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de l’autre côté du miracle

Il n’y a que deux façons de vivre sa vie :
l’une en faisant comme si rien n’était un miracle,
l’autre en faisant comme si tout était un miracle. »
Albert Einstein

Phénomène surnaturel ? Intervention divine ? Autosuggestion ?

Les miracles défient la raison : les guérisons inexpliquées narguent la médecine et le scientisme triomphant.
Au-delà de la croyance ou du scepticisme, que nous apprennent ces événements extraordinaires sur nous-même et notre potentiel d’autoguérison ? Le miracle est-il exceptionnel, ou bien sommes-nous exceptionnellement conscients du miracle de la vie ?

Des apparitions mariales aux synchronicités en passant par les guérisons, la notion de miracle couvre un large éventail de phénomènes.

C’est aussi une question de point de vue.

Au sens strict, le miracle est l’irruption de l’extraordinaire, ou du « surnaturel », dans le quotidien. D’aucuns associent ce surnaturel au divin et y voient donc un acte, un signe, un message de Dieu lui-même. Du point de vue ésotériste, le miracle vient d’en haut alors que le prodige vient d’en bas. Pour les religions, le miracle est un fait de Dieu alors que le prodige est celui d’un intermédiaire entre Lui et nous. Mais dans la spiritualité moderne, « laïque », nul besoin d’intermédiaire entre Dieu et nous, puisque nous sommes Lui et qu’Il est nous.

Dès lors, le miracle est à la portée de chacun, ainsi que l’affirmait Jésus. Nos fantastiques capacités d’autoguérison n’en témoignent-elles pas ? Et notre accès possible à l’expérience transpersonnelle, mystique ? Certes, tout un chacun ne se met pas à léviter dès qu’il sort de chez lui, ni ne « reçoit » les stigmates du Christ quand il songe à son martyr. Cet ordinaire tuerait le miraculeux, qui doit rester l’exception.

De plus, nous devons renoncer à comprendre le miracle, car il est inexplicable par définition. Accepter son existence revient donc à accepter un autre ordre de réalité, duquel nous serions « séparés ». Mais ce point de vue est en contradiction avec l’idée qu’il n’y a qu’une seule réalité, dont nous méconnaîtrions cependant maints aspects…

Le miracle serait-il alors une invitation à combler ce qui nous sépare de l’autre ordre de réalité, précisément pour réaliser l’unité ?

Les spiritualités d’Asie et d’Inde nous enjoignent en effet, seulement depuis quelques millénaires, à lever ce voile des illusions.

Dieu ou diable ?

Dans les religions d’Occident, le miracle est surtout associé au catholicisme, et il est jugé à l’aune de son effet sur la foi. L’a-t-il renforcée, et c’est un miracle. Sinon, c’est de la magie, et nécessairement l’oeuvre du diable. Le judaïsme ne s’appuie pas sur des « revendications de miracles » comme bases de la foi. La Bible précise en effet que Dieu accorde parfois à des charlatans le pouvoir de réaliser des miracles, et ce afin de mettre à l’épreuve la loyauté des juifs envers la Torah. Dans le monde musulman, la venue du Coran sur terre est un miracle, de même que le voyage nocturne de Mohamed de La Mecque à Jérusalem. Quant aux protestants, on le sait, ils sont très réservés sur la notion même de miracle, assimilée à des interventions ponctuelles indignes de la sagesse et de la puissance de Dieu.

Authentification

Le problème devient donc l’authentification des miracles. La thématique est piégée parce qu’il nous est impossible de savoir si une apparente violation des lois de la nature provient d’une véritable intervention surnaturelle ou de notre méconnaissance relative de ces mêmes lois. « Ce qui ne peut pas se produire ne s’est jamais produit, et ce qui peut se produire n’est pas un miracle », disait déjà Cicéron. Un catholique contrarié comme Ernest Renan se défiait lui aussi des miracles, comme il l’écrit dans La Vie de Jésus : « S’il est avéré qu’aucun miracle contemporain ne supporte la discussion, n’est-il pas probable que les miracles du passé, qui se sont tous accomplis dans des réunions populaires, nous offriraient également, s’il nous était possible de les critiquer en détail, leur part d’illusion ? ». Et de conclure : « Ce n’est donc pas au nom de telle ou telle philosophie, c’est au nom d’une constante expérience, que nous bannissons le miracle de l’histoire. »

Manipulation

Car en effet, l’être humain est crédule. Si les guérisons de Lourdes, par exemple, font l’objet d’une procédure d’authentification longue et minutieuse, d’autres cas comme Medjugorje, en Bosnie, sont très controversés. Les faux gourous pullulent, jusqu’à des révélations sordides d’abus sexuels de la part de figures spirituelles suivies par des millions de fidèles, comme Sathya Sai Baba. La propension à « croire aux miracles » est largement manipulable par des esprits retors. La traditionnelle statuette qui pleure finit souvent sur un site internet de ventes aux enchères. On y trouve aussi des tranches de pain grillé avec le visage de la Vierge, du Christ, ou même de Michael Jackson ! Le nom d’Allah et ses jolies courbes calligraphiées est vu par de nombreux musulmans dans le moindre groupe de nuages ou une tache sur la nappe. On parle alors de pareidolie. 42 % des Français croyaient aux miracles en 2004, selon un sondage IFOP. Ils n’étaient plus que 35 % en juillet 2006 (TNS Sofres), mais seulement 8 % y voyaient une intervention de Dieu. Il serait bon de dépasser le stade de la croyance pour progresser sur le terrain de la connaissance.

Énergie vitale

À cet égard, l’évolution du regard de la médecine et de la psychologie sur les notions mêmes de maladie et de guérison est notable.

Le concept d’énergie vitale – au coeur des médecines traditionnelles asiatiques, mais aussi de l’action de nos guérisseurs – commence à être pris en considération. Il permet de s’affranchir de la question de Dieu, pour se concentrer sur l’Homme et sa nature profonde. Certes, le guérisseur fait le plus souvent appel à Dieu, mais pas nécessairement dans un contexte religieux, comme en témoignent les cas extraordinaires de :

  • Edgar Cayce aux États-Unis,
  • Bruno Groening en Allemagne,
  • Maître Philippe en France.

Les guérisseurs ont des techniques, des « prières », et Daniel Meurois raconte par exemple que les Esséniens, maîtres de guérison, étaient « fâchés » par la façon dont Jésus guérissait d’un seul mot ou d’un geste. Les guérisons inexpliquées continuent à défier la science et la médecine, qui tiennent là une voie royale d’exploration de la nature humaine.

Si la conscience est bien la clé, c’est notre rapport au monde qu’il faut transformer. Un auteur comme Thierry Salmeron l’a bien compris, qui fait écho à Gurdjieff avec son concept d’homme vrai, présent, vigilant et autoréférent. Lui-même a guéri d’un cancer et vécu une expérience de mort imminente. Cette expérience est d’ailleurs un miracle contemporain. Au beau milieu de l’ultra-modernité d’un service de réanimation, le transcendant se rappelle à notre souvenir.

Le miracle est donc affaire de point de vue, et quiconque est capable de s’émerveiller devant la naissance d’un enfant ou la beauté d’une rose sait voir le miracle dans la vie elle-même.

La cosmologie nous enseigne que le « réglage fin » des constantes et des lois physiques a permis l’apparition de la vie dans des conditions que l’on peut considérer comme miraculeuses. Le miracle est-il que les tailles apparentes du soleil et de la Lune permettent l’éclipse totale, ou simplement que le soleil se lève tous les matins ? Décidément, le « nouveau paradigme » ne conduit pas
à voir différemment le monde, il conduit à voir un monde différent.

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Fatima