Saut de l’Ange

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L’avenir de l’homme

Seminaire New Delhi, le 4 Novembre 1981

 

Achyut Patwardhan : Monsieur, il y a un sentiment général d’une crise qui s’aggrave. Ce sentiment est dû à divers facteurs dans l’environnement – la course aux armements, la pollution, les problèmes économiques, sous-jacents à tout cela, un profond sentiment de déclin moral; dans un pays comme l’Inde, ce sentiment est assez accablant. Il serait utile de comprendre la relation entre cette crise morale interne et ses manifestations extérieures qui menacent la survie de l’homme. Le problème est: Pouvons-nous découvrir par nous-mêmes la relation de la crise dans l’homme et la crise extérieure ?

Romesh Thapar : Monsieur, je voudrais juste ajouter un mot à ce qu’a dit Achyutji. Moi, en tant que personne qui a analysé les problèmes, présentant une perspective dans un laps de temps d’environ vingt-cinq à trente ans, regardez le monde et voyez-le rétrécir. Quand je regarde le problème dans mon pays, je vois que je dois façonner en l’an 2000 une société pour un milliard de personnes. Je sais que la texturation de cette société ne peut être faite de la même façon que d’autres sociétés ont été texturées. Si je veux être honnête avec mon peuple, le texturage doit être spécial. Le fondement civilisationnel doit être particulier. Mais avec le monde qui rétrécit et avec les communications qui jouent le rôle qu’ils font, les systèmes de valeurs auxquels je m’attarde sont constamment attaqués et peuvent même détruire les éléments de modernisation qui existent dans la société. Maintenant je me demande : Est-il possible d’élaborer un système de pensée qui me protégera de ce scénario horrible ? Car, si je suis incapable de retracer ma société sur des principes justes, et indépendamment de ce qui se passe ailleurs dans la corruption, j’établirai une société très brutale et injuste.

TN Madan : Je voudrais demander une clarification concernant la première question qui a été soulevée. Je ne connais pas l’âge, le temps, la culture ou le pays où les gens n’ont pas senti qu’il y avait une crise morale. La question semble donc être qu’il faut d’abord définir quelle est la nature de notre crise morale ; Autrement, nous nous approchons trop de nos problèmes immédiats et de notre environnement immédiat et pensons que le nôtre est le pire des temps, que le meilleur des temps était dans le passé ; ou nous pensons en termes d’utopies. Donc, en premier lieu, pourrions-nous définir la nature de la crise morale ? Et un indice à cela pourrait résider dans ce que M. Thapar disait. Nous adhérons aux valeurs que nous jugeons bonnes, mais peut-être que ces valeurs n’existent plus parce que le monde s’est rétréci. Les valeurs de la communauté villageoise ne serviront pas la communauté mondiale. Nous semblons être pris dans une scission – une scission représentée par des changements qui nous sont imposés, et des systèmes de valeurs dont nous avons hérité et que nous pensons naturellement précieux. Comment pouvons-nous résoudre ce dilemme entre un monde qui rétrécit que nous devons accepter et le monde des valeurs que nous ne voulons pas quitter, ne veulent pas s’éloigner?

Rajni Kothari : Monsieur, je dirais qu’un sentiment de crise morale est apparu de tous temps essentiellement lorsque les institutions s’effondrent. Il y a beaucoup de points de vue sur la crise actuelle. La première est que nous traversons une période de transformation si rapide que cette crise est inévitable ; Par conséquent, nous devrons restructurer tout cela à un moment donné. Je ne vois pas clairement les contours d’un système alternatif, d’une nouvelle manière de restructurer l’activité humaine ou l’intellect humain, et comme il n’y a rien qui prenne la place de ce qui s’effondre, ce sentiment de crise morale est venu.

Ashish Nandy : Franchement, je ne vois pas de véritable crise morale. Mais il y a une crise morale chez les gens comme nous, et cela s’est manifesté pendant de nombreuses années. Je suis un grand adepte de l’homme ordinaire, et je ne pense pas qu’il souffre d’une crise morale ; il souffre d’une crise de survie.

Interlocuteur : L’un des faits les plus significatifs est que nous disposons aujourd’hui de certains outils technologiques qui auront un impact important sur l’avenir de l’homme. Il se trouve que je suis informaticien et que je suis au courant de certaines choses très importantes qui se déroulent dans le domaine de l’informatique. Et ce que j’aimerais beaucoup apprendre de ce séminaire, c’est comment quantifier et penser à ces systèmes de valeurs pour que les machines qui vont arriver dans le futur, les ordinateurs électroniques qui auront la capacité de penser et d’apprendre, puissent faire le bon type de choix.

Sudhir Kakkar : Je remets en question le sentiment de crise morale, ainsi que le pessimisme exprimé par les précédents orateurs.

PJ : Je me demande pourquoi nous utilisons le mot «moral». La crise face à l’être humain est-elle de même nature que les crises du passé ? Ou, en raison d’un ensemble particulier de circonstances, en raison des pressions générées par l’action des êtres humains – génie génétique, génie informatique et possibilités illimitées de l’ordinateur reprenant les fonctions de l’esprit humain – est la crise d’un tout autre commande ?

Ce n’est pas seulement une crise morale ; nous avons eu des crises morales dans le passé, mais la crise qui frappe les racines de l’esprit humain est d’un ordre très différent. Je pense qu’il est temps que nous abordions cet aspect, que la crise à laquelle l’homme est confronté aujourd’hui est la crise de la survie. Avec la croissance de la génétique moderne et de la technologie informatique, des méthodes seront adoptées pour prendre en charge les fonctions de l’esprit humain ; la possibilité distincte de l’atrophie de l’esprit humain est quelque chose que nous ne pouvons plus ignorer. Si tel est le cas, ne devrions-nous pas commencer à penser à la crise à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui ? Quelques années plus tard, cela pourrait ne plus être envisagé. S’il y a une menace à la racine même de l’esprit humain, à la survie de ce qu’on appelle humain, alors quelle est l’action de l’homme ? Y a-t-il une telle menace ? Est-il possible de la rencontrer ? S’il est possible de la rencontrer, avec quels outils, quels instruments de notre être, la rencontrons-nous ? alors quelle est l’action de l’homme ?

Achyut Patwardhan : Puis-je expliquer le point que j’ai soulevé ? Considérez Sakharov, le scientifique, qui, sous la pression des circonstances, était responsable de l’invention de la bombe à hydrogène, mais, plus tard, trouvant qu’il était responsable d’une menace colossale pour la survie humaine, a cherché des moyens de répondre à la crise. Cela peut être dramatique dans le cas des scientifiques. Mais la crise existe autant pour le fermier du village que pour le citoyen ordinaire de la ville. Il y a un défi à son intégrité, créé par la pression de l’environnement.

JU : Il y a une crise politique, scientifique, sociale et aussi morale. Quelle est la résolution de cette crise ? Est-ce la foi ?

Jai Shankar : Nous avons tous parlé d’une crise morale. La question est : existe-t-elle pour tout le monde ? Je ne pense pas qu’une crise morale existe, par exemple, pour les fabricants d’ordinateurs, ou pour les fabricants d’armements et ceux qui les achètent, ou pour les gens qui exercent le pouvoir politique à tout prix. Et à l’autre extrémité du spectre, comme l’a dit le Dr Nandy, les pauvres ne sont confrontés à aucune crise morale ; ils font face à une crise de survie. Alors, de quelle crise parlons-nous ? La crise n’est vraiment pas une crise morale en soi, mais le résultat de la dissociation de la morale et de la connaissance.

KV : A propos de tout ce qui a été dit, la peur joue-t-elle un rôle dans cette connaissance amorale ?

PJ : Je ne pense pas que quiconque contestera la prémisse qu’un outil n’est ni moral ni immoral. C’est seulement l’application de l’outil qui est morale ou immorale. Personne ne peut arrêter de fabriquer des outils ; mais leur application, la façon dont ils sont utilisés, peuvent être contrôlés.

Rajni Kothari : Je pense que M. Jai Shankar faisait référence à une partie intégrante de la nature de la science moderne, dont le motif, la force dynamique, est la manipulation, la conquête de la nature, le réordonnancement de la société ; et ce n’est pas qu’il n’y a pas de perspective morale derrière la science moderne. Il y a une perspective morale qui a conduit aujourd’hui à prendre conscience du type de savoir manipulateur qui s’avère amoral. Je pense qu’Achyutji l’a déjà signalé dans le cas de Sakharov : c’est également vrai d’Einstein. Après ce qu’ils ont inventé, ils se sont sentis désolés pour ce qui était arrivé en conséquence. Je pense que Jai Shankar parle de quelque chose d’inhérent à la nature du savoir moderne, qui tend à rendre la science et la technologie amorales.

Jai Shankar : Quand l’outil cesse-t-il d’être un outil et devient le maître ? Telle est la question. Vous présumez qu’à tout moment, les outils peuvent être contrôlés. Je pense qu’il pourrait y avoir des outils qui pourraient vous dépasser ; en fait, les outils vous ont déjà dépassés ; ils vous contrôlent, et il y a très peu de liberté qui vous reste.

OV Vijayan : Je me demandais si cette crise est moderne du tout, si ce n’est pas la répétition d’une crise pérenne avec une référence contemporaine et moderne. Qu’est-ce qui cause l’effondrement de la moralité ?

JU : Il est vrai que les développements scientifiques et politiques ont affecté la conscience humaine. Cependant, je sens que si la conscience humaine ou ce qui est au centre de la conscience humaine est fortifiée, alors la conscience humaine sera toujours la maîtresse de tous les outils qu’elle crée. Le problème est d’éveiller la conscience humaine afin qu’elle puisse maîtriser l’outil qu’elle crée.

Krishnamurti : À quel moment les outils deviennent-ils des maîtres?

Rajni Kothari : Il y a une agitation fantastique de la conscience au niveau de la personne ordinaire. En fait, le rétrécissement dont parle Romesh n’est pas seulement le rétrécissement que les télécommunications et la technologie ont provoqué ; c’est aussi un rétrécissement entre les couches inférieures et supérieures de la société. Et ce rétrécissement donne lieu à des formes et des problèmes que l’esprit a découvert. Je n’ai pas de réponses à ces deux questions ; c’est un processus extrêmement compliqué. Un processus de transformation de la conscience se poursuit d’une manière si radicale que cela me rend nerveux.

Krishnamurti : Si je peux le souligner, je ne pense pas que la crise soit dans la moralité ou les valeurs du tout. Je pense que la crise est dans la conscience et la connaissance. À moins que les êtres humains ne transforment radicalement cette conscience, nous allons nous retrouver dans des guerres sanglantes. La connaissance a-t-elle transformé l’homme à tout moment ? C’est la vraie crise. L’homme a vécu vingt-cinq mille ans, d’après ce que la découverte moderne a montré. Pendant ces deux cent cinquante siècles, il n’a pas radicalement changé. L’homme est anxieux, effrayé, déprimé, malheureux, agressif, solitaire, tout cela. La crise est là, et la crise est dans la connaissance moderne. Quel chaos, la connaissance a-t-elle joué ? A-t-elle une place quelconque dans la transformation de l’homme ? Telle est la vraie question. Nous devons comprendre, non pas intellectuellement, non verbalement, mais profondément dans notre être la nature de notre conscience et cette énorme accumulation de connaissances dans les cent cinquante dernières années, que cela ait provoqué la destruction de l’homme, ou l’ascension de homme, ou s’il y a une place quelconque dans la transformation de l’homme.

PJ : De quel genre de connaissances parlez-vous ? Quand vous demandez : «Quelle place a la connaissance dans la transformation de l’homme ?»Ne devrions-nous pas clarifier votre conception de la connaissance ?

T.N. Madan : Nous avons sûrement un problème ici de communication et de compréhension mutuelle, j’essayais de m’expliquer ce que Krishnaji voulait dire par son observation de la connaissance, et de suggérer que peut-être ce qu’il voulait dire était la volonté d’être humain par l’expérience, convertir les connaissances en expérience. Maintenant, cela pourrait être la connaissance à n’importe quel niveau. Cela pourrait être la connaissance des scientifiques. Permettez-moi, un instant, d’être l’avocat du diable et de dire que la rubrique du scientifique est assez mauvaise mais que sa droiture morale peut être pire. Et il faut se rappeler que le scientifique qui produit l’ordinateur ne le fait pas au nom de la réalisation de la liberté humaine. Je pense que nous devrions essayer de déterminer s’il s’agit d’un problème de crise morale ou de la nature de la connaissance ou de l’acquisition de connaissances.

PJ : Nous semblons tourner autour de ce facteur de connaissance. Vous avez parlé de la conscience, qui contient non seulement des connaissances sur les machines, les ordinateurs, etc., mais aussi sur des choses plus puissantes, la peur, la cupidité, le chagrin, l’envie, la solitude. Ce n’est pas la connaissance dans le sens ordinairement reconnu du mot, bien que vous puissiez considérer toute cette partie du processus de la connaissance parce qu’elle provient de l’expérience.

Krishnamurti : J’aimerais discuter de ce qu’est la conscience et de la nature de la connaissance. Ces deux facteurs semblent dominer le monde. La pensée est la connaissance. La connaissance est l’expérience. La connaissance, la mémoire, la pensée, l’action – c’est le cycle dans lequel l’homme a été pris pendant vingt-cinq mille ans. Je pense qu’il n’y a pas de différend à ce sujet. Ce cycle a été un processus d’accumulation de connaissances et de fonctionnement à partir de ces connaissances, soit habilement ou maladroitement. Le processus est stocké dans le cerveau en tant que mémoire, et la mémoire réagit en action. C’est le cycle dans lequel l’homme est pris ; toujours dans le domaine du connu. Maintenant, qu’est-ce qui va changer l’homme ? C’est un problème.
L’autre est la conscience. La conscience est son contenu. son contenu constitue la conscience. Toutes les superstitions, croyances, divisions de classes, impressions brahmaniques, tout ce qui tombe dans la conscience. L’idole, la croyance, l’idée de Dieu, la souffrance, la douleur, l’anxiété, la solitude, le désespoir, la dépression, l’incertitude, l’insécurité, tout ce qui est dans la conscience humaine. Ce n’est pas ma conscience; c’est la conscience humaine, parce que partout où vous allez, en Amérique ou en Russie, vous rencontrez le même problème. Les êtres humains portent ce fardeau complexe de la conscience qui contient toutes les choses que la pensée a rassemblées.

Rajni Kothari : Je voudrais une définition du contenu de la conscience. Est-ce tout ce que la pensée a mis ensemble ? Est-ce que vous dites que les deux sont co-terminaux ?

Krishnamurti : Nous y viendrons maintenant. Lorsque vous examinez votre propre conscience, que vous soyez médecin, scientifique, philosophe ou gourou, vous trouvez vos propres angoisses, vos incertitudes, tout ce qui est votre conscience. Et cette conscience est le fondement sur lequel repose toute l’humanité.

Jai Shankar : Est-ce tout ? Tout cela est-il additionné à la somme de la conscience ? ou est la conscience plus que cette somme ?

GN : Si vous dites que le contenu de la conscience est la somme des pensées passées de l’homme, des choses que l’homme a connues, alors il n’y a rien qui soit ajouté par l’agrégation. La question est la suivante : La conscience est-elle la somme de ses pensées passées, de ses connaissances, de tout ce qui est mis en place, ou y a-t-il quelque chose de plus ?

Krishnamurti : Est-ce la question ?

Rajni Kothari : Y a-t-il quelque chose dans la conscience qui ne soit pas seulement une agrégation d’anxiété et de peur ?

Jai Shankar :  Il y a eu aussi des discussions dans notre tradition sur la conscience pure, une conscience qui n’est pas un agrégat d’anxiété, de douleur, de désespoir. Celle-là est plus que la somme de ces parties est une possibilité qui doit être considérée.

Krishnamurti : Même poser une chose en tant que conscience pure fait partie de notre conscience. Est-ce que vous êtes d’accord jusqu’à présent : quelle que soit ce que la pensée a mis ensemble, que ce soit super-conscience, la conscience ultime, la conscience pure, fait toujours partie de notre conscience, fait toujours partie de la pensée, et la pensée naît de la connaissance, et, par conséquent, complètement limité ? Toutes les connaissances sont limitées. Il n’y a pas de connaissance complète de l’ordinateur ou de la bombe atomique ou de quoi que ce soit.

PJ : La conscience est-elle un assemblage de plusieurs fragments
de différents types, ou a-t-elle une qualité holistique?

T.N. Madan : La conscience doit être intégrée.

Krishnamurti : Si c’est limité, ce n’est pas holistique.

T.N. Madan : Si la conscience n’est pas holistique, qu’en est-il de la connaissance ?

Krishnamurti : La conscience est la connaissance. Ne dirais-tu pas que toute notre existence est expérience ? De l’expérience – qu’elle soit scientifique, émotionnelle ou sexuelle – nous acquérons des connaissances. Et cette connaissance est stockée dans le cerveau en tant que mémoire. La réponse de la mémoire est pensée. Mais de toute façon, le processus est cela.

Sudhir Kakkar : La pensée est née de la peur.

Krishnamurti : La peur est le produit de la pensée, et non l’inverse. Admettez-vous que la pensée découle de la connaissance, que la connaissance ne peut jamais être complète à propos de quoi que ce soit ? Par conséquent, la pensée est toujours limitée, et toutes nos actions – scientifiques, spirituelles, religieuses – sont limitées. Donc la crise est dans la connaissance, qui est la conscience.

PJ : La question qui a été soulevée est la suivante : la peur est-elle indépendante de la pensée ? La pensée apparaît-elle comme une réaction à la peur ? Comment la peur apparaît-elle ?

Jai Shankar : Vous aviez dit que la pensée naît de la connaissance.

Krishnamurti : C’est un fait.

Sudhir Kakkar : Eh bien, je suggérais qu’il y a une étape intermédiaire, que la connaissance vient d’abord de la peur ; la peur est le père de la pensée plutôt que l’inverse.

JU : La connaissance se construit à travers un processus : la connaissance antérieure est remplacée par de nouvelles connaissances, il y a la conquête de la connaissance par la connaissance ; la connaissance chevauche ses propres épaules.

KV : Est-ce que cela constitue alors la conscience ou non ? Upadhyayaji a dit «oui», certains d’entre nous disent certainement «non».

Krishnamurti : Je ne suis pas tout à fait l’argument.

PJ : Nous ne communiquons pas ; peut-être que si vous ouvrez tout le problème de la connaissance, de la pensée, de la conscience, il peut être plus simple d’arriver à un point de rencontre.

Krishnamurti : Monsieur, qu’est-ce que la réalité ? J’aimerais explorer cette question. Qu’est-ce que la nature, l’arbre, le tigre, le cerf ? La nature n’est pas créée par la pensée ; ce qui n’est pas créé par la pensée est la réalité. La pensée a créé tout ce que je connais – tous les temples, les églises, les mosquées. Il n’y a rien de sacré dans la pensée ; les rituels, la messe, le namaz, les prières, tout ce qui est l’invention de la pensée. Alors je me demande : Qu’est-ce que penser ? Si vous me demandez mon nom, je réponds immédiatement parce que je le connais. Mais si vous me demandez quelque chose qui est plus complexe, il faut du temps pour enquêter, pour répondre. Autrement dit, je regarde dans ma mémoire et j’essaie de trouver la réponse ou je consulte des livres ou parle à quelqu’un pour trouver la réponse.
Il y a donc : une réponse immédiate, une réponse au temps, et la réponse qui dit : «Je ne sais vraiment pas.» Nous ne disons jamais : « Je ne sais pas. » Nous répondons toujours de mémoire. Ce souvenir se trouve dans les cellules de mon cerveau, dérivé de la tradition, de l’éducation, de l’expérience, de la perception, de l’ouïe, etc. Je suis tout ça. Né en Inde, éduqué à l’étranger, le contenu de ma conscience est le résultat de la culture indienne, de la culture européenne, de la culture italienne, etc. le contenu de ma conscience est le résultat d’innombrables entretiens, discussions avec des scientifiques, des religieux. Ma conscience est moi ; Je ne suis pas différent de ma conscience. Donc l’observateur est l’observé. C’est un fait. Ma conscience est la conscience de l’humanité; ce n’est pas séparé. Et cette conscience a connu des conflits, de la souffrance. Il a inventé Dieu.
Voyant tout cela, que dois-je faire ? Ce que je suis est le reste du monde ; Je suis le monde. Ce n’est pas une idée intellectuelle, mais un fait. Je suis un homme ordinaire, pas un type très intellectuel. J’ai regardé les gourous ; ils ne m’ont pas aidé ; les politiciens ne m’ont pas aidé ; les scientifiques ne m’ont pas aidé ; au contraire, ils m’ont détruit, mis à part la commodité technologique, la communication et tout ça. Leurs bombes atomiques, leur technologie militaire, perpétuent perpétuellement les guerres. Au cours des cinq mille dernières années, nous avons eu des guerres chaque année. C’est un fait historique. Cependant, toute cette accumulation de connaissances extraordinaires m’aidera-t-elle à changer tout cela ? C’est la vraie crise. J’ai compté sur tout le monde pour m’aider. Je dois me débarrasser de toute cette aide totalement. Je sens la crise est là et non dans le monde de la technologie ou dans le monde intellectuel ou dans le monde totalitaire.

Rajni Kothari : N’attribuez-vous pas une certaine homogénéité à tout ? Vous donnez le même caractère à différentes civilisations, différents systèmes religieux, systèmes de la science moderne et systèmes de pensée qui créent des guerres partout dans le monde.

Krishnamurti : Bien sûr, je ne vois aucune différence.

Rajni Kothari : Je n’ai aucune difficulté à voir qu’un être humain est le résultat de tous ces facteurs. Mais donner le même genre de caractère à tout cela sans différenciation, que je ne vois pas.

Krishnamurti : Physiquement, vous êtes plus grand, je suis plus petit ; et psychologiquement, il existe certaines tendances caractéristiques dépendant de cultures différentes, suivant certaines valeurs. A un certain niveau, nous sommes différents. Mais au niveau de ce que nous sommes, je pense qu’il a un point. Que vous viviez dans la jungle amazonienne ou dans une ville moderne, voici une universalité fondamentale de la situation humaine. Mais sûrement en termes de ce que nous avons, que nous ayons l’ordinateur ou la machine à coudre, il y a une différence.

Rajni Kothari : La question n’est pas la différenciation, mais le courant de conscience qui s’est passé dans le passé. Vous parlez en termes de vingt-cinq mille ans. La vision moderne, scientifique, homocentrique de la connaissance et son impact sur la conscience peuvent-ils être mis sur un pied d’égalité avec certains des anciens courants de la conscience ? En d’autres termes, l’expérience et l’accumulation de l’expérience ne nous offrent-elles aucun choix en ce moment de l’histoire, ou sommes-nous condamnés ?

PJ : Tant que nous continuons dans notre conscience connue, son souci du moins mauvais, du moins pire, nous sommes toujours pris dans l’emprise de quelque chose dont nous ne semblons pas pouvoir sortir.

Krishnaji fait allusion à un saut quantique, et nous sommes toujours dans la structure du temps. Peut-être demain nous verrons peut-être clairement, mais pouvons-nous le faire avec les instruments avec lesquels nous voyons le monde, quels sont les instruments que nous avons ? Pouvons-nous arriver à ce point d’où nous voyons ? Sinon, nous tournerons en rond : nous pouvons être meilleurs, plus moraux, moins moraux, moins destructeurs ou plus destructeurs, mais nous serons toujours pris dans ce cadre. Je pense que c’est le problème.

Jai Shankar : Monsieur, je comprends votre angoisse. Mais je ne comprends pas le problème. Si tel est le cas depuis vingt-cinq mille ans sans changement, nous ne pouvons pas revenir à une période ou à un état où les choses seraient plus souhaitables qu’elles ne le sont. Si c’est ce que nous sommes, je ne vois pas comment nous pouvons faire le saut quantique.

Jai Shankar : C’était exactement mon point de vue.

Krishnamurti : Ma question est la suivante: au bout de vingt-cinq mille ans, je suis ce que je suis. Nous le voyons tous. Hitler a laissé son empreinte sur nous ; le Bouddha a aussi ; si Jésus a déjà vécu, il l’a aussi. Le résultat de tout ça est mon conditionnement. Est-il possible d’être totalement inconditionné ? Je dis «oui», il est possible d’être complètement inconditionné.

 

Padre Pio

Padre Pio est le nom d’un capucin et prêtre italien né Francesco Forgione, le 25 mai 1887 à Pietrelcina (province de Bénévent, en Campanie, Italie), mort le 23 septembre 1968 à San Giovanni Rotondo (province de Foggia dans les Pouilles en Italie). Il avait pris le nom de Pie (en italien Pio), en hommage au pape Pie V, quand il rejoignit l’ordre des frères mineurs capucins.

Il fut connu pour être le premier prêtre et l’un des rares hommes à qui la tradition attribue des stigmates, bien que l’origine miraculeuse de ces plaies soit sujette à polémique. Il a été canonisé par l’Église catholique romaine le 16 juin 2002 sous le nom de saint Pie de Pietrelcina.

Vie religieuse

Trop maladif pour être cultivateur comme son père, sa mère voit en lui un futur prêtre. Francesco rejoint l’Ordre des frères mineurs capucins le 22 janvier 1903 à Morcone. En raison de sa santé fragile, il retourne dans sa famille, puis est envoyé dans divers couvents. Le novice capucin prononce ses vœux solennels le 27 janvier 1909. Au mois de décembre 1908, il reçoit la tonsure, les ordres mineurs et le sous-diaconat dans la cathédrale de Bénévent. Le 18 juillet 1909, il est ordonné diacre dans le couvent de Morcone et prend alors le nom de frère Pio, en hommage au pape Pie V.

Il est ordonné prêtre à la cathédrale de Bénévent le 10 août 1910 et nommé à Santa Maria degli Angeli de Pietrelcina. Dès 1911, il signale à son confesseur l’apparition depuis un an de signes rouges et de douleurs vives aux mains et aux pieds. Il est à partir du 4 septembre 1916 au couvent de San Giovanni Rotondo. Le Padre Pio se réveillait à l’aube pour lire le bréviaire. Cinq stigmates visibles, qui ont fait l’objet de plusieurs rapports médicaux, lui sont apparus le 20 septembre 1918.

Pendant la Première Guerre mondiale, il sert comme infirmier dans la compagnie militaire de l’hôpital Sainte-Trinité de Naples (1915–1917). Souffrant d’une bronchite alvéolaire chronique, les médecins lui diagnostiquent une tuberculose et, par peur qu’il contamine sa compagnie, le réforment en août 1917.

Transverbération

Le 5 août 1918, tandis qu’il confessait les jeunes scolastiques de son couvent, le Padre Pio manifeste des symptômes ou des signes faisant référence à la transverbération : son cœur est transpercé par un dard spirituel avec saignement réel. Selon la tradition, sa stigmatisation complète a lieu le 20 septembre 1918, des stigmates (plaies du Christ sanguinolentes aux mains, aux pieds et au thorax comme les cinq plaies du Christ), qu’il cherche à cacher avec des mitaines.

Il donne le témoignage suivant des événements :

« Je vis devant moi un personnage mystérieux dont les mains, les pieds, la poitrine, ruisselaient de sang. Je sentis mon cœur blessé par un dard de feu… Ce personnage disparut de ma vue et je m’aperçus que mes mains, mes pieds, ma poitrine étaient percés et ruisselaient de sang ! ». La description qu’il fait de ses propres transports mystiques ressemble en grande partie à ce qu’a écrit Gemma Galgani.

Dans les premiers jours Padre Pio cherche à dissimuler les plaies, mais les femmes qui suivent sa direction spirituelle voient les plaies et ébruitent la nouvelle. De même les jeunes auxquels il prodigue son enseignement perçoivent aussi des cicatrices sur les mains de Padre Pio. Le 9 mai 1919, le premier journal Il Giornale d’Italia parle de « miracles » du Padre Pio. Le 25 mai 1919, une revue locale publie la nouvelle en intitulant « Le Saint de San Giovanni Rotondo ». Au mois de juin 1919, trois journaux dont Il Mattino, principal journal de Naples, reprennent l’information en parlant des miracles qu’opère le thaumaturge Padre Pio. La notoriété, non voulue par Padre Pio et encore moins par ses supérieurs qui avaient imposé toute discrétion aux frères du couvent, contribue à faire venir de plus en plus de monde auprès du monastère. Les premières interprétations médicales se font autour du cas de Padre Pio, dont le Professeur Enrico Morrica, qui n’a pas vu Padre Pio, interprète les miracles de Padre Pio comme du « magnétisme animal » issu de « dangereux phénomènes morbides de psychologie collective ».

Face aux nouveaux événements, le supérieur des capucins ainsi que le Saint-Office décident de faire ausculter Padre Pio afin de savoir l’origine naturelle ou surnaturelle des prétendus stigmates. Plus de trois médecins ausculteront les plaies de Padre Pio : le docteur Luigi Romanelli, chef de l’hôpital de Barletta, le Docteur Angelo Maria Merla, maire de la commune, socialiste et agnostique. Les auscultations conduisent à lever toute idée d’automutilation et arrivent à « la conclusion que le fait constitue en soi un phénomène que n’est pas capable d’expliquer la seule science humaine ». Le Saint-Office fait envoyer le 12 et 13 juillet 1919 le professeur Amico Bignami, positiviste qui ausculte à son tour Padre Pio. Très sceptique, les conclusions qu’il donne sont différentes des deux autres médecins. Même s’il constate que les plaies de Padre Pio ont des caractéristiques « qu’il est impossible d’expliquer à partir des connaissances que nous possédons relativement aux nécroses névrotiques, et la localisation parfaitement symétrique des lésions décrites, et leur persistance sans modification notable, au dire du malade », il conclut à la possibilité que les plaies soient « pour partie le résultat d’un état morbide, pour partie artificielles ».

Les soupçons d’imposture sont tels que le Saint-Office tient Padre Pio pour un « phénomène de cirque » dont profiteraient ses frères capucins, par le biais d’une crédulité publique, pour attirer des pèlerins et recueillir des fonds considérables. Outre les supposées malversations financières dont sont suspectés les capucins, Padre Pio est accusé d’être l’allié des fascistes qu’il bénit alors que les affrontements entre communistes, socialistes et fascistes lors des élections municipales à San Giovanni Rotondo le 14 octobre 1920 provoquent la mort de onze « rouges » par un commando proto-fasciste. À la suite de ces événements, le dirigeant fasciste local Giuseppe Caradonna (it) apporte son soutien à Padre Pio et les éditions de son parti éditent les premiers ouvrages sur le saint.

Le Saint-Office, considérant parfois comme de véritables charlatans les saints vivants stigmatisés (ces superstitions pouvant se retourner contre la foi), rend publique sa méfiance théologique : le 31 mai 1923, il émet un décret exhortant les fidèles à ne pas croire aux faits surnaturels liés à la vie de Padre Pio et à ne pas aller à San Giovanni Rotondo ; le 5 juillet 1923, les Acta Apostolicae Sedis écrivent « les témoignages actuels ne prouvent pas que les stigmates, les bilocations présumées puissent être tenues à coup sûr pour miraculeuses » et L’Osservatore Romano déclare Padre Pio imposteur de mauvaise foi.

La question des stigmates

Les « stigmates » du Padre Pio ont été examinés par des médecins à plusieurs reprises, en particulier à la demande officielle de sa hiérarchie.

Dès 1919, le Saint-Office mande le Dr L. Romanelli, de l’hôpital de Barletta, qui l’examine cinq fois entre 1919 et 1920 :

« La blessure du thorax montre clairement qu’elle n’est pas superficielle. Les mains et les pieds sont transpercés de part en part. »

« Je ne peux trouver une formulation clinique qui m’autorise à classer ces plaies. »

Certains témoins disent avoir pu voir au travers des trous de ses mains, plaies qui n’auraient donc pas été superficielles.

En 1919, un médecin athée, le Pr Bignami, fait poser des scellés sur les bandages, pour écarter l’hypothèse de l’utilisation volontaire d’acide sur les plaies. En 1920 et 1925, le Dr Festa réexamine le Padre et conclut à :

« … des phénomènes, reliés harmonieusement entre eux, qui se soustraient au contrôle des recherches objectives et de la science. »

Une vie mystique extraordinaire

Padre Pio sur la messe et la réception de la Communion

Padre Pio à propos de la Messe

Matthieu 26:26-28- « … Jésus prit du pain, le bénit, le rompit, et le donna à Ses disciples, en disant : Prenez et mangez; ceci est Mon corps. Et, prenant le calice, il rendit grâces, et le leur donna, en disant: Buvez-en tous; car ceci est Mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour beaucoup, pour la rémission des péchés. »

1 Corinthiens 10:16 – « Le calice de bénédiction, que nous bénissons, n’est-il pas la communion au sang du Christ? Et le pain que nous rompons n’est-il pas la communion au corps du Seigneur ? »

1 Corinthiens 11:26 – « Car toutes les fois que vous mangerez ce pain, et que vous boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’Il vienne. C’est pourquoi quiconque mangera ce pain ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur…Car celui qui mange et boit indignement, mange et boit sa condamnation, ne discernant pas le corps du Seigneur. »

D’après certaines estimations, environ 20 millions de personnes ont vu Padre Pio offrir la Messe.

À propos de la valeur de la Messe, Padre Pio déclara :

« Si seulement les hommes pouvaient apprécier la valeur de la sainte Messe, il faudrait des agents de circulation aux portes de toutes les églises chaque jour pour maîtriser la foule. »

Padre Pio fut interrogé sur ce que la Messe représentait pour lui. Il répondit :

« C’est une participation sacrée à la Passion de Jésus. Tout ce que le Seigneur endura pendant Sa Passion, je le souffre, dans les proportions de ce qu’un être humain peut supporter. Et ce n’est dû à aucun mérite de ma part, mais entièrement à Sa bonté. »

Avant d’offrir l’hostie non consacrée sur sa patène, il faisait passer ses doigts autour de l’hostie pour vérifier qu’aucune particule ne s’en détachait.

Padre Pio : « Chaque sainte Messe, écoutée avec dévotion, produit dans nos âmes des effets merveilleux, des grâces spirituelles et matérielles abondantes que nous-mêmes nous ignorons. Il est plus facile à la terre d’exister sans le soleil que sans le saint Sacrifice de la Messe. »

Padre Pio : « Je me rends au pressoir de l’Église, au Saint Autel, où le Sang tiré de cette délicieuse et inhabituelle Grappe est distillé en un Vin sacré dont seules quelques personnes fortunées peuvent s’enivrer. »

Padre Pio à propos de la réception de la Communion

Jean 6:54-55 – « Jésus leur dit donc: En vérité, en vérité, Je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez Son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Celui qui mange Ma chair, et boit Mon sang, a la vie éternelle, et Je le ressusciterai au dernier jour. »

Padre Pio fut interrogé à propos de la réception de la communion. Il répondit :

«C’est une compassion interne et externe. Une étreinte.»

Question : « Quand Jésus arrive, ne visite-t-il que l’âme ? »
Padre Pio : « L’être entier. »
Question : « Que fait Jésus lors de la Communion ? »
Padre Pio : « Il trouve la joie dans Ses créatures. »
Question : « Est-ce que la Communion est une incorporation ? »
Padre Pio : « C’est une fusion. Comme deux bougies qui fondent toutes les deux et ne peuvent plus être distinguées. » [239]

Padre Pio – Lettre, à un enfant spirituel sur la réception de la Communion : « Continuez à recevoir la Communion, et ne vous inquiétez pas du fait de ne pas pouvoir recevoir le Sacrement de Pénitence. Jésus vous récompensera de votre bonne volonté. Souvenez-vous de ce que je vous ai souvent dit : tant que nous ne sommes pas certains d’être en état de péché mortel, nous n’avons pas besoin de nous abstenir de la Communion. » – « À moins que vous ne soyez certain d’être en état de péché mortel, vous devez recevoir la Communion tous les jours. »

Padre Pio : « Mon cœur est comme aspiré par un pouvoir plus grand avant d’être uni avec Lui dans le Saint Sacrement. J’ai une telle faim et soif avant de Le recevoir qu’il n’en faudrait pas beaucoup plus pour que je meurs d’attendre… Et plutôt que d’être rassasié après avoir reçu le Sacrement, cette faim et cette soif augmentent encore plus. Au moment même où je suis en possession du plus haut des biens, alors oui, la plénitude de douceur est si intense que je suis sur le point de dire à Jésus : Assez ! Je n’en peux plus ! J’oublie même que je fais partie du monde. L’esprit et le cœur n’ont besoin de rien de plus… Parfois je me demande s’il y a vraiment des âmes qui ne ressentent pas leur poitrine brûler du feu divin, surtout au moment où elles se trouvent devant Lui dans le Saint Sacrement. Ça me paraît impossible, surtout si la personne est un prêtre ou un religieux. »

La Santa Messa di Padre Pio celebrata il 5 Maggio 1956

Mère Yvonne-Aimée de Jésus

La Grande Mystique de France

Yvonne Beauvais Écouter, en religion Mère Yvonne-Aimée de Jésus, également appelée Yvonne-Aimée de Malestroit, née le 16 juillet 1901 à Cossé-en-Champagne (Mayenne) et morte le 3 février 1951, est une religieuse augustine française.

Yvonne Beauvais naît le 16 juillet 1901 à Cossé-en-Champagne. Elle est la fille d’Alfred Beauvais, négociant en vin, et de Lucie Brulé. Elle est baptisée trois mois plus tard. Son père meurt le 17 octobre 1904. À la mort du père, qui a fait de mauvaises affaires, la mère se trouve financièrement contrainte de vendre la maison familiale. La mère confie Yvonne à ses parents, qui vivent au Mans. Les grands-parents élèvent Yvonne, de l’âge de 3 ans à l’âge de 6 ans. Ils la sensibilisent à la condition des pauvres, qui frappent à leur porte. Sa grand-mère lui lit l’Histoire d’une âme de Thérèse de Lisieux, ouvrage qui la marque au point qu’elle souhaite ardemment « devenir une sainte »1. Puis elle rejoint sa mère à l’âge de six ans, la suivant dans différents pensionnats dont elle a la direction. À l’âge de 9 ans, le 1er janvier 1911, Yvonne voue sa vie au Christ, dans une lettre qu’elle lui écrit avec son sang : « Ô mon petit Jésus. Je me donne à toi entièrement et pour toujours. Je voudrai toujours ce que tu voudras. Je ferai tout ce que tu me diras de faire. Je ne vivrai que pour toi. Je travaillerai en silence. Et, si tu veux, je souffrirai beaucoup en silence. Je te supplie de me faire devenir sainte, une très grande sainte, une martyre. Fais-moi être fidèle, toujours. Je veux sauver beaucoup d’âmes et t’aimer plus que tout le monde, mais je veux aussi être toute petite afin de te donner plus de gloire. Je veux te posséder mon petit Jésus, et te rayonner, je veux n’être qu’à toi, mais je veux surtout ta volonté. Ta petite Yvonne ». En 1914, elle part pour l’Angleterre, voulant entrer dans les Filles de Jésus de Kermaria où elle est pensionnaire.

À l’âge de 18 ans, à Paris, ayant terminé ses études, elle fait plusieurs métiers pour venir en aide aux personnes défavorisées. Ainsi, elle travaille comme bonne à tout faire, vend des dessins, écrit des romans et donne des récitals de pianos. Plus tard, l’abbé de la Chevalerie relatera cet épisode de la vie d’Yvonne dans le livre Monette et ses pauvres. En 1922, elle est atteinte de la fièvre paratyphoïde. Elle part, pour la première fois, en convalescence dans la clinique des Sœurs Augustines de la Miséricorde à Malestroit (Morbihan) où elle se remet de cette fièvre. Le 5 juillet 1922 dans sa chambre à Malestroit, elle a une crise mystique au cours de laquelle Jésus lui apparaît et lui parle.

En 1925, Yvonne Beauvais entre en religion sous le nom de sœur Yvonne-Aimée. En 1927, elle gagne le couvent des Augustines dont elle devient la supérieure en 1935. Elle y œuvre de 1927 à 1951. Grande organisatrice, elle réforme la communauté des Augustines hospitalières et lance en 1928 le projet d’une clinique moderne qui ouvrira ses portes en 1929. En 1935, elle conçoit le projet novateur d’une Fédération des Augustines hospitalières de la miséricorde de Jésus, projet qu’elle mène jusqu’au bout malgré les réticences des autorités ecclésiastiques.

yvonne-aimee Paul LabutteEn décembre 1940, elle développe la dévotion du « petit Roi d’Amour », qui unit celle à l’Enfant-Jésus et celle au Sacré-Cœur. Cette dévotion est étendue à l’Église universelle par le pape Jean XXIII en 19584. Durant l’Occupation, elle soigne dans la clinique de Malestroit aussi bien des blessés allemands que des résistants (spécialement ceux du maquis de Saint-Marcel), sauvant notamment la vie du général Louis-Alexandre Audibert (commandant de la région Ouest de l’Armée Secrète), tout en réalisant des prodiges (stigmatisation, xénoglossie, bilocation). En janvier 1943, un prêtre, la soupçonnant d’imposture, l’accuse d’être une « fausse mystique » et prépare un procès pour la déposer. Le 16 février 1943, comme elle en aurait eu la prémonition, elle est arrêtée par la Gestapo au prieuré Notre-Dame de la Consolation et amenée à la prison du Cherche-midi. Torturée, elle s’évade «miraculeusement», après avoir demandé par la bilocation des prières au Père Paul Labutte, son fils spirituel.

  • Une soeur évoque l’anneau mystique d’Yvonne -Aimée, vu seulement par certaines soeurs ;
  • Une soeur raconte qu’ayant fait, certain mois d’août, une robe pour mère Yvonne-Aimée appelée parfois à intervenir en civil hors du monastère de Malestroit, cette soeur est accueillie par un nuage d’encens en allant porter la robe ;
  • Une autre soeur, soeur Lucie, rapporte que le 9 septembre 1927, la veille de sa prise d’habit le même jour qu’Yvonne-Aimée, soeur Lucie est témoin avec d’autres – dont monseigneur Picaud évêque – d’une extase d’Yvonne-Aimée qui dure 1h30 à 2h00. Les témoins observent plusieurs bilocations successives de par le monde d’Yvonne-Aimée qui parle plusieurs langues étrangères, semble endormie et est très belle. Sa sortie d’extase est décrite par soeur Lucie qui témoigne d’une certaine manière de revenir.

Le 24 juin 1945, elle reçoit la croix de guerre avec palme, à Saint-Marcel. Le 22 juillet 1945, le général de Gaulle en personne lui remet la Légion d’honneur, à Vannes, pour avoir caché et soigné à la clinique soldats alliés et résistants bretons. Le 3 janvier 1946, les autorités lui décernent la médaille de la Résistance et la médaille de la Reconnaissance française. En 1946, elle fonde la Fédération des monastères d’Augustines et est élue première supérieure générale. Le 7 août 1949, la clinique de Malestroit reçoit la croix de Guerre. Sa notoriété est telle qu’elle est reçue par Pie XII.

Le soir du 3 février 1951, elle meurt d’une hémorragie cérébrale foudroyante, conséquence de son hypertension artérielle, alors qu’elle s’apprêtait à partir pour l’Afrique du Sud.

Postérité

Yvonne Beauvais a laissé de nombreux carnets intimes ainsi qu’une abondante correspondance depuis 1924, date à laquelle son confesseur, le père Crété, lui demande de mettre par écrit ses souvenirs et ses rêves.

Le 1er juin 1960, à la veille de Vatican II, craignant que son cas ne suscite « une vague d’illuminisme », le cardinal Alfredo Ottaviani, alors pro-secrétaire du Saint-Office, décrète la fin du procès de béatification (commencé à la suite de son exhumation qui a lieu le 25 mars 1957 et à la reconnaissance de sa mort en odeur de sainteté) et interdit la publication d’ouvrages sur Yvonne-Aimée de Malestroit. Le Saint-Office était en effet circonspect devant le nombre élevé de ses miracles après sa mort et les faits extraordinaires qui auraient jalonné la vie de la mystique : dons de prophétie, de guérison, de langue, de bilocation (151 cas recensés), stigmatisation, prémonitions, xénoglossie et matérialisations (de fleurs, le plus souvent des lys ou des roses, de bagues d’or et de diamants, de parfums, etc.).

Cependant, en réponse à une demande de sœur Nicole Legars, prieure de Malestroit, le cardinal Franjo Šeper, préfet de la Congrégation pour la Foi au Vatican, autorisa, dans une lettre du 28 avril 1980, la publication d’une biographie sur Yvonne Beauvais, et suggéra même le nom du chanoine René Laurentin pour ce faire. Cette biographie devint le livre Un Amour extraordinaire : Yvonne-Aimée de Malestroit de l’abbé Laurentin, auquel l’évêque de Vannes, Mgr Boussard, accorda l’imprimatur en ces termes, le 3 février 1985 :

« Par sa lettre datée du 10 décembre 1984, le cardinal Ratzinger [futur pape Benoît XVI], Préfet de la Congrégation pour la foi, ayant levé l’interdiction portée par son prédécesseur, le cardinal Ottaviani, le 16 juin 1960, de donner l’imprimatur « à toute éventuelle future publication sur mère Marie-Yvonne », j’ai estimé que je pouvais autoriser la parution de l’ouvrage de monsieur le chanoine René Laurentin, après en avoir pris connaissance. […] La personnalité de cette religieuse, les circonstances qui ont mis en valeur ses qualités exceptionnelles ne peuvent être exclues des recherches historiques. C’est pourquoi l’avis favorable du Cardinal Préfet de la Congrégation pour la foi, a été accueilli avec satisfaction et gratitude. »

Le travail est aujourd’hui poursuivi par une équipe interdisciplinaire, le dossier contenant 4 000 pages et soixante mille pièces.

En 2009, monseigneur Raymond Centène, évêque de Vannes, a de nouveau demandé, très officiellement, que les autorités vaticanes examinent attentivement le dossier.

La Bible

Le mot « bible » vient du grec ancien τὰ βιβλία (ta biblia), un substantif au pluriel qui signifie « les livres », soulignant son caractère multiple.

La Bible est un ensemble de textes considérés comme sacrés chez les juifs et les chrétiens.

La Bible hébraïque est dite en hébreu TaNaKh, acronyme formé à partir des titres de ses trois parties constitutives : la Torah (la Loi), les Nevi’im (les Prophètes) et les Ketouvim (les autres écrits). Elle fut traduite en grec ancien à Alexandrie. Cette version, dite de la Septante, fut utilisée plus tard par Jérôme de Stridon pour compléter sa traduction latine de la Bible à partir de l’hébreu (la Vulgate) et par les « apôtres des Slaves » Cyrille et Méthode pour traduire la Bible en vieux-slave.

Les chrétiens nomment “Ancien Testament“, la partie qui reprend le Tanakh. Depuis le Concile de Trente, les catholiques romains y insèrent d’autres textes antiques non repris par la tradition juive.

La Bible chrétienne contient en outre le “Nouveau Testament” qui regroupe les écrits relatifs à Jésus-Christ et à ses disciples. Il s’agit des quatre Évangiles, des Actes des Apôtres, des Épîtres et de l’Apocalypse.

La Bible rassemble une collection d’écrits très variés (récits des origines, textes législatifs, récits historiques, textes sapientiaux, prophétiques, poétiques, hagiographies, épîtres) dont la rédaction s’est échelonnée entre le VIIIe siècle av. J.-C. et le IIe siècle av. J.-C. pour l’Ancien Testament, et la deuxième moitié du Ier siècle, voire le début du IIe siècle pour le Nouveau Testament.

Les canons bibliques primitifs

Le mot canon (en grec ancien, κανών signifie règle) est utilisé dès le IVe siècle pour désigner la liste des livres reconnus par une communauté (ou Église).

Les « canons » primitifs les plus importants sont :

  • ceux de la Bible hébraïque (canon massorétique) de la fin du Ier siècle- appelée Tanakh – qui est reconnu par le judaïsme rabbinique, se compose de trois parties :
    • la Loi (Torah) – Vè siècle av JC,
    • les Prophètes (Nevi’im) – IVè siècle av JC,
    • les Écrits (Ketouvim) – Ier siècle av JC
  • celui de la Bible grecque (Septante) qui est reconnu par la plupart des Églises d’Orient et d’Occident, se compose de quatre parties – Ancien Testament :
    • le Pentateuque,
    • les Livres historiques,
    • les Hagiographes,
    • les Prophètes ;
    • + des livres supplémentaires, dits « deutérocanoniques ».

Les textes du Nouveau Testament, quant à eux, sont rédigés entre le milieu du Ier et le début du IIe siècle, mais leur canonisation n’a lieu qu’au cours des IIIe et IVe siècles.

Canon de la Bible hébraïque (canon massorétique)

Le Tanakh – La Bible hébraïque est écrite en hébreu avec quelques passages en araméen.
Le canon massorétique, c’est-à-dire celui de la Bible hébraïque, se compose des parties suivantes :

  • La Torah ou Loi (Le Pentateuque) : Bereshit (Genèse), Shemot (Exode), Vayiqra (Lévitique), Bamidbar (Nombres), Devarim (Deutéronome)
  • Les Nevi’im ou « Prophètes » (Les livres prophétiques) :
    • Prophètes « antérieurs » (Les « Livres historiques ») : Josué, Juges, I-II Samuel et I-II Rois.
    • Prophètes « postérieurs » (Les « Prophètes ») : Isaïe, Jérémie et Ézéchiel.
    • Les « douze petits prophètes » ou XII (idem) : Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie.
  • Les Ketouvim (Les autres Écrits) :
    • Les livres poétiques : Psaumes, Proverbes, Job
    • Les cinq rouleaux : Cantique des Cantiques, Ruth, Lamentations, Ecclésiaste, Esther
    • Prophétie : Daniel
    • Histoire : Esdras, Néhémie, I-II Chroniques.
Canon de la « Septante » christianisée

Le Pentateuque (ou le recueil des cinq livres de la Torah) fut traduit en grec à Alexandrie au IIIe siècle av JC. Selon une légende rapportée par la Lettre d’Aristée et amplifiée depuis, la traduction en grec de la Torah, dite « des Septante » ou « alexandrine », serait l’œuvre de soixante-douze savants juifs, six par tribu, qui, à la demande des autorités grecques d’Égypte (et isolés pendant soixante-douze jours, selon certaines versions), aboutirent à un texte commun. Les autres livres de la Bible hébraïque ont été traduits en grec au fil des siècles suivants. Certains livres ou passages ont été écrits directement en grec.

Ce corpus, largement répandu dans la diaspora juive hellénophone du Ier siècle, sera adopté tel quel par les apôtres et par les premiers chrétiens, et constitue l’Ancien Testament de l’époque.

Le canon de la Septante, tel qu’accepté par les chrétiens, se compose de quatre parties :

  • Le Pentateuque (les cinq livres de Moïse) : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome.
  • Les Livres historiques : Josué, Juges, Ruth, I-II Samuel (I-II Règnes), I-II Rois (III-IV Règnes), I-II Chroniques (I-II Paralipomènes), Esdras, Néhémie, Esther#, Tobit*, Judith*, I-II Maccabées*.
  • Les « Hagiographes » : Job, Psaumes, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des Cantiques, Sagesse de Salomon*, Siracide*.
  • Les Prophètes : Isaïe, Jérémie, Lamentations, Baruch*, Ézéchiel, Daniel#, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie.

* Les livres dit “deutérocanoniques”, présents dans le canon de la Septante et absents du canon Massorétique

Canon chrétien – Livres deutérocanoniques (ou apocryphes)

Les Livres deutérocanoniques sont des textes écrits avant l’ère chrétienne qui ont été incorporés dans le canon de la Septante. Toutes les confessions chrétiennes dites « traditionnelles », c’est-à-dire existant avant la Réforme – comme les catholiques, les orthodoxes, les coptes, les chaldéens et les maronites – les ont toujours considérés comme faisant partie de la Bible.

Cependant, ils n’ont pas été acceptés dans le canon par Luther, puisque lui-même se fonde sur le texte massorétique de la Bible hébraïque. Luther juge néanmoins ces livres utiles. Il suggère aussi de retirer l’épître de Jacques et la troisième lettre de Jean, qui pourtant font partie du Nouveau Testament.

Ces livres de l’Ancien Testament, rédigés en grec, sont nommés « apocryphes » (du grec αποκρυφος, caché) par les protestants. Les catholiques les nomment « deutérocanoniques », c’est-à-dire « livres secondaires » dans le canon (du grec δευτερος, deuxième), ce qui est définitivement confirmé au concile de Trente en 1546.

Livres « apocryphes » ou « pseudépigraphes » (écrits sous une fausse signature) ou « écrits intertestamentaires » – ni admis comme deutérocanoniques, ni reconnus par aucune église :

  • Livre du Pasteur d’Hermas, présent dans le Nouveau Testament, puis retiré du canon biblique au IIIe siècle.
  • L’Épître de Barnabé, présente un temps dans le Nouveau Testament, est retirée par décision conciliaire.
Nouveau Testament

Divisé en plusieurs groupes de livres :

  • les évangiles synoptiques (Matthieu, Marc, Luc), ainsi que les Actes des Apôtres, qui sont construits comme une suite de l’évangile selon Luc ;
  • la littérature paulinienne, qui comprend les épitres de Paul de Tarse lui-même (Romains, 1 et 2 Corinthiens, Galates, Philippiens, 1 Thessaloniciens, Philémon), les épitres deutéro-pauliniens qui sont attribués à Paul mais ne semblent pas être de sa plume (2 Thessaloniciens, Éphésiens et Colossiens), les épitres pastorales (1 et 2 Timothée, Tite), et l’épître aux Hébreux ;
  • la tradition johanique (l’évangile selon Jean, 1, 2 et 3 Jean, et l’Apocalypse) ;
  • les épitres catholiques d’autres disciples Simon-Pierre, Jacques le Juste, Jean et Jude.
Autres versions et traductions
La Vulgate

À l’origine, la Bible chrétienne est disponible en grec, la Septante et le Nouveau Testament étant tous deux rédigés dans cette langue. Les chrétiens du monde latin ont cependant très tôt utilisés des traductions latines de ces livres. Ces traductions sont appelées Vetus Latina. Au IVe siècle, ces Bibles sont considérée comme imparfaites. Jérôme entreprend donc de faire une nouvelle traduction en latin : la Vulgate.

La Bible samaritaine

Les Samaritains (autoethnonyme : Shamerim, qui signifie « les observants » ou « ceux qui gardent » ; en hébreu moderne : Shomronim – שומרונים, c’est-à-dire « de Shomron », la Samarie ; ou « Israélites-Samaritains ») sont un peuple peu nombreux se définissant comme descendant des anciens Israélites, et vivant en Israël et en Cisjordanie. On appelle parfois leur religion le « samaritanisme ». À l’inverse, les Juifs orthodoxes les considèrent comme des descendants de populations étrangères (des colons assyriens de l’Antiquité) ayant adopté une version illégitime de la religion hébraïque.

Leur religion repose sur une version particulière du Pentateuque, la Bible samaritaine. Ils n’adoptent pas les autres livres de la Bible hébraïque, et sont donc des « observants » de la seule Torah.

Leur Pentateuque diffère de la Torah hébraïque par des différences de fond, à propos : Le mont Garizim, comme le principal lieu saint en lieu et place de Jérusalem ; Les Dix Commandements de la Torah samaritaine…

 

Les Livres Historiques

Les Livres historiques sont composés des Livres de Josué, Juges, Ruth, I-II Samuel (I-II Règnes), I-II Rois (III-IV Règnes), I-II Chroniques (I-II Paralipomènes), Esdras, Néhémie, Esther#, Tobit*, Judith*, I-II Maccabées*.

Le livre de Josué

(en hébreu ספר יהושע Sefer Y’hoshua) est le premier livre des Prophètes dans le Tanakh, la Bible hébraïque, et le premier livre historique de l’Ancien Testament chrétien. Il fait suite au Pentateuque, qui se termine par la mort de Moïse aux portes du pays de Canaan. Le livre relate la conquête du pays promis sous la direction de Josué, et il porte son nom parce qu’il en est le personnage principal, et non l’auteur.

Chapitre 1 – Le livre commence par une brève introduction où Josué confirme son engagement face aux tribus d’Israël.
Chapitres 2 à 12 : Puis, Josué conquiert Jéricho, Aï et Sichem, puis fait alliance avec les Gabaonites. Apprenant cette alliance, cinq rois amorites (des villes de Jérusalem, Lakish, Eglon, Hébron et Yarmouth) décident d’attaquer ensemble la ville de Gabaon pour la punir. Les troupes de Josué, liées aux Gabaonites par le traité de paix, mettent en déroute les armées amorites sur lesquelles Dieu fait tomber des grêlons. Puis le Soleil s’arrête sur l’ordre de Josué, qui peut ainsi les anéantir totalement. Les conquêtes se poursuivent vers le Sud puis vers le Nord.
Y figurent notamment l’épisode des « Trompettes de Jéricho » et la bataille où Josué arrête le soleil et la lune (chap 10, 12-14)
Chapitres 13-24 : Ces conquêtes sont suivies par un partage du pays entre les divers tribus d’Israël. Enfin, le livre s’achève sur le discours d’adieu de Josué au peuple et sa mort.

Le livre de Josué est un passage particulièrement violent de l’ancien testament. Le plus souvent la conquête des villes d’Israël (Jéricho, Macéna, Lebna, Lachis, Heglon, Hebron, Dabir…) est suivie de l’extermination méticuleuse de ses habitants selon les ordres donnés par Yahweh.

Livre des Juges

Le Livre des Juges (en hébreu ספר שופטים Sefer Shoftim) est l’un des livres de la Bible hébraïque et l’Ancien Testament chrétien. Il raconte la période de l’histoire des Hébreux entre la conquête du Pays de Canaan (rapportée dans le livre de Josué) et l’apparition de la royauté. À cette époque (vers -1150–1130), le pouvoir est exercé par les Juges. C’est sous la pression d’un danger précis et sur un mode plutôt défensif que les tribus d’Israël mettent à leur tête un chef : c’est l’époque des Juges (shofet).

Les Juges, situé dans un temps où la monarchie n’a pas encore été établie en Israël, consistent des histoires portant sur les héros des batailles avec les Cananéens, les Madianites et les Philistins.  Les Juges étaient des chefs militaires, jouant des rôles importants en temps de crise. Ils étaient responsables de fournir des jugements aux peuples locaux, et de diriger les alliances temporales entre les tribus.  Les juges ne sont guidés ni par les lois de l’Alliance ni par celles de l’exode.  Dans la grande majorité des cas, la vénération de YHWH était partagée parmi les communautés, à l’exception de l’histoire de Gédéon. Les Juges étaient choisi non pas pour leur vertu mais pour leurs capacités et habiletés dans des temps de difficulté parmi les populations.

Les chapitres 1 à 3 sont la préface de tout le livre. Ils expliquent que du fait qu’ils n’avaient pas chassé leurs ennemis (Juges 1:16–35), les Israélites durent en subir les conséquences: perte de foi, mariages avec des incrédules et idolâtrie.
Les chapitres 4 et 5 racontent l’histoire de Déborah et de Barak, qui délivrèrent Israël des Cananéens.
Les chapitres 6 à 8 contiennent les expériences édifiantes de Gédéon, que le Seigneur bénit pour qu’il délivre Israël des Madianites.
Aux chapitres 9 à 12, plusieurs hommes remplissent les fonctions de juges en Israël, essentiellement dans l’apostasie et sous l’oppression. Il y est notamment question du juge Abimelech et de Jephté.
Les chapitres 13 à 16 parlent de l’apparition et de la chute du dernier juge, Samson.
Les derniers chapitres, 17 à 21, peuvent être considérés comme un appendice qui révèle la profondeur des péchés d’Israël.

Livre de Ruth

Le livre de Ruth (en hébreu מגילת רות Megilath Ruth, le rouleau de Ruth) est un livre de la Bible hébraïque, classé parmi les livres historiques de l’Ancien Testament chrétien et parmi les livres des Ketouvim (Écrits) dans la tradition juive.

L’histoire de Ruth se déroule à l’époque où les Juges dirigeaient le peuple d’Israël. Il s’agit de montrer comment une femme étrangère est non seulement entrée dans le peuple d’Israël mais est devenue l’ancêtre du roi David. Le récit met l’accent sur la loyauté exemplaire de la Moabite Ruth, vis-à-vis de sa belle-famille comme de YHWH.

Le chapitre 1 décrit la vie d’Élimélec et de sa famille à l’époque des Juges d’Israël, qui pour fuir la famine qui sévit en Israël, quitte la ville de Bethléem et émigre dans le royaume voisin de Moab. Après la mort de son époux, Ruth se rend avec sa belle-mère Noémi à Bethléem.
Le chapitre 2 montre Ruth glanant dans les champs de Boaz.
Au chapitre 3, Noémi dit à Ruth de se rendre à l’aire de vannage et de se coucher aux pieds de Boaz.
Le chapitre 4 est l’histoire du mariage de Ruth et de Boaz. Ils eurent un fils, Obed, de la lignée duquel sortirent David, puis Jésus de Nazareth selon le Nouveau Testament.

Deuxième Livre de Samuel

e Deuxième Livre de Samuel (en hébreu ספר שמואל Sefer Sh’muel) est un livre classé parmi les Prophètes dans le Tanakh (la Bible hébraïque) et dans les Livres historiques de l’Ancien Testament chrétien. Il est entièrement consacré au règne de David, qui apparaît déjà dans le Premier Livre. David unifie les tribus d’Israël et choisit Jérusalem pour y déposer l’Arche d’alliance. L’épisode de David et Bethsabée figure au chapitre 11.

Après la mort de Saül à Guelboé (racontée à la fin du Premier livre de Samuel), David est fait roi de Juda — l’une des douze tribus d’Israël. Mais c’est Ishboshet, seul fils survivant de Saül, qui est désigné roi de tout Israël par Abner, chef de ses armées. Les deux camps s’affrontent alors violemment, et celui de David prend peu à peu le dessus. Abner se rapproche du roi de Juda et entame avec lui des négociations, mais il est assassiné par Joab, le neveu de David. Peu après, c’est Ishboshet qui est assassiné à son tour : la voie est désormais libre pour l’accession de David au trône du grand Israël.

Gloires : Le nouveau roi commence par prendre la ville de Jérusalem, et sa gloire grandit. Il enregistre deux victoires sur les Philistins (2S 5,17-25), et fait transférer l’arche d’alliance à Jérusalem ; puis ce sont contre les Moabites, les Araméens, les Édomites, les Ammonites que de nouvelles campagnes sont menées et gagnées.

Malheurs : Les chapitres 11 à 21 montrent le déclin de la force spirituelle de David à cause de ses péchés et de la rébellion au sein de sa famille. David envoie à la mort son guerrier Urie le Hittite pour en épouser la veuve, Bethsabée. La naissance de leur enfant Salomon est mentionnée au chapitre 12. Puis c’est Amnon, l’un des fils de David, qui viole sa demi-sœur Tamar. Ce crime entraîne la vengeance puis la fuite d’Absalom, un autre des fils de David. Bien que ce dernier finisse par lui accorder son pardon et qu’il le rappelle auprès de lui, Absalom se révolte contre lui et prend les commandes de Jérusalem, obligeant David à la fuite. Après quelques péripéties et duperies, Absalom est finalement vaincu et tué par Joab, à la grande douleur du roi David qui revient alors sur le trône.

Le Deuxième Livre des Rois

Le Deuxième Livre des Rois est un livre de l’Ancien Testament classé parmi les Livres des Prophètes dans la tradition juive et dans les livres historiques dans le christianisme. Il suit le Premier Livre des Rois, avec lequel il constituait, à l’origine un seul livre.

Depuis le règne d’Ochozias, roi d’Israël, jusqu’à la chute du royaume de Juda, il présente avec plus ou moins de détails chacun des rois d’Israël et de Juda, deux royaumes condamnés par la justice divine après leur rejet des commandements divins.

Les royaumes d’Israël et de Juda : Dans le Premier Livre des Rois, sont évoquées la mort du roi David, la vie de Salomon, la partition du royaume en deux États : le royaume d’Israël et celui de Juda. La vie des rois des deux royaumes est présentée de façon synchronique mais est coupée par des chapitres consacrés aux prophètes qui viennent avertir les rois que la justice divine s’abattra sur ceux qui ne suivent pas deux commandements essentiels à savoir l’adoration de YHWH, Dieu exclusif, et le respect du Temple de Jérusalem comme seul lieu de culte autorisé. Le deuxième livre continue cette histoire royale et sa condamnation constante des rois d’Israël qui sont coupables d’apostasie et qui ne reconnaissent pas la primauté du Temple de Jérusalem.

D’Ochozias à Jéhu : À la fin du Premier Livre est évoquée l’accession au trône d’Israël du roi Ochozias, fils d’Achab. Le Second Livre commence donc avec quelques versets (2R 1,1-18) concernant son règne qui est bref. Il meurt en effet d’une chute mortelle la deuxième année de son règne. Durant celui-ci, il s’était heurté violemment au prophète Élie qui lui reprochait d’adorer Baal-Zebub. À la mort d’Ochozias, son frère Joram le remplace sur le trône. Il n’adore pas Baal mais se comporte comme Jéroboam Ier et encourt ainsi la colère de Yahvé. Élie, quant à lui, quitte la terre emmené sur un chariot de feu. Il est remplacé par le prophète Élisée qui opère de nombreux miracles. Le chapitre 3 est consacré à la guerre du roi Joram, allié aux rois de Juda et d’Édom, contre le roi Mesha. Bien qu’il remporte la victoire, Joram abandonne sa domination sur le royaume de Moab après que Mesha eut sacrifié son fils aîné. Les chapitres 4 à 6, racontent d’autres prodiges opérés par Élisée (résurecction d’un mort, guérison miraculeuse, etc.). À partir de 2R 6,24 le récit se porte sur la lutte de Joram contre Ben Haddad, roi d’Aram-Damas. Le royaume connaît la famine avant qu’un miracle divin chasse les armées d’Aram. Dans le chapitre 8 une autre famine touche Israël pendant sept ans et Élisée annonce à Hazaël qu’il deviendra roi d’Aram et combattra les Hébreux. Après ce récit le reste du chapitre s’intéresse au roi de Juda Joram qui délaisse les commandements divins et suit les voies mauvaises des rois d’Israël, influencé par sa femme, d’origine israélienne. Durant son règne Édom parvient à reprendre son indépendance.

Son fils, Ochozias lui succède mais ne règne qu’un an avant d’être assassiné par Jéhu. Celui-ci une fois oint comme roi d’Israël par un prophète disciple d’Élisée part tuer le roi d’Israël, Joram. Après l’avoir abattu il s’en prend à Ochozias qui était venu rendre visite à son parent Joram. Il fait aussi tuer Jézabel, mère de Joram, dont le cadavre est dévoré par les chiens comme le demandait la malédiction d’Élie. Jéhu suit les voies de Yahvé en faisant périr la maison d’Achab, y compris les frères d’Ochozias, roi de Juda, et les sacrificateurs de Baal cependant il reste condamnable car il suit les voix de Jéroboam Ier en ne reconnaissant pas Jérusalem comme seul temple. C’est aussi à l’époque de ce règne que selon l’auteur commence la punition de Yahvé contre Israël. Cela est marqué par les victoires de Hazaël qui s’empare de plusieurs régions auparavant dominées par Israël.

D’Athalie à la fin du royaume de Samarie : Après avoir raconté la mort de Jéhu, le livre retourne dans le royaume de Juda. Dans le chapitre 11 Athalie, mère d’Ochozias, fait assassiner toute la descendance royale pour pouvoir gouverner. Magré tous ses efforts, un enfant, Joas, lui échappe grâce à la protection de Yehoyada, prêtre de Yahvé. Alors qu’il a sept ans, Joas est porté sur le trône et Athalie est assassinée. Les chapitres 11 à 12 racontent le règne juste de Joas qui lutte contre les adorateurs de Baal. Après avoir régné 40 ans, il est assassiné par des officiers. Auparavant, il avait combattu Hazaèl, roi d’Aram qui victorieux avait exigé une rançon en or payée en livrant les trésors consacrés du temple de Yahvé. Le chapitre 13 revient au royaume d’Israël et au roi Joachaz, fils de Jéhu. Durant ce règne Hazaël et son fils Ben-Hadad III remportent de nombreuses victoires contre Israël12. Joachaz règne 17 ans et son fils Joas lui succède. Il parvient à remporter plusieurs victoires contre Ben-Hadad III. C’est durant ce règne que meurt Élisée. Le chapitre 14 traite des règnes d’Amasias, roi de Juda, et de Jéroboam II, roi d’Israël. Le règne d’Amasias est marqué par la guerre qu’il déclare au royaume d’Israël et qu’il perd, vaincu par Joas. Il est assassiné après 29 ans de règne. Son fils Ozias lui succède et reste sur le trône durant 52 ans, soit la plus longue période pour un règne en Juda. Le règne de Jéroboam qui dure 41 ans est présenté succinctement bien qu’il soit marqué par de nombreuses victoires militaires qui permettent à Israël de reprendre des territoires perdus dans les guerres précédentes. Le chapitre 15 parle de divers rois qui régnèrent en Israël et en Juda. Israël connaît une période d’instabilité politique car les rois se font tuer et remplacer par leurs meurtriers. Zacharie monte sur le trône à la mort de son père Jéroboam mais est assassiné six mois après par Shallum qui règne un mois avant d’être tué par Menahem. Menahem garde la couronne jusqu’à sa mort après 10 ans de règne et son fils Peqahya parvient à la conserver deux ans avant d’être assassiné par son écuyer Peqah qui règne 20 ans. Durant cette période le roi d’Assyrie Teglath-Phalasar III s’empare de plusieurs régions d’Israël et fait déporter plusieurs tribus. Péqah est assassiné par Osée. La fin du chapitre 15 revient au royaume de Juda et au roi Yotam qui doit combattre Raçôn, roi d’Aman et Péqah. Le chapitre 16 est consacré au règne d’Achaz, roi de Juda, fils de Yotam. Alors que ce dernier avait honoré Yahvé, Achaz abandonne le dieu de ses pères et adore les idoles et il est même accusé d’avoir immolé son fils par le feu. Juda est toujours menacé par Raçôn et Péqah aussi Achaz demande l’aide de Teglath-Phalasar qui vainc et tue Raçôn. Achaz paie ce service râce à l’or et l’argent du temple et du palais royal puis il profane le temple de Yavhé pour construire un autel semblable à celui de Damas où il rencontre Teglath-Phalasar. À sa mort son fils Ézéchias monte sur le trône. Le chapitre 17 rapporte l’anéantissement du royaume d’Israël par les Assyriens sous le règne d’Osée qui pour échapper à la domination assyrienne demande l’aide de l’Égypte. Le roi d’Assyrie Salmanazar V l’apprend et s’empare d’Osée qu’il fait emprisonner. Le royaume d’Israël disparaît, les hébreux sont déportés dans l’empire et des populations viennent occuper ces territoires. Ces peuples idolâtres adorent ensuite aussi Yahvé et seraient à l’origine des Samaritains21. Tout en expliquant ces faits, le livre revient sur les méfaits des habitants du royaume de Samarie, leur obstination dans le mal même après leur déportation dans le royaume assyrien et l’impossibilité du pardon divin.

Le royaume de Juda : Après la chute d’Israël, le récit se consacre exclusivement au royaume de Juda. Les chapitres 18 à 20 racontent la vie juste d’Ézéchias, roi de Juda et du prophète Isaïe. Contrairement à son père, Ézéchias reconnaît seulement Yahvé et détruit toutes les idoles qui profanaient le pays. Il mène par ailleurs une politique étrangère visant à échapper à la domination assyrienne. Menacé par les armées ennemies du roi d’Assyrie Sennachérib, Juda est sauvé par une intervention divine. Ainsi le respect envers Yahvé est récompensé par une victoire contre l’ennemi et l’abandon des règles inspirées par Dieu entraîne un châtiment.

Ceci explique, selon l’auteur du livre, que l’impiété du roi Manassé, fils d’Ézéchias, soit la cause de la colère divine qui menace Juda. En effet Manassé est présenté dans le chapitre 21 comme le plus abominable des rois. Il honore les idoles, profane le temple en y plaçant des statues et décide du martyre d’Ésaïe. Son fils Amon agit de même jusqu’à son assassinat par des serviteurs après deux ans de règne. Si Manassé, et Amon abandonnent YHWH et adorent des idoles, après eux, Josias, fils d’Amon, montre au contraire qu’il est un roi juste et rétablit la loi divine parmi les Juifs (2R 22-23,30) après la découverte du livre de la loi dans le temple de Jérusalem. De 23,31 à 25,30 l’histoire de Juda se poursuit et les règnes de Joaqim, Joakin et Sédécias, tous coupables d’apostasie, sont évoqués. Cette persistance dans le mal amène le châtiment divin qui se concrétise par la prise de Jérusalem (datée de -586), et l’exil à Babylone qui s’ensuit. Les derniers versets (2R 25,27-30) relatent l’histoire du roi Joachin qui de prisonnier devient un familier du roi babylonien.

Le Deuxième Livre des Chroniques

Le Deuxième Livre des Chroniques est un livre de l’Ancien Testament. Il suit le Premier Livre des Chroniques, qui retrace l’histoire du monde de la Création à la royauté de David. À l’origine ces deux livres n’en formaient qu’un, appelé Livres des Chroniques.

Les chapitres 1 à 9 racontent le règne de Salomon, les chapitres 3 à 5 décrivent la construction du temple de Salomon. Les chapitres 10 à 12 parlent du règne de Roboam, fils de Salomon, au cours duquel le royaume uni d’Israël fut divisé en royaume du nord et royaume du sud. Les chapitres 13 à 36 décrivent les règnes des divers rois jusqu’à la prise du royaume de Juda par Nabuchodonosor II. Le livre prend fin avec le décret de Cyrus en -538 qui permet aux captifs de Juda de retourner à Jérusalem. Cet évènement essentiel dans l’histoire du peuple hébreu est aussi, d’un point de vue religieux, le signe que Dieu n’a pas abandonné son peuple même si les pêchés de celui-ci ont provoqué la destruction du temple, la fin de la royauté et l’exil.

Le Livre d’Esdras (ou Ezra)

Le livre d’Esdras (ou Ezra) est un livre de la Bible hébraïque et de l’Ancien Testament.
Les chapitres 1 à 6 du 3e livre d’Esdras décrivent le décret de Cyrus en 537 av. J.-C. et le retour des Juifs sous Zorobabel. Dans les chapitres 7 à 10, qui se déroulent 60 à 80 ans plus tard, Esdras va à Jérusalem. Avec ses compagnons, il jeûne et prie pour obtenir protection.  À Jérusalem, ils apprennent que de nombreux Juifs ont épousé des étrangères. Considérant qu’ils se sont ainsi souillés, Esdras prie pour eux et les convainc de renvoyer femmes et enfants.

Le Livre de Néhémie

Le livre de Néhémie est un livre de la Bible hébraïque et de l’Ancien Testament.

Le livre de Néhémie raconte les progrès et les difficultés de l’œuvre à Jérusalem après le retour des Juifs de la captivité babylonienne. Les chapitres 1 à 7 parlent de la première visite de Néhémie à Jérusalem et de la reconstruction des murailles de la ville face à une forte opposition. Les chapitres 8 à 10 décrivent les réformes religieuses et sociales que Néhémie essaya de mettre en vigueur. Les chapitres 11 à 13 donnent la liste de ceux qui étaient dignes et rapportent la consécration de la muraille. Les versets 4 à 31 du chapitre 13 racontent la seconde visite de Néhémie à Jérusalem après une absence de douze ans.

Le Livre d’Esther

Le livre ou rouleau d’Esther (hébreu : מגילת אסתר Meguilat Esther) est le vingt-et-unième livre de la Bible hébraïque.

L’action se déroule après la destruction du premier Temple de Jérusalem et l’exil à Babylone. Un demi-siècle environ après la victoire de Nabuchodonosor, son empire tombe aux mains du roi Cyrus II de Perse. Bien qu’il ait autorisé le retour des Juifs en Judée, beaucoup continuent à vivre en diaspora dans l’empire perse. Le récit d’Esther se place vers cette époque, à la cour du roi de Perse.

Il rapporte une série d’événements se déroulant sur plusieurs années : Esther, d’origine juive, est la favorite du plus puissant souverain de son époque — Xerxès Ier. Or, sous son règne, le grand vizir — Haman — intrigue et obtient de pouvoir exterminer toute la population juive. Devant pareille menace, Mardochée fait appel à sa cousine Esther afin qu’elle obtienne du roi l’annulation du décret qui les condamne. Xerxès Ier — informé par Esther — prend toutes les mesures nécessaires pour protéger la population juive, et condamne le vizir, ainsi que tous ses fils, à être pendus au poteau destiné initialement à Mardochée. Enfin, les Juifs instaurent une fête annuelle, appelée Pourim, afin de commémorer ce miracle.

Le Livre de Tobit

Le livre de Tobit, parfois appelé livre de Tobie — Tobie étant le fils de Tobit, est un livre deutérocanonique de l’Ancien Testament. Il raconte l’histoire d’un Israélite de la tribu de Nephthali nommé Tobit, déporté à Ninive, qui devient aveugle après avoir reçu de la fiente d’oiseau dans les yeux et qui envoie son fils Tobie recouvrer une dette en Médie auprès de leur parent Gabaël.

L’ange Raphaël — désigné ultérieurement comme l’archange Raphaël par les catholiques et les orthodoxes — conduit Tobie à Ecbatane où il pêche un poisson dont il extrait le cœur, le foie et le fiel. Il rencontre sa future femme, Sara, que tourmente un démon, Asmodée, qui a fait périr successivement ses sept maris pendant leur nuit de noces. L’ange Raphaël qui avait expliqué précédemment à Tobie qu’il devait prendre cette femme pour épouse, lui indique comment la délivrer du démon. Sara, de son côté, prie le Seigneur pour être guérie. Avec le fiel d’un poisson, comme le lui indique l’Archange, qui l’accompagne, Tobie retourne à la maison paternelle et guérit la cécité de son père.

Le Livre de Judith

Le livre de Judith est un livre deutérocanonique de la Bible. Il relate comment la belle et jeune veuve Judith (יְהוּדִית ; Yehudit ; « Louée » ou « Juive », en grec : Ιουδίθ) écarte la menace d’une invasion assyrienne en décapitant le général ennemi Holopherne, et restaure du même coup la foi du peuple juif en la puissance salvatrice de son Dieu.

L’intrigue raconte que Nabuchodonosor roi d’Assyrie vainc les Mèdes et envoie dans sa 12e année de règne le général Holopherne en campagne de conquête vers l’ouest. Pour cela, Nabuchodonosor le met à la tête d’une armée immense. Holopherne avance avec succès, détruisant sur son passage les sanctuaires locaux et exigeant que Nabuchodonosor soit honoré comme un dieu. L’armée assyrienne arrive finalement à une passe aux portes d’Israël et fait le siège d’une ville nommée Bethulia, située de l’autre côté, bien qu’Achior, le chef des Ammonites les ait prévenus que le Dieu d’Israël donnera la victoire aux siens s’ils ne fautent pas. Or, à bout de ressources, les Béthuliens désespèrent et sont pour cela tancés par la veuve Judith, une descendante de Siméon, qui leur reproche leur peu de foi. Elle décide de se rendre accompagnée d’une servante au camp d’Holopherne en lui faisant croire qu’elle lui apporte de précieuses informations sur les Juifs. Impressionné par sa beauté, celui-ci accepte de l’écouter et l’invite à un festin, puis dans sa tente où elle profite de son ivresse pour le décapiter. Elle revient avec la tête d’Holopherne à Bethulia où son succès galvanise les habitants. Ils attaquent et mettent en déroute les Assyriens affaiblis par la perte de leur général.

Pentateuque – les 5 livres de Moïse

Penta vient de πέντε/pente « cinq », et -teuque de τεῦχος/teukhos, « étui » (il s’agit de la custode cylindrique contenant les livres en forme de rouleaux). Teukhos a fini par désigner, par métonymie, le contenu même de l’étui. La forme latine pentateuchus liber apparaît chez Tertullien à la fin du IIe siècle – début IIIe siècle.

Les 5 livres de Moïse présentent une version théologique de l’histoire du peuple d’Israël depuis la création du monde jusqu’à la mort de Moïse.

  • Le Pentateuque est chez les chrétiens les cinq premiers livres de la Bible.
  • Pour les juifs, ils constituent la Torah, – hâmisâ humsê hattôrâ ou « les cinq cinquièmes de la loi » – c’est-à-dire « doctrine », « enseignement », mais aussi « loi » (ce qui explique que le terme ait été traduit en grec par νόμος/nomos), c’est parce qu’ils renferment, outre des récits « historiques », tout un ensemble de prescriptions (religieuses, rituelles, culturelles, juridiques, etc.) qui constituent les bases du judaïsme. Les lois alimentaires (cacherout) énoncées dans le chapitre 11 du Lévitique en sont un exemple parmi d’autres.

La tradition en attribue la paternité à Moïse, mais la recherche moderne a pu établir qu’ils ont été composés à l’époque de l’exil à Babylone par de nombreux rédacteurs.

Contenu

Genèse, divisée en 2 parties :

  • La Création (des chapitres 1 à 11) : Après la création de l’univers et de l’homme (chapitres 1-2), l’histoire du péché originel et celle du meurtre de Abel par son frère Caïn (chapitre 4), arrive l’histoire de Noé qui échappe au déluge grâce à son arche (chapitres 6 à 8). L’histoire de la Tour de Babel occupe le chapitre 11. Des généalogies entrecoupent ce récit et la dernière d’entre elles permet de faire le lien avec la seconde partie de la Genèse. La généalogie du chapitre 11 donne les ancêtres d’Abraham dont l’histoire vient ensuite.
  • Les Récits Patriarcaux (chapitres 12 à 50) – L’histoire des patriarches raconte l’histoire : D’abord Abram, qui change son nom en Abraham après sa rencontre avec Dieu, est choisi pour être le père d’une grande nation et ce bien qu’il soit âgé et que sa femme Sarah soit stérile (chapitres 12 à 25 verset 8). Un fils leur naît, Isaac lui-même père de Jacob qui change son nom en Israël après avoir lutté contre un être mystérieux et à qui est fait la même promesse (du chapitres 25 verset 19 au chapitre 37). Enfin, l’histoire de Joseph achève le livre de la Genèse. Joseph, fils de Jacob est vendu par ses frères, est esclave en Égypte mais parvient à devenir le conseiller de Pharaon. Il fait venir en Égypte toute sa famille pour qu’elle échappe à la famine et se réconcilie avec ses frères (chapitres 37 à 50)4. Avec ses frères, il fonde ainsi les 12 tribus d’Israël.

Le livre de l’Exode raconte la sortie d’Égypte du peuple hébreu composé des descendants des 12 tribus d’Israël. Les Hébreux étant trop nombreux aux yeux de Pharaon, celui-ci les réduit en esclavage. Alors que le nouveau Pharaon tente d’écraser les Hébreux jusqu’à faire tuer les premiers-nés, un enfant, Moïse, est sauvé et, une fois adulte, est appelé par Dieu pour conduire les Hébreux hors d’Égypte. Malgré de nombreux miracles (Dix plaies d’Égypte), Pharaon refuse le départ de ce peuple esclave et c’est seulement lorsque tous les premiers-nés, humains et animaux, meurent en une nuit, qu’il accepte de voir partir les Hébreux. Il revient ensuite sur sa décision mais son armée est noyée dans la Mer Rouge (chapitres 1 à 14) que Dieu avait ouverte pour laisser le passage aux Hébreux. Libéré de cette menace, le peuple Hébreu entame une longue marche jalonnée de miracles divins comme le don de la manne. Pendant ce voyage, Moïse reçoit les Tables de la loi sur lesquelles sont écrits les Dix commandements. Enfin, le tabernacle est construit et consacré.

Le Lévitique rompt l’histoire pour exposer une série de rites à accomplir. Après la description de l’onction d’Aaron et de ses fils de la tribu de Lévi, sont présentés les différents types de sacrifice pour chaque occasion. Des indications médicales expliquent la conduite à tenir en cas de suspicion de lèpre. Les lois sur le mariage et celles sur la nourriture sont aussi inscrites ainsi que celles concernant les fêtes, la libération des hébreux en situation de servitude pour dettes et celle sur le repos de la terre tous les sept ans.

Le livre des Nombres commence par le dénombrement des tribus hébreux puis raconte le départ pour le Sinaï afin de conquérir la Terre promise. Cependant, après le retour d’éclaireurs partis reconnaître le pays, les Hébreux prennent peur et refusent d’entrer sur cette terre. N’ayant pas confiance en la parole divine, le peuple est maudit de sorte que tous (sauf Caleb et Josué) sont condamnés à errer dans le désert durant quarante ans et à ne pas entrer sur la terre promise qui n’appartiendra qu’à leurs enfants. Le peuple continue cependant à se révolter, ce qui provoque la colère divine. Même Moïse et Aaron subissent le châtiment de ne pouvoir pénétrer sur la Terre promise. Aaron meurt en chemin. Cependant, les Hébreux commencent à combattre des rois de la région et selon qu’ils respectent ou oublient la parole divine, parviennent à vaincre ou sont défaits.

Ce récit est entrecoupé de règles à observer : celles sur le sacrifice, celles sur les villes refuges pour ceux qui sont coupables d’un homicide involontaire, celles sur l’héritage, etc.

Le Deutéronome se présente comme un long discours tenu par Moïse aux Hébreux avant sa mort. Dans ce texte sont rappelées les règles auxquelles doivent se soumettre les Hébreux pour garder la bienveillance de Dieu à leur égard. Quelques rappels d’évènements racontés dans les livres précédents servent à montrer la puissance de Dieu, son soutien à son peuple élu et sa colère lorsqu’ils oublient ses commandements. Le texte se termine par un cantique, des bénédictions de Moïse et le bref récit de la mort de ce dernier.

 

Fatima

Notre Dame de Lourdes

Sauvons plus de forêt !