 5 enfants. Elle a accumul√© depuis 12 ans une succession impressionnante de maladies : convulsions, pleur√©sie, pneumonie, ulc√®re √† l’estomac, √©vanouissements fr√©quents, m√©ningite, cancer du sein, dermatose. A plusieurs reprises, on a cru sa derni√®re arriv√©e et on lui a administr√© l’extr√™me-onction.

Elle se trouve alit√©e depuis 1 mois, lorsque dans la nuit du 13 janvier 1866, alors qu’une amie veille aupr√®s d’elle, vers 4 heures du matin, la malade voit tout √† coup une grande lumi√®re √©clairer sa chambre. Son amie ne voit rien. Assise dans son lit, la malade voit une lumi√®re toujours plus resplendissante, et au centre, une Dame √©clatante, enti√®rement v√™tue de blanc, couronn√©e d’un diad√®me d’or. Elle se trouve si proche du pied du lit, que Madeleine pense pouvoir la toucher. L’apparition tient sa main gauche sur le coeur et celle de droite est tendue vers le bas, comme pour inviter √† faire quelque chose.

Pas de doute pour Madeleine, il s’agit bien de la Vierge. “Je tremblai de joie et de peur √† la fois”, dira-t-elle plus tard.
Elle ordonne √† son amie de se mettre √† genoux et lui demande : “Tu ne la vois pas ? C’est la M√®re de Dieu, l√†.”
L’amie r√©pond : “Je vois seulement la flamme de la lampe √† huile”

L’√©motion est si forte et l’√©clat de la Vierge si intense que Madeleine se couvre les yeux de ses mains et se met √† pleurer. La lumi√®re se faisant plus douce, elle peut √† nouveau contempler l’apparition et, joignant les mains, elle d√©bute une pri√®re : “Mon √Ęme exalte le Seigneur. Exulte mon esprit en Dieu mon sauveur”. Elle r√©cite les 1ers versets du Magnificat. A peine a-t-elle dit ces 2 premiers versets que la Vierge se met √† lui parler, d’une voix douce et harmonieuse :

Ma fille, bient√īt, tu seras gu√©rie.

Puis l’apparition cesse subitement. Madeleine demande √† son amie de l’aider √† terminer la r√©citation de la pri√®re, tandis qu’elle commence √† sentir une √©nergie nouvelle monter en elle.
Elle appelle ensuite ses proches, raconte l’apparition et se sent gu√©rie.

On remarque que sa tumeur au sein a totalement disparu. Le lendemain m√™me, son m√©decin, qui l’examine longuement, constate avec stup√©faction, que sa patiente ne souffre plus d’aucun mal et que toute s√©quelle a disparu. Madeleine va vivre d√®s lors pendant plus de 40 ans, sans conna√ģtre la moindre rechute. Elle d√©c√®dera √† 72 ans.

Vers une reconnaissance de l’apparition et du miracle

Le cur√© du village se rend au domicile de la miracul√©e et constate √©galement que la gu√©rison semble spontan√©e, int√©grale et durable. Peu de jours apr√®s, il adresse √† l’√©v√™que de Leitmeritz (aujourd’hui Litomerice) un r√©cit d√©taill√© de l’apparition et du miracle.

Monseigneur Wahala fait nommer une Commission d’enqu√™te, pr√©sid√©e par le vicaire capitulaire. Le 7 mars, la Commission d√©bute ses travaux. Elle interroge longuement Madeleine, ainsi que son amie qui la veillait, sans oublier la famille, les 2 m√©decins qui la soignaient et avaient d√©clar√© incurable son cancer. Les interrogatoires se prolongent durant une semaine.

Monseigneur Wahala se montre n√©anmoins plus prudent. Il ne fait pas de d√©claration officielle, mais il laisse les p√®lerins affluer √† Philippsdorf, allant m√™me jusqu’√† accepter que la chambre de la miracul√©e soit transform√©e en chapelle.

En 1870, l’√©v√™que autorise qu’une √©glise soit construite et que les principales pi√®ces de la “chambre du miracle” soient conserv√©es¬† dans une aile du sanctuaire. L’√©glise sera √©lev√©e au rang de basilique mineure par le pape Pie XI en 1925.

En 1985, jour anniversaire de l’apparition, le pape Jean-Paul II a b√©ni au Vatican une couronne destin√©e √† orner la statue de la Vierge se trouvant au sanctuaire.

De nos jours, plus de 50 mille p√®lerins se rendent chaque ann√©e dans ce qui est consid√©r√© comme la “Lourdes de la Boh√®me”.

Guérisons miraculeuses

La même année 1866, 2 autres guérisons, qualifiées de miraculeuses, sont constatées par les médecins.

Depuis, de nombreuses gu√©risons s’y sont pass√©es.

Guérisons miraculeuses

Le 1er mars est marqu√© par la 1√®re gu√©rison miraculeuse, reconnue comme telle par les instances religieuses et le corps m√©dical. Au moment des 1√®res apparitions, Catherine Latapie, √Ęg√©e de 39 ans, habite √† Loubajac, village voisin de Lourdes. Elle est invalide de sa main droite depuis 1856, apr√®s la chute d’un arbre. Cette accident a caus√© une “luxation de l’hum√©rus, ais√©ment r√©duite… mais laiss√© une paralysie de type cubital, par √©longation traumatique du plexus brachial”. Sa main se trouvant paralys√©e et d√©form√©e, elle ne peut plus travailler et s’enfonce dans la mis√®re. Mue par une inspiration soudaine, elle se l√®ve √† 3 heures du matin, r√©veille ses 2 jeunes enfants et se met en route pour Lourdes. Elle arrive √† temps pour √™tre bien plac√©e, rencontre Bernadette, s’agenouille et prie dans la grotte. Et puis, tr√®s simplement, elle trempe sa main dans le petit bassin qui recueille l’eau de la source. Ses doigts paralys√©s, d√©form√©s, retrouvent leur souplesse. Elle peut √† nouveau les allonger, les plier, s’en servir avec la m√™me facilit√© qu’avant l’accident. Se trouvant enceinte depuis plusieurs mois, elle doit aussit√īt rentrer chez elle. Sa joie est alors interrompue par des douleurs au ventre. Elle fait courageusement les 4 km du retour et met au monde, le soir m√™me, un petit Jean-Baptiste, qui deviendra pr√™tre en 1882 ! Le professeur Vergez, dans son rapport √† l’intention de Monseigneur Laurence, √©v√™que de Tarbes, classe “ce cas dans les gu√©risons pr√©sentant un caract√®re surnaturel”.

De nouveaux miracles se d√©roulent √† la grotte, dont celle de Louis Bouriette, ouvrier carrier, travaillant et vivant √† Lourdes. Il est atteint depuis 2 ans d’une perte de vision compl√®te de l’oeil droit, suite √† un accident de mine. Il se rend √† la grotte, s’agenouille, se met √† prier, lave ensuite son oeil droit avec l’eau de la source.

“Je lavai et relavai, racontera-t-il plus tard, encore plusieurs fois en l’espace de peu de temps mon oeil droit, et ma vue, apr√®s ces ablutions, a √©t√© ce qu’elle est en ce moment, excellente”.

Quand le docteur Dozous, qui le soigne, l’examine peu apr√®s, il constate, stup√©fait, que l’oeil perdu est redevenu normal et que la gu√©rison est inexplicable.

Blaisette Cazenave a √©galement de s√©rieux probl√®mes avec ses yeux. Cette lourdaise de 50 ans souffre d’une infection chronique de la conjonctive et des paupi√®res. La m√©decine de l’√©poque ne peut lui √™tre d’aucun secours. D√©clar√©e incurable, elle d√©cide, en mars 1858, d’utiliser l’eau de la grotte en lotions. D√®s la seconde application, elle est totalement gu√©rie : les paupi√®res se sont redress√©es, les bourgeons charnus ont disparu, ainsi que les douleurs et l’inflammation. Le professeur Vergez est oblig√© de reconna√ģtre que “l’effet surnaturel est d’autant plus manifeste dans cette merveilleuse gu√©rison que la “l√©sion mat√©rielle” – nous dirions maintenant l’atteinte organique des paupi√®res – √©tait plus frappante… et que, au r√©tablissement rapide des tissus dans les conditions organiques et vitales normales, est venu s’ajouter le redressement des paupi√®res.

Un jeune couple d√©sesp√©r√© vient √† la grotte. Leur enfant en bas √Ęge va mourir ; il est quasiment √† l’agonie. La femme, Croisine Bouhort, le tient serr√© contre elle envelopp√© dans son ch√Ęle. Son mari, un ardoisier, la suit et tente de la raisonner. Mais, guid√©e par l’esp√©rance, elle ne veut rien entendre. Elle d√©semmaillote son petit qui appara√ģt pitoyable, d√©charn√©, inerte. Croisine plonge son enfant dans l’eau glac√©e de la source. En l’immergeant, elle prie et implore la M√®re de Dieu de tout son coeur. Loin de succomber, l’enfant crit et gigote avec √©nergie. Sanglotant de joie, Croisine l’essuie, l’enveloppe et l’emporte en rendant gr√Ęce √† Bernadette √† qui la Dame vient de parler. Le petit Justin Bouhort, dont l’oncle menuisier avait d√©j√† pr√©par√© un cercueil, grandira, pour la plus grande perplexit√© des m√©decins.

Bernadette r√©cuse les gu√©risons miraculeuses qu’on tente de lui attribuer. Une commission administrative, form√©e du commissaire Jacomet, du maire Lacad√© et du procureur Vital-Dufour, l’interroge le 18 mars. Bernadette se comporte avec simplicit√© : “Je ne crois pas avoir gu√©ri qui que ce soit, et je n’ai pas au reste rien fait pour cela. Je ne sais pas si je reviendrai davantage √† la grotte.”

LOURDES est aujourd’hui le plus important p√©lerinage du monde, avec plus de 5 millions de visiteurs par an, dont 70 000 malades. En 150 ans, plus de 6 000 gu√©risons y ont √©t√© attest√©es, 2 000 qualifi√©s d’inexplicables, 66 jug√©es miraculeuses. Des milliers de personnes, gu√©ries de diverses maladies, ont sans doute pr√©f√©r√© conserver l’anonymat.

Fatima
Notre Dame de Lourdes
Sauvons plus de forêt !
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