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Knock Mhuire

Knock Mhuire

L’apparition à Knock Mhuire, en Irlande, rappelle celles de Pontmain et de Gietrzwalde. Le contexte historique est tout aussi dramatique. A Knock Mhuire, les paysans irlandais ne sont pas propriétaires des terres qu’ils travaillent. L’Irlande de 1879 se trouve encore sous la totale domination de l’Angleterre. La maladie de la pomme de terre a occasionné une grave famine dans le pays, contraignant plus d’un million d’Irlandais à émigrer à l’étranger. L’apparition mariale va être un réconfort spirituel pour tout le pays.

Le 21 août 1879, vers 19 heures, Marguerite Byrne, une jeune fille de 15 ans, rentre chez elle. Devant l’église, elle voit une lumière insolite sur l’un des murs extérieurs. Mais elle n’y prête pas attention. Peu après, Mary Mc Loughlin, une femme de 26 ans, passant elle aussi par là, voit 3 formes lumineuses sur le même mur. Elle pense tout d’abord qu’il s’agit de statues. Au retour, accompagnée par une amie, elle voit toujours les 3 figures de lumières sur le mur. Elle remarque qu’elles se mettent à bouger. Elle comprend qu’il s’agit d’apparitions.

Pendant que d’autres personnes se rendent sur les lieux. Mary va prévenir le curé de la paroisse, qui n’accorde pas d’importance à ce phénomène.  Il pense qu’il ne s’agit que d’un jeu de lumière provoqué par l’une des vitres de l’église. Pourtant une vingtaine de personnes affirment avoir contemplé une scène extraordinaire.

Toutes vont être interrogés en détail par la Commission d’enquête, formée peu après. Elles laissent des témoignages précis, dont celui de Patrick Hill, 14 ans :
“Nous vîmes les figures devant le mur : la Sainte Vierge, Saint Joseph, Saint Jean et un autel, avec un agneau sur l’autel et une croix derrière l’agneau (…).
Je contemplai distinctement la Très Sainte Marie. De grandeur naturelle, elle se tenait à environ 2 pieds (60 cm) au-dessus du sol, en vêtements blancs attachés au cou. Elle tenait ses mains comme si Elle était en prière, levées à la hauteur des épaules et penchant légèrement vers son visage ; les paumes de ses mains face l’une à l’autre. Ses yeux, tels que je les voyais, étaient tournés vers le ciel. Elle portait une couronne brillante sur la tête, et sur le front, à l’endroit où la couronne s’adaptait au front, une belle rose (…). Par moments, elle semblait se déplacer, ainsi que les autres figures, avançant un peu, puis reculant. Je les vis bouger. Mais aucune ne prononça un seul mot. Je les vis de très près (…).
Je vis Saint Joseph, à la droite de la Très Sainte Vierge. Sa tête était en avant, il semblait rendre hommage à Marie. J’ai remarqué ses favoris, ils paraissaient légèrement gris. Je vis aussi les pieds de Saint Joseph. Quant à ses mains, elles étaient jointes comme celles d’une personne en prière.
La 3ème figure debout devant moi était celle de de Saint Jean l’Evangéliste. Il se tenait droit, auprès de l’autel, du côté de l’Evangile, en angle avec la figure de la Très Sainte Vierge, de façon à ne tourner son dos ni à l’autel ni à la Mère de Dieu. Saint Jean était habillé comme un évêque en train de prêcher. Il portait une petite mitre sur sa tête. Il tenait dans sa main gauche un livre de messe ou un livre d’Evangile. Sa main droite était levée à la hauteur de sa tête, avec l’index ouvert et les 3 autres doigts fermés. Il paraissait comme en train de prêcher, mais je n’entendis aucun mot (…).
Sur l’autel se tenait un agneau de 8 semaines, sa face tournée vers l’ouest, regardant dans la direction de la Sainte Vierge et de Saint Joseph. Derrière l’agneau, je voyais des anges flottant tout le temps.”

L’apparition dure 2 heures, sans que les 3 personnages se mettent à parler. Cet évènement fait grand bruit. Les pèlerins ou les curieux se multiplient.

Des guérisons miraculeuses…

Dès le 31 août, une 1ère guérison est signalée : une fillette de 12 ans, sourde de naissance, est guérie immédiatement alors qu’elle s’agenouille devant le mur des apparitions. D’autres guérisons, ainsi que des conversions, ont lieu.

En octobre, l’archevêque de Tuam, dont dépend la paroisse, met en place une Commission d’enquête, composée d’experts ecclésiastiques et de la laïcs. Au printemps 1880, elle se prononce en faveur de la reconnaissance de l’authenticité de faire une déclaration canonique, pour ne pas subir les foudres de l’occupant anglais. Mais il encourage l’organisation de pèlerinages. Le nombre élevé de pèlerins et des guérisons reconnues font de Knock le “Lourdes” de l’Irlande.

L’apparition silencieuse de Knock a donné lieu à diverses interprétations. Le message n’est pas seulement marial, mais également eucharistique du fait de la présence d’un autel et de l’Agneau pascal. Des théologiens ont fait remarquer que le 21 août, le curé de la paroisse venait d’achever une série de 100 messes, commencée le 14 mai, en faveur des âmes du Purgatoire.

Fatima