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Gietrzwalde

Gietrzwalde

Ces apparitions mariales se situent dans un contexte politique douloureux, au sein d’une région polonaise catholique, annexée à la Prusse protestante depuis un siècle. Le bourg de Gietrzwalde (Dietrichswalde à l’époque) compte 2 000 habitants à la fin du XIXème siècle. L’Empire vient de mettre en place un arsenal juridique qui permet de placer l’Eglise catholique sous le boiseau, ainsi que d’interdire ses moyens d’actions.

Justine Szafrinska est une jeune fille de 13 ans en 1877. Orpheline de son père, elle doit travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. Employée à soigner des volailles, elle fréquente rarement l’école.

Le 27 juin, à 21 heures, elle rentre chez elle avec sa mère, par une petite route de campagne. Justine voit une lumière blanche, dans un érable, à une centaine de mètres devant elle. En regardant mieux, elle voit la lumière grandir et prendre forme humaine. Elle veut crier mais ne peut pas. Elle rejoint sa mère, qui a continué son chemin en récitant une prière. Le curé du village passant par là, Justine lui parle aussitôt : “Il y a une belle dame, elle a de longs cheveux très beaux, qui lui tombent sur l’épaule, elle est assise sur un trône.” Sa mère et le curé ne voient rien. Celui-ci demande cependant que l’on récite une prière, puis ordonne à Justine de rentrer chez elle.

Le lendemain, à la même heure et au même endroit, Justine récite le rosaire avec quelques compagnes, lorsque la Vierge apparaît de nouveau, mais portant cette fois l’Enfant-Jésus. Une amie de Justine, Barbara Samulowska, 12 ans, voit également la Vierge. Ce n’est qu’au 4ème jour des apparitions, toujours à la même heure, que la Vierge se met à parler :

Je désire que vous récitiez le rosaire tous les jours

Le 5ème jour, le 1er juillet, l’apparition se présente :

Je suis la très Sainte Vierge Marie immaculée

Le 3 juillet, elle indique la durée de ses apparitions quotidiennes :

Je serai avec vous encore deux mois

Le 6 juillet, la Vierge indique comment elle va guérir les malades qui, de jour en jour, commencent à affluer :

Sous cet arbre, construisez un reposoir avec la statue de l’Immaculée Conception
Mettez des tissus au pied de ce reposoir puis donnez-les aux malades

La 1ère guérison attestée se passe dès juillet. Plusieurs autres suivent.
Fait incroyable, les apparitions sont très nombreuses, dépassant le nombre de 160.
La Vierge répond de manière brève et précise et, parfois, se contente de sourire, voire de disparaître sans donner de réponse.

La dernière apparition se déroule le 16 septembre, devant une foule de 15 000 personnes.
Ce jour-là, elle laisse comme ultime recommandation :

Dites toujours le rosaire

Les autorités prussiennes jugent ces rassemblements dangereux et subversifs. Les 2 jeunes voyantes sont éloignées pour un temps du village, le curé se trouve emprisonné durant 5 jours, les pèlerins subissent diverses menaces. Les autorités ecclésiastiques se montrent prudentes. L’évêque parvient cependant à créer une commission d’enquête, qui remet par la suite un rapport favorable. L’évêque fait envoyer sur place divers théologiens, puis se rend lui-même sur les lieux. Il rencontre les 2 voyantes, les questionne longuement et les fait examiner par 3 médecins, dont 2 sont catholiques, le 3ème protestant. Les 3 experts médecins concluent à la bonne santé physique et mentale des 2 jeunes filles.

Les 2 voyantes devinrent toutes deux religieuses, chez les Soeurs de la Charité.

De très nombreuses cas de guérison ont été signalés au sanctuaire jusqu’à aujourd’hui.
Ce n’est qu’en 1945 que Gietrzwalde retrouve la mère patrie polonaise.
En 1977, l’évêque local a lu solennellement le décret canonique de reconnaissance des apparitions. Le futur pape Jean-Paul II, le cardinal Wojtyla, était présent.

Fatima