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Calendrier liturgique

Chemin de Croix au Colisée

En 1749, Benoît XIV décida que la politique officielle de l’Église serait de faire du Colisée le lieu sacré où les premiers chrétiens ont été martyrisés. Il interdit l’utilisation du Colisée comme carrière, et consacra l’édifice à la Passion du Christ et fit installer un chemin de croix, le déclarant sanctifié par le sang des martyrs chrétiens qui y périrent.

Comme tous les papes, Jean-Paul II conduisait publiquement un chemin de croix à Rome, au Colisée, chaque année, le soir du vendredi saint. Durant de nombreuses années il a porté personnellement la croix de Station en Station, puis, en raison des problèmes survenus après l’attentat subi et de son âge avancé, il présidait la célébration depuis une estrade sur le mont Palatin, pendant que d’autres portaient la croix.

Colisée

Le Colisée, à l’origine amphithéâtre Flavien (Colosseo en italien), est un immense amphithéâtre ovoïde situé dans le centre de la ville de Rome, entre l’Esquilin et le Cælius, le plus grand jamais construit dans l’empire romain. Il est l’une des plus grandes œuvres de l’architecture et de l’ingénierie romaines.

Sa construction, juste à l’est du Forum Romain, a commencé entre 70 et 72 ap. J.-C., sous l’empereur Vespasien, et s’est achevée en 80 sous Titus. D’autres modifications ont ensuite été apportées au cours du règne de Domitien (81-96). Le nom d’amphithéâtre Flavien dérive du nom de famille (gens Flavii) de l’empereur Vespasien et ses fils Titus et Domitien.

Pouvant accueillir probablement 50 000 spectateurs (les estimations plus anciennes de 80 000 spectateurs, soit un douzième de la population romaine, étant exagérées), le Colisée a été utilisé pour les venationes (combats d’animaux sauvages), les munera (combats de gladiateurs) et autres spectacles publics, tels que des exécutions de condamnés à mort, des reconstitutions de batailles célèbres et des drames basés sur la mythologie romaine.

Le Colisée est actuellement en état de ruine, en raison des dommages causés par les tremblements de terre et la récupération des pierres, mais il continue à donner la mesure de l’ancienne puissance de la Rome Impériale. Aujourd’hui, il est l’un des symboles de la Rome moderne et a encore des liens étroits avec l’Église catholique romaine : chaque Vendredi saint, le pape mène une procession aux flambeaux sur un chemin de croix aboutissant à l’amphithéâtre.

Chemin de Croix du 30 mars 2018

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.
Qui passus es pro nobis,
Domine, miserere nobis.
Il Santo Padre
Nel nome del Padre e del Figlio
e dello Spirito Santo.
Amen.

Première station : Jésus est condamné à mort
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 22-25)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. » Mais ils insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient. Alors Pilate décida de satisfaire leur requête. Il relâcha celui qu’ils réclamaient, le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, et il livra Jésus à leur bon plaisir.

Je te vois, Jésus, devant le Gouverneur, qui par trois fois tente de s’opposer à la volonté du peuple et à la fin, choisit de ne pas choisir, devant la foule qui, interrogée par trois fois, décide toujours contre toi. La foule, c’est-à-dire tout le monde, c’est-à-dire personne. Caché dans la masse, l’homme perd sa personnalité, il est la voix de milliers d’autres voix. Avant de te renier, il se renie lui-même, éparpillant sa propre responsabilité dans celle, fluctuante, de la multitude sans visage. Pourtant il est responsable. Egaré par des meneurs, par le Mal qui se propage avec une voix sournoise et assourdissante, c’est l’homme qui te condamne.

Aujourd’hui, nous sommes horrifiés devant une telle injustice, et nous voudrions nous en démarquer. Mais, en faisant ainsi nous oublions toutes les fois où nous, les premiers, avons choisi de sauver Barabbas au lieu de toi. Quand notre oreille a été sourde à l’appel du Bien, quand nous avons préféré ne pas voir l’injustice devant nous.

Sur cette place bondée, il aurait été suffisant qu’un seul cœur doute, qu’une seule voix s’élève contre les mille voix du mal. Chaque fois que la vie nous placera devant un choix, rappelons-nous cette place et cette erreur. Permettons à nos cœurs de douter et imposons à notre voix de s’élever.

Je te prie, Seigneur, veille sur nos choix,
éclaire-les de ta lumière,
cultive en nous la capacité à nous interroger :
seul le Mal ne doute jamais.
Les arbres qui enfoncent leurs racines dans la terre,
s’ils sont arrosés par le Mal,
se dessèchent,
mais tu as placé nos racines dans le Ciel
et les feuillages sur la terre
pour te reconnaître et te suivre.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenStabat Mater dolorosa
iuxta crucem lacrimosa,
dum pendebat Filius.

Deuxième station : Jésus est chargé de la croix
De l’Evangile selon Marc (Mc 8, 34-35) 

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Appelant la foule avec ses disciples, [Jésus] leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile la sauvera ».

Je te vois, Jésus, couronné d’épines, tandis que tu accueilles ta croix. Tu l’accueilles, comme tu as toujours accueilli tout et tous. Ils te chargent du bois, pesant, rugueux, mais tu ne te rebelles pas, tu ne rejettes pas cet instrument de torture injuste et ignoble. Tu le prends sur toi et tu commences à marcher en le portant sur tes épaules. Combien de fois ne me suis-je pas rebellé et mis en colère contre les tâches que j’ai reçues, que j’ai perçues comme pesantes ou injustes. Tu ne fais pas ainsi. Tu as seulement quelques années de plus que moi, aujourd’hui on dirait que tu es encore jeune, mais tu es docile, et tu prends au sérieux ce que la vie t’offre, chaque occasion qui se présente à toi, comme si tu voulais aller au fond des choses et découvrir qu’il y a toujours quelque chose de plus que ce qui apparaît, un sens caché et surprenant. Grâce à toi, je comprends que c’est une croix de salut et de libération, croix de soutien face à l’obstacle, joug léger, fardeau qui ne surcharge pas.

Du scandale de la mort du Fils de Dieu, mort de pécheur, mort de malfaiteur, naît la grâce de redécouvrir dans la douleur la résurrection, dans la souffrance ta gloire, dans l’angoisse ton salut. La croix elle-même, symbole pour l’homme d’humiliation et de douleur, se révèle maintenant, par la grâce de ton sacrifice, comme une promesse : de chaque mort resurgira la vie et dans toute obscurité resplendira la lumière. Et nous pouvons nous exclamer : “ Salut ô croix, unique espérance !”.

Je te prie, Seigneur, fais qu’à la lumière de la Croix, symbole de notre foi,
nous puissions accepter nos souffrances et, illuminés par ton amour,
embrasser nos croix rendues glorieuses par ta mort et ta résurrection.
Donne-nous la grâce de regarder nos histoires
et de redécouvrir en elles
ton amour pour nous.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenCuius animam genetum,
contristatam et dolentem,
pertransivit gladius.

Troisième station : Jésus tombe pour la première fois
Du livre du prophète Isaïe (Is 53, 4)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié.

Je te vois, Jésus, souffrant tandis que tu parcours le chemin vers le Calvaire, chargé de notre péché. Et je te vois tomber, les mains et les genoux à terre, douloureux. Avec quelle humilité es-tu tombé ! Quelle humiliation subis-tu en ce moment ! Ta nature de vrai homme se voit clairement en ce fragment de ta vie. La croix que tu portes est lourde ; tu aurais besoin d’aide, mais quand tu tombes à terre, personne ne te secourt, bien plus, les hommes se moquent de toi, ils rient devant l’image d’un Dieu qui tombe. Peut-être sont-ils déçus, peut-être se sont-ils fait une fausse idée de toi. Parfois nous pensons qu’avoir foi en toi signifie ne jamais tomber dans la vie. Avec toi, je tombe, moi aussi, et avec moi, mes idées, celles que j’avais sur toi : comme elles étaient fragiles !

Je te vois, Jésus, qui serre les dents et, complètement abandonné à l’amour du Père, tu te relèves et tu reprends ton chemin. Avec ces premiers pas vers la croix, si titubant, Jésus, tu me rappelles un enfant qui fait ses premiers pas vers la vie et perd l’équilibre et tombe et pleure, mais continue ensuite. Il se confie aux mains de ses parents et ne s’arrête pas ; il a peur mais il avance, parce qu’à la peur s’ajoute la confiance.

Avec ton courage, tu nous enseignes que les échecs et les chutes ne doivent jamais arrêter notre chemin et que nous avons toujours un choix : nous rendre ou nous relever avec toi.

Je te prie, Seigneur, réveille en nous, les jeunes,
le courage de nous relever après chaque chute
comme tu l’as fait sur le chemin du Calvaire.
Je te prie, fais que nous sachions toujours apprécier
le don très grand et précieux de la vie
et que les échecs et les chutes
ne soient jamais un motif pour la rejeter,
conscients que si nous nous confions à toi
nous pouvons nous relever
et trouver la force d’avancer,
toujours.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenO quam tristis et afflicta,
fuit illa benedicta,
mater Unigeniti.

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère
De l’Evangile selon Luc (Lc 2, 34-35).

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre ».

Je te vois, Jésus, quand tu rencontres ta mère. Marie est là, elle marche dans la rue pleine de monde, il y a beaucoup de personnes à côté d’elle. L’unique chose qui la distingue des autres est le fait qu’elle est là pour accompagner son fils. Une situation qui se vérifie quotidiennement : les mamans accompagnent leurs enfants à l’école, ou chez le médecin, ou les amènent avec elles au travail. Mais Marie se distingue des autres mamans : elle accompagne son fils qui va mourir. Voir son propre fils mourir est le pire destin que l’on puisse souhaiter à une personne, le plus contre nature ; encore plus atroce si le fils, innocent, va mourir par les mains de la justice. Quelle scène contre nature et injuste devant mes yeux ! Ma mère m’a éduqué au sens de la justice et à avoir confiance en la vie, mais ce que mes yeux voient aujourd’hui n’a rien de cela, est privé de sens et plein de douleur.

Je te vois, Marie, tandis que tu regardes ton pauvre enfant : il a les marques de la flagellation sur le dos et il est contraint de porter le poids de la croix, probablement il tombera bientôt sous elle en raison de la fatigue. Pourtant tu savais que, tôt ou tard, cela arriverait, cela t’avait été prophétisé, mais à présent ce qui est arrivé est tout différent ; et c’est toujours ainsi, nous sommes toujours démunis devant la vie, devant sa cruauté. Marie, à présent tu es triste, comme le serait n’importe quelle femme à ta place, mais tu n’es pas désespérée. Tes yeux ne sont pas éteints, ils ne regardent pas dans le vide, tu ne marches pas la tête basse. Tu es resplendissante, même dans ta tristesse, parce que tu as l’espérance, tu sais que le voyage de ton fils ne sera pas un aller simple et tu sais, tu le sens comme seules les mamans le sentent, que tu le reverras bientôt.

Je te prie, Seigneur : aide-nous
à tenir toujours présent l’exemple de Marie,
qui a accepté la mort de son fils
comme un grand mystère de salut.
Aide-nous à agir avec le regard tourné vers le bien des autres
et à mourir dans l’espérance de la résurrection
et avec la conscience de n’être jamais seuls,
ni abandonnés de Dieu, ni de Marie,
mère bonne qui a toujours à cœur ses enfants.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenQuoe moerebat et dolebat
pia Mater, dum videbat
Nati poenas incliti.

Cinquième station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter la croix
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 26)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus.

Je te vois, Jésus, écrasé sous le poids de la croix. Je vois que tu n’y arrives pas tout seul; en ce moment-même de l’effort le plus grand, tu es resté seul, ceux qui se disaient tes amis ne sont pas là : Judas t’a trahi, Pierre t’a renié, les autres t’ont abandonné. Mais voici une rencontre imprévue, quelqu’un, un homme quelconque, qui peut-être avait entendu parler de toi et pourtant ne t’avait pas suivi, et au contraire à présent est là, à tes côtés, épaule contre épaule, à partager ton joug. Il s’appelle Simon et c’est un étranger qui vient de loin, de Cyrène. Pour lui aujourd’hui un imprévu, qui se révèle une rencontre.

Elles sont infinies les rencontres et les heurts que nous vivons chaque jour, surtout nous les jeunes qui entrons continuellement en contact avec des réalités nouvelles, des personnes nouvelles. Et c’est dans la rencontre inattendue, dans l’incident, dans la surprise qui désoriente qu’est cachée l’opportunité d’aimer, de découvrir le meilleur dans le prochain, même quand il nous semble différent.

Parfois, nous nous sentons comme toi, Jésus, abandonnés de ceux que nous croyions être nos amis, sous un poids qui nous écrase. Mais nous ne devons pas oublier qu’il y a un Simon de Cyrène prêt à prendre notre croix. Nous ne devons pas oublier que nous ne sommes pas seuls, et de cette conscience nous pouvons tirer la force de nous charger de la croix de celui qui est à nos côtés.

Je te vois, Jésus : maintenant il semble que tu éprouves un peu de soulagement, tu réussis un instant à respirer à présent que tu n’es plus seul. Et je vois Simon : qui sait s’il a fait l’exéprience que ton joug est léger, qui sait s’il se rend compte de ce que signifie cet imprévu dans sa vie.

Seigneur, je te prie afin que chacun de nous
puisse trouver le courage d’être comme le Cyrénéen,
qui prend la croix et suit tes pas.
Que chacun de nous soit assez humble et fort
pour se charger de la croix de ceux que nous rencontrons.
Fais que, quand nous nous sentons seuls,
nous puissions reconnaître sur notre route un Simon de Cyrène
qui s’arrête et se charge de notre fardeau.
Donne-nous de savoir chercher le meilleur dans chaque personne,
d’être ouverts à chaque rencontre même dans la différence.
Je te prie afin que chacun de nous
puisse à l’improviste se découvrir à tes côtés.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenQuis est homo qui non fleret
Matrem Christi si videret
in tanto supplicio.

Sixième station : Véronique essuie le visage de Jésus
Du livre du prophète Isaïe (Is 53, 2-3)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.

Je te vois, Jésus, misérable, presque méconnaissable, traité comme le dernier des hommes. Tu marches péniblement vers ta mort le visage ensanglanté et défiguré, et cependant, comme toujours, doux et humble, tourné vers le ciel. Une femme se fraye un chemin à travers la foule pour voir de près ton visage qui, peut-être, avait tant de fois parlé à son âme, et qu’elle avait aimé. Elle le voit souffrant et elle veut le soulager. Ils ne la laissent pas passer, ils sont trop nombreux, et armés. Mais tout cela n’a pas d’importance pour elle ; elle est déterminée à te rejoindre et elle parvient, un moment, à te toucher, à te caresser avec son voile. Sa force est la force de la tendresse. Vos regards se croisent un instant, le visage dans le visage de l’autre.

Cette femme, Véronique, dont nous ne savons rien, dont nous ne connaissons pas l’histoire, gagne le Paradis par un simple geste de charité. Elle s’approche de toi, elle observe ton visage torturé et elle l’aime plus encore qu’avant. Véronique ne s’arrête pas aux apparences qui sont si importantes aujourd’hui dans notre société d’images. Mais elle aime inconditionnellement un visage laid, pas soigné, pas maquillé et imparfait. Ce visage, ton visage, Jésus, montre dans son imperfection même la perfection de ton amour pour nous.

Je te prie, Jésus, donne-moi la force
de m’approcher des autres personnes, de toute personne,
jeune ou âgée, pauvre ou riche, qui m’est chère ou qui m’est inconnue,
et de voir en ces visages ton visage.
Aide-moi à ne pas tarder
à secourir le prochain chez qui tu demeures,
comme Véronique a accouru vers toi sur le chemin du Calvaire.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenQuis non posset contristari,
Christi Matrem contemplari
dolentem cum Filio.

Septième station : Jésus tombe pour la deuxième fois
Du livre du prophète Isaïe (Is 53, 8.10)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Arrêté puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple. […] Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur.

Je te vois, Jésus, tomber de nouveau devant mes yeux. En tombant encore tu me montres que tu es un homme, un homme véritable. Et je vois que tu te relèves de nouveau, plus décidé qu’avant. Tu ne te relèves pas avec orgueil ; il n’y a pas d’orgueil dans ton regard, il y a de l’amour. Et en poursuivant ta marche, en te relevant après chaque chute, tu annonces ta résurrection, tu montres que tu es prêt à charger une fois encore et pour toujours, sur tes épaules sanglantes le poids du péché de l’homme.

En tombant encore tu nous as donné un message clair d’humilité ; tu es tombé à terre, sur cet humus dont nous, les humains, sommes nés. Nous sommes terre, nous sommes boue, nous ne sommes rien comparés à toi. Mais tu as voulu devenir comme nous, et maintenant tu te montres proche de nous, avec nos propres peines, nos propres faiblesses, la même sueur à notre front. Maintenant toi aussi, en ce vendredi, comme il nous arrive à nous aussi, tu es prostré de douleur. Mais tu as la force de continuer, tu n’as pas peur des difficultés que tu peux rencontrer, et tu sais qu’à la fin des peines il y a le Paradis ; tu te relèves, justement, pour t’y rendre, pour nous ouvrir les portes de ton Royaume. Tu es un Roi étrange, un roi dans la poussière.

Je suis pris de vertige : nous ne sommes pas dignes de comparer nos peines et nos chutes aux tiennes. Les tiennes sont un sacrifice, le sacrifice le plus grand que mes yeux et que toute l’histoire ne pourront jamais voir.

Je te prie, Seigneur, fais que nous soyons prêts à nous relever après être tombés,
que nous puissions apprendre quelque chose de nos échecs.
Rappelle-nous que, lorsqu’il nous arrive de nous tromper et de tomber,
si nous sommes avec toi et que nous serrons ta main,
nous pouvons apprendre et nous relever.
Fais que nous, les jeunes, puissions porter à tous ton message d’humilité
et que les générations à venir ouvrent les yeux sur toi
et sachent comprendre ton amour.
Enseigne-nous à aider celui qui souffre et tombe à côté de nous,
à essuyer sa sueur et à tendre la main pour le remettre debout.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenPro peccatis suoe gentis
vidit Iesum in tormentis,
et flagellis subditum.

Huitième station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 27-31).

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se tourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi. Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Voici venir des jours où l’on dira : “Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité !” Alors on dira aux montagnes : “Tombez sur nous”, et aux collines : “Cachez nous”. Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? »

Je te vois et je t’écoute, Jésus, alors que tu parles aux femmes que tu rencontres sur ta route vers la mort. Durant toutes tes journées tu es passé en rencontrant beaucoup de personnes, tu es allé à la rencontre et tu as parlé avec tous. Maintenant tu parles avec les femmes de Jérusalem qui te voient et qui pleurent. Je suis moi aussi l’une de ces femmes. Mais toi, Jésus, dans ton avertissement, tu utilises des mots qui me touchent, ce sont des paroles concrètes et directes. A première vue elles peuvent sembler dures et sévères, parce qu’elles sont franches. Aujourd’hui nous sommes en effet habitués à un monde de paroles tortueuses. Une froide hypocrisie voile et filtre ce que nous voulons réellement dire ; on évite de plus en plus les mises en garde, on préfère laisser l’autre à son destin, ne prenant pas la peine de le solliciter pour son bien.

Alors que toi, Jésus, tu parles aux femmes comme un père, même en les réprimandant ; tes paroles sont des paroles de vérité, elles sont immédiates avec pour seul but la correction, non pas le jugement. C’est un langage différent du nôtre, tu parles toujours avec humilité et tu parviens droit au cœur.

Dans cette rencontre, la dernière avant la croix, une fois encore ton amour apparaît sans mesure envers les derniers et les exclus. En effet, les femmes à cette époque n’étaient pas considérées comme dignes d’être sollicitées, alors que toi, dans ta gentillesse, tu es vraiment révolutionnaire.

Je te prie, Seigneur, fais que moi,
avec les femmes et les hommes de ce monde,
nous puissions devenir toujours plus charitables
vis-à-vis de ceux qui sont dans le besoin, comme toi tu as fait.
Donne-nous la force d’aller à contre-courant
et d’entrer en contact authentique avec les autres,
en jetant des ponts et en évitant de nous enfermer dans l’égoïsme
qui nous conduit à la solitude du péché.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenEia, Mater, fons amoris,
me sentire vim doloris
fac, ut tecum lugeam.

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois
Du livre du prophète Isaïe (Is 53, 5-6)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

C’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.

Je te vois, Jésus, alors que tu tombes pour la troisième fois. Deux fois déjà tu es tombé et deux fois tu t’es relevé. Il n’y a plus de limites à ta fatigue et à ta douleur, tu sembles désormais définitivement vaincu dans cette troisième et dernière chute. Combien de fois, dans la vie de tous les jours, il nous arrive de tomber ! Nous tombons si souvent que nous ne savons plus combien de fois, mais nous espérons toujours que chaque chute sera la dernière, car il faut le courage de l’espérance pour faire face à la souffrance. Quand quelqu’un tombe si souvent, à la fin les forces disparaissent et l’espérance s’évanouit définitivement.

Je m’imagine près de toi, Jésus, sur le parcours qui te conduit à la mort. Il est difficile de penser que tu es le Fils de Dieu en personne. Quelqu’un a déjà essayé de t’aider mais tu es maintenant épuisé, tu es arrêté, paralysé et il semble que tu ne parviendras plus à continuer. Mais voilà que, soudain, je vois que tu te relèves, tu redresses les jambes et le dos, autant qu’il est possible avec une croix sur les épaules, et tu recommences à marcher. Oui, tu marches vers la mort, mais tu veux le faire jusqu’au bout. C’est peut-être ça l’amour. Ce que je comprends c’est que le nombre de nos chutes n’a pas d’importance. Il y aura toujours la dernière, peut-être la pire, l’épreuve la plus terrible dans laquelle nous sommes appelés à trouver la force pour arriver au bout du chemin. Pour Jésus, la fin est la crucifixion, l’absurdité de la mort, mais qui révèle un sens plus profond, un but plus haut, celui de nous sauver tous.

Je te prie, Seigneur, donne-nous chaque jour
le courage pour continuer sur notre chemin.
Fais que nous accueillions jusqu’au bout
l’espérance et l’amour que tu nous a donnés.
Que tous puissent faire face aux défis de la vie
avec la force et la foi avec lesquelles tu as vécu
les derniers moments de ton chemin
vers la mort sur la croix.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenFac ut ardeat cor meum
in amando Christum Deum
ut sibi complaceam.

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements
De l’Evangile selon Jean (Jn 19, 23)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une seule pièce de haut en bas.

Je te vois, Jésus, nu, comme je ne t’ai jamais vu. Ils t’ont privé de tes vêtements, Jésus, et ils se les sont tirés au sort. Aux yeux de ces hommes, tu as perdu le seul lambeau de dignité qui t’était resté, le seul objet que tu avais en ta possession sur ton chemin de souffrance. A l’aube des temps, ton Père avait cousu des vêtements pour les hommes, pour les revêtir de dignité ; maintenant ce sont des hommes qui te les arrachent. Je te vois, Jésus, et je vois un jeune migrant, le corps détruit qui arrive sur une terre trop souvent cruelle, prête à lui prendre son vêtement, son seul bien, et à le vendre ; prête à le laisser comme ça avec sa seule croix, comme la tienne, avec seulement sa peau martyrisée, comme la tienne, avec seulement ses yeux remplis de souffrance, comme les tiens.

Mais il y une chose que les hommes oublient souvent à propos de la dignité : elle se trouve sous ta peau, elle fait partie de toi et sera toujours avec toi, et encore plus en cet instant, dans cette nudité.

La nudité avec laquelle nous naissons est la même avec laquelle la terre nous accueille au soir de la vie. D’une mère à l’autre. Et là, maintenant, sur cette colline, se trouve aussi ta mère qui te voit nu de nouveau.

Je te vois et je comprends la grandeur et la splendeur de ta dignité, de la dignité de tout homme que personne ne pourra jamais supprimer.

Je te prie, Seigneur, fais que tous, nous puissions reconnaître
la dignité propre de notre nature,
même quand nous nous retrouvons nus et seuls devant les autres.
Fais que nous puissions toujours voir la dignité des autres,
l’estimer, et veiller sur elle.
Nous te prions de nous accorder le courage nécessaire
pour nous comprendre nous-mêmes au-delà de notre apparence ;
et d’accepter la nudité qui nous appartient,
et qui nous rappelle notre pauvreté,
que tu as aimée jusqu’à donner ta vie pour nous.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenSancta Mater, istud agas,
Crucifixi fige plagas
cordi meo valide.

Onzième station : Jésus est cloué sur la croix
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 33-34)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Lorsqu’ils furent arrivés au lieu-dit : Le Crâne (ou Calvaire), là ils crucifièrent Jésus, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Je te vois, Jésus, dépouillé de tout. Ils ont voulu te punir, toi innocent, en te clouant sur le bois de la croix. Qu’est-ce que j’aurais fait à leur place, aurais-je eu le courage de reconnaître ta vérité, et la mienne ? Tu as eu la force de supporter le poids d’une croix, de ne pas être cru, d’être condamné pour tes paroles dérangeantes. Aujourd’hui, nous ne parvenons pas à digérer une critique, comme si chaque parole était prononcée pour nous blesser.

Tu ne t’es pas non plus arrêté devant la mort, tu as profondément cru en ta mission et tu as fait confiance à ton Père. Aujourd’hui, dans le monde d’Internet, nous sommes tellement conditionnés par tout ce qui circule sur les réseaux que, parfois, je doute même de mes paroles. Mais, tes paroles sont différentes, elles sont fortes dans ta faiblesse. Tu nous as pardonnés, tu n’as pas gardé de rancune, tu as enseigné à tendre l’autre joue et tu es allé jusqu’au sacrifice total de ta personne.

Je regarde autour de moi et je vois des yeux fixés sur l’écran du téléphone, occupés sur les réseaux sociaux à épingler toutes les erreurs des autres sans possibilité de pardon. Des hommes qui, sous le coup de la colère, crient se détester pour les motifs les plus futiles.

Je regarde tes blessures et je suis conscient, maintenant, que je n’aurais pas eu ta force. Mais je suis assise ici à tes pieds, et je me dépouille moi aussi de toute hésitation, je me lève de terre pour pouvoir être plus proche de toi, ne serait-ce que de quelques centimètres.

Je te prie, Seigneur, fais que devant le bien,
je puisse avoir la promptitude pour le reconnaître ;
Fais que devant une injustice, je puisse avoir
le courage de prendre en main ma vie et d’agir différemment ;
fais que je puisse me libérer de toutes les peurs
qui, comme des clous, me paralysent et me tiennent éloignée
de la vie que tu as espérée et préparée pour nous.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenTui Navi vulnerati
tam dignati pro me pati,
poenas mecum divide.

Douzième station : Jésus meurt sur la croix.
De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 44-47)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure, car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. Alors Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit ». Et après avoir dit cela, il expira. A la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : “Celui-ci était réellement un homme juste ».

Je te vois, Jésus, et cette fois je ne voudrais pas te voir. Tu vas mourir. Tu étais beau à regarder quand tu parlais aux foules, mais maintenant tout est fini. Et, je ne veux pas voir la fin ; tant de fois j’ai tourné le regard de l’autre côté, je me suis presqu’habitué à fuir la souffrance et la mort, je me suis anesthésié.

Ton cri sur la croix est fort, déchirant : nous n’étions pas préparés à tant de souffrance, nous ne le sommes pas, nous ne le serons jamais. Nous fuyons d’instinct, en proie à la panique, face à la mort et à la souffrance, nous les refusons, nous préférons regarder ailleurs ou fermer les yeux. Au contraire, toi, tu restes là sur la croix, tu nous attends les bras ouverts, en nous ouvrant les yeux.

C’est un grand mystère, Jésus : tu nous aimes en mourant, en étant abandonné, en donnant ton esprit, en accomplissant la volonté du Père, en te retirant. Tu restes sur la croix tout simplement. Tu n’essaies pas d’expliquer le mystère de la mort ; dans l’accomplissement de toutes choses, tu fais davantage : tu l’as traversé avec tout ton corps et tout ton esprit. Un grand mystère, qui continue à nous interroger et à nous inquiéter ; il nous défie, il nous invite à ouvrir les yeux, à savoir voir ton amour même dans la mort, ou mieux à partir vraiment de la mort. C’est là que tu nous as aimés : dans notre condition la plus vraie, incontournable et inévitable. C’est là que nous saisissons, bien que ce soit encore de manière imparfaite, ta présence vivante et authentique. De cela, toujours, nous aurons soif : de ta proximité, que tu sois Dieu avec nous.

Je te prie, Seigneur, ouvre mes yeux,
que je te voie même dans les souffrances,
dans la mort, dans la fin qui n’est pas la vraie fin.
Dérange mon indifférence avec ta croix, secoue ma torpeur.
Interroge-moi toujours avec ton mystère bouleversant,
qui dépasse la mort et donne la vie.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenVidit suum dulcem Natum
moriendo desolatum
dum emisit spiritum.

Treizième station : Jésus est descendu de la croix
De l’Evangile selon Jean (Jn 19, 38-40)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts.

Je te vois, Jésus, encore, là, sur la croix. Un homme en chair et en os, avec ses fragilités, avec ses peurs. Comme tu as souffert ! C’est une scène insoutenable, peut-être justement parce qu’elle est empreinte d’humanité : c’est cela le mot-clef, la marque de ton chemin, jalonné de souffrance et de fatigue. Précisément cette humanité que nous oublions souvent de reconnaître en toi et de chercher en nous-mêmes et dans les autres, trop absorbés par une vie qui appuie sur l’accélérateur, aveugles et sourds face aux difficultés et aux souffrances des autres.

Je te vois, Jésus : maintenant tu n’es plus là, sur la croix ; tu es retourné là d’où tu es venu, étendu sur le sein de la terre, sur le sein de ta mère. Maintenant, la souffrance est passée, elle a disparu. C’est l’heure de la compassion. Dans ton corps sans vie retentit la force avec laquelle tu as affronté la souffrance ; le sens que tu as réussi à lui donner se reflète dans les yeux de celui qui est encore là et qui est resté à tes côtés et qui toujours le restera dans l’amour, donné et reçu. S’ouvre pour toi, pour nous, une nouvelle vie, celle-là céleste, sous le signe de ce qui résiste et n’est pas brisé par la mort : l’amour. Tu es là, avec nous, à chaque instant, à chaque pas, à chaque hésitation, à chaque obscurité. Alors que l’ombre du sépulcre s’étend sur ton corps gisant entre les bras de ta mère, je te vois et j’ai peur mais je ne désespère pas, j’ai confiance que la lumière, ta lumière, resplendira de nouveau.

Je te prie, Seigneur,
fais que, en nous, soit toujours vive l’espérance,
la foi en ton amour inconditionnel.
Que nous puissions maintenir toujours vivant et ouvert
le regard vers le salut éternel,
et que nous réussissions à trouver repos et paix sur notre chemin.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenFac me tecum pie flere,
Crucifixo condolere,
donec ego vixero.

Quatorzième station : Jésus est déposé dans le sépulcre
De l’Evangile selon Jean (Jn 19, 41-42)

La schola
Adoramus Te, Christe,
et benedicimus tibi,
quia per sanctam crucem tuam
redimisti mumdum.

A l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne. A cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

Je ne te vois plus, Jésus, maintenant il fait nuit. De longues ombres tombent des collines, et les lanternes du Sabbat foisonnent à Jérusalem, hors des maisons et dans les chambres. Elles frappent aux portes du ciel, fermé et impénétrable : pour qui est une telle solitude ? Qui peut dormir dans une telle nuit? La ville résonne des pleurs des enfants, des chants de leurs mères, des patrouilles des soldats : ce jour meurt, et seul tu t’es endormi. Tu dors ? Et sur quel lit ? Quelle couverture te cache au monde ?

De loin, Joseph d’Arimathie a suivi tes pas, et maintenant sur la pointe des pieds, il t’accompagne dans ton sommeil, il te soustrait aux regards des indignés et des méchants. Un linceul enveloppe ton corps froid, éponge le sang et la sueur et les larmes. De la croix tu tombes, mais avec légèreté, Joseph te hisse sur ses épaules, mais tu es léger : tu ne portes pas le poids de la mort, ni de la haine, ni de la rancœur. Tu dors comme lorsque tu étais enveloppé dans la paille tiède et qu’un autre Joseph te tenait dans ses bras. Comme à l’époque il n’y avait pas de place pour toi, maintenant tu n’as rien où poser la tête : mais sur le Calvaire, sur la dure tête du monde, là-bas s’élève un jardin où personne encore n’a été enterré.

Où es-tu allé Jésus ? Où es-tu descendu, si ce n’est dans les profondeurs ? Où, si ce n’est dans cet endroit encore vierge, dans la prison la plus étroite ? Tu es pris dans nos propres pièges, tu es emprisonné dans notre propre tristesse : comme nous tu as cheminé sur la terre, et maintenant sous la terre, comme nous, tu prends place.

Je voudrais courir loin, mais tu es au dedans de moi ; je n’ai pas à sortir à ta recherche, parce que tu frappes à ma porte.

Je te prie, Seigneur, toi qui ne t’es pas manifesté dans la gloire
mais dans le silence d’une nuit obscure.
Toi qui ne regardes pas la surface, mais qui vois dans le secret
et qui entres dans les profondeurs,
des profondeurs écoute notre voix :
fais que, fatigués, nous puissions nous reposer en toi,
reconnaître en toi notre nature,
voir dans l’amour de ton visage endormi
notre beauté perdue.
Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
fiat voluntas tua, sicut in caelo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,
et ne nos inducas in tentationem
sed libera nos a malo. AmenQuando corpus morietur,
fac ut animae donetur
Paradisi gloria.
Amen.

 

Il Santo Padre
Il Signore sia con voi
E con il tuo Spirito
Sia benedetto il nome del Signore
Ora e sempre
Il nostro aiuto è nel nome del Signore.
Egli ha fatto cielo e terra.
Vi benedica Dio omnipotente
Padre – e Figlio – e Spirito – Sancto
Amen

Office des Ténèbres

L’Office des Ténèbres est le nom donné dans le rite romain, avant la réforme de Pie XII en 1955, aux matines et aux laudes des trois derniers jours de la Semaine sainte (jeudi, vendredi, samedi), qui selon la coutume de cette période, étaient anticipées le soir précédent. L’office devait «commencer de manière à finir après le coucher du soleil», d’où le nom de «Ténèbres».

Ces offices revêtent un caractère de deuil, de tristesse et de douleur. Toutes les parties ordinaires des matines sont omises (invitatoire, Gloria Patri à la fin des psaumes, hymne, capitule, bénédiction, etc.).

Le choix des psaumes met sous les yeux les douleurs de la Passion de Jésus-Christ :

  • le Jeudi saint, au Jardin des Oliviers
    • Les leçons du 1er nocturne sont tirées des Lamentations de Jérémie où le prophète pleure la ruine et la destruction de Jérusalem et de son temple.Pendant le chant du Benedictus, on éteint progressivement 14 des 15 cierges placés dans un chandelier triangulaire et allumés avant l’office. Après on prend le quinzième cierge, celui qui est placé au sommet du chandelier, et on le cache derrière l’autel jusqu’à la conclusion de l’office, à moins que l’autel ne soit pas dans l’abside mais versus populum, auquel cas on le cache dans une lanterne de boisCet office dure entre une heure trente et deux heures quarante-cinq. Certaines paroisses choisissent alors de ne chanter que le premier nocturne.
      (numérotation des psaumes selon la Vulgate sixto-clémentine)Cet office continue d’être chanté par certaines abbayes bénédictines (à l’instar de Solesmes), la Communauté Saint-Martin, les Fraternités monastiques de Jérusalem, la Communauté Aïn Karem et dans certains couvents dominicains, en latin ou en langue vernaculaire.
  • le Vendredi saint, devant les tribunaux au Calvaire
  • le Samedi saint, au Sépulcre.

Le Jeudi saint
1er nocturne
Psaume 68 (Salvum me fac, Deus)
avec son antienne Zelus domus tuae ;
à la fin du psaume, on éteint un des cierges du chandelier triangulaire ;
Psaume 69 (Deus, in adjutorium meum intende) avec son antienne Avertantur retrorsum ;
à la fin du psaume, on éteint un deuxième cierge du chandelier triangulaire ;
Psaume 70 (In te, Domine, speravi) avec son antienne Deus meus, eripe me ;
on éteint un troisième cierge ;
Versicule Avertantur retrorsum ;
Pater noster en silence ;
1re leçon : Commencement des Lamentations du prophète Jérémie (Lm 1, 1-5) (Livre des lamentations) ;
1er répons : In monte Oliveti ;
2e leçon : suite des Lamentations (Lm 1, 6-9) ;
2e répons : Tristis est anima mea ;
3e leçon : suite des Lamentations (Lm 1, 10-14) ;
3e répons : Ecce vidimus eum.

2e nocturne
Psaume 71 (Deus, judicium tuum regi da) avec son antienne Liberavit Dominus pauperem ; on éteint un quatrième cierge ;
Psaume 72 (Quam bonus Israël Deus) avec son antienne Cogitaverunt impii ; on éteint un cinquième cierge ;
Psaume 73 (Ut quid, Deus, repulisti in finem) avec son antienne Exsurge, Domine ; on éteint un sixième cierge ;
Versicule Deus meus, eripe me ;
Pater noster en silence ;
4e leçon : Tirée des Commentaires de saint Augustin sur le psaume 54 (Ps 54, 1-10 réparti sur les leçons 4 à 6)6 ;
4e répons : Amicus meus ;
5e leçon : suite des Commentaires (Ps 54) ;
5e répons : Judas mercator ;
6e leçon : suite des Commentaires (Ps 54) ;
6e répons : Unus ex discipulis meis.

3e nocturne
Psaume 74 (Confitebimur tibi, Deus) avec son antienne Dixi iniquis ; on éteint un septième cierge ;
Psaume 75 (Notus in Judea Deus) avec son antienne Terra tremuit ; on éteint un huitième cierge ;
Psaume 76 (Voce mea ad Dominum clamavi) avec son antienne In die tribulationis meae ; on éteint un neuvième cierge ;
Versicule Exsurge, Domine ;
Pater noster en silence ;
7e leçon : tirée de la première Épître aux Corinthiens (1 Co 11, 17-22) ;
7e répons : Eram quasi Agnus ;
8e leçon : suite de l’Épître aux Corinthiens (1 Co 11, 23-26) ;
8e répons : Una hora ;
9e leçon : suite de l’Épître aux Corinthiens (1 Co 11, 27-34) ;
9e répons : Seniores populi.

Laudes
Psaume 50 (Miserere) avec son antienne Justificeris, Domine ; on éteint un dixième cierge ;
Psaume 89 (Domine, refugium factus es nobis) avec son antienne Dominus tamquam ovis ; on éteint un onzième cierge ;
Psaume 35 (Dixit injustus) avec son antienne Contritum est cor meum ; on éteint un douzième cierge ;
Cantique de Moïse (Exode 15, 1-19) avec son antienne Exhortatus es ; on éteint un treizième cierge ;
Psaume 146 (Laudate Dominum quoniam bonus est psalmus) avec son antienne Oblatus est ; on éteint un quatorzième cierge ; seul le cierge central du chandelier triangulaire est encore allumé ;
Cantique de Zacharie (Benedictus) avec son antienne Traditor autem ; après chaque paire de versets, on éteint l’un des six cierges de l’autel. Après la répétition de l’antienne, on enlève le cierge supérieur du chandelier triangulaire et on le cache derrière l’autel ;
Première partie du graduel Christus factus est, en terminant à «usque ad mortem» ;
Pater noster en silence ;
Oraison Respice, quaesumus, Domine, super hanc familiam tuam.

Le Vendredi saint
1er nocturne
Psaume 2 (Quare fremuerunt gentes) avec son antienne Astiterunt reges terrae ;
on éteint le premier cierge du chandelier triangulaire, et ainsi de suite, comme au Jeudi saint ;
Psaume 21 (Deus, Deus meus, respice in me) avec son antienne Diviserunt sibi ;
Psaume 26 (Dominus illuminatio mea) avec son antienne Insurrexerunt in me ;
Versicule Diviserunt sibi ;
Pater noster en silence ;
1re leçon : tirée des Lamentations du prophète Jérémie (Lm 2, 8-11) ;
1er répons : Omnes amici mei ;
2e leçon : suite des Lamentations (Lm 2, 12-15) ;
2e répons : Velum templi ;
3e leçon : suite des Lamentations (Lm 3, 1-9) ;
3e répons : Vinea mea electa.

2e nocturne
Psaume 37 (Domine, ne in furore tuo) avec son antienne Vim faciebant ;
Psaume 39 (Expectans expectavi Dominum) avec son antienne Confundantur et revereantur ;
Psaume 53 (Deus, in nomine tuo salvum me fac) avec son antienne Alieni insurrexerunt in me ;
Versicule Insurrexerunt in me ;
Pater noster en silence ;
4e leçon : tirée des Commentaires de saint Augustin sur les psaumes (psaume 63, 2) ;
4e répons : Tamquam ad latronem ;
5e leçon : suite des Commentaires (Ps 63) ;
5e répons : Tenebrae factae sunt ;
6e leçon : suite des Commentaires (Ps 63) ;
6e répons : Animam meam dilectam.

3e nocturne
Psaume 58 (Eripe me de inimicis meis) avec son antienne Ab insurgentibus in me ;
Psaume 87 (Domine Deus, salutis meae) avec son antienne Longe fecisti ;
Psaume 93 (Deus ultionum Dominus) avec son antienne Captabunt in animam justi ;
Versicule Locuti sunt adversum me ;
Pater noster en silence ;
7e leçon : tirée de l’Épître aux Hébreux (He 4, 11-15) ;
7e répons : Tradiderunt me;
8e leçon : suite de l’Épître aux Hébreux (He 4, 16–5, 3) ;
8e répons : Jesum tradidit impius ;
9e leçon : suite de l’Épître aux Hébreux (He 5, 4-10) ;
9e répons : Caligaverunt oculi mei.

Laudes
Psaume 50 (Miserere) avec son antienne Proprio Filio suo ;
Psaume 142 (Domine, exaudi orationem meam) avec son antienne Anxiatus est in me ;
Psaume 84 (Benedixisti, Domine) avec son antienne Ait latro ad latronem ;
Cantique d’Habacuc (3, 2-19) avec son antienne Dum conturbata fuerit ;
Psaume 147 (Lauda, Jerusalem, Dominum) avec son antienne Memento mei, Domine Deus ;
Versicule Collocavit me ;
Cantique de Zacharie (Benedictus) avec son antienne Posuerunt super caput ejus ;
le graduel Christus factus est, en omettant son verset ;
Pater noster en silence ;
Oraison Respice, quaesumus, Domine, super hanc familiam tuam.

Le Samedi saint
1er nocturne
Psaume 4 (Cum invocarem) avec son antienne In pace in idipsum ; on éteint le premier cierge du chandelier triangulaire, et ainsi de suite, comme au Jeudi saint ;
Psaume 14 (Domine, quis habitabit) avec son antienne Habitabit in tabernaculo tuo ;
Psaume 15 (Conserva me, Domine) avec son antienne Caro mea requiescet in spe ;
Versicule In pace in idipsum ;
Pater noster en silence ;
1re leçon : tirée des Lamentations du prophète Jérémie (Lm 3, 22-30) ;
1er répons : Sicut ovis ;
2e leçon : suite des Lamentations (Lm 4, 1-6) ;
2e répons : Jerusalem, surge ;
3e leçon : Commencement de la prière du prophète Jérémie (Lm 5, 1-11) ;
3e répons : Plange quasi virgo.

2e nocturne
Psaume 23 (Domini est terra et plenitudo ejus) avec son antienne Elevamini, portae eternales ;
Psaume 26 (Dominus illuminatio mea) avec son antienne Credo videre bona Domini ;
Psaume 29 (Exaltabo te, Domine) avec son antienne Domine, abstraxisti ab inferis animam meam ;
Versicule Tu autem, Domine ;
Pater noster en silence ;
4e leçon : tirée des Commentaires de saint Augustin sur les psaumes (Ps 63, 7) ;
4e répons : Recessit pastor noster ;
5e leçon : suite des Commentaires (Ps 63) ;
5e répons : O vos omnes ;
6e leçon : suite des Commentaires (Ps 63) ;
6e répons : Ecce quomodo moritur.

3e nocturne
Psaume 53 (Deus, in nomine tuo) avec son antienne Deus, adjuvat me ;
Psaume 75 (Notus in Judea, Deus) avec son antienne In pace, factus est ;
Psaume 87 (Domine, Deus salutis meae) avec son antienne Factus sum sicut homo sine adjutorio ;
Versicule In pace factus est ;
Pater noster en silence ;
7e leçon : tirée de l’Épître aux Hébreux (He 9, 11-14) ;
7e répons : Astiterunt reges terrae ;
8e leçon : suite de l’Épître aux Hébreux (He 9, 15-18) ;
8e répons : Aestimatus sum ;
9e leçon : suite de l’Épître aux Hébreux (He 9, 19-22) ;
9e répons : Sepulto Domino.

Laudes
Psaume 50 (Miserere) avec son antienne O mors, ero mors tua ;
Psaume 91 (Bonum est confiteri Domino) avec son antienne Plangent eum ;
Psaume 63 (Exaudi, Deus, orationem meam) avec son antienne Attendite, universi populi ;
Cantique d’Ezéchias (Is. 38, 10-20) avec son antienne A porta inferi ;
Psaume 150 (Laudate Dominum in sanctis ejus) avec son antienne O vos omnes ;
Versicule Caro mea ;
Cantique de Zacharie (Benedictus) avec son antienne Mulieres sedentes ad monumentum ;
Graduel Christus factus est en entier ;
Oraison Concede, quaesumus, omnipotens Deus, ut qui Filii tui resurrectionem.

Musique de l’Office des Ténèbres

Plusieurs musiciens se sont inspirés de l’office liturgique des Ténèbres pour composer des œuvres originales.

Marc-Antoine Charpentier a écrit plus de cinquante pièces. Il a emprunté le texte au Bréviaire en usage et au nouveau Bréviaire mis en place par l’archevêque de Paris, Mgr de Harlay, en 1680. Les textes sont par conséquent différents de celui du Bréviaire de Pie X, dont l’emploi est encore autorisé par le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. Ces Offices des Ténèbres portent souvent comme nom la veille du jour où ils étaient célébrés (office du mercredi-saint pour jeudi-saint, etc) car ils se déroulaient la veille au soir, et se terminaient après le coucher du soleil.

On possède également des Leçons de Ténèbres de Samuel Capricornus (1628-1665), de Michel-Richard de Lalande (1657-1726), et de François Couperin qui a écrit trois Leçons de Ténèbres (1714).

Le groupe franco-autrichien Elend a également composé un cycle de 3 albums sur l’Office des Ténèbres : Leçons de Ténèbres (1994), Les Ténèbres du Dehors (1996), The Umbersun (1998).

Messe Chrismale

La messe chrismale, du grec χρίσμα / khrísma qui veut dire huile ou onction, est la cérémonie au cours de laquelle l’évêque consacre le saint chrême. Cette huile sert pour les baptêmes célébrés lors de la Vigile pascale et tout au long de l’année liturgique pour les sacrements de baptême, confirmation et ordre.

La messe chrismale a lieu durant la Semaine Sainte : dans le rite catholique latin, la messe chrismale n’appartient pas, au sens strict, au Triduum pascal. Si elle a lieu le plus souvent le Jeudi Saint au matin, elle peut être transférée à un autre jour, pourvu qu’elle soit proche de Pâques. Beaucoup d’évêques, pour faciliter la participation des fidèles et des prêtres, choisissent un soir de l’un ou l’autre des jours saints, le lundi, le mardi ou le mercredi.

Durant la messe chrismale, l’évêque bénit les autres huiles saintes et consacre le Saint Chrême. Cette huile servira dès les baptêmes de Pâques puis tout au long de l’année pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre.

Au cours de cette messe qui manifeste l’unité de toute l’Église diocésaine autour de son évêque, les prêtres renouvellent leurs promesses sacerdotales : vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus, chercher à lui ressembler, renoncer à eux-mêmes, être fidèles aux engagements attachés à la charge ministérielle, célébrer les sacrements, annoncer la Parole de Dieu avec désintéressement et charité.

Origine

Le mot grec khrísma signifie onction, et a donné Christ et chrétien. L’onction renvoie à l’huile qui fait elle-même référence au roi ou au prêtre qui était oint dans l’Ancien Testament, c’est-à-dire pénétré de la présence divine. Saül et le Roi David ont tous les deux été oints par Samuel. C’est dans cette perspective que le futur roi de France était oint d’huile lors de la cérémonie de son sacre. L’onction est révélée en plénitude par Jésus dans le Nouveau Testament :  l’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction».

Les Huiles

L’huile parfumée indique la présence de quelqu’un qu’on ne voit, ni n’entend. Elle symbolise également une nourriture, un éclairage, un remède, un fortifiant. Avec le saint chrême qui fait l’objet d’une consécration spéciale, deux autres huiles sont également bénites lors de la célébration :

  • L’huile des catéchumènes qui sert dans les célébrations préparatoires au baptême surtout pour les adultes ou les enfants déjà grands ;
  • L’huile des malades qui sert dans la célébration du sacrement des malades.

 

Fatima