Get Adobe Flash player

guérison miraculeuse

Fátima

En 1915, Lucia dos Santos, une petite fille de 8 ans garde souvent le troupeau familial, en compagnie de 3 amies, près du hameau d’Aljustrel, au coeur du Portugal. Cette année-là, d’avril à octobre, elle aperçoit une figure identique à une statue de neige, que les rayons du soleil rendent presque transparente. “C’était comme un nuage plus blanc que la neige, quelque chose de transparent, ayant forme humaine”, écrira-t-elle plus tard. La manifestation reste indistincte et silencieuse. Sa famille, qui est mise au courant, n’y voit que rêveries enfantines.

L’année suivante, un jour de printemps 1916, Lucia garde de nouveau son troupeau avec ses cousins Jacinthe et François Marto, âgés respectivement de 6 à 8 ans, sur la petite colline de Cabeço. Un vent assez fort secoue subitement les arbres et leur fait lever les yeux pour voir ce qui se passe, car la journée s’annonce belle. Les 3 enfants remarquent un jeune homme de 14 ou 15 ans, plus blanc que la neige, que le soleil le rend transparent comme le cristal, et d’une grande beauté. Lucie reconnaît en lui l’étrange et silencieux visiteur de l’année précédente, mais distingue davantage son apparence. Il s’approche des enfants et se met à parler :

 Ne craignez rien ! Je suis l’Ange de la Paix. Priez avec moi !

L’Ange s’agenouille, baisse la tête vers le sol et dit :

 Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime
Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne Vous aiment pas

Après avoir répété cette prière 3 fois, l’Ange se remet debout et dit :

Priez ainsi
Les Coeurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications

Puis, l’Ange disparaît.
Une nouvelle apparition de l’Ange se déroule au coeur de l’été 1916, toujours devant les enfants. L’Ange leur demande de prier davantage, de faire des sacrifices et d’accepter avec soumission les souffrances que le Seigneur leur enverra.
Fin septembre, une 3ème apparition angélique s’accompagne d’une théophanie eucharistique et d’une communion miraculeuse. L’Ange tient dans sa main gauche un calice, sur lequel est suspendue une hostie de laquelle tombent quelques gouttes de Sang dans le calice. Après avoir récité 3 fois une prière, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences qui offensent Jésus présent dans le tabernacle, il fait communier les 3 enfants, répète 3 fois la prière puis disparaît.
L’Ange ne devait plus apparaître.

Les enfants, qui se souviennent des moqueries de l’année précédente, n’en parlent à personne.
Ces manifestations angéliques commencent à être connues qu’à partir de l’année 1917, suite aux apparitions mariales, mais seulement de quelques personnes, comme l’évêque du diocèse.

Les 13 mai, 13 juin, 13 juillet, 19 août et 13 septembre 1917, la Sainte Vierge se manifeste aux 3 enfants, dans la Cova da Iria, en pleine journée. Elle apparaît à chaque fois sous la forme d’une jeune Dame toute vêtue de blanc, plus brillante que le soleil, répandant autour d’elle une lumière plus vive et plus intense qu’un verre de cristal plein d’eau claire, traversé par les rayons du soleil le plus ardent.

Lors de la 1ère apparition, la Vierge commence par rassurer les gamins en leur disant de ne pas avoir peur. Elle déclare ensuite :

Je suis venue pour vous demander de venir ici 6 mois de suite, le 13 de chaque mois, à cette même heure. Plus tard, je vous dirai qui je suis et ce que je veux.
Ensuite, je reviendrai encore ici une 7ème fois

La série des 13 n’est interrompue qu’une seule fois en août. Les autorités civiles, hostiles et inquiètes de la ferveur suscitée par les apparitions mariales, font emprisonner les enfants durant un jour et une nuit. La Vierge n’apparaît pas aux enfants dans leur prison, mais à l’endroit habituel le 19 août.

En revanche les fidèles qui se massent le 13 août sur les lieux des apparitions mariales, sont témoins de faits inoubliables : des coups de tonnerre et des éclairs dans le ciel pur et bleu, ainsi qu’une sorte de nuage blanc qui vient se poser quelques instants sur un chêne vert, tout proche des apparitions.

Lors des apparitions de l’année 1917, les 3 enfants voient bien la Vierge, mais Lucia est la seule à l’entendre. La “Dame de lumière” insiste beaucoup sur les fins dernières : l’Enfer, le Purgatoire, le Paradis. Dès le 1er jour, Elle promet aux 3 enfants qu’ils iront au Ciel et révèle le destin post mortem de 2 jeunes filles, amies de Lucia, mortes peu de temps auparavant.

Le 13 juillet, les 3 enfants ont une vision terrifiante de l’enfer, présentée comme une mer de feu : image identique au Nouveau Testament. Il s’agit du 1er secret de Fatima, suivi de 2 autres. Lucia, devenue soeur Lucie, a rapporté par la suite le contenu du 2nd secret de la Vierge :

Si vous faites ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et vous aurez la paix
La guerre va finir. Mais, si vous ne cessez pas d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, commencera une autre guerre, pire

Quand vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue,
sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’il va punir le monde de ses crimes
par les moyens de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Eglise et le Saint Père

Pour l’empêcher, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Coeur Immaculée
et la Communion réparatrice des premiers samedis.
Si l’on écoute mes demandes,
la Russie se convertira et on aura la paix
Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde,
provoquant des guerres et des persécutions contre l’Eglise

La Vierge annonce la fin de la 1ère Guerre mondiale, l’expansion du communisme et les persécutions contre l’Eglise, le début d’une Seconde Guerre mondiale lors du règne du pape Pie XI. Ce dernier meurt le 10 février 1939.

La 3ème partie du secret, révélé à Lucia le 13 juillet 1979, porterait pour certains sur la fin du communisme en Europe à la veille du XIXème siècle. C’est la version officielle du Vatican.

Les apparitions de Fatima reçoivent leur couronnement en ce que l’on appelle le miracle du 13 octobre 1917, à la Cova di Iria, devant plus de 50 000 personnes. Tous purent voir le “miracle du soleil”, annoncé par la Sainte Vierge le 13 juillet en ces termes :

En octobre, je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire

Même ceux qui ne croyaient pas aux apparitions en furent témoins.
C’est le cas du journaliste Avelino de Almeida, anticlérical convaincu, qui écrit l’article suivant, dans le quotidien libéral de Lisbonne O Seculo du 15 octobre 1917 :

“On voit l’immense multitude se tourner vers le soleil, qui apparaît au zénith, dégagé des nuages. Il ressemble à une plaque d’argent mat, et il est possible de le fixer sans le moindre effort. Il ne brûle pas les yeux. Il n’aveugle pas. On dirait qu’il se produit une éclipse. Mais voici que s’élève une clameur immense et ceux qui sont plus près de la foule l’entendent crier : “Miracle ! Miracle !… Merveille !… Merveille !…” Aux yeux éblouis de ce peuble, dont l’attitude transporte aux temps bibliques, et qui, stupéfait, la tête découverte, contemple l’azur du ciel, le soleil a tremblé, le soleil a eu des mouvements insolites et brusques, en dehors de toutes les lois cosmiques, “le soleil a dansé”, selon l’expression typique des paysans.”

Un autre témoin donne les détails suivants :

“On pouvait regarder le soleil sans être incommodé. On aurait dit qu’il s’éteignait et se rallumait, tantôt d’une manière, tantôt de l’autre. Il lançait des faisceaux de lumière, d’un côté et de l’autre, et peignait tout de différentes couleurs : les arbres, les gens, le sol, l’air. Mais la grande preuve du miracle, c’est que le soleil ne faisait pas mal aux yeux.”
Tout le monde était immobile. Tout le monde se taisait… Tous regardaient le ciel. A un certain moment, le soleil s’arrêta, et puis recommença à danser, à tournoyer ; il s’arrêta encore une fois, et se remit encore une fois à danser, jusqu’au moment, enfin, où il parut se détacher du ciel, s’avancer sur nous. Ce fut un instant terrible.”

Le phénomène dura une quinzaine de minutes, à midi (heure solaire) et put être vu à 5 km à la ronde. La présence de milliers de témoins prouve que quelque chose d’exceptionnel s’est déroulé.

Knock Mhuire

L’apparition à Knock Mhuire, en Irlande, rappelle celles de Pontmain et de Gietrzwalde. Le contexte historique est tout aussi dramatique. A Knock Mhuire, les paysans irlandais ne sont pas propriétaires des terres qu’ils travaillent. L’Irlande de 1879 se trouve encore sous la totale domination de l’Angleterre. La maladie de la pomme de terre a occasionné une grave famine dans le pays, contraignant plus d’un million d’Irlandais à émigrer à l’étranger. L’apparition mariale va être un réconfort spirituel pour tout le pays.

Le 21 août 1879, vers 19 heures, Marguerite Byrne, une jeune fille de 15 ans, rentre chez elle. Devant l’église, elle voit une lumière insolite sur l’un des murs extérieurs. Mais elle n’y prête pas attention. Peu après, Mary Mc Loughlin, une femme de 26 ans, passant elle aussi par là, voit 3 formes lumineuses sur le même mur. Elle pense tout d’abord qu’il s’agit de statues. Au retour, accompagnée par une amie, elle voit toujours les 3 figures de lumières sur le mur. Elle remarque qu’elles se mettent à bouger. Elle comprend qu’il s’agit d’apparitions.

Pendant que d’autres personnes se rendent sur les lieux. Mary va prévenir le curé de la paroisse, qui n’accorde pas d’importance à ce phénomène.  Il pense qu’il ne s’agit que d’un jeu de lumière provoqué par l’une des vitres de l’église. Pourtant une vingtaine de personnes affirment avoir contemplé une scène extraordinaire.

Toutes vont être interrogés en détail par la Commission d’enquête, formée peu après. Elles laissent des témoignages précis, dont celui de Patrick Hill, 14 ans :
“Nous vîmes les figures devant le mur : la Sainte Vierge, Saint Joseph, Saint Jean et un autel, avec un agneau sur l’autel et une croix derrière l’agneau (…).
Je contemplai distinctement la Très Sainte Marie. De grandeur naturelle, elle se tenait à environ 2 pieds (60 cm) au-dessus du sol, en vêtements blancs attachés au cou. Elle tenait ses mains comme si Elle était en prière, levées à la hauteur des épaules et penchant légèrement vers son visage ; les paumes de ses mains face l’une à l’autre. Ses yeux, tels que je les voyais, étaient tournés vers le ciel. Elle portait une couronne brillante sur la tête, et sur le front, à l’endroit où la couronne s’adaptait au front, une belle rose (…). Par moments, elle semblait se déplacer, ainsi que les autres figures, avançant un peu, puis reculant. Je les vis bouger. Mais aucune ne prononça un seul mot. Je les vis de très près (…).
Je vis Saint Joseph, à la droite de la Très Sainte Vierge. Sa tête était en avant, il semblait rendre hommage à Marie. J’ai remarqué ses favoris, ils paraissaient légèrement gris. Je vis aussi les pieds de Saint Joseph. Quant à ses mains, elles étaient jointes comme celles d’une personne en prière.
La 3ème figure debout devant moi était celle de de Saint Jean l’Evangéliste. Il se tenait droit, auprès de l’autel, du côté de l’Evangile, en angle avec la figure de la Très Sainte Vierge, de façon à ne tourner son dos ni à l’autel ni à la Mère de Dieu. Saint Jean était habillé comme un évêque en train de prêcher. Il portait une petite mitre sur sa tête. Il tenait dans sa main gauche un livre de messe ou un livre d’Evangile. Sa main droite était levée à la hauteur de sa tête, avec l’index ouvert et les 3 autres doigts fermés. Il paraissait comme en train de prêcher, mais je n’entendis aucun mot (…).
Sur l’autel se tenait un agneau de 8 semaines, sa face tournée vers l’ouest, regardant dans la direction de la Sainte Vierge et de Saint Joseph. Derrière l’agneau, je voyais des anges flottant tout le temps.”

L’apparition dure 2 heures, sans que les 3 personnages se mettent à parler. Cet évènement fait grand bruit. Les pèlerins ou les curieux se multiplient.

Des guérisons miraculeuses…

Dès le 31 août, une 1ère guérison est signalée : une fillette de 12 ans, sourde de naissance, est guérie immédiatement alors qu’elle s’agenouille devant le mur des apparitions. D’autres guérisons, ainsi que des conversions, ont lieu.

En octobre, l’archevêque de Tuam, dont dépend la paroisse, met en place une Commission d’enquête, composée d’experts ecclésiastiques et de la laïcs. Au printemps 1880, elle se prononce en faveur de la reconnaissance de l’authenticité de faire une déclaration canonique, pour ne pas subir les foudres de l’occupant anglais. Mais il encourage l’organisation de pèlerinages. Le nombre élevé de pèlerins et des guérisons reconnues font de Knock le “Lourdes” de l’Irlande.

L’apparition silencieuse de Knock a donné lieu à diverses interprétations. Le message n’est pas seulement marial, mais également eucharistique du fait de la présence d’un autel et de l’Agneau pascal. Des théologiens ont fait remarquer que le 21 août, le curé de la paroisse venait d’achever une série de 100 messes, commencée le 14 mai, en faveur des âmes du Purgatoire.

Pellevoisin

Estelle Faguette et sa famille n’ont cessé d’accumuler les malheurs.

Le père possède des carrières de craie et une auberge, près de Châlons-sur-Marne. A la suite d’une mauvaise gestion, dont il n’est pas directement responsable, il se trouve ruiné. Pour faire vivre sa famille, il accepte un emploi de concierge puis, avec sa famille, il tente sa chance à Paris, où il ne trouve du travail qu’au jour le jour.

C’est à Paris, à l’âge de 15 ans, qu’Estelle commence à tomber malade. Elle entre néanmoins comme novice chez les Augustines Hospitalières, qui occupent l’Hôtel-Dieu. Une chute la laisse handicapée du genou et la rend inapte aux tâches hospitalières. Elle doit quitter le couvent, en 1863, avant d’avoir prononcé ses voeux. La comtesse de La Rochefoucauld l’accepte chez elle comme couturière pour l’aider. Estelle s’installe alors au château de Pouriers (aujourd’hui de Montbel), à Pellevoisin, en plein coeur du Berry. C’est là qu’elle est atteinte d’une péritonite aigüe, qui mal soignée, s’ajoute aux douleurs liées au genou déformé.

La comtesse de La Rochefoucauld la garde tout de même chez elle, les gages servant à faire vivre ses parents, également installés à Pellevoisin. “Tout en faisant mon service, racontera Estelle, je souffrais énormément. Je disais mon chapelet chaque jour, je lisais un peu l’Imitation de Jésus-Christ, c’était ma seule lecture. J’avais conservé l’habitude d’aller à la messe autant que je le pouvais, ce qui était pour moi une consolation.”

Son état ne cesse d’empirer. En 1875, le docteur Bucquoy, membre de l’Académie de médécine, médecin de l’Archevêque de Paris, constate que la péritonite n’est pas guérie et diagnostique une tumeur abdominale, grosse comme une orange, ainsi qu’une tuberculose pulmonaire. Il lui interdit de continuer à travailler et ne laisse guère d’espoir de guérison. Après avoir été soignée à Paris, grâce à la bienveillance de la comtesse de La Rochefoucauld, Estelle est de retour au château de Pouriers. Le docteur Bernard, médecin de Buzançais, lui rend alors visite en septembre 1875 et se montre très pessimiste.

Le soir même de ce mois de septembre 1875, écrira Estelle, étant toute seule, je sentais que j’étais abandonnée de tous, parce que tout le monde était fatigué de moi et de mes maladies. Alors, dans la nuit, je me suis recommandée de la Sainte Vierge et je pris la résolution de faire une demande à la Sainte Vierge, ce que je fis cette nuit même.”

Estelle prend un papier et un crayon pour écrire à la Vierge Marie. Le lendemain, elle la fait déposer dans une petite grotte, reproduisant celle des apparitions à Lourdes, qui se trouve dans le parc du château. Estelle y implore le secours de la Vierge, demandant à être guérie : “Accordez-moi donc, de votre divin Fils, la santé de mon pauvre corps pour sa gloire. Regardez donc la douleur de mes parents : vous savez bien qu’ils n’ont que moi pour ressources. Ne pourrai-je pas achever l’oeuvre que j’ai commencée ? Si vous ne pouvez, à cause de mes péchés, m’obtenir une entière guérison, vous pourrez du moins m’obtenir un peu de force pour pouvoir gagner ma vie et celle des parents (…). J’ai confiance en vous, ma bonne Mère ; si vous voulez, votre Fils peut me guérir.” Son état de santé s’aggrave.

En décembre 1875, on lui administre l’extrême-onction.
Le 20 janvier 1876, la comtesse de la Rochefoucauld la fait transporter dans une maison qu’elle a dans le bourg de Pellevoisin, et les parents d’Estelle y emménagent également. On la tient pour mourante.

Le 14 février, au soir, le docteur Hubert, un nouveau médecin appelé à son chevet, estime qu’il n’y a plus de soins à donner. Elle n’en a plus que pour quelques heures. C’est cette nuit-là, alors qu’elle est veillée par son père et une femme de la région, qu’elle bénéficie d’une 1ère apparition.

5 apparitions vont se dérouler 5 nuits de suite.
Fait à remarquer, le diable “horrible et grimaçant” est d’abord présent avant les 1ères apparitions mariales, mais recule et disparaît définitivement lors de la 5ème nuit. Il prend la fuite lors de chaque manifestation de la Vierge. Le message commun de ces 5 premières apparitions porte sur la promesse de guérison de la malade.  La description est indiquée, comme suit : “La Vierge avait un voile de laine bien blanc qui formait 3 plis. Je ne pourrais jamais assez ce qu’elle était belle ! Ses traits étaient réguliers, son teint blanc et rose, plutôt un peu pâle.”

La 1ère nuit, la Vierge déclare :

Courage, prends patience : mon Fils va se laisser toucher.
Tu souffriras encore 5 jours, en l’honneur des 5 plaies de mon Fils.
Samedi, tu seras morte ou guérie

Le sort d’Estelle demeure donc incertain.
La 2nde nuit, l’annonce est cependant plus précise :

Cette fois, mon Fils s’est laissé attendrir,
il te laisse la vie ; tu seras guérie samedi

Lors de la 3ème nuit, la Vierge exhorte au courage.
Lors de la 4ème , elle rassure :

Ne crains rien, tu es ma fille ;
mon Fils est touché de ta résignation

Peu après la 5ème apparition, à la première heure du samedi 19 février 1876, la guérison miraculeuse a lieu alors qu’Estelle dit le chapelet.
Elle ressent d’ultimes douleurs, portées à leur maximum, puis un soudain soulagement : “A ce moment, après que la Vierge eut disparu, je souffrais horriblement ; mon coeur battait si fort que je croyais qu’il voulait sortir de la poitrine. L’estomac et le ventre me faisaient aussi beaucoup souffrir. Je me souviens très bien que je tenais mon chapelet à la main gauche ; il m’était impossible de soulever la droite. J’offris mes souffrances au bon Dieu ; je ne savais pas que c’étaient les dernières de cette maladie-là. Après un moment de repos, je me sentais bien. Je demandais l’heure, il était minuit et demi. Je me sentais guérie, excepté mon bras droit, dont je n’ai pu me servir qu’après avoir reçu le bon Dieu.”

Le matin, lorsque le curé du village lui apporte la communion. Estelle se déclare guérie. Elle se lève et mange avec appétit. Peu après, le médecin constate qu’elle ne porte plus aucune trace des maux l’ayant atteinte. Les autres médecins, qui l’avaient traitée auparavant, arrivent à la même conclusion.

De nouvelles apparitions se manifestent les 1er, 2 et 3 juillet, en fin de soirée. La Vierge apparaît les bras tendus, faisant tomber de ses mains une pluie de bénédictions. Dans le fond clair, on distingue nettement une guirlande de roses.
Le 2 juillet, elle dit à Estelle :

Tu as déjà publié ma gloire.
Continue.
Mon Fils a aussi quelques âmes plus attachées.
Son coeur a tant d’amour pour le mien qu’il ne peut refuser mes demandes.
Par moi, il touchera les coeurs les plus durs.

Je suis venue particulièrement pour la conversion des pècheurs

Une 3ème et dernière phase est constituée de 7 apparitions, sur 3 mois : 9, 10 et 15 septembre, 1, 5 et 11 novembre, 8 décembre.
L’élément central porte sur la révélation du scapulaire du Sacré-Coeur, qui intervient le 9 septembre, lors de la neuvième apparition. La Vierge, à la fin de cette apparition, montre un scapulaire du Sacré-Coeur et dit à Estelle :

J’aime cette dévotion.
Je t’ai choisie pour publier ma gloire et répandre cette dévotion, lui confie la Vierge le 8 décembre

Description du scapulaire : il y avait aux 4 coins, des boutons de rose d’or ; dans le haut, il y avait un coeur d’or enflammé avec une couronne de roses, transpercé d’un glaive. Voici ce qu’il y avait d’écrit : “J’ai invoqué Marie au plus fort de ma misère. Elle m’a obtenu de son Fils ma guérison entière.”

La Vierge Marie se penche vers elle et lui donne à baiser le scapulaire et les moyens de le répandre :

Tu iras toi-même trouver le Prélat, et tu lui présenteras le modèle que tu as fait.
Dis-lui qu’il t’aide de tout son pouvoir, et que rien ne me sera plus agréable que de voir cette livrée sur chacun de mes enfants, et qu’ils s’appliqueront tous à réparer les outrages que mon Fils reçoit dans le sacrement de son amour.

Elle montre la portée de la dévotion du scapulaire :

Voici les grâces que je répands sur ceux qui le porteront avec confiance

Estelle écrira de son côté : “En disant ceci, la Sainte Vierge étendit ses mains ; il en tombait une pluie abondante, et dans chacune de ces gouttes, il me semblait voir des grâces écrites telles que : pitié, salut, confiance, conversion, santé ; en un mot toutes sortes de grâces plus ou moins fortes”. La Sainte Vierge ajoute :

Ces grâces sont de mon Fils ; je les prends dans son Coeur ; il ne peut me les refuser

Le scapulaire que montre la Vierge ne porte qu’un Sacré-Coeur sur une face. Estelle demande ce qu’il faut mettre sur l’autre côté. La Vierge lui répond :

Je le réserve pour moi ; tu soumettras ta pensée, et l’Eglise décidera

Lors de la 11ème apparition, le 15 septembre, la Vierge parle de l’Eglise et de la France :

Dans l’Eglise, il n’y a pas ce calme que je désire. Et la France ! Que n’ai-je fait pour elle !  Que d’avertissement, et pourtant elle refuse de m’entendre ! Je ne peux plus retenir mon Fils. La France souffrira…

Suite à la guérison miraculeuse du 19 février 1876, le curé de Pellevoisin adresse un récit détaillé de l’affaire à l’archevêque de Bourges. Monseigneur de la Tour d’Auvergne. Il reçoit même Estelle Faguette le 8 décembre et institue, le 13 janvier 1877, une Commission d’enquête. Les médecins et les personnes, ayant soigné Estelle, sont interrogés. La Commission rend des conclusions favorables au caractère miraculeux de la guérison. Monseigneur de la Touche se rend à Rome et soumet au pape Pie IX le projet d’une confrérie. Pie IX bénit le projet. Monseigneur de la Tour d’Auvergne autorise, le 28 juillet suivant :

la création d’une “Confrérie en l’honneur de Notre Dame de Pellevoisin, sous le titre de Mère toute Miséricordieuse ainsi que le port du scapulaire du Sacré-Coeur, dont Estelle a eu la révélation lors de la 9ème apparition

Le 5 décembre 1878, Monseigneur de la Tour d’Auvergne ordonne une seconde enquête portant cette fois sur les apparitions. Si, encore aujourd’hui, ces dernières ne sont pas officiellement reconnues par l’Eglise, sans être pour cela rejetées, on remarquera que la guérison est désormais canoniquement définie comme miraculeuse. Monseigneur Vignancourt, archevêque de Bourges en 1983, a soin de préciser que “ce miracle” a été obtenu par l’intercession de Marie, Mère de Miséricorde”. La Commission médicale a conclu que la guérison avait bien été “soudaine, totale et durable”.

Philippsdorf

Philippsdorf était au XIXème siècle un village de Bohême, peuplé en majorité d’Allemands. Cette localité se trouve aujourd’hui en République tchèque sous le nom de Filippov.

Madeleine Kade voit le jour dans une famille de tisserands. Par malheur, elle perd à l’âge de 13 ans son père, puis sa mère à 26 ans. Elle s’installe chez son frère, Joseph, marié et père de 5 enfants. Elle a accumulé depuis 12 ans une succession impressionnante de maladies : convulsions, pleurésie, pneumonie, ulcère à l’estomac, évanouissements fréquents, méningite, cancer du sein, dermatose. A plusieurs reprises, on a cru sa dernière arrivée et on lui a administré l’extrême-onction.

Elle se trouve alitée depuis 1 mois, lorsque dans la nuit du 13 janvier 1866, alors qu’une amie veille auprès d’elle, vers 4 heures du matin, la malade voit tout à coup une grande lumière éclairer sa chambre. Son amie ne voit rien. Assise dans son lit, la malade voit une lumière toujours plus resplendissante, et au centre, une Dame éclatante, entièrement vêtue de blanc, couronnée d’un diadème d’or. Elle se trouve si proche du pied du lit, que Madeleine pense pouvoir la toucher. L’apparition tient sa main gauche sur le coeur et celle de droite est tendue vers le bas, comme pour inviter à faire quelque chose.

Pas de doute pour Madeleine, il s’agit bien de la Vierge. “Je tremblai de joie et de peur à la fois”, dira-t-elle plus tard.
Elle ordonne à son amie de se mettre à genoux et lui demande : “Tu ne la vois pas ? C’est la Mère de Dieu, là.”
L’amie répond : “Je vois seulement la flamme de la lampe à huile”

L’émotion est si forte et l’éclat de la Vierge si intense que Madeleine se couvre les yeux de ses mains et se met à pleurer. La lumière se faisant plus douce, elle peut à nouveau contempler l’apparition et, joignant les mains, elle débute une prière : “Mon âme exalte le Seigneur. Exulte mon esprit en Dieu mon sauveur”. Elle récite les 1ers versets du Magnificat. A peine a-t-elle dit ces 2 premiers versets que la Vierge se met à lui parler, d’une voix douce et harmonieuse :

Ma fille, bientôt, tu seras guérie.

Puis l’apparition cesse subitement. Madeleine demande à son amie de l’aider à terminer la récitation de la prière, tandis qu’elle commence à sentir une énergie nouvelle monter en elle.
Elle appelle ensuite ses proches, raconte l’apparition et se sent guérie.

On remarque que sa tumeur au sein a totalement disparu. Le lendemain même, son médecin, qui l’examine longuement, constate avec stupéfaction, que sa patiente ne souffre plus d’aucun mal et que toute séquelle a disparu. Madeleine va vivre dès lors pendant plus de 40 ans, sans connaître la moindre rechute. Elle décèdera à 72 ans.

Vers une reconnaissance de l’apparition et du miracle

Le curé du village se rend au domicile de la miraculée et constate également que la guérison semble spontanée, intégrale et durable. Peu de jours après, il adresse à l’évêque de Leitmeritz (aujourd’hui Litomerice) un récit détaillé de l’apparition et du miracle.

Monseigneur Wahala fait nommer une Commission d’enquête, présidée par le vicaire capitulaire. Le 7 mars, la Commission débute ses travaux. Elle interroge longuement Madeleine, ainsi que son amie qui la veillait, sans oublier la famille, les 2 médecins qui la soignaient et avaient déclaré incurable son cancer. Les interrogatoires se prolongent durant une semaine.

Monseigneur Wahala se montre néanmoins plus prudent. Il ne fait pas de déclaration officielle, mais il laisse les pèlerins affluer à Philippsdorf, allant même jusqu’à accepter que la chambre de la miraculée soit transformée en chapelle.

En 1870, l’évêque autorise qu’une église soit construite et que les principales pièces de la “chambre du miracle” soient conservées  dans une aile du sanctuaire. L’église sera élevée au rang de basilique mineure par le pape Pie XI en 1925.

En 1985, jour anniversaire de l’apparition, le pape Jean-Paul II a béni au Vatican une couronne destinée à orner la statue de la Vierge se trouvant au sanctuaire.

De nos jours, plus de 50 mille pèlerins se rendent chaque année dans ce qui est considéré comme la “Lourdes de la Bohème”.

Guérisons miraculeuses

La même année 1866, 2 autres guérisons, qualifiées de miraculeuses, sont constatées par les médecins.

Depuis, de nombreuses guérisons s’y sont passées.

Guérisons miraculeuses

Le 1er mars est marqué par la 1ère guérison miraculeuse, reconnue comme telle par les instances religieuses et le corps médical. Au moment des 1ères apparitions, Catherine Latapie, âgée de 39 ans, habite à Loubajac, village voisin de Lourdes. Elle est invalide de sa main droite depuis 1856, après la chute d’un arbre. Cette accident a causé une “luxation de l’humérus, aisément réduite… mais laissé une paralysie de type cubital, par élongation traumatique du plexus brachial”. Sa main se trouvant paralysée et déformée, elle ne peut plus travailler et s’enfonce dans la misère. Mue par une inspiration soudaine, elle se lève à 3 heures du matin, réveille ses 2 jeunes enfants et se met en route pour Lourdes. Elle arrive à temps pour être bien placée, rencontre Bernadette, s’agenouille et prie dans la grotte. Et puis, très simplement, elle trempe sa main dans le petit bassin qui recueille l’eau de la source. Ses doigts paralysés, déformés, retrouvent leur souplesse. Elle peut à nouveau les allonger, les plier, s’en servir avec la même facilité qu’avant l’accident. Se trouvant enceinte depuis plusieurs mois, elle doit aussitôt rentrer chez elle. Sa joie est alors interrompue par des douleurs au ventre. Elle fait courageusement les 4 km du retour et met au monde, le soir même, un petit Jean-Baptiste, qui deviendra prêtre en 1882 ! Le professeur Vergez, dans son rapport à l’intention de Monseigneur Laurence, évêque de Tarbes, classe “ce cas dans les guérisons présentant un caractère surnaturel”.

De nouveaux miracles se déroulent à la grotte, dont celle de Louis Bouriette, ouvrier carrier, travaillant et vivant à Lourdes. Il est atteint depuis 2 ans d’une perte de vision complète de l’oeil droit, suite à un accident de mine. Il se rend à la grotte, s’agenouille, se met à prier, lave ensuite son oeil droit avec l’eau de la source.

“Je lavai et relavai, racontera-t-il plus tard, encore plusieurs fois en l’espace de peu de temps mon oeil droit, et ma vue, après ces ablutions, a été ce qu’elle est en ce moment, excellente”.

Quand le docteur Dozous, qui le soigne, l’examine peu après, il constate, stupéfait, que l’oeil perdu est redevenu normal et que la guérison est inexplicable.

Blaisette Cazenave a également de sérieux problèmes avec ses yeux. Cette lourdaise de 50 ans souffre d’une infection chronique de la conjonctive et des paupières. La médecine de l’époque ne peut lui être d’aucun secours. Déclarée incurable, elle décide, en mars 1858, d’utiliser l’eau de la grotte en lotions. Dès la seconde application, elle est totalement guérie : les paupières se sont redressées, les bourgeons charnus ont disparu, ainsi que les douleurs et l’inflammation. Le professeur Vergez est obligé de reconnaître que “l’effet surnaturel est d’autant plus manifeste dans cette merveilleuse guérison que la “lésion matérielle” – nous dirions maintenant l’atteinte organique des paupières – était plus frappante… et que, au rétablissement rapide des tissus dans les conditions organiques et vitales normales, est venu s’ajouter le redressement des paupières.

Un jeune couple désespéré vient à la grotte. Leur enfant en bas âge va mourir ; il est quasiment à l’agonie. La femme, Croisine Bouhort, le tient serré contre elle enveloppé dans son châle. Son mari, un ardoisier, la suit et tente de la raisonner. Mais, guidée par l’espérance, elle ne veut rien entendre. Elle désemmaillote son petit qui apparaît pitoyable, décharné, inerte. Croisine plonge son enfant dans l’eau glacée de la source. En l’immergeant, elle prie et implore la Mère de Dieu de tout son coeur. Loin de succomber, l’enfant crit et gigote avec énergie. Sanglotant de joie, Croisine l’essuie, l’enveloppe et l’emporte en rendant grâce à Bernadette à qui la Dame vient de parler. Le petit Justin Bouhort, dont l’oncle menuisier avait déjà préparé un cercueil, grandira, pour la plus grande perplexité des médecins.

Bernadette récuse les guérisons miraculeuses qu’on tente de lui attribuer. Une commission administrative, formée du commissaire Jacomet, du maire Lacadé et du procureur Vital-Dufour, l’interroge le 18 mars. Bernadette se comporte avec simplicité : “Je ne crois pas avoir guéri qui que ce soit, et je n’ai pas au reste rien fait pour cela. Je ne sais pas si je reviendrai davantage à la grotte.”

LOURDES est aujourd’hui le plus important pélerinage du monde, avec plus de 5 millions de visiteurs par an, dont 70 000 malades. En 150 ans, plus de 6 000 guérisons y ont été attestées, 2 000 qualifiés d’inexplicables, 66 jugées miraculeuses. Des milliers de personnes, guéries de diverses maladies, ont sans doute préféré conserver l’anonymat.

Fatima